Les FUNDAS - Fondé ou non fondé ?

LAS FUNDAS  -  Fondé ou non Fondé ?

L’essence même du toro de combat c’est sa sauvagerie originelle et aussi sa bravoure, ces caractéristiques sont essentielles et doivent être préservées pour l’avenir de la tauromachie et de la corrida brava.

Depuis une dizaine d’années certains éleveurs ont mis en pratique la pose de fundas pour protéger au campo l’intégrité des cornes du toro.

Cette pratique controversée, cette intrusion humaine dans l’intimité du toro peut-elle être justifiée ?

De quoi s’agit-il exactement ?

Techniquement :

La funda ou étui fixé à l’extrémité de la corne se compose d’une armature en métal recouverte de bandes de fibre de verre. L’armature est en fait un boulon (20 ou 22) sur lequel on soude 3 ailettes de fer tendre. La pose a lieu  entre 2 et 3 ans lorsque la corne du toro pend sa forme définitive et qu’elle se développe alors très lentement (longueur et épaisseur). Le toro immobilisé (cage de soin, encloisonnement et tranquillisant (romfidine), le boulon est introduit à l’extrémité de la corne, les ailettes rabattues le long de celle ci, ensuite on déroule la bande de fibre de verre à la façon d’un pansement, en respectant le trou du boulon et en débordant sur la corne au delà des ailettes. La résine, passée au pinceau pour consolider le tout, solidifie l’étui ou funda.

           Une deuxième  méthode employée consiste à remplacer le boulon par une sorte de bouchon de champagne ou une cartouche de chasse coiffant la pointe de la corne et  comme précédemment, recouvert de fibre de verre, dans ce cas la corne est encapuchonnée, alors que dans la première pratique l’extrémité de la corne reste en contact avec l’air.

Pour le mayoral de Balthazar Iban, la méthode bouchon de champagne risque de provoquer des altérations à l’intérieur de l’étui.

Dans tous les cas, l’opération d’enduit se répète 5 à 6 fois, séchage au soleil ou au sèche cheveux, intervention d’une dizaine de minutes.

Le toro est relâché après une demi heure et récupère au bout d’une heure environ. Pour le retrait de la protection on procède de la même façon 8 jours avant l’embarquement du bétail.

Voilà donc le processus employé, opération dite nécessaire pour limiter la mortalité des toros au campo ou opération de « lèse toro » ?

 

Selon le côté où l’on se place l’argumentation développée diffère sensiblement :

  • du  point de vue de l’éleveur : l’avantage est essentiellement économique, 30% des toros s’abîmeraient 1 ou 2 cornes entre 3 et 4 ans, cela conduisant à de l’arreglado ou à la boucherie, le ganadero a intérêt à conserver toute sa production pour la fiesta brava. Donc il n’y aurait plus en principe d’afeitado et il y aurait plus de pitons intègres, au moins 8 jours avant la corrida et s’il n’y a pas de manipulations postérieures.
  • du point de vue de l’Aficionado : plusieurs interrogations :

Outre l’aspect esthétique de cornes emballées, un peu triste voire dégradant, on peut penser que la pratique des fundas altère le sens de la distance  du toro de son armure par 2 fois, à la pose et à la dépose des fundas.

De plus même avec leurs étuis les toros s battent et cela peut provoquer la perte d’un œil et divers traumatisme ou blessures internes (éclatement de la rate et des intestins). Par ailleurs il n’y a aucun recul qui permette d’assurer que les fundas ne fragilisent pas la corne, au contraire des exemples récents peuvent laisser supposer que chez des éleveurs pratiquant  cette méthode, des cas de bris se produisent.

Psychologiquement un toro qui ne peut affirmer sa suprématie en réduisant un adversaire ne va-t-il pas perdre de sa sauvagerie ? Qu’en sera-t-il au bout de plusieurs générations ?

Enfin toutes ces manipulations, ajoutées à celles imposées par les contraintes sanitaires, faites au contact de l’homme  n’est-il pas un facteur d’amollissement, de perte de caste et de réactions naturelles et innées ?

 

Je crains (mais suis je le seul ?) que l’image et la vérité du toro, de par sa proximité de plus en plus grande avec l’homme ne soit plus prés du bétail de ferme que de l’animal sauvage et primitif.

Un authentique patrimoine culturel et génétique ne doit pas du fait d’apprentis sorciers se transformer en patrimoine édulcoré et touristique.

Les éleveurs les empresas et les toreros doivent raisonner à moyen et long terme, l’avenir de la corrida passe par là !  D’ailleurs les élevages de respect comme Victorino Martin, Cuadri, La Quinta  et de nombreux autre ne pratiquent pas cela.

 Je vous laisse à vos réflexions, pour ma part ma conviction est faite : NO FUNDAS.

                                                                                              El Farol  Juin 2013

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Commentaires

26.09 | 09:44

Merci de votre apport.

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25.09 | 13:59

N'oubliez pas mon compatriote Nikko Norte, "El Holandès" novillero sans picadors jusqu'en 2005, qui va publier ses mémoires le mois prochain (octobre 2018)!

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18.09 | 12:07

Une dernière précision : après le tirage des lots, chaque matador (ou son représentant) choisit l'ordre de sortie de ses toros

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10.12 | 21:17

Bravo à Maurice Daussant ainsi qu'à toute son équipe de bénévoles pour son film sur Gabin Réhabi. Très beau film.

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