LES TOREROS FRANÇAIS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

Devenir torero... à l'image de nos anciens.

Pâques 2014, la féria d’Arles  bat son plein et, parmi les expositions qui s’offrent à nous, il en est une, remarquable, émouvante, évoquant des souvenirs inoubliables (ceux de ces jeunes pionniers), des rêves fous plein la tête, qui n’avaient qu’un seul désir : devenir torero.
Ils avaient pour nom de guerre : Nimeño , Simon Casas, Chinito, Jaquito, El Andaluz …. Ils s’entraînaient sur le Mont-Margarot à Nîmes.
Ils ont ouvert le chemin des ruedos aux matadors français qui leur doivent aujourd’hui un nouvel horizon.
Cette exposition dans la Chapelle Sainte-Anne d’Arles est à l’instigation de Daniel Saint-Lary et Gilles Dienst. Un livre retrace ces aventures « Pour une place au soleil ».
Avant eux, les toros ont toujours existé dans la tête de certains de nos anciens…A la rubrique « Histoire et Anecdotes », El Mayoral vous retrace pour mémoire la carrière de beaucoup d’entre eux.

LES TOREROS FRANÇAIS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

Depuis plus de trente ans, on assiste à une éclosion ininterrompue de toreros Français, liée jusqu'aux années 80 à l'action soutenue de l'Association des toreros Français, dont le mérite de la création revient à deux nîmois: Alain Montcouquiol Nimeñoet Bernard Domb Simon Casas. Des années 80 à nos jours, les écoles taurines ont vu le jour, permettant à de nombreux jeunes de s'initier à la tauromachie, dont certains sont devenus "Matador de toros"

C'est en 1852, pendant les fêtes de Bayonne, qu'a eu lieu la première " corrida à l'espagnole" et la popularité fût telle, qu'elle allait gagner les Landes, atteindre Nîmes, Arles Marseille, et se répandre dans tout le Sud de la France dès 1853.

En 1871 un beaucairois, Etienne Boudin " Le Pouly" allait officialiser ce qui n'était encore qu'embryonnaire: la corrida hispano provençale ou course de quadrille, (référence à cuadrilla) Son grand mérite fût d'appliquer la plupart des suertes espagnoles et de les adapter au bétail camarguais.
Cette course de quadrille allait connaître son apogée dés 1898 sous l'impulsion du fils de son créateur, Ambroise Boudin "Pouly II". Celui-ci restera, sans contestation possible, la grande "Figura" de cette tauromachie particulière.

En 1894, un torero landais, Pierre Cazenabe dit "Félix Robert" va se reconvertir au toreo espagnol, suivre les cours de l'école de Séville et entamer une carrière qui le mènera à se faire conférer l'alternative le 18 Novembre 1894

Près de trente ans plus tard, le 7 Août 1921, la France va compter un deuxième matador de toros en la personne de Pierre Boudin " Pouly III"
Après la deuxième guerre mondiale, la corrida espagnole va conquérir de plus en plus la faveur populaire. De nombreux garçons de chez nous vont se lancer dans l'arène, avec plus ou moins de bonheur, mais toujours mus par une profonde aficion. Citons Gilbert Mistral, Daniel et Guy Bizet, Jean Riboulet et un biterrois: Raoulet

Ce n'est que le 12 octobre 1958 à Arles que Pierre Schull devient le troisième matador français.
De 1975 à nos jours, plus d'une quarantaine de jeunes français sont devenus matadors de toros
Nous allons vous présenter, ces personnages d'hier, qui ont nourri cet espoir de devenir un jour matador, dont les 3 derniers cités réussiront à prendre l'alternative.
Puis nous nous intéresserons aux toreros plus récents, dont le premier à recevoir l'alternative 13 ans après Pierre Schull, est Robert Piles en 1971, quatrième torero Français.

Arles: 24 Octobre 1976: trois matadors français: Piles, Pascal, Jaquito (photo)

De nombreux jeunes tenteront l'aventure, certains prendront l'alternative comme Simon Casas, Nimeño II, Frédéric Pascal, Chinito, alors que les autres resteront novilleros ou deviendront banderilleros dans une cuadrilla .

A noter sur la photo, la présence du torero biterrois "El Biterri" le père de Sébastien Castella (accroupi 3ème en partant de la gauche)

 

Un quadrille local au début du XIXe siècle. Les amateurs de Saint Rémy de Provence entourant le manadier Lescot.


A suivre: une BIOGRAPHIES  de ces anciens TOREROS FRANÇAIS par ordre alphabétique

TOREROS FRANÇAIS  BIOGRAPHIES

Noms commençant par A...
1: ALBERT Raoul
"Raoulet"
Raoul ALBERT est né à Béziers le 28 Janvier 1924. Ce boucher de profession, attiré par la tauromachie, fit ses premières classes de torero à l'école taurine biterroise, dont il deviendra plus tard le président.
Participant à de nombreuses sorties en Camargue, il s'y fera remarquer à plusieurs  reprises.
10 Juillet 1949: au château d'Avignon, chez Nou de la Houplière, il fut à ce point excellent, qu'un des témoins de sa prestation (Paquito de la revue Toros) écrivit:
"ce fut la plus jolie, la plus esthétique, la plus complète faena que je vis cette année" et terminait: "un torero est il né?"
1er Octobre 1949, veille de la corrida des vendanges, au cours d'une réception au Club Taurin de Béziers, il fut présenté, et même recommandé aux frères Luis Miguel et Pepe Dominguin qui l'invitèrent à se rendre en Espagne afin de s'intéresser à sa formation.
16 Octobre 1949  à Béziers, il revêt le costume de lumière pour travailler au simulacre deux novillos espagnols de Garigliano. En février 1950, il se rend en Espagne.
Sous la direction de Luis Miguel, il va s'entraîner dans de nombreux élevages, et surtout chez Domingo Ortega. Son mentor lui procure un premier contrat
23 Juillet 1950
à Carthagène: Novillade économique ou il alterne avec Luis Rédondo. Notre biterrois sera "cogido" sans conséquence par un novillo de Bernaldo de Quiros. Il se produira ensuite dans quelques pueblos (Caudon, Malajon, Piedrabuena) Il revient en France et le 14 juillet 1951 A Béziers,il débute avec picadors avec Ramon Araza "Fuentes" et le caballero Christian Lescot devant des toros portugais de Claudio Moura
Excellent devant son premier adversaire, il coupera les deux oreilles.
9 Septembre 1951, à Ouveilhan  il est blessé sans gravité, puis repart en Espagne où l'attendent deux contrats à Vista Alegre: le débutant fit bonne impression. On pensait tenir un torero français tant attendu par l'aficion, hélas, on allait vite déchanter: En effet:
14 Juin 1952 à Arles, il se montre mal à l'aise devant des toros de Marius Lescot
peu propices
3 Août 1952 à Istres, il est franchement mauvais
9 Octobre 1952 à Béziers, il affiche une peur épouvantable devant des toros de Sol pourtant insignifiants.
Le courage a déserté ce garçon jusqu'alors valeureux, il semble ne plus avoir la foi: Comment en est il arrivé là? On dit que des motifs familiaux ne seraient pas étrangers à cette désaffection.
A la fin de la saison 1952, Raoulet quitte Béziers et les ruedos définitivement.
Il élèvera des chevaux dans le sud ouest.


2: ALMERAS Serge
Né le 10  Septembre 1956 à Nîmes, il fut drainé à l'aficion et à la pratique du toreo par l'exemple des anciens.
Il commença par des ferrades puis des courses de taureaux emboulés.
Ensuite il participe avec d'autres aspirants toreros, à de nombreuses capeas dans les villages et dans des arènes portatives.
22 Août 1976 première novillada économique en Andorre devant des novillos de Julio Gimenez avec Miguel Fabregas, Richard Milian et Julio Romero.
Il participera à douze novilladas économiques:  Ne s'est pas présenté avec les chevaux.


3: ALTEZE Victor
Né en 1879, cet ébéniste d'Arles sur Tech débuta dans les années 1896-97 dans un quadrille catalan ou roussillonnais avec Jean Bassèdes, Pascal Blanqué et autre Joseph Bonaure. C'est en 1908 - 1909 qu'il connut sa meilleure forme.
Il se présente uniquement dans sa région du Vallespir et du Conflent, et sa présence était inévitable lors des fêtes votives de St Laurent de Cerdans, Prats de Mollo, Banyuls, Amélie-les-Bains, Arles sur Tech, Collioure, Céret Elne…
7 Juin 1908 A Sorède il affronte avec le quadrille de Clarion et Mery des cocardiers confirmés dont le fameux "Cafetier" qui comptait à son passif sept blessés graves et un mort.
Excellent banderilleros, sa popularité était telle que les provençaux et les Landais ne manquaient pas de s'assurer ses services.
Fort en gueule, Altèze se querellait avec le public lorsque celui-ci ne réagissait pas à son goût et entretenait une animation dont bénéficiaient tous les toreros.
Manquant d'ambition, il ne franchira jamais les Pyrénées.
Marchand de meubles à Perpignan, il exploitait les arènes d'Arles sur Tech qui lui appartenaient. Il mourut le 11 Septembre 1936 dans la capitale catalane.


4: ANDRE Léonce  "Plumeta"
Né à Lussan (Gard) le 16 Septembre 1876. Après quelques années à Saïgon ou son père était en poste dans l'administration des finances, il retour à Nîmes avec sa mère après le décès brutal de son père. Brillant élève au lycée Daudet, il pensait fébrilement à ce qui se passait dans les arènes voisines.
Dés 1895, il débute dans les capeas des fêtes votives sous l'apodo" Plumeta" afin d'éviter les remontrances de ses maîtres et de sa mère.
15 Août 1896 il se présente en plaza de Nîmes dans un quadrille de Niños nîmois" dont le chef est "Mosquito" La chronique le trouve bon
15 Août 1897 il remplace le chef de lidia "Mosquito" et s'en tire avec les honneurs. On commence à s'intéresser à lui.
Année 1898 il torée à la tête d'un quadrille composé de Juan Ribas, Juan Fa, Labaron, Leroux et Bord. On les voit à Lunel, Lyon, Montpellier, Marseille, Nîmes et tous les villages à la périphérie.
23 Avril 1899 pour Pâques, il débute à Nîmes où il se montre actif et vaillant.
11 Juin il est répété à Nîmes puis 25 Juin et 2 Juillet à Lyon, et le dimanche 9 Juillet  à Castries
14 Juillet il est au cartel de la capéa offerte par la municipalité nîmoise pour la fête nationale. Il alterne avec l'Espagnol "Valencia" face à des bêtes de Baroncelli déjà toréées par Pouly fils à Narbonne.
A son premier taureau, il ne peut rien faire et sort sans dommage d'une bousculade.
Son deuxième adversaire à cinq ans, il est le fils du célèbre cocardier " Guillaume"  Plumeta  prend les banderilles mais chacun des essais avorte car le taureau coupe le terrain, et ne permet pas qu'on l'approche suffisamment pour exécuter la suerte. Léonce reprend la cape. Ce qui suit est raconté par le futur directeur du journal nîmois" le Torero" Louis Martin Favier.
"Le taureau arrive à la hauteur de Plumeta qui veut nous régaler des filigranes de "Guerra" mais ce dernier lui coupe la sortie, le saisit par la ceinture, le faisant voler deux ou trois fois avant de retomber sur le sol. Curieusement, il se met à remuer les pieds et cherche à se sauver en marchant à quatre pattes et ce devant la tête du "choto" Celui-ci fond à nouveau sur lui, le saisit par le mollet et l'envoie une nouvelle fois en l'air. Les autres toreros écartent le taureau, et notre Plumeta se relève et se dirige à pas lents vers l'infirmerie.
La course fut monotone et sans intérêt. Plumeta est sérieusement blessé à la jambe et séjournera quinze jours à l'hôpital. Lors d'une interview, il répond
"J'ai hâte de remettre le costume de torero. Quand j'ai choisi cette carrière, je la savais dangereuse entre toutes; la corne est meurtrière. Qu'importe!
13 Août 1899 il remet le costume à St-Laurent-la-Vernède puis le 27 à Orgon où il dessina quelques bonnes passes de cape et de muleta.
10 Septembre 1899 il reparaît à Nîmes avec" Armillita" et"Valencia" devant des bêtes de "Dijol"  Il se montre prudent…et décide de renoncer au toreo, non par crainte, mais pour satisfaire aux désirs de sa famille et de ses amis.
1er Octobre 1899 dernière apparition à Garons
Il entre dans l'infanterie coloniale et rejoint en 1904 Madagascar dont il décrit pour "Le Torero" les courses de taureaux locales données à l'occasion des fêtes en l'honneur de Galliéni. En 1908 il sort sous lieutenant de l'école de St Maixent
Affecté à Perpignan, il devient le "revistero" attitré du journal taurin
13 Septembre 1908 il torée à Sète à l'occasion du Vème anniversaire du club taurin "La Muleta" Il fut le héros de la tarde
29 Septembre 1912 il fonde l'association de la presse taurine française, puis écrira un traité technique et historique, pendant ses moments de libres au Maroc, traité qui paraîtra à Nîmes en 1913. A 33 ans il est reconnu comme l'un des revisteros français les plus érudits.
18 Juin 1914 il se marie et par en voyage de noces en Espagne. Fin juillet, à la fin de la féria de valencia, il est rappelé dans son corps, et le 4 Août, c'est la guerre.
Rapidement promu capitaine, Léonce André est grièvement blessé. A peine remis, il participe à l'offensive de Champagne lancée par Joffre.
17 Février 1915 fauché lors d'une attaque, il meurt dans l'ambulance qui le transporte au château de Braux-Sainte-Cohière, proche de Valmy, dans le département de la marne
Un certain Herrero écrivait en 1910 dans "Le Torero" à propos de "Plumeta"
"Il avait la grâce inné du jeune "Bombita": il en possédait l'audace et l'élégance. Il maniait la cape avec une aisance suprême; la souplesse de sa taille élancée lui permettait de placer des banderilles en des quiebros étonnants.

5: ANTUNEZ Amor  " El Andaluz"
Né à Nîmes le 25 Octobre 1952, de parents espagnols. Comme de nombreux jeunes qui rêvent de devenir torero, il suit le cycle traditionnel des "emboulés" puis des "capeas" dans les arènes des villages ou portatives.
12 Octobre 1969 à Nîmes, il fait son premier paseo en non piquée avec: Nimeño I - Chinito - Frédéric Pascal devant des novillos de François André et Fernay. D'après le torero, il aurait pris part à 87 novilladas sans picador (57 en France et 30 en Espagne)
1er Novembre 1970: première  novillada piquée devant des toros de Yonnet et de Pourquier avec Jaquito  ainsi que les rejoneadores   Jacques Bonnier et Francine San Juan. Le sobresaliente était Dominique Vache.
Le nombre de novilladas étant restreint, il reviendra aux non piquées, comme de nombreux  compagnons.
21 Juillet 1975: deuxième novillada piquée à St Vincent de Tyrosse avec Garbancito  et Alvaro Marquez  devant des novillos de Buendia. Il participera à 32 Novilladas dont 12 en Espagne. En 1977,  à Valladolid, il est sérieusement blessé.
22 Octobre 1978: A Nîmes  lors de la "corrida populaire " despedida de  Jaquito" il fera une excellente prestation, et espère que les portes des arènes s'ouvriront en 79.
C'est un torero courageux et actif, mais devra accepter d'être banderillero dans les cuadrillas de  Richard Milian, Canales Rivera, Nimeño, Curro Vasquez, Antonio Manuel Punta etc. pour continuer sa passion.
Lors d'une corrida organisée au profit des sinistrés des inondations du Gard, El Andaluz a révélé tout son talent en coupant les deux oreilles et la queue de son adversaire. Depuis ce jour, il rêva de succéder à Cordobes et prendre l'alternative.
6 Juin 2004: C'est chose faite à Mauguio, des mains de Julio Aparicio et Swan Soto devant des toros des frères Sampedro. Il sera le 45ème matador français.
Pendant trente ans il officiera comme banderillero, et ouvrira un atelier de tailleur pour torero.

 

 6: ARAMIS Paul
Né à Bordeaux vers 1870, il débute en course landaise. En 1893 et 94, il part en tournée  dans le sud est avec " Marin I" ou on le voit  sauteur, feinteur, roi du saut périlleux, audacieux et élégant. En 1895 il se fixe à Arles et entre dans le quadrille de " Pouly"  Trois ans plus tard, il monte sa propre équipe et se révèle alors "toréador" parmi les meilleurs.
11 Juin 1899 à Marseille, un chroniquer taurin note: " ses sauts sont très applaudis, et inimitable dans ses razets, ses écarts, ses adornos fait avec aisance et naturel. Son élégance, sa bravoure, et son agileté lui permettent de dominer ses compétiteurs à l'exception de Pouly. Jusqu'en 1905, il toréa avec le même quadrille: Monnier, Garbay, Allemand et Comte.
1er et 5 Juin 1905: Il est engagé à Marseille ou il alterne avec cinq Espagnols: il s'en sort honorablement. Après deux temporadas à parfaire son jeu dans le toreo espagnol, il tente sa chance outre-Pyrénées.
28 Juillet 1907 on le présente à Tetuàn de las Victorias dans la banlieue de Madrid. Il partage le cartel avec Redondo  et Mauro devant des bêtes de Félix Martin Le revistero "Pluma larga" écrit dans El Toreo:
”Tanto al tercero como al ultima, los trasteo con serenidad y conocimiento pleno del uso de la muleta, pero en la suerte tiene grandes dificiencias, de que dificilmente se corregira. Bien en sus suertes; salto de la cabeza a rabo y salto mortal.”
11 Août 1905: À Saragoza, il a la main fracturée par un novillo de Muriel et doit observer un repos de plus d'un mois.
19 Septembre 1905 tue un novillo de Desfonds puis
22 Septembre 1905 il n'assure pas son cartel prévu à Valencia. L'année suivante, en Espagne, il ne sera engagé que dans des pueblos comme ce
9 Juin 1906 ou il alterne avec Fernando Gomez " Gallito chico" frère de Rafael et José, devant des bêtes de Samuel Santos
Il vieilli, perd de ses facultés, et les engagements se faisant rares, il décide de suivre quelques collègues espagnols pour chercher fortune aux amériques. Il y restera jusqu'en 1910
Il se retire à Bordeaux, et sa conduite pendant la guerre sera brillante.
Martin Favier écrit dans "le torero": Sauteur agile, excellent torero, élégant et fin, maniant avec aisance cape et muleta mais indolent, paresseux, ne cherchant pas le succès.

 

 7: ARGELLIES   Louis
Né à Frontignan en 1892, c'est un descendant d'une vieille famille spécialisée dans le commerce du vin et de la tonnellerie. Electricien en hiver, il courait l'été venu, les capeas provençales à Istres, Mouriès, Châteaurenard….et Port St Louis du Rhône où il reçu une grave blessure.
1910: il se rend en Andalousie pour se familiariser avec le toreo espagnol
Vivant dans l'entourage de "Pepete III" ce dernier l'engage dans des tientas et des capeas. Pepete est tué le 7 Septembre à Murcia, ce qui n'empêche pas Argelliès de voler de ses propres ailes.
2 juillet 1915: Lors d'une nocturne sans picadors à Barcelone, il tue un novillo de Anastasio Martin, avec un certain succès, ce qui lui vaut d'être engagé dans des spectacles mineurs à Gerona, Lérida, Figueras….
22 Mai 1917 la loi "Dalbies" l'oblige à rentrer en France, pour le réformer le 7 Novembre. Ainsi il peut repartir l'esprit tranquille en Espagne.
Au printemps 1919, il participe comme razeteur aux premières courses libres nîmoise, esquissant au passage quelques passes de capes pour la plus grande joie d'un public sevré de toreo
8 juin 1919: il est engagé avec Paco Hernandez pour la troisième capea d'après guerre à Nîmes. Ovationné lors de la pose d'une paire de banderilles" al quiebro" il se laisse griser par le succès. Oubliant que le novillo de Viret n'est pas de la caste des novillos espagnols, il reçoit une terrible cornada dans l'aine, nécessitant une hospitalisation qui durera un an.
14 septembre 1919: une capea sera donnée à Nîmes à son profit. Il semble alors perdu pour le toreo, et il écrit à la presse un "adieu à l'aficion".
7-8 septembre 1924: lassé de ses occupations à Lunel, il tente un impossible retour. Il s'aperçoit que ses moyens physiques ne sont plus suffisants mais il persiste et…
1er novembre 1924: A Nîmes, il alterne avecBelmonte. de Valencia et Murciano II devant des novillos de Viret. Le pauvre Argelliès  essaya  bravement d'affronter le novillo. Il n'a plus rien de torero, et ne sait même plus tenir sa cape.
Conscient de son infériorité, il refuse un bouquet envoyé par de maladroits amis.
C'était la fin d'un torero dont la carrière fut brisée par la huitième blessure.
Un journaliste à écrit: il fut un torero en vérité, un joli torero dont le travail était surtout apprécié des aficionados avertis.

8: ARTAL Léandre
Né le 7 Octobre 1943 à Thourry-Férottes (77) de parents espagnols, il vient tout jeune habiter en Camargue
Après quelques courses en simulacre, il décide de partir en Espagne pour devenir torero Il se lie d'amitié avec " Aurelio Calatayud " qui deviendra un novillero de bonne renommée, puis un grand banderillero au ordres de "Paco Alcalde" l'apprentissage est difficile dans ces dures et cruelles "capéas" de la région de Guadalajara ou Calatayud.
Juillet 1962: début en costume de lumière à Atanzon (Guadalajara) avec Amalio Sobrino et El Momo devant des novillos de Mariano Garcia de Laura
Septembre 1964: Première novillada piquée à Alcoroches (Guadalajara) avec son ami Aurelio Calatayud et Amalio Sobrino, il coupe une oreille.
Participant à une vingtaine de novilladas sans picador en France et une cinquantaine en Espagne, il ne parviendra jamais à véritablement décoller et ne fera que trois novilladas piquées, malgré tout l'acquis des courses économiques.
Il reconnaît volontiers que les cornes lui imposaient peut être un excès de respect envers les novillos, respect qui l'empêchera d'accéder à un poste plus en rapport avec son toreo particulièrement suave et allègre.
Nimeño I et Simon Casas disaient: "De nous tous, Léandre était celui qui avait le plus de temple et maniait le mieux le capote"
Septembre 1967: dernière novillada à Pérols avec Robert Piles et Jean Riboulet, devant des novillos de Lorenzo Rodriguez
Octobre 1968: Dernière apparition en habit de lumière comme banderillero de Nimeño I uniquement pour faire plaisir à son ami.
Idéal compagnon de callejón il voit vite les toros, et juge bien " l'actuation" des toreros. C'était une figure discrète et effacée, qui aurait pu évoluer dans une catégorie supérieure. C'est ce que regretteront les aficionados.

 

Noms commençant par B... 

9: BIZET Daniel
Né à Reims le 8 Septembre 1942, il n'aurait jamais imaginé devenir torero, si sa famille sinistrée pendant la guerre (mère veuve avec trois enfants) n'était venu s'installer à Béziers en 1952.
Daniel et son frère aîné Guy, vont faire la connaissance d'un vieil andalou émigré, qui avait "tâté" du taureau dans sa jeunesse, et qui leur transmis le virus taurin en leur racontant ses exploits hypothétiques.
En 1958, la famille s'installe à Marseille, et les deux frères vont parfaire leur initiation dans les manades de Camargue.
26 Juin 1960: Un grand jour pour Daniel, qui débute en public dans une arène portative à Vaison la Romaine. Il torée son premier "becerro" à l'issue d'une novillada sans picador qui oppose en mano a mano"Alfredo Martinez et Antonio Armenteros"
22 Juillet 1961: a Marseille, il va tuer un toro pour la première fois, puis franchira les Pyrénées pour participer à des tentaderos, trouvant même le moyen de toréer en public.
Bizet compte à son actif 32 capéas ou novilladas économiques
7 Octobre 1962: a Mauguio, il alterne avec David ROMERO et Luis Antonio RODRIGUEZ  devant des novillos de Georges DAUMAS. Il triomphe et fait ample moisson de trophées: trois oreilles et une queue.
1963: Il a participé à quatre novilladas piquées, mais interrompre ses activités taurines pour effectuer son service militaire.
19 Mars 1964: Grâce à son mentor "Pierre POULY" il débute en Espagne avec chevaux à Puertollano avec Luis ALVIZ et Luis BARCELO. Il a tout en main ainsi qu'une cuadrilla de banderilleros chevronnés. Cette saison 64 se soldera par six novilladas, dont une seule en France, à Arles le 12 juillet.
Curieusement, son nom disparaît des carteles. Pourtant le garçon avait soulevé de légitimes espérances, remarquable "capeador" dominateur à la muleta, excellent tueur, techniquement "mûr" et bien conseillé. La voie de la réussite lui était largement ouverte. Hélas, le métier de torero requiert de celui qui le pratique un sérieux et une rigueur morale que Bizet n'avait pas. Profondément déçu par ce comportement, Pierre Pouly finit par s'en désintéresser.
Dés lors, c'en était finit d'une carrière pourtant prometteuse.
Son frère aîné Bizet Guy, né en 1939 à Reims, fera en 1954 quelques becerradas dans le Gard et l'Hérault, puis en Espagne à Gérone en 1955, mais ne continuera pas après son service militaire.

10: BONIJOL  Alain
Il est né le 14 Septembre 1954 à Nîmes.
Comme de nombreux jeunes de cette région, il s'initie à la pratique du toréo au cours de ferrades, de courses de taureaux emboulés, de capeas de villages.
 Ces spectacles réputés" mineurs", sont  indispensables et fondamentaux pour l'apprentissage de ces aspirants toreros.
30 Juin 1974: Première mise à mort en non piquée à Vic Fezensac, avec Alain Montcouquiol "Nimeño I" et Chinito. Novillos d' Enrique Garcia. Sa témérité impressionnera le revistero Roger Dumont.
Il participe à des novilladas économiques aussi bien en France qu'en Espagne,
et découvre la dure loi des toreros exilés.
24 Juillet 1976: A Palavas, il saute en piste et tue le novillo de Rafael Gomez. C'est sa manière de protester contre l'empressa, qui n'a pas engager pour cette novillada aucun des toreros du cru: Ce jour là, le cartel était le suivant : 6 Yonnet pour Currito de la Cruz, José Cano et Rafael Gomez.
Cette même année, Alain  Bonijol torée 10 novilladas économiques en Espagne coupant 25 oreilles et 3 queues. Excellent palmarès.
14 Juillet 1977. Première novillade piquée dans les arènes du "Vieux Boucaud" devant des novillos de Baltazar Iban avec Emilio Muñoz et Luis Reina. il coupe une oreille.
Son intervention  spectaculaire dans les arènes de Palavas, et une à Nîmes en 1973 (il saute en piste pour donner quelques passes à un toro) l'ont mis à l'écart par les organisateurs du Sud Est.
Ce torero a des qualités indéniables, mais s'il souhaite avancer dans cette profession, il devra canaliser son tempérament très vif.
Malgré tout, il participe à 27 novilladas économiques (17 en Espagne) et 3 novilladas piquées. Blessure sérieuse en 1974...
Il apparaît au cartel d'une novillada qui s'est déroulée au Grau du Roi en 1980.
1986: Il fera sa présentation à Madrid au cours de laquelle il recevra une grave blessure. C'est la fin du rêve, et d'une carrière qui aurait certainement être meilleure.
1990: Il décide de monter "une cuadra de caballos". Les premiers temps seront difficiles, mais son travail auprès des chevaux, sa vision pour les nouvelles techniques appliquées au "Caparaçon" mais aussi aux "piques" elles mêmes, ont fait d'Alain Bonijol le meilleur entrepreneur de chevaux de picadors, engagé dans les plus grandes arènes de France mais aussi en Espagne.

11: BONNIER  Jacques
C'est un "rejoneador" né le 6 mars 1942 à Saint Jean de Védas prés de Montpellier. Après une brillante carrière internationale de joueur de volley-ball, il réalise son rêve d'enfant en créant un élevage de chevaux. Son ami André Rebuffat lui fit connaître le milieu tauromachique. Très vite, il s'exerce dans l'art du rejoneo.
Juin 1968: Palavas: il débute en novillada en simulacre de mise à mort, en affrontant un taureau du manadier Lousthau. C'était le premier spectacle taurin dans les arènes de Palavas. Le succès de ces courses en simulacre le pousse à persévérer.
16 Août 1970: Palavas: il tue son premier taureau, un Blohorn d'Andecy
Dés lors Bonnier décide avec conviction d'entreprendre une carrière de rejoneador. Il part en Espagne choisir ses montures et achète tous les équipements nécessaires: selles andalouses, rejones, costumes….
Il faut préciser qu'il s'agit là d'une nouveauté, dont le mérite en revient à Bonnier. Les cavaliers français comme  Fidani  ou Rebuffat toréaient  en costume Andalou, mais sur des chevaux camarguais et des selles du pays.
Bonnier est le premier à rompre avec les jeux mis à la mode par les Lescot ou Emma Calais pour adopter dans son intégralité le rejoneo à l'espagnole.
Août 1973: dans les arènes de Palavas, Angel Peralta  lui confère l'alternative.
Les Cavalier de l'apocalypse: Rafael et Angel Peralta - Alvaro Domecq et Lupi ont déclenché un engouement pour ces spectacles d'un nouveau genre, ce qui permit à Bonnier de bénéficier de cette mode pour toréer avec les plus grandes vedettes espagnoles et portugaises.
De 1974 aux années 80: Jacques Bonnier participera à presque toutes les corridas données en France avec les maîtres d'outre Pyrénées.
Septembre 1978: A Nîmes, ou il figurait aux cotés de Domecq, Vargas et Moreno Silva, il coupe la seule oreille de l'après midi, puis se produit triomphalement en Catalogne Espagnole.
Il se lie d'amitié avec Manuel Vidrié et continue jusqu’au milieu des années 80. Il domine parfaitement son art et possède une écurie complète de chevaux de rejoneo.
C'est homme, haut en couleur, qui dissimule une grande gentillesse sous des aspects bourrus, aura marqué de son empreinte la corrida à cheval.
Sa carrière terminée, il créait une entreprise d'élevage d'anguilles.

 12: BOUIX Michel
Le fils cadet d'André Bouix, bayle-gardian de la ganaderia Sol est né en Arles le 1er Janvier 1944. Michel vit sa jeunesse au milieu des chevaux et des taureaux.
Et c'est bien plus tard, qu'il entreprend une carrière de Picador.
14 Juillet 1972: au Grau du Roi, il pique pour la première fois un novillo pour le novillero français Jacky Brunet dit "Jaquito"
1973: il entre dans la cuadrille de Frédéric Pascal
1974: il intègre celle de Jaquito
1975-76: il pique les taureaux de la jeune vedette "NimeñoII" alias Christian Moncouquiol, avec lequel il partage de nombreux triomphes, notamment celui du 22 Juin 1976 à Nîmes, où il fait la vuelta aux cotés du torero.
Michel Bouix a acquit, à ce moment de sa carrière, une grande sureté.
1977-1978: il fait partie des cuadrilles françaises, NimeñoII, Patrick Varin, Richard Milian.
10 Septembre 1978: à Bayonne, Richard lui brinde un taureau, brillante conclusion d'une belle saison
Pendant plus de trente ans, Michel Bouix sera le Picador de tous les toreros français, Denis Loré, Stéphane Fernandez  Meca, et de tous les nombreux autres
Qui auront des carrières plus ou moins longues. Il piqua également pour des toreros Espagnols,et deux fois avec" Curro Vasquez"
Emule d'Antonio Piles, père de Robert Piles torero, il apporta à la pique sérieux et volonté, fait remarquable dans une spécialité où les Français ont connu peu de vocations.

13: Bourret Jean Marie
Né à Nîmes le 4 Septembre 1956, il se lie d'amitié avec les frères Moncouquiol et commence très tôt en capéa, dés 1970; puis il va parcourir, avec ses amis, diverses régions peu taurines dans des arènes portatives.
2 Septembre 1972: c'est sa première novillada sans picador, grand succès, il coupe 2 oreilles.
9 Septembre 1972 c'est-à-dire une semaine après ce premier succès, il alterne avec "Michel Llorac" et "Curro Caro" Ce jour là, il subit une grave cornada.
Un revistero de la revue "Toros" qualifiera cette blessure " cornada de l'honneur" lui ayant trouvé auparavant beaucoup de qualités sortant de l'ordinaire.
Bien remis de cette blessure, il continue son apprentissage au cours de nombreuses capeas, puis
en 1973 il prend part à 3 novilladas sans picador, avec entre autres " NimeñoII"
"Chinito" et "El Andaluz"
16 Mars 1975: Dernière novillada à Méjanes. Trois taureaux de François André pour les cavaliers "Pellen" "Bonnier" et "Jalabert" et trois taureaux de Ricard pour "Capparos" Bourret" et " Bonijol". Jean Marie se fait prendre sans conséquences, et fait la vuelta
Quelques jours après, il est victime d'un très grave accident de la route  (plusieurs tonneaux) causant une fracture du rachis cervical  qui devait entraîner des opérations et greffes multiples, ainsi qu'un long séjour en centre de rééducation, ce qui mit un terme à ses aspirations tauromachiques.
Il devait se présenter avec chevaux au cours de l'année 1975.
Récupérant lentement mais parfaitement, il ne peut se résoudre à rester en dehors des "ruedos". il se reconverti pendant deux temporadas en "Mozo de espada" de NimeñoII.
Bien conseillé et entraîné par Alain Moncouquiol, il pouvait prétendre  accéder à un très bon  niveau.
La fatalité de la route qui a si durement touché la famille Bourret ne le permit pas.
Il revient plus tard comme banderillero de jeune toreros avant d'intégrer la cuadrilla du grand torero " Enrique Ponce"
Il restera dix au service de ce grand torero, faisant entre 90 et 100 corridas par an.
 Il devait avoir beaucoup de qualités pour que le maestro le garde aussi longtemps, qualités professionnelles, mais aussi humaines.
A cause d'un accident, Jean Marie Bourret est peut être passé à coté d'une grande carrière.
Aujourd'hui, il ne regrette rien, et est très heureux de sa carrière de banderillero au coté d'une star de l'arène.

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Muriel DUFAUD | Réponse 20.04.2015 18.10

Antonio PILES (mon grand-père), oncle de Robert PILES

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Commentaires

10.12 | 21:17

Bravo à Maurice Daussant ainsi qu'à toute son équipe de bénévoles pour son film sur Gabin Réhabi. Très beau film.

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29.11 | 15:15

Ne porte pas de nom particulier. C'est simplement un confort lors d'exécution des STATUAIRES que vous appelez "litrasos" (de Miguel Baez Litri) Q? pertinente.

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29.11 | 14:57

On ne trouve pas à la vente ces petits mouchoirs qui sont distribués aux arènes. Ils sont souvent supports publicitaires ou témoins d'évènements exceptionnels.

...
29.11 | 09:49

Quel nom porte l'action de ficher l'épée dans le sable avant de faire des "litrasos"
(?) Merci d'avance pour votre réponse. J-M François

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