EVENEMENTS - ACTUALITE

FERIA BEZIERS 2018 - Avis et opinions

Par PICAFLOR

« Monter sur les épaules des Géants… et voir au-delà… »
Illa, illa, illa, PADILLA, MARAVILLA… !!!!
(Saragosse, 2017)

Béziers, 12 août 2018, dernière corrida sur le sable occitan…

Adhésions, controverses: toreo, no toreo, faena, no faena, oreja, no oreja, puerta grande, no puerta grande… Positif, négatif… Encensé, critiqué… Cette dualité a toujours marqué son parcours de toréro… MAIS… dans  Illa, illa, illa, PADILLA, MARAVILLA… !!!!!  Il y a autre chose…

De Cyclone de Jerez à Pirate, les blessures du temps et des cornes ont écrit son histoire de torero.

Courage, témérité, audace, folie et foi chevillés au cœur, il embrasse avec fougue les arènes, il banderille avec enthousiasme les toros …et… le public. Il harangue ce dernier tel un tribun des arènes, l’emmenant, l’emportant dans sa vague festive pour en faire son partenaire. Il a toujours su que sa réussite ne dépendait pas seulement de son action sur et avec la Bête, mais également de l’alliance avec le Public. Tel l’artisan–boulanger qu’il a été, il sait que son devenir dépend de la satisfaction de la personne qui achète son pain ; il malaxe, pétrit, donne forme à son action sur le toro, met le feu pour offrir la fête, donner de la joie au spectateur, et bien sûr, au grand dam des puristes, des classicistes… Certes… Toutefois, pour remplir des arènes, seuls les aficionados ne suffisent pas. Les portes sont ouvertes à tous, et c’est ce qui en fait une fête populaire, d’autant plus que la Corrida, bien que sa présentation extérieure soit simple d’accès, est dans son essence, comme tout Art, difficile à appréhender, à comprendre…Rusé, ou simplement intuitif, PADILLA sent cela. Une empathie se crée entre lui et la foule, car n’étant pas arrivé là, dans ce cercle de sable, une cuillère en argent dans la bouche, ses succès, ses déboires, ses cornadas en font un être avec lequel l’identification est aisée.

Fatigué, borgne, scalpé, il accède aux appels intransigeants du public demandant les banderilles…Et il banderille, banderille, banderille soulevant les corps des sièges dans une joie indescriptible faite de cris et du crépitement assourdissant des mains. Il se donne corps et âme au Toro, au Public… Et les drapeaux du Pirate flottent contre vents et marées. Stratège, il accepte même cette incarnation de Pirate, incongrue dans une arène. Il s’en revêt de son originalité, dernière chiquenaude de ce torero défiant la camarde, amoureux du Toro, de sa Vie parmi les autres… Certains disent que c’est du cirque, mais la vie n’est-elle pas un cirque avec ses jeux obscurs et/ou lumineux ?…
La Corrida est la symbolisation de la vie quotidienne. La corrida me touche parce qu’elle m’apprend à toréer les composantes de ma propre vie, elle m’apprend le courage devant les difficultés, la joie dans le dépassement, l’émotion et le respect dans la création d’une rencontre improbable, ainsi que l’humilité devant la Vie et son indéfectible associée la Mort… et en cela PADILLA y contribue…

Guerrier parmi les guerriers, torero parmi les toreros, PADILLA démontre également du cœur, de la solidarité, valeurs qui lui confèrent les barrettes humaines d’un grand torero. Ce 12 août 2018, réclamée à corps et à cris par le public contrevenant au règlement, la deuxième oreille qui aurait dû lui ouvrir la grande porte, lui est refusée légitimement par la présidence. Mais, PADILLA, peut-être blessé, n’a d’yeux et d’oreilles que pour son public. Et à sa sortie des arènes, PADILLA, magnanime, ne va pas garder pour lui seul l’ovation EXTRAORDINAIRE que lui offre le public. Il invite les deux autres toreros, FERRERA et BAUTISTA, à sortir avec lui, partageant avec eux la pluie bienheureuse d’applaudissements. Merveilleusement bien, avec grandeur, il passe le relais…

Me vient alors en mémoire, la despedida de MANZANARES (père) à Séville. Le maestro déçu ne coupe pas les oreilles escomptées pour sortir par la Puerta del Principe. Alors, PADILLA contacte par téléphone les toreros présents sur les gradins. Il les invite à descendre dans l’arène pour porter en triomphe le grand Maestro. Ce dernier n’a pas droit à la Puerta del Principe. Qu’à cela ne tienne, celui qui a déjà un cœur de Pirate n’a que faire du règlement, et allègrement avec ses compagnons de combat, le transgresse. Ensemble, d’un même élan de cœur et de reconnaissance, ils font franchir la Puerta del Principe à celui qui a tant apporté à la tauromachie par son toréo de splendeur. Reconnu, honoré par ses pairs et le public...cela vaut bien des trophées…

Tel un personnage de roman d’aventures, PADILLA n’a pas tissé son histoire, c’est l’Histoire qui s’est emparée de lui… Son toréo n’est pas un toréo de Légende, en revanche, lui, PADILLA, restera dans les mémoires un torero de Légende : le torero Pirate…

« Monter sur les épaules des Géants… et voir au-delà… »

Picaflor   - 21 août 2018

Par La Chicuelina

C’était la cinquantième Feria à Béziers, son créateur, Jules Faigt, aurait-il été content de ce cru ? Je n’en sais trop rien…
Cinq jours, c’est long et c’est cher. D’abord pour l’aficionado et puis pour l’empresa.
Comme ce dernier ne veut pas manger la grenouille, il faut bien trouver le moyen. Alors on intercale entre trois corridas une novillada piquée et une corrida à cheval, le rythme s’en trouve un peu cassé… (Regardez du côté du nombre d’entrées)
Le Mano à Mano, c’est à la mode mais un peu frustrant. Car si le cartel du 1° jour était luxueux, j’aurais bien vu un troisième garçon « par de chez nous » pourquoi pas, ça aurait changé la donne… Vu que les figuras (Ponce et Castella) n’ont pas eu le brio escompté, malgré l’excuse d’un bétail insipide (Garcigrande).

Le second jour, El Pirata faisait ses adieux. Le torero exubérant qu’est Padilla connecta parfaitement avec le public acquis à sa cause. Il faut dire que l’homme a payé un lourd tribu devant les toros. Le pire : la terrible cornade de Saragosse qui l’a rendu borgne.
Même si on n’est pas des inconditionnels de son toreo certes peu académique, on s’incline devant son courage, sa volonté, son impact sur le public débordant d’affection pour ce belluaire. C’était la moindre des choses que de lui rendre les honneurs en lui  ouvrant la Grande Porte des arènes du plateau de Valras où il s’est coltiné de nombreuses fois des Miuras, Palha et autres os d’envergure. Le seul laissez-passer pour la Grande Porte à Béziers est de couper 2 oreilles à un toro. Mais une présidence un peu rigide, à cheval sur le règlement, manquant peut-être d’indulgence par crainte d’être jugée trop laxiste… mais par qui ce jour là ? La majorité du public avait les yeux de Chimène pour son Pirata.
Il faut savoir que Séville ouvre la Porte du Prince pour trois oreilles, même exigence pour la Porte des Consuls de Nîmes. Deux oreilles sur le même toro sont exigées à Bilbao pour ouvrir la Grande Porte. Depuis peu, Béziers qui semble avoir beaucoup d’ambition, s’est mise à la hauteur de Bilbao. Il est d’ailleurs regrettable que le règlement taurin ne donne pas le même critère pour toutes les arènes.
Mais cet évènement ne doit pas occulter les deux autres protagonistes de l’après-midi.
Si Antonio Ferrera a laissé quelques détails, Jean-Baptiste s’est montré très professionnel, en particulier devant son second toro affligé d’une mansedumbre indiscutable. A force de technique, de professionnalisme et de talent, il toréa devant le toril, de manière efficace, sans fioriture, concluant d’un recibir mettant fin à ce labeur très méritoire.
Absente à la novillada piquée et à la corrida à cheval. Je ne donnerai pas d’avis.
Le 15 août innovait en remplaçant les Miuras très décevants l’an dernier, par les toros de Pedraza de Yeltes très attendus. Beaux spécimens, sérieux, allant aux piques mais baissant d’intensité au 3° tiers pour certains.
Manuel Escribano ne fut pas bien servi car ses deux adversaires se sont rapidement éteints.
Il nous reste ses poses de banderilles toujours aussi puissantes, donnant de l’émotion.
Roman, satisfaisant à son 1° toro, se laissa déborder par le dernier de l’après-midi.

Le grand vainqueur fut Juan Leal, jeune torero fin et artiste, ayant opté depuis peu pour les corridas plus dures, montra un métier, des qualités techniques qui en font un des toreros français à suivre… Le président, plus indulgent pour le dernier jour de la Feria (la fatigue peut-être), laissa tomber les mouchoirs, passeport pour la Grande Porte que franchit le torero arlésien.
N’oublions pas la novillada non piquée du matin où la jeune Anaïs, élève assidue et volontaire de l’Ecole Taurine Biterroise, triompha à la grande joie de ses admirateurs en montrant son talent et son courage.

La Chicuelina  - Août 2018

Par La Zapopina 

Hier, pour le 2ème jour de la feria, nous accueillions au paseo 3 figuras, dont une, faisait ses adieux aux aficionadados biterrois et français.
Vous l'aurez compris, je veux parler du maestro Juan José Padilla, el Ciclón de Jerez, à ses débuts ou el Pirata aujourd'hui.
Ce torero, je l'avoue, ne m'émeut pas par son toreo que parfois je pourrais trouver vulgaire mais je dois reconnaître que cet homme a un courage immense, une afición à nulle autre pareille et un cœur gros comme ça. Cet homme qui plus que tout autre a payé sa passion à coup de cornes et de cicatrices et qui doit son surnom actuel à une cornada qui lui a emporté un œil, ne foule jamais le sable d'une arène pour faire semblant. Il se donne à fond, il ne triche pas.
Et nous biterrois, qui sommes nous ? Une parodie de taurins qui pour certains se croient "por encima de todo", nous qui nous pensons supérieurs à Las Ventas (La Mecque de la tauromachie, s'il vous plaît !), à Bilbao où à d'autres arènes de 1ère catégorie où il n'est pas nécessaire de couper deux oreilles au même toro pour espérer sortir "a hombros".
Hier avec ce règlement digne des meilleures heures de l'Inquisition, des Torquemada du Palco, ont empêché un homme de bien d'avoir une sortie à la hauteur du torero qu'il a été. Certes les deux oreilles sur son second n'étaient pas méritées (et je suis la 1ère à ne pas les avoir demandées), mais diantre, ne peut-on parfois faire une entorse au règlement ? Sûrement que les sieurs en place au palco n'ont jamais connu le besoin de tout donner au risque de se faire embrocher, trop bien nés qu'ils sont. Priver Juan José Padilla d'une sortie par la grande porte l'année de sa despedida, permettra peut-être à ces ayatollahs du mouchoir blanc de rester quelques jours dans l'histoire comme les ravis de la crèche biterrois.
Un homme, un maestro qui a tout donné, et c'est un euphémisme que d'écrire cela, nous a, vous a messieurs du palco, encore donné une leçon de fraternité, de camaraderie, de savoir-vivre et de savoir-être, lorsqu'au moment de rejoindre le patio de cuadrilla il est parti en tenant ses compagnons de cartel par les épaules sous les applaudissements nourris du public biterrois. Il a voulu partager ce moment là avec ses coreligionnaires puisque vous messieurs l'avez empêché de le partager avec le public biterrois à la grande porte de nos arènes.
Faveur, que vous avez accordée ce même jour, mais le matin, lors de la novillada sin caballos, à un jeune élève de l'école taurine locale au titre de l'encouragement...
Soyons, soyez cohérents !
#Padilla #Padilla #Padilla #Maravilla!

La Zapopina  - Août 2018

De MONTOYA

Circulez ! Il n'y a rien à voir !
 1° course. Temps beau et chaud. 2/3 d'arène !
Toros de Garcigrande, bien présentés, poussant au cheval mais manquant de moteur, sauf le 3°.
Cette course se voulait de "competencia" entre deux toreros, l'un de 28 ans d’alternative, l'autre de 18 !, bref un non sens !
Ponce reste un maître. Il accueille le 1° par des véroniques de grande allure mais le toro ne transmet rien et le public ne connecte pas. C'est du pasteurisé, sans piquant, sans saveur..... Avec son 2° adversaire on va retrouver un peu du grand monsieur d’autrefois. Les séries sont superbes, bien enchainées, élégantes; l'estocade est plongée : 1 oreille.
Avec le dernier il arrachera des passes mais que sont nos belles années devenues ?
Sébastien n'a pas le droit de décevoir dans une arène où il a tant appris et tant rêvé sans doute. Il va faire beaucoup d’efforts. Véroniques allurées, chicuelinas merveilleuses et surtout une leçon de "temple", cet accord parfait entre le geste de l'homme et la course de l’animal. Mais il ne réussit pas ses estocades et surtout les toros sont fades, sans moteur, sans danger, sans émotion.
Avec le dernier de la tarde il va chercher le succès : début par "cambiadas" ; on veut y croire mais le moteur cale ; coups de tête à l'aveugle malgré des "doblones" de réglage en début. Un "temple" superbe mais pas grand chose à tirer de cet adversaire sans classe. Pinchazo et on s'en va ; demain peut-être ......
Avec cette petite entrée il faut quand même réfléchir et se poser de vraies questions et d'abord où va-t-on avec ce type de toros soi disant pour figuras ?
Autre interrogation : comment compose-t-on un cartel ?
Et enfin : qui sont aujourd'hui les "lidiadors" ?
Un ténor qui chante Carmen au paseo cela prête à sourire s'il n'y a rien d'émouvant ensuite. L’époque "Castelbon" c'était il y a si longtemps ....

ENFIN !
2° tarde. Temps beau puis orageux. Belle entrée.
Toros de Nuñez del Cuvillo, bien présentés, nerveux, avec du moteur, sauf le 5° .Le dernier mansote .
Beaucoup d'alegria pour les adieux biterrois de Padilla qui salue au centre avant la course.. Trois toreros à des périodes différentes de leur carrière et, enfin, des toros !
Padilla a chauffé les gradins par sa tauromachie baroque, un rien populiste. Pas une seule véronique pour commencer et mise en suerte par un péon ! mais le public est prêt à tout accepter. La faena est engagée, l'épée concluante : 1 oreille et 5 min. de folie !!!
Avec son second c'est encore mieux car il pose les banderilles et là il est inégalable ! Après c'est courageux avec un "desplante de pueblo" pour terminer et estocade foudroyante : le public est aux anges.... mais pas le président. 1 oreille et 2 vueltas dans le délire !
Antonio Ferrera aura une tauromachie douce et délicate avec un capotazo de classe puis des gestes magnifiques, de belles naturelles citées de face. Belle estocade : 1 oreille.
Il aura du mal avec le 5° auquel il devra arracher les passes. Salut au tiers !
Enfin Juan Bautista aura été le grand monsieur de la tarde. Super capéador, construisant ses 2 faenas avec une maîtrise jamais défaillante.
Et le point d'orgue : estocade "a recibir" ; la dernière étant d'effet immédiat : 1 oreille à chaque toro !
Les premières gouttes de pluie sont tombées quand nous quittions les tendidos mais quelle importance ......

Le rideau est tombé, les clarines se sont tues, le ténor est revenu à ses vocalises !
En résumé :
La corrida de "rejon " a été un succès populaire, grâce surtout à Léa Vicens dont la féminité détonne dans cet exercice tellement viril. Le public qui avait quitté les plages en a eu pour son argent.
Le dernier jour les "Pedraza de Yeltes " ont servi ! mais personne n'est sorti vraiment emballé. On est encore loin de la légende "Miura " .Juan Leal semble sortir du "bache " dans lequel il se morfondait depuis environ 2 ans. Il a été magnifique et déjà l'aficion locale le porte aux nues ; il faudra un jour remplacer les figuras .....Autre révélation : Diego San Roman, mexicain je crois, qui a illuminé la novillada de sa classe et qui est apparu comme un futur grand. Hélas les tendidos étaient vides mais aussi quelle idée d'intercaler une novillada entre deux corridas ?
Et cela m'amène à parler de la programmation : un échec majuscule !
Peu de figuras, peu de toros ! donc peu de public !
Les Garcigrande sous Lexomil. Un triste spectacle, un de plus. Jusqu'où descendra-t-on ?
Le lendemain la course fut médiocrement belle. Grosse présence de Padilla mais Raimu n'était pas Gérard Philippe ! Juan Bautista a prouvé son professionnalisme, surtout avec le "manso" de service qu'il a foudroyé par un "recibir" d'école ! 
Et c'est tout .....
Je repense avec mélancolie à nos belles tardes avec Richard (tiens il n'y a presque plus de "banderilleros ), Victor, Espartaco, Christian qui ne trichait jamais, El Fundi .....
Et pour rester dans la réalité force est de constater que l'empresa récolte ce qu'elle a semé depuis des années avec une politique tarifaire incompréhensible .Du changement est annoncé pour l'an prochain, ne sera-t-il pas trop tard ?

MONTOYA  - Août  2018

Feria d’Arles 2018 endeuillée

2015 ultime paseo de Luc - (Aplausos)

Luc Jalabert n’est plus…

Cette année, la Feria pascale d’Arles sera attristée. Un de ses fils les plus prestigieux n’est plus, emporté par une longue maladie comme on dit pour ne pas la nommer.

La Camargue entière est en deuil

Né en Arles en 1951, Luc Jalabert devient rejoneador, prend son alternative au Portugal en 1980, ce qui entraina une affection sans bornes des portugais.

Je revois encore sa silhouette élégante dans le costume Louis XV avec le tricorne lors des touradasqui étaient fréquentes dans les années 80. Pas de mise à mort et les forcados oh combien spectaculaires.

Aujourd’hui la corrida à cheval, avec mise à mort, à l’espagnole, est devenue incontournable des grandes ferias.

Luc Jalabert remporta le Rejon d’Or 1986 face au grand Angel Peralta, ce qui n’est pas rien. La Feria du Cheval à Méjanes naquit en 1981 sous la houlette de Luc.

Mais sa carrière ne se résume pas au rejon puisqu’il fut, avec son frère Marc, éleveur de toros de combat. Il fut également apoderado et empresa d’arènes. C’est en Arles, sa ville natale, qu’il exerça ce métier d’impresario et fut à l’origine de la Goyesca prestigieuse de septembre qui donna un luxe incontestable à cette Feria du Riz.

Depuis deux ans, ses enfants ont pris le relais.  Son fils, le grand matador français connu dans le mundillo sous l’apodo de Juan-Bautista et dont il était très fier naturellement, lui succéda avec sa sœur Lola dans cette lourde et magnifique tâche. La Camargue entière, lui dira adieu vendredi matin.

Oui, cette année, pendant la Feria d’Arles, on entendra, peut-être, dans les roubines, gémir le Mistral

CRISOL ( le creuset )

Enrique PONCE, Javier CONDE, Estrella MORENTE, Alba CHANTAR, PITINGO et LOREN Pallatier

Avez-vous entendu parler de la corrida CRISOL qui se déroula le 17 août 2017 à Malaga et qui a fait couler beaucoup d’encre ?

Le grand maestro Enrique PONCE, qui est un artiste dans tous les sens du terme, a voulu donner à la corrida un plus artistique et émotionnel en imaginant cette corrida particulière et non coutumière évidemment. Le crisol en espagnol se traduit par le creuset où différents métaux en fusion vont donner une nouvelle matière. Les arènes, creuset taurin, font fusionner l’art taurin, la musique, la peinture pour donner une œuvre d’art qui inspira Enrique Ponce pour créer la « Corrida Crisol » déjà « Picassiana » en l’honneur de Picasso, natif de Malaga, depuis plusieurs années déjà. Les costumes, lors de cet évènement, s’apparentent au costume goyesque. Souvenez-vous du traje de Sébastien Castella en arlequin avec la cape de paseo ornée des « Demoiselles d’Avignon » meilleure évocation du génial peintre. Mais revenons au Crisol. Cette idée de mêler peinture et musique n’est pas nouvelle puisque chaque année lors des goyesques d’Arles nous avons assisté à ce genre de corrida (j’ai évoqué le sujet des corridas à thème particulier dans un article précédent).

Le maestro de Chivas qui dit que « la tauromachie est l’art des arts » est le concepteur de Crisol et le directeur artistique est Guillaume François, avocat et président de la commission taurine de Mont de Marsan. En 2015 dans cette ville, Ponce avait aimé que l’orchestre montois, lors de sa faena, joue l’air du film de Ennio Morricone : « La Mission » à la place d’un traditionnel paso doble. Certaines arènes font jouer des airs de musique classique ou de variétés sortant des sentiers battus. Istres a donné l’exemple, faisant jouer l’Hymne à L’Amour à Joselito pour son retour unique dans les arènes. Lors de l’encerrona de Ponce, un orchestre et des chanteurs accompagnèrent le maestro dans ses prestations, qui toréa même en smoking, heurtant certains gardiens du temple (qui n’étaient pas sur les gradins comme par hasard …).

Certes on peut prétendre que banaliser les Crisols peut édulcorer la corrida et ôter ce qui en fait son essence. Mais la corrida n’est-elle pas déjà un spectacle à paillettes avec des costumes rutilants et des musiques parfois magnétiques (je pense à la Concha Flamenca jouée à Séville ou Ronda…).

Je ne crois pas qu’il soit question de banaliser la « Crisol » qui doit rester un évènement particulier. Mais il faut bien admettre que les gradins des arènes n’affichent plus aussi souvent le « no hay billete » hélas. Ce genre de corridas peut attirer un public neuf qui ne vient pas aux corridas traditionnelles mais qui pourra y venir par la suite, une fois séduit par le spectacle.

Le maestro Enrique, surement conscient du fait, artiste complet qu’il est, pense renouveler et faire progresser la tauromachie par ce biais. Qui pourrait lui en tenir rigueur ? Je crois en la sincérité et à la passion de ce torero inusable qui affronte des toros de divers genres, affiche une aisance et un savoir qui perdure et fait de lui le meilleur et le plus constant dans son art.

J’ai vu souvent des aficionados, pourtant toristas, apprécier et s’émouvoir lors de ces corridas. Ce qui prouve bien que nous sommes tous amoureux de l’art de Cuchares et que nous vibrons autant à Vic devant de belles piques où on fait sonner la musique, à Ceret et ses sardanes, quand de valeureux guerriers se battent comme des beaux diables devant des toros qui ne leur en content pas et aussi nous admirons Morante, Talavante ou Manzanares dans leur duende lorsque la grâce les visite ce jour-là.

On ne peut pas plaire à tout le monde et tant pis pour ceux qui n’aiment pas car souvent ils n’aiment pas grand-chose et on se demande ce qu’ils font sur les gradins…

Cette année, en juin, nous irons à Istres, voir la Crisol du dernier jour avec le maestro de Chivas qui, l’avant-veille, se confrontera aux Adolfo Martin, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

Bonne temporada à toutes les sensibilités, prenez du plaisir où que vous soyez car tout aficionado convaincu n’hésite pas à avaler des centaines de kilomètres pour assouvir sa passion et voir des corridas forcément différentes.

 La Chicuelina - Mars 2018

Ils rendent les TRASTOS

2018 sera le dernier paseo pour deux matadors : Juan Jose Padilla et Alberto Aguilla.

Juan Jose Padilla dit « le cyclone de Jerez » puis « le pirate » ou « le gladiateur » après sa terrible blessure de Saragosse, s’en va avec “l’émotion et le plaisir d’avoir obtenu bien plus que ce dont j’avais pu rêver“ confit-il. A 44 ans son parcours fut particulièrement accidenté mais c’est sans compter avec l’énergie, le courage et un mental sans faille du valeureux combattant !

Son alternative le 18 juin 1994 dans sa ville de Jerez de la Frontera lui ouvrit une carrière face à des toros dangereux qui lui infligèrent plus d’un stigmate dans son corps. Le 7 octobre 2012, lors des fêtes du Pilar à Saragosse, il est encorné au visage, perd la vision de l’œil gauche. Mais c’est sans compter avec ce superman qui, après une longue et douloureuse rééducation, reprend l’épée plusieurs mois après, à la stupéfaction des aficionados. On lui permet alors d’affronter des toros  de figuras, dit plus faciles et de partager les cartels avec les figuras en question. Mais un toro reste un toro et Padilla reste Padilla…

En octobre 2016, il revient à Saragosse pour les fêtes du Pilar, lorsqu’il s’apprête pour une « Puerta Gayola », le toro le prend sur son œil disparu et l’envoie à l’infirmerie… Ses deux compagnons vont-ils faire un mano a mano ? Mais au dernier toro notre gladiateur réapparaît pour un récital au bout duquel, malgré la demande du public, il se voit refuser la seconde oreille par un président obtus qui recevra une bronca de gala. Je me souviens de l’émotion ressentie lors de la sortie à pieds des trois compagnons, Morante et Talavante entourant Padilla, souriants tous les trois comme pour défier ce président d’une rigueur un peu ridicule.

Souhaitons à ce Pirate au grand cœur une tournée d’adieux remplie de succès et de satisfaction. Et parions le, avec du regret tout de même et beaucoup d’émotion. Car ces hommes d’exception ont beaucoup de mal à quitter ce qui fut toute leur vie…

Plus jeune mais tout aussi vaillant, Alberto Aguilar Carabaña, va lui aussi tirer sa révérence à l’issue de cette temporada, contraint et forcé par de sérieuses blessures qui l’empêchent de continuer avec opération prévue à la clé. On s’interroge : comment va-t-il passer cette saison vu les spécimens que s’envoie le jeune homme …du haut de ses 1m et 61cm (il  tient au 1 d’après un ami… !) mais trêve de plaisanteries. Né le 23 avril 1986 à Madrid, il prit son alternative le 13 août 2006 à Miraflores de la Sierra (comunidad de Madrid) avec 3 oreilles. Il confirma le 3 octobre 2010 à Madrid et le 3 juin 2011 à Nîmes.

Brillant novillero, matador prometteur, son élan fut freiné par une blessure au genou en 2009.

Longtemps apodéré  par Stéphane Fernandez Meca (ancien matador français) il a poursuivi avec Simon Casas et Denis Loré deux professionnels confirmés, le premier ayant depuis, pris les rennes des arènes de Madrid.

De blessures en blessures dont la dernière au pied des plus handicapantes, l’ont contraint à mettre un terme à sa carrière, après une lourde décision qui l’affecte beaucoup évidemment (il nous le confiait avec beaucoup d’émotion lors d’une visite à notre club). Trop jeune pour quitter définitivement la scène il compte rester dans le milieu taurin en conseillant les jeunes futurs toreros. Actuellement il a pris sous sa houlette Jorge Isiegas que nous avons eu le plaisir de découvrir en sa compagnie lors de la tienta qui a eut lieu en février à Boujan/Libron. Alberto porte une affection particulière à la France qui lui a souvent ouvert les portes de ses arènes dites  toristes  comme Vic Fezansac, Ceret, Alès… Il ne regrette pas ce choix difficile qui lui a permis d’assouvir sa passion, en se mesurant à des bêtes, certes difficiles, qui le dépassent souvent par la taille en comparaison de la sienne, en particulier lors de la mise à mort. Ce n’est pas un problème, dit-il, pourvu que le toro baisse la tête, ce qui a lieu le plus souvent; mais bon quand ce n’est pas le cas, c’est une autre affaire…

Pour ma part, je constate que souvent devant ces aurochs, tels David devant Goliath, on donne leur chance à ces petits et courageux fantassins. Pensez à Fernando Robleño, Marc Serrano, Julien Lescaret et d’autres encore. Je dirai, encore une fois, que ce système est vraiment injuste et donne trop le pas aux vedettes et aux toros formatés pour elles. Ces toreros dits de seconde catégorie, se voit contraints d’accepter ce qu’on leur propose tout en étant moins payés et en ayant moins de contrats, il mériterait d’avoir de temps en temps l’égalité avec les vedettes car ils sont artistes eux aussi, on le voit lorsqu’il ont la chance de tomber sur un toro noble. Mais là je m’aventure sur un terrain glissant qu’est l’opposition torista ou torerista, c’est encore un autre sujet…

Une lueur d’espoir ? J’ai vu au cartel des Fallas de Valencia Paco Ureña aux côtés de Ponce et Talavante avec des Domingo Hernandez-Garcigrande.

A Istres le trio annoncé : Ponce, Diaz et Paco Ureña face à des Adolfo Martín. Le roi Enrique se frotte à des toros différents malgré son statut de vedette, accepte de toréer avec les deux compagnons qui n’ont pas toujours mangé du caviar.

En attendant souhaitons succès et récompenses à nos deux gladiateurs que sont Padilla et Aguilar pour leur dernière temporada !

Chicuelina mars 2018

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Anne | Réponse 01.07.2017 21.08

Merci de rappeler qu'un taureau est un taureau et que tous ont deux cornes qui peuvent apporter la mort.

AGORILA | Réponse 30.04.2014 18.01

Bonjour,
AGORILA est une maison d'éditions musicales, production et distribution de disques. Leader des musiques de fêtes dans le Sud-Ouest, elle produit

Anne BERMONT | Réponse 18.09.2013 12.03

Morante nous a donné beaucoup de plaisir cet après - midi là!

SERGE CALMEL | Réponse 29.08.2013 16.32

olé !!! les toros du premier jour n étaient pas des Garcigrande Mais des Daniel RUIZ !!! Abrazo SC

chicuelina 31.08.2013 20.06

Bonne réponse au quizz"cherchez l'erreur! La confusion entre les 2 élevages s'explique par l'affection des figuras. Origine identique Domecq.Comportement itou.

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Commentaires

26.09 | 09:44

Merci de votre apport.

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25.09 | 13:59

N'oubliez pas mon compatriote Nikko Norte, "El Holandès" novillero sans picadors jusqu'en 2005, qui va publier ses mémoires le mois prochain (octobre 2018)!

...
18.09 | 12:07

Une dernière précision : après le tirage des lots, chaque matador (ou son représentant) choisit l'ordre de sortie de ses toros

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10.12 | 21:17

Bravo à Maurice Daussant ainsi qu'à toute son équipe de bénévoles pour son film sur Gabin Réhabi. Très beau film.

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