REFLEXIONS-ANECDOTES

La Tauromaquia de GOYA - Détail de l'eau forte n°19

A la recherche du temps perdu…

C’était en mai 2018 … Un voyage à Jerez de la Frontera

9 mois, quasi complets, à attendre son retour dans le ruedo, à attendre la renaissance tel le phénix, du Genio de La Puebla (Jose Antonio Morante Camacho dit Morante de la Puebla)
Il n'avait pas fait les choses à moitié, il avait décidé de nous faire voyager, de nous faire traverser toute cette "Piel de toro". 
On l'avait dit, on y était. Où qu'il réapparaisse nous y serions. 
Il nous a donné rendez-vous un samedi après-midi de mai, lors de la feria del caballo à Jerez de la Frontera. Nous étions au comble de l'espérance. Les petits plats avaient été mis dans les grands. Pour redonner un coup de jeune à la plaza de Jerez, il n'avait pas hésité à se mettre au pinceau, payer la peinture ainsi que de sa personne pour que tout soit parfait. 
Ce samedi 12 mai sonnait son retour. 
Nous étions à l'heure au rendez-vous. Hélas un invité "surprise" était du voyage, sûrement ramené dans les bagages des biterrois présents dans les gradins... Nous étions au moins 5 !
Un vent à décorner tous les bœufs de la terre, alors que nous, nous préférons que ce soit les oreilles qui tombent. 
Ce vent ne nous mettait pas en confiance. 
Au moment du paseo, le phénix renaissant apparu, dans un habit de lumière qu'il étraînait et qui vaudrait à lui seul un commentaire. Inspiré des toreros du XIXème ainsi que d'un capote de paseo du maestro, Manolo Vázquez. C'est un travail d'orfèvre.

Il était magnifique dans cet habit noir bordé d'or avec de belles broderies florales. 
Sûrement un des plus beaux habits qu'il n'ait jamais porté. 
Au cartel, alors que Morante faisait son retour, le chef de lidia faisait lui, sur ses terres, ses adieux. Juan Jose Padilla (JJP), ou le Ciclón de Jerez à ses débuts, transformé en "El Pirata" à la suite de de terribles coups de cornes reçus tout au long de sa carrière. 
Ils étaient accompagnés par Jose Maria Manzanares (JMM). 
Après une remise de plaque et un salut au centre de l'arène de JJP, la corrida pouvait débuter. 
Mais nous pauvres hères, avions-nous envie de voir les adieux du Ciclón
Nous étions beaucoup à attendre sa réapparition, qu'il n'a pourtant pas jugé bon de faire cette année lors du traditionnel "Domingo de Resurección" dans sa Séville. 
À la sortie du 1er toro du natif de La Puebla Nous étions pleins d'espoirs, vite refroidis. Quelques détails épars tant au capote qu'à la muleta nous laissèrent sur notre fin. Ce coup-ci, ce ne pouvait être ni la faute de l'empresa, ni des vétérinaires car tout avait été étudié par et pour le maestro. Peut-être le cou du toro choisi pour la réapparition était-il trop court...??? Je ne sais pas, je ne sais plus. 
En moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, le Genio de La Puebla avait envoyé ad patres son 1er adversaire. 
La pilule était dure à passer. La déception était immense. 
C'est sûr, il se rattraperait sur son second, surtout qu'il n'y a pas de "quinto malo", comme dit le proverbe. 
Quelques belles passes au capote puis plus rien, un toro sans fond, sans classe, bref, sans rien de ce qu'il faut pour faire un toro bravo. Ce n'est pas le coup qu'il se donna contre le burladero qui allait l'aider à devenir ce qu'il n'était pas. 
Le natif de La Puebla s'employa à essayer de lui extraire sa substantifique moelle et d'obtenir ce je ne sais quoi qui lui permettrait de retrouver son toreo et satisfaire ses admirateurs, en vain. 
Il fallait bien se rendre à l'évidence, si ce 12 juin restait dans les annales, ce serait plus pour le triomphe de JJP pour sa despedida sur ses terres (1o/2o) que pour le retour du Genio qui ne semblait pas remis des maux qui l'avaient éloignés des ruedos 9 mois auparavant. Ce qu'il avait le mieux réussi pour son retour, était malheureusement la réhabilitation de la plaza et son habit de lumière. 
L'Andalousie et l'affectueuse Jerez de la Frontera n'ayant pas réussi à l'excentrique de La Puebla, il nous faudrait avaler plus de 600km pour le voir dès le lendemain fouler le sable des arènes de Valladolid. 
Que la nature est belle dans le grenier de l'Espagne et que la route est longue. 
Pas plus tôt arrivées à l'hôtel, direction les arènes. Si seulement nous avions pu monter dans le coche du maestro et dormir durant le trajet. 
L'organisation ou plutôt la désorganisation de la plaza locale a eu pour effet de nous faire rater le paseo. Vu le triste spectacle de la veille, je craignais que ce soit le meilleur moment dans le ruedo pour le protégé de Manolo Lozano. 
Si la veille les spectateurs étaient partagés entre Morantistas et Padillistas, ce n'était pas pareil à Valladolid. Place chérie de l'artiste, elle avait fait le plein "hasta la bandera" bien que ce ne soit pas un "no hay billetes". 
Le vent du nord, froid et fort soufflait. 
Pour son 1er toro, nous étions dans le même rythme que la veille, peu de jeu, beaucoup de vent. Quelques rares détails à l'arrivée. 
Il ne restait qu'un toro au sévillan pour que sa fin de semaine de réapparition ne tourne au fiasco. 
Le Nuñez del cuvillo devait avoir quelques lettres en français et s'est souvenu d'un vers de V. Hugo "S'il n'en reste qu'un, je serai celui-là" car grâce à lui, le Genio de La Puebla n'a pas usurpé son surnom. 
Quelques belles Véroniques mais pas assez à mon goût, oui je sais, jamais contente. 
Capote en main et à l'abri des planches, le fumeur de cigares lui a servi un bien beau début de faena. L'assistance vivait en direct la renaissance du Phénix sévillan ou la Résurrection de son Dieu. Il avait trouvé comment se jouer du vent avec ses derechazos pleins de profondeur et de lenteur.  Chaque passe était célébrée par des Olé. On ne souhaitait pas sortir de ce rêve éveillé. Une belle estocade, hélas loin d'être foudroyante vint terminer le travail. Sans ce temps trop long, à mon goût, entre le coup d'épée et la mort, le sévillan aurait sûrement coupé les 2 appendices fortement quémandés par ses aficionados. Si tel avait été le cas, il aurait partagé la sortie à hombros avec JMM qui coupa 1 oreille à chacun de ses adversaires. Talavante a hérité au sorteo du pire lot avec lequel il lui a été impossible de composer, surtout l'invalide 6ème. 
Il restait encore une date pour clôturer la semaine de réapparition du Genio. Brihuega le samedi 19 mai... 
Brihuega, improbable village de la province de Guadalajara enserré dans de belles murailles, affichait pour sa corrida annuelle un bien beau et prometteur cartel. Le même que la semaine précédente à Valladolid, Morante de la Puebla, José María Manzanares et Alejandro Talavante face à des pensionnaires de Juan Pedro. Après les faenas servies dans les arènes de Las Ventas 3 jours plus tôt, on espérait beaucoup des deux plus jeunes toreros. Hélas, les toros au fer pourtant prestigieux, n'étaient pas au même niveau que les maestros qui les affrontaient.
Vêtu du même habit qu'il étrennait à Jerez, l'enfant de la Puebla apparu sur le sable de La Muralla, placita construite en partie dans la muraille. JMM, lui avait revêtu le même costume que lors de sa course madrilène. Alejandro Talavante, lui avait choisi un habit de lumière vieux rose.
La musique locale sonna le début de la corrida et l'entrée du 1er toro, et là, l'improbable se produisit ! Ce ne furent pas un mais deux adversaires qui se présentèrent au Genio de la Puebla. Le 6ème toro, dévolu à Alejandro Talavante ayant détruit la porte du chiquero qui l'abritait. Au bout d'une bonne vingtaine de minutes d'efforts des cabestros, des areneros ainsi que de Morante et de José María Manzanares tout rentra dans l'ordre. Quelle odyssée que de réussir à en faire rentrer un !
L'après-midi fut agréable grâce aux bonnes dispositions des maestros. Celui de la Puebla reçut son 1er adversaire avec de belles et profondes Véroniques, qui suspendirent le temps. A la muleta, les derechazos ont pris le dessus sur les naturelles et une mauvaise épée le priva d'un trophée. On voyait cependant Morante heureux dans le ruedo. Il ne nous restait qu'à espérer que son second adversaire lui permette de s'exprimer et que surtout, la mort soit réussie.
Ce tant espéré second toro de Morante arriva. Le Maestro de la Puebla, bien que faible, le torea a gusto et le fit aller a más. La faena pleine de qualités, surtout sur la droite nous régala. L'héritier des Curro et Rafael de Paula était heureux dans le ruedo, il pouvait laisser s'exprimer son art. Une estocade quasi entière permit au public de demander et d'obtenir l'oreille. Il en était fini de la semaine "folle" de Morante qui avait enchaîné 3 corridas en 8 jours. La temporada du Genio est encore longue et il est peut-être un peu tôt pour se prononcer mais comme pour un toro lors de la lidia, on pourrait dire que Morante de la Puebla est en train d'aller a más.
L'après-midi est vraiment à oublier pour José María Manzanares qui bien qu'ayant servi de bien belles faenas perdit tous les trophées aux aciers, ce qui est difficile à croire lorsque l'on sait l'estoqueador qu'il est.
Alejandro, sur sa lancée madrilène a servi la meilleure faena du jour, profonde, pleine de temple et de rotundidad. Une meilleure épée lui aurait ouvert la grande porte de la Muralla. Ne doutons pas que ce maestro fera encore parler de lui durant cette temporada.

La Zapopina - Mai 2018

Une main en or

Je ne me souviens ni du jour ni de l’heure. Cela a-t-il de l’importance ? Pour moi, non, car l’essence de ce moment merveilleux est restée gravée au plus profond de mon être. Avoir été là, l’assise sur la froideur de la pierre et pourtant emporté dans un autre espace-temps où ne vibrent que les cordes du sensible en une musique d’un autre monde.

Une main ferme empoigne le bois d’un drap rouge et se met en quête d’un dialogue d’un autre temps. Dialogue entre un homme et un fauve…

L’approche est tâtonnante. Les tentatives de compréhension des deux protagonistes s’échelonnent parfois hésitantes empreintes d’inquiétudes, de doutes, parfois quelque peu saccadées empreintes de peurs, tentatives d’écrire une histoire comme celles de la plume griffant le papier. Peu à peu, les plis du drap se tranquillisent, s’inscrivent dans une trajectoire régulière, ample et … une rencontre éclot.

L’homme et la bête s’accordent. Une communion originelle s’exprime dans des volutes d’une grâce, d’une douceur, d’une profondeur à faire frémir les anges. El Temple ! El Duende ! Dieu, Dieux, que c’est beau !

Le drap s’alanguit sur la terre. La bête, tête baissée, aimantée, suit, hypnotisée par les minuscules ondulations du tissu crissant sur le sable. La distance est maintenue, maîtrisée. La tension est à son plus haut point. Néanmoins, les passes s’enchaînent continues, fluides composant une harmonie surprenante. Plongés dans l’intensité de leur échange, l’homme et la bête n’entendent plus ni cris, ni musique; ils sont comme deux amoureux, seuls au monde, gravant le cercle de la vie et de la mort sur la terre qu’ils foulent. L’homme, dans l’engagement total de son corps et de son esprit, et par la maîtrise soutenue du mouvement, fait de la bête son alliée, sa partenaire, et ainsi tous deux inventent l’œuvre mouvante la plus incroyable qui soit, éveillant chez celui qui assiste à cette création une explosion d’émotions…

Lui, axis mundi, chaussons noirs plantés dans le sol, torse arqué vers le Ciel, bras tendu, main  vers la Terre, dirige avec une douceur infinie l’échange extraordinaire emplissant l’instant de magie. Elle, materia prima, masse sauvage, énorme, majestueuse de force, accepte avec noblesse et humilité cet accord. Et tous deux, dans un même rythme, dans une parfaite entente, créent la sphère sacrée de l’existence terrestre, élaborant ensemble un code, une langue qui émane d’un au-delà de l’histoire de l’humanité.

Me vient alors à l’esprit le vers si célèbre de Lamartine : « Ô temps, suspends ton vol ». Oui, assistant à ce moment magique, j’aurais voulu, mais en vain, être éphémère que je suis, arrêter ce temps pour continuer à ressentir vibrer en moi ce sentiment si fort d’être…

LIBRE d’ETRE

Les Grandes Traditions qui ont sculpté nos mondes disent que la Main est reliée au Cœur. Je le crois.

Gracias TORO,  Gracias TORERO
(Gracias José Mari Manzanares)

Picaflor  - Avril 2018

Don Angel Peralta

Don Angel Peralta dans les arènes de Séville (Photo Arjona)

Je n’ajouterai rien aux divers hommages envers le rejoneador Don Angel Peralta qui a, lui aussi, tiré sa révérence. Beaucoup de monde l’ont fait amplement. Cependant je pense à notre talentueuse et jolie amazone Léa Vicens qui doit se sentir orpheline, elle qui doit tant à son mentor.
Toute jeune, j’ai eu le plaisir de voir toréer les Quatre Cavaliers de l’Apothéose ainsi nommés : Angel et Rafael Peralta, Alvaro Domecq et Jose Samuel Lupi.

Don Angel, outre le cavalier, était un penseur et un poète et je ne peux résister à vous faire partager un poème  qu’il dédia à son cheval Cabriole mort d’un coup de corne en plein cœur à Alicante. Jose Luis Benlloch, chroniqueur de la revue taurine « Aplausos » nous raconte l’anecdote : Angel Peralta dit avoir tué, pour la seule fois, un toro avec agressivité, geste qu’il a regretté ensuite. Mais la mort de son cheval Cabriole lui inspira ce beau poème :

Muerte quedaste en el centro
Como mueren los valientes
Con la cornada en el pecho
Toreando frente a frente.

No tuvo la culpa el toro
La culpa la tuve yo,
Que lo desafié en publico
Con el puñal de un rejón

Y… el se murió embistiendo,
Emvistiendole a la muerte,
Como muere un toro bravo
Y ser bravo es de valientes.

ꜟAdiós « Cabriola » adiós !
A mi me toca esperar,
Lo que queda nada vale
Que lo que vale se va… *

 DEP Don Angel, vous qui avez passé plus de temps à cheval qu’à pied dans une vie riche et belle.

 Chicuelina avril 2018

 

* Mort tu es resté au centre, comme meurent les vaillants, le coup de corne en pleine poitrine, toréant face à face.
Ce ne fut pas la faute du toro, ce fut la mienne. C’est moi qui l’ai défié en public, avec le poignard d’un rejón.
Lui, il est mort en chargeant, en chargeant la mort même, comme meurt un toro brave et être brave c’est être vaillant.
Adieu Cabriole, adieu ! Il ne me reste qu’à attendre. Ce qui reste ne vaut rien, ce qui vaut s’en va…

SUR LA TEMPORADA 2017...

Bilan de la temporada 2017  par La Chicuelina

Au seuil de cette nouvelle année 2018 que nous vous souhaitons excellente sur les gradins de nos arènes, il nous a semblé utile de dresser un bilan sur l’année écoulée bien que nos avis soient personnels et par forcément les vôtres.
Ce n’est pas toujours le premier matador de l’escalafón qui reste dans les mémoires des aficionados car le nombre de corridas est indépendant du résultat qui en fait le premier, en nombre de corridas effectuées.

Jean-Baptiste Jalabert dit Juan Bautista, a incontestablement marqué cette année d’une pierre blanche. Depuis quelques temps le français s’est hissé à un niveau qui a dépassé tous les autres. Triomphateur de la saison dans le sud ouest comme dans le sud est, reconnu en Espagne par son style, son talent et sa capacité à affronter tous les élevages, en font une valeur sure qui devrait durer et se bonifier encore (comme il le dit lui-même « le meilleur est à venir »).
Parmi les artistes, Alejandro Talavante affiche une inventivité au niveau de sa tauromachie inspirée qui frôle le sublime parfois, pour moi.
Le jeune Gines Marin qui arrive parmi les grands,  surprenant par son talent, sa science et son envie, se révèle comme le torero du moment avec sa grande porte à Madrid le 25 mai pour la confirmation de son alternative et sa belle faena, le 17 juin pour la corrida de la Culture. Déclaré vainqueur de la San Isidro, il faudra compter avec lui en 2018.
Un modeste, Paco Ureña, torero humble animée d’une rage de vaincre aussi grosse que son cœur, sensible et émotif. Ce torero a beaucoup de talent et de mérite car il n’est pas débutant dans le métier mais il affronte des toros difficiles.
Encore un torero, peu connu du grand public car il est cantonné dans les corridas dites dures, c’est Emilio de Justo, qui mériterait plus de contrats et de considération. On aimerait le voir devant des toros plus faciles mais hélas, on a à faire à ce satané système qui empêche beaucoup de toreros de s’exprimer…
L’incombustible Enrique Ponce, El Rey Enrique, domine par sa science du toro, son adaptation à toute sorte d’élevage, son pouvoir et sa créativité, laissant croire à une facilité souvent trompeuse. Aucun torero n’aura autant duré avec toujours autant de régularité, on ne compte plus ses triomphes partout où il passe.
Les figuras sont toujours là mais manque parfois d’un je ne sais quoi qui ferait tilt dans nos cœurs d’aficionados parfois engourdis par la routine…
Antonio Ferrera, absent depuis deux ans faute à une blessure, a réapparu avec une tauromachie plus sereine devant des toros différents comme le victorino « Platino » de Séville ou l’élevage d’El Pilar. Hélas une cornada à Albacete a interrompu sa saison.
Bien que je ne sois pas fan du trémendisme de Roca Rey, il faut reconnaître qu’il sait toréer reste à confirmer la suite.

Dans le monde des chevaux Léa Vicens est la révélation de l’année et caracole en tête malgré la présence incontestable de Diego Ventura, Hermoso de Mendoza ou Leonardo Hernandez.

Quant aux novilladas, la situation reste inchangée, on constate la diminution des spectacles, leur coût, la pression abolitionniste et les connaissances insuffisantes des aficionados « modernes » qui oublient que sans novilleros nous n’aurons plus de matadors.
Je ne les citerai pas tous mais le chef de file avec 65 oreilles et 8 queues au compteur se nomme Jesus Enrique Colombo.
Andy Younes est passé à l’échelon supérieur en prenant l’alternative à Nîmes en septembre.
Leo Valadez a eu des prestations honorables avant de prendre son alternative à Saragosse en octobre.
Une surprise avec El Adureño (Yanis Djeniba) issu de l’école taurine Adour Aficion dont Richard Milian fut le Mentor.
Tibo Garcia et Adrien Salenc se sont distingués aussi.

Comme l’année précédente, 2017 a été encore marquée par la tragédie.
Ivan Fandiño a perdu la vie dans l’arène laissant orpheline toute une afición qui n’oublie pas qu’on meurt encore de nos jours par la corne d’un toro. Le torero d’Orduña incarnait les plus hautes valeurs du « toreo » et la France du sud-ouest qui en avait fait son torero de prédilection, fut d’autant plus affectée que le drame eut lieu chez elle.
Damaso Gonzales était un grand doublé d’un modeste qui méritait une belle place parmi les illustres toreros. Il n’est pas mort par un toro mais par une autre bête tout aussi redoutable et sa mort affligea plus d’un aficionado qui se souvenait de sa tauromachie créative.
Une autre disparition qui fit beaucoup de bruit dans le mundillo : la disparition du « Sorcier de Galapagar » Don Victorino Martin Andres. Son élevage devenu mythique est, désormais, dans les mains de son fils Victorino junior et de sa petite fille, vétérinaire passionnée de toros. Comment pourrait-il en être autrement quand on a grandi dans une telle famille.
Pour ce qui est des toros et élevages je laisse la plume au Mayoral.

La Chicuelina - Janvier 2018

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TOROS 2017..... ET TOROS 2018  par El Mayoral

On entend souvent à la sortie des arènes, et souvent dans la bouche de certains ganaderos: Sin toros no hay fiesta brava. C’est une phrase que j'affectionne particulièrement, car elle s'applique malheureusement à de trop nombreuses grandes plaza de toros.
A l'exception du grand maestro Enrique Ponce qui reste et restera pour moi le meilleur connaisseur du toro, adaptant sa faena en fonction de son adversaire (il a toréé des élevages variés) les grandes figuras quittent souvent les arènes par "la puerta grande" sans avoir livré réellement un combat.
A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.
Certes tout toro est dangereux et peut tuer, mais si les toristes et les toréristes se sont toujours opposés, j'ai l'impression que nombreux sont ceux qui aspirent à voir des toros braves, sauvages, avec cette caste qui fait l'orgueil de l'éleveur, mais qui malheureusement, leur fait souvent défaut aujourd'hui.

Garcigrande, Domingo Hernandez, Daniel Ruiz, Victoriano... et d'autres sont les élevages favoris des vedettes. Ces toros, bien présentés, souvent trop lourds, supportent mal, hélas, le premier tiers. Une petite pique, est ce sont des chutes liées à leur faiblesse pendant la faena de muleta.
On se lasse de voir ces toros et on n’a plus envie de voir ce genre de corrida.
Par contre, à l'opposé, il y a ces corridas dites "dures" avec des élevages connus ou moins connus. Ces toros sont beaux, avec souvent des têtes impressionnantes, et une bravoure telle, qu'ils prennent trois à quatre piques, bousculant la cavalerie et continuant à aller à "más" pendant la faena de muleta et sans jamais chuter. Il y a encore de la sauvagerie chez ces toros.

Certes les faenas sont très différentes, il faut bien les comprendre, et c'est pourquoi les toreros qui les affrontent sont communément appelés "des combattants" qui ont gagné leur galons, grâce à leur volonté et à leur courage. Rafaelillo, Robleño, Castaño, Alberto Aguilar, Savalli et plus récemment, Lamelas, Chacon, Ureña, Emilio de Justo, Javier Cortes, Roman, les jeunes Vanegas et Valadez. N’oublions pas tous ceux qui voudraient toréer et qui n'y parviennent pas…
Et tous ces toreros combattent les élevages occultés par les vedettes.
Parmi ces élevages, on peut citer:
Victorino Martín qui fait une bonne saison 2017 (sauf Béziers), Adolfo Martín
Pedraza de Yeltes à Dax, les Palha et Dolores Aguirre à Vic, Los Maños, deux ans de suite, meilleur toro de la feria de Vic, Martinez Pedres et Escolar Gil etc...

En novillada on retiendra l'excellente prestation des novillos de José Cruz à Dax et le succès du premier novillo toréé en France de l'élevage basque "La Pincha"
qui ouvrira le féria de Pampelune 2018 en présentant une novillada.
Enfin n'oublions pas nos éleveurs Français qui ont marqué cette année:
Ganaderia Valverde, les toros des frères Gallon très bien sortis en Espagne La ganaderia de Jean Louis Darré et les pensionnaires des Monteilles, les très beaux et intéressants toros de Robert Margé à Saragosse obtenant le prix de la plus belle corrida.

On remarquera que ces corridas "toristes" sont souvent programmées dans le sud-ouest. On n’est pas étonné, car ces aficionados aiment ce toro, le comprennent, et soutiennent ces toreros modestes qui malgré tout, coupent des oreilles, qui à mon sens, ont peut être plus de valeurs que certaines...
Bien sur, dans le sud-est, n'oublions pas Céret, Alès, qui font de la résistance.
Certes quelques grandes arènes programment, quand même, une ou deux corridas de respect.

Tout n'est pas annoncé pour 2018, mais d'ores et déjà nous avons retenu :
les Galache à Magesq, les Valverde et Concha y Sierra à Aignan, les Pedraza, Raso de Portillo, Valdellan et Los Maños à Vic, Margé, Raso de Portillo et Hoyos de la Gitana à Boujan, les toros Portugais de "Sao Torcado ( Pinto Barreiro / Gamero Civico), Marie Gascon Martin et Juan Luis Fraile y Marin à Céret. Combien d'aficionados connaissent ces élevages ?
Certainement très peu. C'est pour cela qu'il faut venir les découvrir, vivre ainsi de nouvelles sensations, en soutenant et encourageant ces ganaderos et en remerciant ces toreros peu connus, qui veulent bien les affronter.
Tous les cartels ne sont pas sortis, mais il faut espérer que les grandes férias vont prendre un nouveau tournant, afin de redonner confiance aux aficionados et permettre ainsi à notre passion de continuer tout simplement à vivre.

El Mayoral – Janvier 2018

Pamplona ou les coulisses d’un encierro

Les toros arrivent là...

Pamplona ou les coulisses d’un encierro

Qui ne connaît pas Pampelune, sa feria et son mythique Encierro glorifié par Ernest Hemingway, qui compte parmi les 3 évènements mondiaux avec le carnaval de Rio et la fête de la bière à Munich. Ces fêtes sont données en l’honneur de Saint Firmin du 6 au 14 juillet.

Cet emblématique encierro tous les matins de la feria en juillet remonte la fameuse Calle Estafeta et arrive dans les arènes après un parcours de folie mené par les « corredores » et les toros qui combattront l’après midi dans les arènes.

Avec dévotion, les corredores se mettent sous la protection de San Firmin, devant son effigie dans la côte de Santo Domingo. Ils chantent « A San Firmin Pedimos, por ser nuestro patrón, nos guíe en el encierro dándonos su bendición. »  (Nous demandons à San Firmin, car il est notre patron, qu’il nous guide dans l’encierro et nous donne sa bénidiction.)

Le départ est donné à 8 heures précises par une fusée.

Les coureurs sont des habitués depuis de nombreuses années parfois mais des amateurs de sensations fortes se mêlent au cortège, quelquefois les conséquences peuvent avoir de graves résultats. Un coureur digne de ce nom ne doit pas toucher le toro, mais il le suit ou le précède à ses risques et périls mais lui conserve son intégrité.

En bas de la rue, au départ, se trouvent des petits « corrales » où on amène les toros, de nuit. Ils attendront jusqu’au matin le départ de l’Encierro. Cela se nomme « encierrillo » et seuls quelques privilégiés, qui ont été tirés au sort parmi de nombreux inscrits, verront nuitamment cette confidentielle transhumance.

San Firmin calle Estafeta Local attenant à la chapelle - Trastos et autres objets afférents à la corrrida

Il faut savoir que la « Casa de la Misericordia » est l’organisateur et le gestionnaire de cette manifestation et des arènes. La recette des places de corrida équilibre les comptes rendant cet encierro possible et sans coût pour la ville.

Le Club Taurin de Pamplona est important et il jouxte les arènes. J’ai eu la chance d’y être accueillie avec des amis par son sympathique président qui nous a fait visiter le local et la chapelle des arènes. Il nous a offert une luxueuse revue relatant les activités 2016 très étoffées de l’association mais aussi des articles fort intéressants entre autre un texte sur l’afición française, très toriste, du sud-ouest qui force l’admiration des aficionados espagnols. Anecdote relatée par un des membres du club : un jour à Vic lors d’un tercio de piques pas très réussi, un spectateur cria au picador : « on n’est pas en Espagne ici ! » Notre ami espagnol nous avoue avoir ressenti une certaine honte…

Si vous avez l’occasion de voir cet encierro sur place ou à la télévision vous penserez « quizàs »* à tout cela.

La Chicuelina mars 2017

* quizàs = peut-être

Balade taurine en Extremadura

L’Extremadura est l’une des 17 communautés autonomes d’Espagne depuis 1983, partageant ses frontières avec le Portugal, Castilla-Leon, Castilla-La Mancha et l’Andalousie. Merida est la capitale, elle est située dans la province de Badajoz qui est aussi une des villes importantes et au n°8 de la calle Lopez Prudencio, l’un des plus anciens musées taurins d’Espagne nous ouvrent ses portes. Dans cette caverne d’Ali Baba taurine, nos yeux ne savent où se poser tel ce patrimoine regorge de richesses à travers les grands noms de la tauromachie tels Belmonte, Manolete, Bienvenida, Victor Mendez pour les anciens et Jose Tomas, Morante et tous les toreros actuels. Photographies, affiches, costumes, documents originaux, têtes de taureaux naturalisées associées à une anecdote particulière. Dans ces trésors notre œil détecte une affiche concernant notre ville de Béziers, éditée pour la circonstance en juillet 1997, une autre de 1935 au graphisme féminin que l’on trouve dans de nombreux musées ou bars taurins représente une belle espagnole coiffée d’une montera, dont la nudité est masquée par un beau capote de paseo fleuri. Chez nous cette affiche a été faite pour la corrida du vin et des femmes à Béziers. Une anecdote, dont je n’ai pas vérifié la véracité, m’a été contée par un tenancier de bar dans le quartier de Triana à Séville, le profil de la belle en question serait celui du divin chauve, alias Joselito El Gallo. Si vous avez l’occasion de regarder le profil, peu féminin il est vrai,  on peut y retrouver celui du grand matador… à vous de juger.

Olivenza, petite ville jouxtant le Portugal, avec lequel elle fut longtemps un objet de litige, revendiquée par les deux pays, connue pour son patrimoine teinté  des deux influences, est réputée auprès des aficionados comme la première feria importante qui ouvre la Temporadaet prend sa place parmi « les grandes » grâce à l’implication de son organisateur Jose Cutiño depuis 27 ans. Les plus grandes figuras y participent. Cette année Alejandro Talavante, Morante, El Juli, Roca Rey, Ferrera qui revient après une longue absence due à une mauvaise blessure, ont imprégné  le sable de la petite arène de leur capacité. Deux novilladas ajoutent au mérite de l’empresa avec des novilleros de premiers plans, de tous horizons y compris les locaux. En trois jours un public connaisseur (dont des français) s’intègre dans la population oliventina.

L’Extremadura vous offre un climat, un environnement et une dehesa fantastique pour l’élevage de toros braves. Ce n’est pas pour rien que de grands toreros : El Juli, Talavante et Perrera se soient installés dans cette région. Juli est voisin du considérable domaine de Jose Luis Iniesta (voir plus loin).

Si vous aimez les toros en liberté, dans leur élément, vous serez conquis par la dehesa extremeña, ses pâturages ses étendues  à perte de vue, abritant des élevages, plus beaux les uns que les autres évoluant dans un cadre rêvé.

Faire une escapade jusqu’à Los Alijares, ganadería dont le propriétaire en personne vous conduit en voiture au milieu de son ganado en liberté... La surprise est de taille lorsque vous arrivez  dans les lieux après un long parcours dans la campagne, car point de clôture, les toros vous regardent passer, à peine surpris, certains plus curieux, approchent paisiblement, vous êtes plus inquiets qu’eux certainement… Le paysage est grandiose par ses enrochements disposés par dame nature, entourant des chênes et quelques oliviers plantés dans leur majestueuse prestance. Sous le charme, je ne peux m’empêcher de dire à notre hôte  « on peut se demander  si on a disposé ces belles rocailles autour des arbres ou si ces derniers ont été plantés au milieu de ces harmonieux enrochements ». Vous devinez la réponse amusée.

Ces animaux paisibles, au physique magnifique, ne sont autres que les pensionnaires de Don Alfonso Martin, fils de Venancio, neveu du célèbre Don Victorino Martin-Andres. Cet élevage jouit d’une réputation certaine, ces animaux au moral piquant et au comportement donnant un jeu et une noblesse face à ceux qui savent s’y frotter, vous laisse admiratif. Vous ne pouvez imaginer que ces toros, au comportement particulier dans l’arène, montre un mental tel qu’ils refusent de s’alimenter quand ils arrivent dans les corrales malgré tout ce que les mayorales ont pu essayer. On les amène à Madrid seulement la veille, vu la proximité, imaginez lorsqu’ils vont en France ou ailleurs et pourtant ils ne donnent pas de signe de faiblesse ! Leur cadre de vie est si beau que l’éleveur nous confie  passer toute la semaine à la finca, excepté pendant l’été trop brûlant.

Autre endroit majestueux et rare « Los Espartales » dont le propriétaire, Jose-Luis Iniesta, nous accueille avec une chaleureuse bonhomie tout en pimentant d’anecdotes ses explications. Cet agréable conteur vous tiendrait des heures. Il affirme pouvoir assouvir sa passion grâce à une situation confortable. Propriétaire de plusieurs hôtels à Badajoz ainsi que d’un casino on comprend cela. Sévillan de naissance, qui plus est, grandissant en face la Maestranza, ça explique la passion des toros. Vivant depuis longtemps en Extremadura, il estime que cette région est plus accueillante que Séville. Connaissant la mentalité sévillane, on comprend aisément…
Les animaux ont diverses origines et pas la même finalité. En effet une partie est réservé à la corrida à cheval qui a beaucoup évolué en nombre de spectacles ces dernières années (et les éleveurs pour le « rejón » sont peu nombreux, 3 en tout pour les principaux), ici ce sont les Murube qui sont partenaires du rejón. Les corridas à cheval ont décuplé car les cavaliers très performants et les toros sont plus propices au jeu dans l’arène (ceci complétant cela). Pour les corridas à pied, diverses origines sont présentes : Jandilla, Daniel Ruiz, Ojeda…El Juli a son élevage qui est voisin des Espartales. Anecdote : Ojeda a offert deux sementales à J.L Iniesta, ayant vendu tout son cheptel, lassé d’entendre les conseils idiots de « jilipollas *» alors qu’il est entendu dans la question c’est le moins qu’on puisse dire, le grand maestro a jeté l’éponge… On passerait des jours à écouter ce charmant Monsieur tout en prenant le petit déjeuner…
Mais d’autres lieux nous attendent... Des élevages moins connus mais non moins dignes d’admiration reçoivent aussi les aficionados privilégiés.

Nous allons à Ledesma à la ganaderia de Pincha, près de Pamplona. Ce curieux nom est l’héritage d’un aïeul au sang chaud qui, un jour de colère, a cloué la main d’un partenaire tricheur au jeu avec son couteau sur la table en bois, d’où son surnom « El Pincho »  (comme on dit pinchar pour le torero), l’élevage a ainsi gagné son nom. Le ganadero, héritier du Pincho, possède deux sortes d’encaste : les Marquis de Domecq pour les novillos et des Atanasio Fernandez d’origine pour les spectacles de rue, très prisés dans cette région et qui sont pour l’essentiel des revenus de l’éleveur. Mais quand on a connu les Atanasio Fernandez à leur grande époque, on a un petit pincement au cœur… On admire et on comprend ces éleveurs modestes avec leur difficulté et leur mérite à encore élever des toros. Beaucoup d’élevages ont ainsi  « plié boutique » pour d’autres activités plus lucratives et la mode et l’influence des vedettes qui préfèrent la facilité.

La difficulté à combattre ces toros d’un autre âge explique que les encastes portugais comme Veiga Texeira, Pinto Barreiro qui nous offrent des estampes au milieu des pâturages, connaissent les pires difficultés pour survivre. Mais qui ose affronter de tels animaux ? A part les toreros de l’ombre, animé d’une rage d’arriver au succès qu’ils ne trouveront jamais pour la plupart mais qui forcent notre admiration et notre respect.

Autre ganadería extremeña celle de Luis Terrón qui nous accueille avec un air andalou dans sa construction. Mais pour la première fois dans notre périple, nous allons, non pas danser, mais  voir les toros sous la pluie. Mais ça a son charme aussi. La cinquantaine de toros destinée au rejón nous regarde arriver avec un certain intérêt étant donné que nous leur apportons leur pienso complément d’une herbe verte et grasse vu la saison. Certains dont un en particulier présente une tête avec armure imposante, une merveille de la nature ! J’ai un pincement au cœur devant cet impérial animal à qui on va enlever une partie de cet admirable attribut (il est destiné à la corrida à cheval et vous ne l’ignorez pas il sera épointé sérieusement comme ses confrères). Pourvu qu’il échappe à une telle mutilation ! A côté de la placita de tienta une surprise nous attend, nous pouvons approcher une belle bête, lui donner à manger car ce pauvre orphelin ayant perdu sa mère à la naissance s’est vu élevé au biberon et choyé par la maison, une caresse n’est pas interdite mais attention tout de même, la race parle de temps en temps, soyez prudent…

Sachez que si vous êtes reçu avec tant de sympathie par le propriétaire en personne, cela demeure exceptionnel et rare, en dehors du tourisme taurin, répandu de plus en plus. Aussi votre affection et votre reconnaissance vont à celui qui,  par son immense amour des toros, ses amitiés avec le monde taurin, vous permet de vivre ces instants inoubliables.

Merci à toi l’ami, à la prochaine car on en redemande !

La Chicuelina mars 2017

* jilipollas = imbéciles, couillons

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Commentaires

26.09 | 09:44

Merci de votre apport.

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25.09 | 13:59

N'oubliez pas mon compatriote Nikko Norte, "El Holandès" novillero sans picadors jusqu'en 2005, qui va publier ses mémoires le mois prochain (octobre 2018)!

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18.09 | 12:07

Une dernière précision : après le tirage des lots, chaque matador (ou son représentant) choisit l'ordre de sortie de ses toros

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10.12 | 21:17

Bravo à Maurice Daussant ainsi qu'à toute son équipe de bénévoles pour son film sur Gabin Réhabi. Très beau film.

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