REFLEXIONS-ANECDOTES

La Tauromaquia de GOYA - Détail de l'eau forte n°19

Courir après ses rêves…et les rattraper

Courir après ses rêves…et les rattraper

Qui, enfant, n’a pas rêvé d’être un super héros sauvant le monde, les autres, aidant les malheureux, les faibles…la planète ! Pour cela on choisit de devenir médecin, avocat, agriculteur, enseignant, pompier et j’en passe. Certains même rêvent d’être TORERO !

Le contact avec les toros s’est souvent fait très tôt, par hasard, grâce aux parents, aux amis, à des rencontres fortuites… Et le coup de foudre fut quasi immédiat. Quoi de plus grisant que la confrontation avec cet animal mythique, sauvage, terrifiant, à qui l’on va imposer sa volonté, le dominer avec sa connaissance, son habileté, son art, sa grâce, sa personnalité qui feront de lui un torero unique, que l’on remarque, que l’on choisit, encensé par toute l’afición.

Beaucoup sont appelés mais peu sont élus…

Pourquoi ? Parce que la tauromachie, à l’instar de tout ce qui touche à l’art, au sport, est un engrenage. Ils y a ceux qui décident, dirigent, imposent. Ils sont apoderados, empresas…Ils choisissent les toreros en fonction de leurs possibilités, de leur talents, de promesses qu’ils peuvent dégager, décident d’en faire des vedettes ou pas…Et tout ça à travers des combinaisons compliquées qui nous échappent totalement et nous posent questions si l’on veut bien car la plupart des gens vont jouir du spectacle offert par la corrida sans état d’âme. Mais avec tout ça les toreros, comment trouvent-ils leur place ? N’ayant en tête que leur passion, ils sont très souvent éloignés des « affaires », à la merci de gens pas toujours philanthropes voire honnêtes. La même chose est constatée dans le cinéma, le théâtre, la musique, le sport etc. Le système perverti, ne fait qu’entrouvrir la porte à certains et en laisse beaucoup dans la salle d’attente.

Les aficionados tout aussi séduits par la tauromachie, pour les mêmes raisons souvent que les acteurs de la corrida, expriment leur sensibilité et leur préférence. Quoi d’extraordinaire ? Personne n’est semblable. Il y a les toristas, amoureux du toro brave capable de prendre 3 ou 4 piques sans faiblir dans un affrontement souvent magnifique et exaltant, ces bêtes sont dangereuses, difficiles et demandent au torero une technique, une stratégie de combattant pour dominer l’animal maître dans l’arène. Il arrive que ces animaux allient de la noblesse avec la bravoure, alors on assiste à une faena plus templée, plus élégantes si l’homme est artiste et dominateur.

Les toreristas  seront plus sensibles au toreo artiste, aux passes suaves, au duende exprimé  par certains artistes comme Curro Romero et Rafael de Paula à l’époque, Javier Conde et actuellement Morante de La Puebla qui incarne ce génie artistique vénéré par beaucoup. Le duende signifie littéralement « un charme au sens d’un sort jeté par quelque sorcière, qui est l’apanage de quelques rares toreros élus qui peuvent par la magie de leur toreo, suspendre le temps et plonger le spectateur dans une dimension, celle des émotions sublimées. Savoir s’ils toréent importe peu : ce qui compte, c’est ce qu’ils donnent à ressentir, au-delà des gestes perceptibles par le commun des mortels » André Viard

 On vous dira que les toros de ce genre de toreo sont plus faciles pour certains voire fades, que ces personnalités se comportent comme de capricieuses divas et font fis du public, d’autres seront scandalisés par ces propos et admireront toujours leur idole. Quoi de surprenant ? Déjà l’afición n’est-elle pas un sentiment étrange qui ne s’explique pas ?

Toutefois les aficionados sont à même d’aimer les deux genres de tauromachie et c’est ce qui rend l’art taurin accessible à tout spectateur sensible à son charme.

Comme il y a deux catégories de toros, semble- t’il, on pourrait croire qu’il y a deux catégories de toreros.

Et c’est là, que pour moi, entrent en jeu des injustices indéniables.

Pour affronter les toros dits « durs », on voit des jeunes hommes habités par leur art, leur désir de reconnaissance, leur souhait de réaliser leur rêve mais qui n’ont pu accéder aux contrats par les hasards de la vie et par ce fameux système assez perverti, obligés d’en passer par là. Car faute de grive on mange des merles. Les voilà embarqués dans une galère qui n’épargne personne. Peu de contrats, car les corridas « dures » sont moins nombreuses que les autres, il faut bien le dire, moins appréciées de la majorité de l’afición, ils se voient donc moins rémunérés que les vedettes qui remplissent les grandes arènes et attirent la majorité des spectateurs, moins considérés par le public qui préfèrent voir des vedettes et non des inconnus.

Pas évident le parcours de ces « sans grades » qui malgré leurs immenses capacités (il leur en faut plus que les autres) obtiennent des succès d’estime pour le moins. Un exemple : Diego Urdiales, torero de vingt ans d’alternative, ayant obtenu de grands succès dans des arènes de première catégorie, n’a fait que six paseos en 2018. Ils sont légions : Pepe Moral, Emilio de Justo, Paulita, Octavio Chacón, Curro Diaz, Fernando Robleño, Rafaelillo et j’en oublie surement…Malgré l’intérêt du public, on ne les voit pas souvent dans les arènes.

Pourtant on note chez ces garçons une indéfectible envie de se mesurer aux toros, une soif d’arriver et d’être reconnus comme figura.

Plus aisé à comprendre ceux qui sont nés « une petite cuillère en argent dans la bouche », dont les pères furent célèbres, ceux qui ont des familles aisées pour fournir les deniers nécessaires dans un parcours difficile qui passe par les novilladas sans picador puis celles avec piques qui non seulement ne rapportent rien mais demandent de l’argent au novillero qui veut toréer.

Les plus surprenants pour moi, sont les garçons issus de familles modestes, qui connaissent des galères pas possibles, des déconvenues angoissantes malgré leur travail, leur obstination, leur constance à la course aux contrats malgré les années qui défilent. Soutenus souvent par leur famille, n’hésitant pas à enchainer les petits boulots pour subvenir à leur besoin. Au bout c’est souvent le doute, l’échec…

On les interroge : pourquoi continuer ? Ils vous assurent qu’ils croient en eux et à leur bonne étoile. Surprenant non ? Car leur vie n’est plus tout à fait celle d’un jeune de leur âge. Pas beaucoup de sorties avec les copains, les loisirs sont consacrés à l’entrainement encore et encore, aux distances parcourues pour aller « tienter » d’élevage en élevage…Quoi de plus naturel que de prouver qu’on est le meilleur, qu’on veut atteindre les sommets, qu’on a besoin d’un public qui vous admire ou plus prosaïquement de gagner de l’argent. Je suis sure que ce n’est pas cela qui compte le plus…

L’adrénaline libératrice d’endorphine, molécules du bien-être, habite le torero lorsqu’il entre en scène. Après la peur ressentie dans l’intimité de sa chambre avant une corrida, présente encore dans le patio de caballos avant l’heure fatidique ou dans la chapelle, refuge du combattant pour échapper aux admirateurs importuns dans ce lieu qui mérite le respect. Enfin le ruedo libérateur apparaît faisant basculer le héros dans un nirvana qui supplante toute peur, toute douleur même lorsqu’elle est se présente par malchance. Le scénario se répète : le torero rageur se relève après une cornada, poursuivant jusqu’au bout sa mission, estoque le toro et seulement après l’effondrement du monstre il se laisse emporter vers l’infirmerie. Souvent sublimé et heureux d’avoir versé son sang comme le dit si bien Pepe Moral à l’issue de sa blessure à Nîmes en septembre 2018.

Je crois que je comprends cela : tout pour échapper à l’anonymat d’une vie sans éclat pour un garçon qui n’a que de cesse d’arriver au sommet de son art.

On ne peut que s’indigner quand on voit un garçon obligé de changer de direction autrement dit de se tourner vers les corridas dites dures pour poursuivre une carrière qui n’a pas abouti dans le circuit habituel malgré ses qualités, son courage. Attendre qu’un torero soit gravement atteint pour lui proposer des corridas plus faciles comme Padilla ou Paco Ureña cette année, cela ne vous interpelle pas ?

Pensez-vous qu’ils sont incapables d’être habité par le duende ?

Evidemment difficile d’être habité quand il vous faut combattre tel un gladiateur face à des bêtes qui ne collaborent en aucun cas. Alors de temps en temps laissons les toréer plus « a gusto »…

On n’oppose pas les amateurs de jazz, de rap aux amoureux de musique classique ou d’opéras. Pourquoi n’en serait-il pas de même dans « l’art de Cuchares ».

Peut-être allons-nous assister dans un temps prochain à une évolution qui permettrait des changements propices à la tauromachie du futur.

Les aficionados n’attendent que ça et il semblerait que des changements propices à cela s’annoncent. Un engouement pour ces toreros émergeants se voit de plus en plus et ils sont annoncés dans les grandes ferias. De leur côté les figuras prennent conscience de l’attente de l’afición qui aimerait les voir affronter des élevages inhabituels pour eux. C’est ainsi que Sébastien Castella va se mesurer aux Miura à Séville lors de la feria du printemps, on verra Enrique Ponce devant des « La Quinta » en compagnie de Javier Conde et il y aura d’autres défis encore.

Le Bombo, instauré par Simon Casas empresa des arènes de Madrid à la feria d’automne 2018, fait des adeptes pour la prochaine San Isidro chez les figuras et les autres bien sur. L’horizon s’éclaire sur le changement mais toujours avec la même mystérieuse passion chez les toreros comme chez les aficionados et prions les dieux que cela perdure.

 

Nota Bene : le Bombo est un tirage au sort avec des élevages et des toreros qui ne sont pas toujours habitués à se mesurer à certains élevages. Ainsi ont joué le jeu : Enrique Ponce, Sébastien Castella, Miguel Angel Perera, Antonio Ferrera, Andres Roca Rey, Paco Ureña, Diego Urdiales, Alberto Lopez Simon, Gines Marin et Alvaro Lorenzo.

Les élevages sont ceux de :Jandilla, Puerto San Lorenzo, Adolfo Martin, GarciGrande, Domingo Hernandez, Juan Pedro Domecq, Alcurrucen, Montalvo,Parlade et Fuente Ymbro.

 

La Chicuelina mars 2019

TORO

Plein été, chaleur pesante, brûlante…Silence flottant, lèvres closes en attente… Des milliers de paires d’yeux fixent le toril… Crissement du pêne dans la gâche…La porte s’ouvre…Trou noir béant vide, peuplé d’attentes… Puis, brusquement, une masse impétueuse telle une vague déferlante surgit, s’immobilise à l’entrée du cercle, aveuglée par la lumière soudaine de cet après-midi de soleil lourd… Deux trois secondes de silences suspendus… Noire, énorme, et comme un diable sortant de sa boîte, la bête se met en branle, s’élance dans une poursuite effrénée, galope le long des barrières faisant trembler le sol, soulevant des nuages de poussière de rêves…

 Toro ! « ambassadeur de la mort » comme le qualifiait Cocteau, au garrot fleuri de petits fanions de la couleur de sa couche, ses prérogatives sont celles de l’époux (ou épouse) dans l’attente de l’union…

 Moulé dans sa robe sans paillettes, sans dorures, le toro offre avec arrogance et virilité la puissance de ses muscles, recevant dans la sculpture mouvante des rotondités et des creux de ses flancs, de son dos, de ses épaules, le scintillement de sa communion avec le soleil… Masse houleuse, porteuse d’ombres et de lumières… Le front ceint de cornes acérées semblables à la couronne d’un dieu belliqueux, grandes ouvertes ou courbes, prêtes à accueillir le dernier baiser.

 Ses pattes ressemblent à une illusion tant elles paraissent fragiles sous le poids d’une demi-tonne de chair et d’os. Mais ce n’est qu’une illusion comme l’illusion de nos désirs…

Son mufle souffle son envie d’en découdre avec les planches, barrières sur son passage, d’en découdre avec ces êtres mouvants, s’approchant, fuyant, dans un va et vient d’attentes, de peurs, de quêtes, de désirs tremblants, excitants, d’un futur encore à dessiner, à vivre… Quel est donc ce dieu qui bouge ces pions sur la marelle de sable ?

 En avant, prêt pour la rencontre avec la pique, son poitrail lourd porte avec force une tête majestueuse qui, poussée par l’ardeur vitale de ses reins, imprime avec une véhémence démesurée sa bravoure…ou avec un refus insolent son apathie…Enigme de la rencontre…

 Des bâtons entortillés de papier coloré, aux crochets aiguisés, pénètrent dans l’intimité de sa peau, lui extorquant des chapelets de guirlandes du sang de son histoire…métaphore mythique d’une résurrection…

 Il est là, il vient…Brillant des feux de son courage, de sa témérité, de son rêve, prêtre d’une cérémonie aux accents secrets de la création, le torero s’approche lentement de la présence de son animalité incarnée. Il affronte le fauve. De ses volutes de cape, il courtise la bête. De ses arabesques sacrées, il la séduit. De la compréhension, de la douceur, de la lenteur de sa muleta, il s’unit à elle, révélant sa noblesse et transcendant ses propres instincts. L’alchimie opère. L’un et l’autre célèbrent en harmonie leur union. L’émotion est à son point culminant. Les épousailles se concrétisent sur l’autel des dieux. Et enfin…jusqu’à la garde…l’épée du mâle pénètre le garrot du fauve…l’air s’emplit des soupirs exhalés des spectateurs…délivrance de l’attente…instants sublimés durant lesquels les angoisses enfouies dans le tréfonds de l’âme, se dissolvent dans la lumière d’un monde en recherche de la paix de son intériorité… Spiritualité espérée…

 Et semblable aux œuvres picturales de Pierre Soulages, dans cette arène de la Vie et de la Mort, transfigurant notre propre existence, le noir sous le soleil laisse miroiter l’intemporalité de la lumière…

 

Picaflor  - 17 février 2019

TAUROMACHIE ET OPERA

 Une rencontre ressemble parfois à un arbre fruitier lequel vous présente ses fruits à connaître et à savourer.
C’est ainsi que j’ai découvert l’opéra. Il y a de cela quelques années, une amie férue de chant lyrique me fit écouter la soprano Elisabeth Schwarzkopf. La voix merveilleuse de cette diva me toucha profondément. Tout mon corps fut parcouru de frissons subtils et vibra comme un instrument que l’on réveille. Son chant irrigua les fibres les plus intimes de mon être…Et me voilà, spectatrice assidue de ce théâtre chanté…

J’ai découvert la corrida de la même façon. Il y a de cela quelques années, un de mes proches m’emmena découvrir ce mystérieux combat d’un homme et d’un fauve. Dans un cercle de sable, cette mise en scène poignante de la Vie et de la Mort au diapason de notre propre existence, me saisit et m’ensorcela. Et me voilà spectatrice assidue de cette dramaturgie.

Et comment échanger sur ce spectacle avec des personnes éloignées de cette tradition et quelque peu dubitatives ?
A leurs questions sur la corrida, j’essayais de leur faire comprendre ce que pouvait être ce spectacle en établissant une comparaison avec l’opéra.
Tout d’abord, l’opéra, à l’origine, est un art populaire tout comme la corrida à pied dont ses premiers toreros étaient issus d’un milieu socio-économique très modeste (Costillares, Pedro Romero, Pepe-Hillo, Paquiro…). En Italie, terre native de cet art, le chant lyrique est ancré chez tout un chacun, sans distinction de catégorie sociale depuis le premier opéra de Monteverdi joué dans le cadre populaire du carnaval de Mantoue en 1607.
La dramaturgie caractérise ces deux arts, bien que dans la corrida, elle soit poussée à son extrême par une mort physique qui conclut le combat.
La virtuosité des acteurs se révèle dans le répertoire de chacun, l’un dans les passes, l’autre dans les arias.
Et quand le toreo et le chant atteignent l’intensité supérieure dans leur exécution, cette intensité à la fois subtile, précieuse, magique, qui vous transporte comme par enchantement dans le monde sublime des émotions, alors les mots sont insuffisants pour en exprimer l’essence.
Ces deux expressions artistiques, bien que différentes dans leur décor, dans leur cadre, se rejoignent pour exprimer la nature collective des émotions humaines, la subtilité des sentiments et par là-même deviennent universelles.
Depuis quatre ans, le paseo des arènes de Béziers s’ouvre sur l’air du « Toréador (Escamillo)» du célèbre et largement diffusé opéra « Carmen » de Bizet. Dès les premières notes, le baryton Frédéric Cornille emplit l’espace de l’envolée de ses aigus tendus et de ses graves, imprimant les pas du paseo des prémisses d’émotions à venir.

Dernièrement, plongée dans la lecture de l’ouvrage « Le voyage d’Italie – Dictionnaire amoureux » de Dominique FERNANDEZ de l’Académie française, quelle ne fut pas ma surprise, parvenue à la partie « Mœurs – Opéra- », de lire un chapitre dans lequel l’auteur fait un parallèle entre « Opéra en Italie et corrida en Espagne ». Et, qui mieux que l’auteur de la prestigieuse Académie pour vous en parler, d’autant plus qu’il aborde des aspects intéressants de la corrida.
Dès lors, je ne vais pas faire ni un résumé ni un commentaire de ce passage, vous laissant ainsi, lecteurs de Torolibre, la possibilité de le lire dans son originalité.
«(…) L’arène espagnole est également un lieu clos, arrondi, quelquefois d’une architecture superbe, comme à Ronda, en Andalousie, resserré sur une cérémonie collective qui sert à purger la communauté du bouillonnement de ses passions. Comme à l’opéra, il y a les comparses – serviteurs, picadors, banderilleros – et les premiers rôles, jusqu’aux divas follement acclamées, qui sont des hommes en Espagne – le torero qu’en appelant « toréador » la plupart des Français confondent avec le fanfaron de Bizet, sans soupçonner à quel rituel précis, aussi difficile à exécuter qu’une partition de musique, obéit chacun de ses gestes. La mise à mort de l’animal se fait selon un code rigoureux, de même que dans le bel canto romantique la cabalette suit obligatoirement la cavatine – ce qui n’exclut pas, dans les deux cas, la variation libre, mouvements du corps pour le matador, fioritures pour la chanteuse. Toute faute est sanctionnée par les huées du public, mais si l’artiste se surpasse dans son numéro, la température monte de plusieurs degrés dans l’assistance, et les traits virtuoses déclenchent une véritable hystérie. L’épée enfoncée d’un seul coup est l’équivalent assez exact du contre-ut victorieusement décoché. Dans les deux cas il s’agit de l’exploit attendu mais dont la difficulté technique tient jusqu’au dernier moment le public dans une anxiété délicieuse que transforme en orgasme voluptueux le soulagement de la tension.
Si les analogies sont évidentes – recherche d’une jouissance érotique déguisée sous l’apparat d’une cérémonie minutieusement codifiée-, non moins manifestes apparaissent les différences. En Espagne on demande au geste (la musique n’étant qu’accessoire) la libération de la libido refoulée, en Italie on la demande (la gestuelle des acteurs comptant peu) à la voix. Une autre divergence essentielle concerne le sexe de l’idole : mâle en Espagne, féminine en Italie. (…)
L’homme qui tue en Espagne, la femme qui gémit en Italie : chaque peuple se révèle par le divertissement qu’il préfère. Bien qu’il faille être prudent en s’avançant dans ce domaine, on pourra dire que l’histoire nationale respective de ces deux pays se reflète dans leurs spectacles. Le matador perpétue le comportement belliqueux, l’humeur indomptable des insurgés de 1808, des héros de la guerre civile de 1936. L’Italien, qui a derrière lui une longue histoire de conquêtes et de spoliations par des armées étrangères, peu de souvenirs d’insurrection et aucun de révolution, s’identifie plus volontiers dans le personnage élégiaque d’une infortunée malmenée par le destin.
Plus difficile semble à comprendre le symbolisme sexuel de l’opéra. Si le geste du torero plantant son épée dans le garrot de la bête est la mimique à peine stylisée de l’acte sexuel auquel participe par ses cris, par son excitation l’arène tout entière, après quels détours plus complexes la voix de la diva parvient-elle à libérer le spectateur de son énergie érotique ?(…) »

Une autre façon de voir, de parler de l’art tauromachique… Eh oui, il suffit d’ouvrir la fenêtre de la curiosité et la porte du sensible… humer l’air de la création pour ressentir l’émotion … et, la corrida telle la corolle du capote déployée, révèle la richesse de toutes ses facettes qui en font un art universel.

Picaflor - 9 février 2019


NB:  Voir aussi MUSIQUE ET CORRIDA par la Chicuelina 

IVÁN FANDIÑO

Le chant du cygne

Nestor GARCÍA, apoderado, dans son ouvrage « IVÁN FANDIÑO  Demain je serai libre », relate une vie tauromachique avec son ami et alter-ego le torero Iván FANDIÑO, une vie semblable à un pèlerinage semé d’embûches certes, mais avec une foi immense chevillée au corps et au coeur.
Hommage à Iván FANDIÑO, guerrier face aux toros, guerrier face aux ombres des coulisses du système tauromachique.

A chaque en-tête de chapitre, Nestor GARCÍA transcrit les paroles d’Iván FANDIÑO (il le précise à la page 13). Dès lors, au travers de ces mots et de ceux du torero, il scelle la beauté, la sincérité, l’émotion, l’amour du toro et du toreo.

Bientôt Noël, bientôt le solstice d’hiver qui marque, dans toutes les Grandes Traditions, l’ouverture de la Porte des dieux. A cet espace temporel dans lequel la lumière se fraie un chemin dans l’allongement des jours, les civilisations lui ont rendu hommage avec la création d’un dieu solaire qu’ils font naître d’une vierge (symbole lunaire) le 25 décembre : Mithra, Horus, Attis, Jésus….
Alors c’est un cadeau déposé à la Porte des dieux. C’est un cadeau pour l’esprit et l’âme que de lire, de se laisser toucher par les paroles sensibles d’Iván FANDIÑO, être solaire des arènes terrestres.
Ces paroles sont d’une intensité, d’une philosophie de vie profondes. Elles ne sont pas seulement celles d’un torero. Elles sont le chant d’un homme, d’un philosophe, d’un artiste, d’un être spirituel. Et c’est le toreo, rencontre mystérieuse de l’Homme et de l’Animal, qui en a ciselé la substance, l’essence de Vérité…

(Toutes les citations sont fidèles et en intégralité issues du livre et par conséquent encadrées par des guillemets. Mon intervention s’est limitée à les imbriquer de telle façon à créer un texte dont la structure stylistique est celle d’un petit traité…)

TRAITE DE VIE INTERIEURE DU TORERO IVÁN FANDIÑO

« Ne renonce jamais à un rêve, suis les signes qui te conduisent vers lui.

Je ne veux point m’en aller, je resterai dans le souvenir, dans les esprits, dans les âmes, là où je ne meurs jamais.

Je ne suis pas là pour être un de plus.
Je ne veux pas être un torero quelconque de plus. N’est-ce pas normal ? Cela est peut-être unique, ou pas. J’aime rêver  de mes illusions. Pour parvenir à mes fins ? Faire parler le cœur, assurément !

C’est dans le coin de mes rêves que je fais défiler le temps. Je ne sais pas ce que le futur me préparera mais je sais ce que je lui donnerai.
A chaque instant je rêve que j’y suis arrivé et je ne veux pas me réveiller.

Moi, je lutterai vraiment contre les éléments, je veux changer mon histoire

Chaque instant est une chance pour se dépasser.
Ne demande pas des défis à la hauteur de ta force, demande de la force à la hauteur de tes défis.
Les obstacles m’ont fait mûrir ; les succès, réfléchir et les échecs grandir.
Il y a dans la vie des moments difficiles, mais je les aime ! Surtout pour voir la capacité que nous avons de les surmonter.
Si tu ne fais pas un maximum d’efforts, comment vas-tu savoir où sont tes limites ?
Je peux perdre la vie pour obtenir ce que je veux, mais je ne veux pas perdre la tête pour obtenir ce que je désire.

Pour gagner, je souffre ; pour sentir, je rêve ; pour profiter, je lutte ; pour toréer, je meurs.

Je sais d’où je viens, je sais où je vais, je sais ce que j’ai et je sais où je veux arriver.

Parfois, il n’y a pas de prochaine fois ou de seconde chance, et parfois, c’est maintenant ou jamais.
Le vrai guerrier sait qu’il n’a qu’un choix : gagner ou mourir dans sa tentative.

De l’autre côté de la peur se cache la liberté.
Le secret du bonheur est dans la liberté, le secret de la liberté est dans le courage.
On n’implore pas la liberté à genoux, on la conquiert sur les champs de bataille.

Je suis le maître de mon destin et le capitaine de mon âme. Et mon âme est seulement en quête de solitude et de silence. »

                      Iván FANDIÑO
                       Sol Invictus

 Solitude et Silence des dieux

Picaflor  30 novembre 2018

La Minotauromachie

La Minotauromachie

(Gravure réalisée par Picasso en 1935)

 

La quête de la métamorphose

L’aficion de Picasso pour les toros, pour la corrida, s’exprime dans un nombre incalculable de ses œuvres. A travers cette passion, l’artiste y a vu, senti, ressenti, vécu, exprimé sa propre quête d’intériorité, de spiritualité. Quête que tout aficionado vit dans la catharsis qu’est le combat de l’Homme et de la Bête.

« Don Pio » cité dans « El Gallo » de Jacques Francés (Santiaguito) écrivait en parlant de ce toréro talentueux et facétieux :« Dans son art sont concentrés la lumière de Vélazquez, la vérité de Goya et la délicatesse exquise de Léonard de Vinci. »

Dans la Minotauromachie, œuvre gravée la plus importante du XXe siècle, Picasso révèle la puissance de création, de transmutation que révèle le médium qu’est la corrida. Cette rencontre de l’homme et de l’animal, il la relie au mythe du Minotaure.

Le Minotaure, monstre hybride, incarne les tensions latentes qui mettent en lumière notre dualité, entre homme et animal, rationnel et irrationnel, conscient et inconscient. Cette référence lui permet de mener sa quête intérieure. Dès lors son œuvre transcende un état personnel pour aller vers l’Universel où chacun peut se reconnaître.

A Evian, sur les bords du lac Léman aux eaux d’une couleur émeraude, se trouve le Palais de Lumière. Dans cet écrin, de juin à octobre, loin de la tradition taurine de l’arc méditerranéen, s’est lovée l’exposition « L’Atelier du Minotaure » : dessins, gravures de PICASSO sur ce mythe, et expressions diverses autour de son œuvre, dans lesquels légende crétoise, mythes et corridas s’entremêlent et s’étayent.

Sur le plan international, de nombreux textes et analyses ont été écrits sur l’œuvre qu’est la « Minotauromachie ».

Nonobstant, comme le dit si bien DUCHAMP : « L’œuvre appartient à celui qui la regarde. »

Dès lors, dans ces lignes, je partage avec vous, lecteurs du Torolibre, une interprétation personnelle très synthétique, non exhaustive. En effet, la richesse artistique et symbolique de cette oeuvre est importante et ne peut être commentée par quelques lignes. En outre, l’élaboration non pas d’une mais de plusieurs grilles de lectures est possible. J’espère simplement vous donner l’envie de la découvrir, d’y poser votre regard et de la faire vôtre… Tout comme chaque oeuvre d’art et tout comme chaque corrida appartiennent à celui qui la regarde.

 Mon interprétation se focalise seulement sur les personnages centraux et leur interaction.

 Le contenu de ce que représente la gravure se construit dans deux espaces qui sont dévoilés par une opposition du premier et du deuxième plan : fond obscur-personnages éclairés, fond éclairé-personnage sombre.

 Sur un fond clair, Picasso est l’homme-taureau, sombre, viril, puissant. Sa tête, tête de taureau, noire, massive, sauvage révèle son Animalité. Son dos lourd, courbé vers l’avant, dans une horizontalité, symbole de matérialité, dénote une demande aux yeux ronds, implorants, que concrétisent le bras et la main hypertrophiés dirigés vers la Lumière, symbole de l’esprit, matérialisée par la flamme de la bougie tenue par une petite fille.

 Sur un fond sombre, cette dernière est éclairée. Elle se tient droite, pieds joints, ancrés, sans expression affective. Dans la main droite, bras replié, elle serre un bouquet de fleurs. Dans sa main gauche au bras tendu vers le haut, elle tient une bougie dont l’aura de la flamme épouse la paume de la main droite du Minotaure, unité recherchée dans la complémentarité « gauche-droite » et entre ce qui « est en bas » et ce qui est « en haut ». La verticalité dans laquelle s’inscrit sa personne et son attitude hiératique révèlent le symbolisme qu’elle incarne : symbole de pureté, de clairvoyance, de paix intérieure, d’élévation…

 Entre ces deux personnages, au centre, sous l’arc formé par les bras de la bête et de la fillette, ombre et lumière, une torera est étendue sur l’échine d’un cheval. Les deux corps semblent s’unir. La torera, visage serein de l’Ailleurs, dans l’expression de toute sa sensualité (seins ronds découverts), dans l’expression de sa fécondité (ventre rond), brandit une épée vers la tête du cheval. Que veut-elle tuer ? La croupe du cheval est sombre comme est sombre la tête du Minotaure et le poitrail est éclairé recevant la lumière de la flamme…Cette mise à mort mène-t-elle au début d’une métamorphose grâce au sang répandu, semence générant la vie ? Est-ce l’évocation de la naissance du Centaure ? Est-ce le passage de l’animal vers l’humain, de la victoire de l’esprit sur la matière ?

Ernest Pignon-Ernest, Picasso-Mihra 1992, Collection pariculier N'Guyen

 Par l’indication de la fécondité, par la mise à mort, Picasso nous emmène sur la Voie de MORT-RENAISSANCE…sur la voie de nos métamorphoses successives…dans le creuset de nos transmutations intérieures… Mourir à nos Ténèbres pour renaître à la Lumière… Il nous reconnecte avec le mythe de Mithra, dieu-Soleil, dieu-Lumière, qui par le sacrifice du taureau féconde la terre. L’essence de ce mythe traverse la plupart de ses œuvres reliées à la tauromachie. Dans un dessin, Ernest Pignon-Ernest représente Picasso en Mithra sacrifiant le taureau, conférant à l’artiste ce rôle de créateur de l’Universalité du fleurissement de la Vie…

L’artiste tourmenté cherche à s’équilibrer. Dans son expression picturale, il accentue la présence de l’aspect féminin (femmes, fillette, colombes) pour symboliser le Principe Féminin dont il a besoin pour sortir de la brutalité, de la violence de son Animalité. Il sait qu’il fait partie d’un cosmos qui doit son existence, sa vitalité grâce à l’équilibre des Principes Féminin et Masculin, dans la Tradition Orientale du Yin et du Yang… C’est cette Union Sacrée, épousailles alchimiques, qui lui permet de s’élever en gravissant l’échelle dans la nudité de l’Ame, Homme Accompli acceptant ses Hier, Aujourd’hui et Demain (côté droit de la gravure, homme montant à l’échelle).

Picasso est ce Minotaure, l’homme-taureau, dans une quête perpétuelle pour sortir de l’obscurcissement généré par son animalité. Il ne renie pas sa virilité, sa violence, sa brutalité, mais elle ne le satisfait pas, elle le frustre, l’endolorit, et il l’exprime par sa main tendue vers la Lumière.

Il souhaite une Renaissance, il souhaite laisser derrière lui son Animalité et trouver la Paix Intérieure.

Chercheur, grand aficionado, Picasso a trouvé dans la corrida, mise en scène de la Vie et de la Mort, le catalyseur de ses angoisses, de ses tourments, de ses émotions…

Il nous attire dans une autre dimension. La dimension Sacrée dans laquelle l’Ame baignée de Lumière hume les Senteurs des Fleurs des Cieux… et le Chant Sacré du Mystère s’élève….

 Joseph Beuys, artiste charismatique contemporain, disait qu’il y a un artiste en chacun de nous…

Alors, regardant un Etre dans une tenue féminisée, aux broderies épiscopales, scintillante de lumière, combattant une Bête puissante, ténébreuse, sauvage, mâle, ne sommes-nous pas, nous aussi, être terrestre et éphémère, comme l’artiste, en quête de vérité du tréfonds de notre âme ?

Voir, revoir et découvrir des œuvres de Pablo Ruiz Picasso est toujours une source de grand plaisir et de révélations intimes.  Ce génie de l’Art sans frontières, puissant dans sa créativité offre sans cesse un espace renouvelé de découvertes et d’émotions …. Tout comme la corrida…Tout comme cette rencontre légendaire et mystérieuse de l’Homme et de l’Animal…

Picaflor - novembre 2018

Paroles de capote !

Paroles de capote !

C'est l'automne. Pour nous en Europe la temporada s'est achevée avec ses adieux prévus et ceux inattendus. Pour certains d'entre nous le temps est au repos pour quelques jours avec les trastos, alors que pour d'autres, l'Amérique du Sud les a déjà accueillis. Pour ma part, je commence à être un « vieux de la vieille », ça fait 2 saisons que j'accompagne mon maestro et qu'est-ce que j'ai vécu comme joies avec lui.

Au départ nous sommes deux, de couleurs différentes. Les mains expertes d'un sastre nous ont réuni pour ne former qu'un seul et même objet au service d'un maestro. Lorsque, nous attendons encore rouleaux de tissus, qu'un maître-tailleur nous découpe et nous assemble, nous ne savons pas quel type de torero nous allons servir. Bien sûr, certaines matières plus nobles comme la soie, savent dès le départ qu'elles seront dédiées à certains types de toreros. Pour ma part, j'assume mon 100 % coton.

Lors de la touche finale de ma fabrication, qu'il a été long le temps de l'écriture du nom de mon propriétaire ! Plus de 15 lettres, vous imaginez !

Ce n'est même pas la peine que je vous dise qui il est, car vous le connaissez ! Mon torero, c'est un grand, c'est un génie, c'est un artiste. Avec lui, lorsque vous vous asseyez sur un gradin vous ne savez pas ce que vous allez voir. Avec lui aucune certitude… Tout dépendra un jour du taux d'hygrométrie dans l'air, du vent qui soufflera, le lendemain de la température ambiante, du nuage qui lui fera de l'œil lors du paseillo ou alors de la condition des toros. Enfin, avec lui c'est l'imprévisible qui vous attend. Cependant parfois, malgré un toro qui ne lui correspond pas, il vous délivrera une Véronique, une Chicuelina ou ne serait-ce qu'une Media qui pourra vous mettre en pâmoison et vous faire oublier une après-midi de désillusion.

Dès que le toro sort et suivant la façon dont il m'empoigne, je sais que ça va être un grand moment de communion entre lui et moi, entre lui et son toro et entre lui et son public ou alors une tarde de bronca.

Lorsque ce génie est a gusto ses passes sont sensuelles, avec cette douceur et ce temple à nul autre pareil. Je sens le mufle du toro à quelques centimètres de moi sans que ce dernier ne me touche. C'est divin de sentir le danger juste là et savoir que le temple du maestro fera le reste pour qu'aucune corne ne m'effleure. Lorsqu'il me sert une Véronique et que toute ma superficie s'étale dans le ruedo, je suis aux anges. Quelle maîtrise de sa technique. Il capte la force brute de l'animal dans le centre de ma toile. Je virevolte lors du remate grâce à une serpentina ou à une revolera. Il faut dire qu'au capote, mon maître est loin d'être manchot. Il a un bagage technique impressionnant, il s'inspire des toreros antiques.

Mais moi, ma préférée, je l'avoue c'est sa Chicuelina. Madre mía, je me damnerais pour qu'il m'en serve à chaque sortie. Ah cette passe… Lorsque je sens que je vais me retrouver en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire entre son habit de lumière et le fauve avec sa main à mi-hauteur, je me dis que toutes les cornes qui m'ont effleuré, touché ou déchiré en valaient bien la peine pour ces quelques instants ou le temps suspend son cours et où la foule est en liesse. Quel plaisir d'être le dernier rempart futile de mon torero sous les Olé de l'assistance, car je sais que rien de désagréable ne pourra m'arriver tellement son temple peut arriver à dompter la furie de son adversaire.

Et puis, avec ce Génie, nous ne sommes jamais à l'abri d'un coup du même nom. Cette année c'était à León, où nos deux parties ont été mises à l'honneur, le jaune et le rose ou le rose et le jaune, au choix. Qui se rappelait le nom de cette passe de capote, tout droit sortie d'un livre d'histoire de la tauromachie du début du XXème siècle ? Il nous a donné, face à cet exemplaire de García Jímenez un cours d'histoire en direct, le Galleo del bú, lors d'une corrida formelle.

Galleo del bú de Morente de la Puebla - Aplausos - 25/06/2018

Les plus grands commentateurs espagnols ne se rappelaient même pas l'avoir vu réalisée en direct. Ils savaient bien que mon torero l'avait réalisé lors d'un tentadero un ou deux ans auparavant, mais pas plus...

Comment ne pas être fier d'être un des capotes de brega de ce torero de génie qu'est Morante de la Puebla ? Alors oui, vous pouvez bien le railler, mais moi je suis fier de virevolter face à ses toros et ressortir grâce à lui des passes des livres d'histoire. Morante de la Puebla est unique et vos sifflets sont le prix de sa liberté ! Parole de Capote !

La Zapopina – Octobre 2018

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Commentaires

01.01 | 11:51

Très belle image pour le changement d'année. Que 2019 nous régale de belles faenas et de bons toros.

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26.09 | 09:44

Merci de votre apport.

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25.09 | 13:59

N'oubliez pas mon compatriote Nikko Norte, "El Holandès" novillero sans picadors jusqu'en 2005, qui va publier ses mémoires le mois prochain (octobre 2018)!

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18.09 | 12:07

Une dernière précision : après le tirage des lots, chaque matador (ou son représentant) choisit l'ordre de sortie de ses toros

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