EVENEMENTS - ACTUALITE

Corrida et Corona

Quand au mois de janvier dans les clubs nous  nous souhaitions une année 2020 remplie de bonheur et à la hauteur de nos désirs d’aficionados : des toros braves avec noblesse face à des toreros novateurs…nous étions à cent lieux de nous douter, que le mois suivant, nous serions plongés dans le doute quant à la future temporada.

Les premières ferias s’annulaient les unes après les autres, Valencia Castellon, Séville, Madrid en Espagne mais bientôt l’annonce que la Feria Pascale d’Arles n’aurait pas lieu, Nîmes, on n’en parlait pas encore mais Vic Fezensac reportait la sienne en juillet. Pire que les animalistes, un ennemi minuscule, sournois et foudroyant se répandait à une vitesse telle que la planète envahie se voyait confinée chez soi.

Sans aucunes activités possibles si ce n’est les activités à domicile comme la lecture les vidéos, et chacun accepta car il était question de vie ou de mort.

Mais ce brusque arrêt de la vie impactait beaucoup de souffrance dans la population dont on ne pouvait encore imaginer les dégâts que cela produirait.

Notre frustration éphémère, notre manque inéluctable en matière taurine nous procurait une certaine culpabilité face aux problèmes rencontrés par tous.

Mais l’homme vit d’espoir, il a soif de positif face à l’adversité et tout un chacun puisa dans ses ressources pour affronter ce jamais vu.

Et s’il est quelqu’un de résolument optimiste c’est bien l’aficionado capable de « croire au Père Noël tous les après midi vers les cinq heures » et de surmonter sa déception lorsqu’il en a pour retourner le lendemain sur les gradins.

Dans ces temps de disette taurine, il va se nourrir de tout ce qui alimentera sa passion : livres, films, vidéos, souvenirs, échanges téléphoniques... (il faut bien occuper le confinement)

Dans les tablettes et ordinateurs, les sites taurins nous montrent, faute de corridas actuelles, les toreros donnant de leur temps pour assouvir leur passion et la nôtre. Ainsi j’ai vu Juan Jose Padilla en compagnie de sa fille Paloma nous conter les ganaderias

D’autres parmi les privilégiers comme Miguel Angel Perera nous invite dans sa ganaderia pour nous montrer la vie au campo. Un de ses toros s’est entortillé la tête et les cornes dans une corde. Je vous laisse imaginer le travail et la patience pour délivrer l’animal de ses entraves. (A voir sur Mundotoro)

Il est vrai que l’inégalité du confinement pour les toreros qui est la même pour le reste de la population, nous saute aux yeux. A l’encontre de tous les privilégiés, la majorité des toreros vit dans quelques mètres carrés et ne peuvent s’entrainer au campo car les portes sont fermées comme celles de Victorino. Ce sont les mêmes qui couraient après les contrats, qui entrevoyaient pour certains le bout du tunnel car ils étaient engagés pour certaines ferias. Ce sont les mêmes dans l’adversité de la pandémie. Quel est leur avenir une fois les contrats annulés…

Trêve de pessimisme ! Des images du passé surgissent pour meubler l’absence, nous donner l’espoir en des jours meilleurs, combler le vide…

Des corridas glorieuses occupent les écrans avec les vedettes du passé mais aussi du présent.

Un torero a surgi de mes souvenirs, ç’aurait pu être un autre…

En regardant une de ses corridas à Grenade face à des AnaRomero (la date je l’ai oubliée mais peu importe) il leur coupa les deux oreilles et la queue. Jose Miguel Arroyo Joselito était un merveilleux artiste doublé d’un technicien même s’il s'en défendait. Il étala son capote d’une douceur et d’une insolence inspirée, le tout terminé par un abanico interminable dans le premier tercio ce jour-là. Sa muleta n’en fut pas moins enchanteresse et la foule en délire sortit le mouchoir après un concluant coup de rapière.

Joselito était modeste, malgré tout, conscient de ses failles (il prétendait en avoir beaucoup) mais il a laissé son nom parmi les grands. Lorsqu’il a raccroché capote et muleta il est devenu éleveur de ses animaux qu’il aime beaucoup. Son élevage a pignon sur rue à l’heure actuelle et se nomme le Tajo y la Reina.

Joselito nous a fait la joie de revenir pour une fois à Istres, avant de s’arrêter définitivement. Il nous a envouté et embué les yeux à l’écoute de « l’hymne à l’amour » pendant sa faena.

Si vous avez envie de connaître un peu mieux la personne, lisez son ouvrage « Joselito le vrai » paru en 2012.

Souhaitons retrouver un monde meilleur et notre vie actuellement en sommeil en tuant cette bête monstrueuse bien plus terrible qu’un toro !

Cependant beaucoup de choses changeront de visage, les temporadas aussi connaitront des chamboulements.

Espérons, restez chez vous et prenez soin de vous !

 La Chicuelina - mars 2020

On apprend à tout âge

C’est un lieu commun que de dire cela mais chez l’aficionado lambda j’ai constaté parfois un excès d’idées reçues. Lorsque vous êtes assis sur les gradins vous entendez les choses les plus diverses…

Il y a ceux qui prodiguent des conseils au torero, ceux qui ne sont jamais contents, ceux plus silencieux qui laissent échapper un « biennn ! appuyé lorsque la prestation du torero est à leur goût, certains n’osent pas sortir le mouchoir pour demander une oreille mais vont crier après le président s’il ne l’accorde pas (je constate cela surtout en France). Quelqu’un m’a fait remarquer un jour que l’aficionado semble jaloux de son savoir et ne le partage pas avec ceux qui ne demandent que ça pour apprendre la tauromachie.

Aussi réjouissons-nous quand les connaissances sur la corrida sont enseignées et répandues. J’ai eu la satisfaction de lire l’excellent ouvrage de Christian Le Sur, 10ème matador français et professeur-fondateur depuis 36 ans du Centre Français de Tauromachie à Nîmes. Ce document intitulé « Cours de tauromachie » est destiné aux élèves qui veulent devenir toreros mais aussi aux amoureux de cet art taurin qui souhaitent parfaire leur connaissance en la matière.

Paul Hermé, chroniqueur taurin connu, avoue avoir ainsi mis à jour certaines connaissances (pourtant solides) voire acquis de nouvelles.

Le néophyte ne voit pas toujours si le torero se croise, charge la suerte et torée véritablement.

Les bovins ont un champ de vision plus vastes que les humains grâce à leurs yeux situés de chaque côté de la tête. Mais leur vision est moindre au centre. Mettez 4 doigts à plat sur le centre du visage et vous aurez une idée de ce que voit le toro.

Sa charge est naturellement rectiligne, pour le dévier de sa trajectoire on sollicitera l’œil contraire. Laissons à Luis Mazzantini, torero d’époque, nous expliquer, non sans humour,la position du torero par rapport à la charge du toro. Mazzantini attend un train, sur le quai de la gare, il accompagne avec sa casquette le train qui passe devant lui : il ne torée pas. Si lorsque le train approche il saute au milieu des rails pour le faire dérailler, en le citant avec sa casquette et ensuite le remet sur la voie : il torée. D’où l’expression qualifiant un torero qui ne se croise pas « il est sur le quai de la gare ».

Je ne vais pas vous donner tout le contenu du livre, à vous de le découvrir si l’envie vous en prend.

Mais pour en revenir aux aficionados, il faudrait qu’ils partagent un peu plus leur savoir. Les clubs taurins seraient l’endroit par excellence…

 

Chicuelina février 2020

  

 

PS : Luis Mazzantini est évoqué dans la rubrique  HISTOIRE -TOREROS CELEBRES 19° - 20° S.

TEMPORADA 2019 EN FRANCE

La temporada Française a commencé le 17 février à Magescq( non piquée) et s'est terminé le 17 novembre à Rion-des-Landes  ( fiesta campera)

1/  ARENES:  
Les spectacles taurins se sont déroulés dans  62 arènes:
32 dans le Sud ouest
30 dans le Sud est

2/  LES COURSES:
Le nombre total s'élève à 154 courses.
62
corridas
32 novilladas
40 novilladas non piquées
14 festivals ou fiestas campera
6 corrida de rejon
Classement des villes qui ont donné plus de quatre spectacles ( tous confondus)
Nîmes: 13
Dax:     11
Béziers: 10
Bayonne:  9
Dax:          9
Arles:        8
Vic Fezensac: 6
Istres:  4
Toutes les autres ont présenté  1 ou 2 ou 3 spectacles
79 courses dans le Sud ouest et 75 dans le Sud est soit 154 courses.

3/  LES TOROS
Le nombre d'élevages présentés en France en 2019 est de 98: ( hors NSP )
Corridas:
      63 Espagnols et 18 Français ( 28%)
Novilladas:   45 Espagnols et 18 Français (40%)

A: 371 toros  combattus à pied.
Dans le haut du tableau: Victoriano del Rio - Fuente Ymbro - et Robert Margé qui doublent leur vente.
Luis Algarra triplent ses ventes
La Quinta passe de 14 à 20 toros
Jandilla - Pedraza de Yeltes - Victorino Martin sont stables
Gallon  reste dans ce premier quartile.
Bonne place également pour les élevages suivants:
Valverde - Concha y Sierra - Dos Hermanas et Piedras Rojas (Patrick Laugier) Yonnet - Camino de Santiago (Jean Louis Darré)
Elevages Français nouveaux ou revenus dans la catégorie:
Barcélo - Vieux Sulauze - Roland Durand - Jalabert

B: 178
Novillos combattus
Pages Mailhan - Baltasar Iban - La Quinta - Los Maños  occupent les premières places et sont en progression.

C: 184 erales furent mis à mort en non piquées provenant de 34 élevages dont 29 Français.
Trio de tête: Alma Serana (24) Le Lartet - Camino de santiago ( 13 )

D: 44
toros pour la corrida de rejon: (début de la ganaderia de Diego Ventura)
E: 22 toros pour la corrida portugaise avec 4 élevages Français.

4/ LES HOMMES
A/ Les toreros
Les hommes qui ont fait le paseo en habit de lumière sont 66
Les Français sont au nombre de 14
1/ Sébastien Castella :   12
2/
Daniel Luque - Octavio Chacon :  11
4/ Thomas Dufau - Pablo Aguado  7
6/
Juan Léal  6
7/ M.A.Perera - Emilio de Justo - Javier Cortes - Lopez-Chaves  5
11/
Adrien Salenc - Alvaro Lorenzo - Alberto Lamelas - Gomez del Pilar et
 Toñete  4
16/
Enrique Ponce - J.M.Manzanares - Ginés Marin - Joaquin Galdos -
Paco Ureña - Pepe Moral - Thomas Joubert - Fernando Robleño
Ruben Pinar - Juan Ortega - Miguel Angel Pacheco  3
27/
Manuel Escribano - Dorian Canton - El Juli - Jose Luis Adame
Lopez Simon - Andres Roca Rey - Andy Younes - Diego Urdiales
Roman - Caytano - Javier Castaño 
38/  Juan Bautista
 avec un seul contrat ainsi que
Roman Perez - Antonio Ferrera - Antonio Nazare - David de Miranda - El Adoureño - Alejandro Marcos - Chamaco - Clemente - Damian Castaño
David Galvan - Jose Garrido - Sergio Flores - Tomas Campos - Curro Diaz - El Fandi - Stéphane Fernadez Méca - Francisco Jose Palazon - Ivan Vicente
Javier Conde - Javier JImenez - Jesus Enrique Colombo - Tibo Garcia - Joselillo - Juan del Alamo - Marc Serrano - Morante de la Puebla - Rafaelillo -
Angel Sanchez, un seul contrat également.

B: Les Rejoneadores: 
Il sont au nombre de  11
1/ 
Léa Vicens : 6
2/
Diego Ventura 3
3/
Andy Cartagena - Guillermo Hermoso de Mendoza - Rui Fernandes :2
6/
Parreirita Cigano Jr - Juan Manuel Munera - Pablo Hermoso de Mendoza
Duarte Fernades - Paco Velasques - Antonio Prates  1 seul contrat

C: Les novilleros
Ils ont fait le paseo avec picadors:  39  dont  11 Français
1/ Maxime Solera:  10
2/
El Rafi : 9
3/
Diego San Roman : 6
4/
Dorian Canton - Carlos Olsina - Manuel Diosleguarde - Yon Lamothe
Hector Gutierrez - Juan Carlos Carballo - Aquilino Gijon - Christobal Reyes
et El Galo : 4
13/
Christian Perez : 3
14/
 Tibo Garcia - Rafael Gonzalez - Alejandro Mora - Jean Baptiste Molas  2
Reste vingt et un novilleros avec un seul contrat

D: Novilleros sans picador
Sur un total de 42 on trouve 6 Français aux premières places
Solalito : 15
Niño Julian : 12
Jean Baptiste Lucq - Tristan : 7
Fabien Castellani - Clément Hargous : 4
Les deux espagnols, élèves d'écoles taurines Françaises se classent:
1er Christian Pajero avec 15 courses
4eme: Borja Escudero avec 7 courses.
Les autres novilleros n'ont effectué qu'un seul paseo.

El MAYORAL - 5 Janvier 2020

LE CHANT DES TOURNESOLS

Arles, Goyesque 2019
Despedida du Juan Bautista

Le tournesol oriente nonchalamment sa tête sous le charme du roi soleil. Cette fleur est tellement amoureuse de cet astre qu’elle laisse les rayons teindre sa robe de pétales d’or. Et de cet amour, en son cœur, germent, poussent de petites graines qui vont offrir aux palais, une richesse fluide, onctueuse, suave, couleur de l’ambre claire des mystères de la vie.

Van Gogh a peint « les Tournesols » en Arles. Un siècle et des poussières plus tard, sur le sable des arènes de cette même cité, au milieu de pierres millénaires fouettées par le Mistral, le bouquet de tournesols, en négatif brun clair telle une ombre douce, sur un fond vif jaune citronné, va ensorceler, ce samedi après-midi, les 12 300 spectateurs venus assister à la traditionnelle Goyesque d’ombre et de lumière.

Et quelle Goyesque, mes amis !!!! Tout comme pour la fête de la châtaigne, où l’on vient déguster les bons crus du coin mélangés à la saveur du fruit, la corrida de ce samedi 7 septembre 2019 est un cru exceptionnel, réjouissant les yeux et emplissant les cœurs d’une encyclopédie d’émotions.

Après le « paseíllo » calme et solennel, l’amphithéâtre résonne de l’hymne espagnol puis de l’hymne français. Et en Arles, les spectateurs debout écoutent respectueusement le premier, et chantent le second, faisant onduler dans les gradins une onde empreinte de sérieux et de dignité. Dans cet espace musical, deux peuples qu’unit une même passion, se respectent et se reconnaissent dans les mêmes racines… Dans cet espace musical, ces deux peuples ancrent, dans la terre et dans les pierres, leur appartenance à une même tradition à la fois mystérieuse et rare, écrin d’une mémoire millénaire.

Ensuite, un tonnerre d’applaudissements accueille l’entrée en piste des deux toreros : Enrique Ponce et Juan Bautista.

Enrique Ponce, vêtu d’un costume brun glacé gansé d’azabache, signé Lorenzo Caprile, exprime tout au long de cette corrida son élégance, son humilité de cœur et son excellence dans sa torería. Dès son premier toro brindé à Juan Bautista, ses faenas douces, templées trouvent un écho lyrique à l’unisson de la voix de la soprano chantant l’Hymne de Valencia. Et même après 30 ans d’alternative, brillent toujours sur son visage ce bonheur, cette joie cristallins de triompher… et Grand est ce maestro qui va ramasser sur le sol, la coiffe goyesque de son jeune compagnon de cartel triomphant également. Il est chevalier des arts et des lettres en Espagne et il est surtout chevalier dans l’âme des arènes.

Juan Bautista, vêtu d’un habit signé de la très célèbre sastrería Fermín, couleur verte  comme les tiges des tournesols, du vert de la renaissance, de la vitalité et de l’espérance, dessine des faenas vibrantes, d’une rondeur à l’unisson de sa générosité torera. L’apothéose de cette après-midi culmine avec le dernier toro « Ingenioso » de Vegahermosa. ( Ingenioso = ingénieux, intelligent, spirituel)

Le Maestro Juan Bautista ne pouvait toréer toro au nom plus prédestiné, car cette goyesque réunit tout cela. Il l’a réalisée avec talent, émotion, élégance et il dédie la dernière faena au ciel, pensée pour le père…

Le public le réclame aux banderilles… Et il s’habille d’Argent pour partager avec ses banderilleros, un dernier planter « al violin » magnifique de pétulance. « Ingenioso » l’attend. Et avec lui, il exécute ce dernier pas de danse merveilleux, dont l’émotion atteint une intensité profonde grâce à la douceur mystique de l’Ave Maria qui fait frissonner les corps et les coeurs. A cet instant, la Terre et le Ciel communient en un point où l’Or est infini. Quelle alchimie ! Et « Ingenioso » est gracié. Sur les gradins, des larmes de joie, d’émotion sillonnent les visages…Le Colisée résonne des musiques des mains, des instruments de Chicuelo II, des voix des chœurs Escandihado et de la soprano Muriel Tomao. Et puis, puis… un filet de voix lumineux s’élève chantant l’ « Hymne à  l’amour ». Son épouse célèbre l’amour qu’elle lui porte. La despedida  de Juan Bautista est un bouquet de fleurs de vie, de réussite et d’amour !
Enhorabuena Maestro !

Et cet  Hymne qui parle à tous les cœurs réunis, ce samedi, n’est-il pas aussi symboliquement cet amour pour une tradition ancestrale dont nous souhaitons arroser les racines de nos émotions, pour cette terre qui nourrit les Tournesols et dans laquelle l’Argent et l’Or de la corrida trouvent leur berceau ?

Les Maestros Enrique Ponce et Juan Bautista, avec leurs toros respectifs, qui avec pieds, qui avec sabots, ont tracé sur cette terre d’Histoire, des faenas magnifiques, inspirées, enchanteresses, enveloppées de chants, de musiques à faire pleurer les pierres, communiant ainsi avec la gloire émanant des Tournesols. Et la Grande Porte a couronné leur sortie des arènes !

Une conjonction d’artistes passés et présents comme une conjonction d’étoiles !

« Une œuvre est une œuvre d’Art si elle engendre d’autres œuvres d’Art » disait Michel Tournier…

 Alors, cet après-midi-là est une œuvre d’Art…

 Picaflor  -  10 septembre 2019

Ronda : la Goyesca 2019

Pour la 63eme édition de la Goyesca de Ronda, la jolie plaza andalouse affichait un « no hay billetes » prévisible et prometteur car il se passe toujours quelque chose dans cette corrida traditionnelle au cadre exceptionnel. La quintessence de la toreria s’y trouve à son apogée. Ronda est la seule ville au monde qui dédie sa feria à un torero : Pedro Romero. Etre là est un privilège partagé par tous les spectateurs présents.

On savait, depuis peu que le bouillant Andrès Roca Rey ayant déclaré forfait, était remplacé par Pablo Aguado, jeune andalou de La Puebla del Rio, dont le nom est sur toutes les lèvres depuis qu’il a franchi la Porte du Prince à Séville avec 4 oreilles coupées !  Sa temporada fut d’ailleurs jalonnée de succès.

Après l’arrivée en calèche des toreros, on put découvrir au paseo l’original costume d’Antonio Camacho Morante aux couleurs du drapeau espagnol : taleguilla rouge et chaquetilla  gualda  pour ne surtout pas parler d’amarillo (jaune). Ses cheveux étant recouverts de la résille goyesca. Le costume gris et azabache (broderie noire) de Pablo Aguado plus sobre mais très beau conférait une silhouette parfaite au jeune matador.

On attendait beaucoup mais c’était sans compter sur la faiblesse affligeante des toros malgré leur noblesse.

Pourtant des moments de capote rares suspendirent le temps à plusieurs reprises pour ne pas dire à chaque animal. Le Genio de la Puebla nous montra que ses poignets sont toujours en velours et son art indéniable lorsqu’il a des adversaires dignes de ce nom mais ce fut trop court. Il nous fit une démonstration de son toreo "à l'ancienne", faisant exécuter une suerte à la garrocha par Raúl Ramirez, nous ramenant à cette époque d'un autre temps qu'il affectionne.

Le jeune Aguado, en élève doué qu’il est, nous a offert le meilleur.

D’abord les chapeaux ont parlé, survolant le tendido sol pour atterrir sur le sable de l’arène, à l’unisson, ils ont raconté comment les onze véroniques sans fin ponctuées par une media, furent scandées par les « palmas y oles », ils ont crié leur déception lorsque le petit toro épuisé s’est affalé sur le sable à plusieurs reprises, mettant un terme tout de suite à la démonstration…

C’était sans compter sur la générosité du « Genio de la Puebla » qui offrit à son jeune protégé le second sobrero qui ne faisait pas parti du lot des faibles. Et là ce fut le MOMENT. Avec la caresse de velours de son capote, les chicuelinas pour amener la bête à la pique, la faena débutée à genoux s’est poursuivie au son de " la Concha Flamenca"  avec des changements de main et des passes à n'en plus finir, le temps était suspendu... D’une estocade sans faille Pablo coucha sur le sable son adversaire, les deux mouchoirs blancs tombèrent simultanément. Sortie par la Grande Porte…

Nous avions du mal à quitter les arènes, sonnés par tant d’instants inoubliables.
Je vous l’avais dit!  Il se passe toujours quelque chose à la Goyesca de Ronda…   

 La Chicuelina - 6 Septembre 2019

 

Poême de Fernando Villalon intitulé Plaza de toros de Ronda

                               Plaza de toros de Ronda,
                               la de los toreros machos:
                               pide tu balconeria
                               una Carmen cada palco,
                               un Romero cada toro,
                               un Maestrante a caballo
                               y dos bandidos que pidan
                               la llave con su retacos.
                               Plaza de toro de Ronda,
                               la de los toreros machos.

 Proposition de traduction:
                               Arènes de Ronda

                               celle des toreros virils:
                               tes balcons réclament
                               une Carmen à chaque loge
                               un Romero (Pedro) devant chaque toro,
                               un Maestrante à cheval
                               et deux brigands (bandits) qui demandent
                               la clé avec leurs tromblons.
                               Arènes de Ronda,
                               celle des toreros virils.

El niño de las monjas (L'enfant des Sœurs)

Jordi Perez "El niño de las monjas" Sortie triomphale à Béziers le 17-08-2019

La tauromachie a permis à certains toreros de fuir la misère ou une vie difficile, comme El Cordobés ou Joselito. Plus près de nous l’histoire pourrait se répéter pour un novillero valencian croisé lors de la dernière feria de Béziers.

Le 17 août dernier, sont annoncés au paseo de la novillada non piquée du jour, 4 garçons aux origines diverses parmi lesquels se trouve Jordi Perez «  ».

Placé à l’âge de 11 ans avec ses frère et sœur, par les services sociaux de la Generalitat Valenciana chez les sœurs « del Hogar de San José de la Montaña » de la confrérie de la Mère des Désemparés, celui-ci a annoncé rapidement son intention de devenir torero, car la famille de son tuteur fréquentait les arènes . Bien décidées à le ramener à la raison, les religieuses l’ont inscrit au rugby... Les voix du Seigneur étant impénétrables, même si l’on fait partie de la confrérie de la Mère des Désemparés, Jordi très rapidement revint avec son idée initiale, combattre les toros. La mère supérieure dût se résoudre à l’évidence et demanda donc à Sœur Elisa de chercher ce qu’il était possible de faire pour Jordi. Elle entra donc en contact avec l’éducateur qui lui avait été assigné au foyer, avec l’école taurine locale, celle de Valencia. Tous les deux organisèrent ce qu’il était possible et voilà Jordi inscrit à l’école taurine. Son rêve pouvait débuter.

Les premiers moments le surprirent car les élèves et les professeurs courraient, se vouvoyaient, mais son envie était tellement chevillée au corps que malgré sa méconnaissance quasi complète du monde taurin, il se donnait à fond faisant preuve d’une totale abnégation. Pas à pas, il a franchi toutes les difficiles étapes de l’apprentissage taurin, pour, à la grande joie de ses professeurs arriver là où il est aujourd’hui. Au sein de l’école taurine, il a bénéficié des conseils et du soutien de Luiz Blásquez, actuel banderillero du maestro José Maria Manzanares. Son histoire a ému pas mal de toreros en activité, puisque El Fandi lui a offert un habit de lumière et que José Maria Manzanares lui a offert capote et muleta. Un de ses habits a été porté également par Enrique Ponce.

Et les sœurs « del Hogar de San José de la Montaña » me direz-vous ? Eh bien, qu’elles soient pour ou contre la corrida, celui qu’elles ont éduqué et vu grandir tant comme adolescent que comme apprenti torero fait partie de leur vie de moniales puisqu’elles prient régulièrement pour lui. Reconnaissons que Sœur Elisa le suit dès qu’elle le peut, comme certains membres de sa famille, et qu’elle a la lourde tâche de réparer les effets taurins de Jordi. Ainsi, lorsqu’il a fait sa présentation dans les arènes de la Real Maestranza de Séville en juillet dernier, elle a pu l’accompagner. Elle l’avoue elle-même, elle aime la tauromachie.

Il semblerait que les prières des sœurs « del Hogar de San José de la Montaña » aient été entendues lors de son paseo à Béziers car « El niño de las monjas » est sorti victorieux de son combat face au noble novillo de Margé auquel il a coupé les deux oreilles, ce qui lui a permis également de remporter la muleta offerte par le club taurin Monteblanco.

Nous ne pouvons lui souhaiter qu’une chose, que beaucoup de portes d’arènes s’ouvrent à lui et qu’il triomphe le plus souvent possible afin de pouvoir décrocher son Graal personnel à savoir devenir torero.

¡Suerte Jordi !

La Zapopina  -  20 août 2019

Pour mémoire:

 

Un film " El niño de las Monjas" est sorti en 1944 et d'autres plus tard , dont voici  une de ses affiches.

Traduction en espagnol

La tauromaquia permitía a ciertos toreros huir la miseria o una vida difícil, como El Cordobés o Joselito. Más cerca de nosotros, la historia podría repitirse con un joven novillero valenciano encontrado durante la última feria de Béziers.

El 17 de agosto pasado, están anunciado al cartel de la novillada sin caballos, 4 chavales con distintas orígenes entre ellos hay Jordi Perez “El niño de las monjas”.

Acogido con 11 años y con sus hermanos por unos asistentes sociales de la Generalitat Valenciana en el convento de las monjas del Hogar de San José de la Montaña, una cofradía de la Madre de los Desamparados, él, anunció muy pronto su intención de ser torero, espectaculo que veía en casa de su tutor. Decididas a quitarle la idea de la tauromaquia de la cabeza, las monjas le apuntaron a rugby…

Los caminos del Señor son misteriosos, aunque hagas parte de la cofradía de la madre de los Desamparados y Jordi muy pronto regresó con su idea inicial, torear. La madre general se resuelve a la evidencia y preguntó a Sor Elisa para buscar una solución para Jordi. Ella entra en contacto con el educador y llamaron a la escuela taurina local, la de Valencia. Los dos organisaron lo necesario para él y Jordi fue apuntado en la escuela taurina de Valencia. Su sueño podía empezar.

El inicio en la escuela, le sorprendieron porque los alumnos como los profesores corrían, usaron el usted, pero su envidia era tan enroscada en su cuerpo y a pesar de su desconocimiento casi completo del mundo taurino, él se superaba con todo el sacrificio necesario a su tarea. Paso a paso traspasó todas las dificultades del aprendizaje taurino, por llegar a donde está ahora. En la escuela taurina, él tenía los consejos y la ayuda de Luiz Blasquez, uno de los banderilleros de la cuadrilla del maestro José Maria Manzanares. Su historia ha emocionado unos de los toreros del momento, puesto que El Fandi le regaló un traje de luces, José Maria Manzanares le ofreció capote y muleta, y el maestro Enrique Ponce se vistió con uno de sus trajes de luces.

¿Y las monjas del Hogar de San José de la Montaña me preguntarán? Que sean a favor o en contra de la corrida, las que han educado y criado como adolescente o como novillero hace parte de la vida de las monjas porque ellas rezan para él.

Sor Elisa, le sigue cuando puede, como unos miembros de su familia, y ella tiene el labor de arreglar los trajes taurinos de Jordi. Cuando hizo su presentación en la plaza de la Real Maestranza de Sevilla en julio pasado, era presente para acompañarle. Lo dice ella misma, le gusta la corrida!

Parece que los rezos de las monjas fueron entendidos cuando hizo el paseillo en Béziers porque “El niño de las monjas” salio triunfador de su combate frente al novillo noble de Margé y le desorejó. Eso le permitio ganar el premio al mejor novillero, una muleta ofrecida por el club taurino de ….

Solo podemos desearle una cosa, que haya muchas puertas de plazas abiertas para él y que sale a hombros cada vez que sea posible, lo que le permitirá conseguir su Grial personal y ser torero.

¡Suerte Jordi!

Les évènements et articles précédents sont regroupés dans les pages d'archives...  Pour les consulter cliquez sur les liens d'articles en fin de page d'acceuil ou sur l'une des pages à gauche.
 

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Anne | Réponse 01.07.2017 21.08

Merci de rappeler qu'un taureau est un taureau et que tous ont deux cornes qui peuvent apporter la mort.

AGORILA | Réponse 30.04.2014 18.01

Bonjour,
AGORILA est une maison d'éditions musicales, production et distribution de disques. Leader des musiques de fêtes dans le Sud-Ouest, elle produit

Anne BERMONT | Réponse 18.09.2013 12.03

Morante nous a donné beaucoup de plaisir cet après - midi là!

SERGE CALMEL | Réponse 29.08.2013 16.32

olé !!! les toros du premier jour n étaient pas des Garcigrande Mais des Daniel RUIZ !!! Abrazo SC

chicuelina 31.08.2013 20.06

Bonne réponse au quizz"cherchez l'erreur! La confusion entre les 2 élevages s'explique par l'affection des figuras. Origine identique Domecq.Comportement itou.

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Commentaires

27.03 | 08:49

Thanks

...
28.08 | 17:56

bonjour
ou trouve ton les autres noms de toreros il y a les A et les B mais ou trouver les autres merci

...
01.01 | 11:51

Très belle image pour le changement d'année. Que 2019 nous régale de belles faenas et de bons toros.

...
26.09 | 09:44

Merci de votre apport.

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