MANOLETE

Le film Manolete revu récemment sur l'écran d'une chaîne TV mais tourné il y a cinq ans ne laissera pas un souvenir impérissable auprès des spectateurs aficionados, ni même aux autres… Pas grand chose à dire sinon qu'Adrien Brody ressemble étrangement au matador et qu'il y a de belles images relatant sa dernière journée et les 18 mois précédents axés sur sa liaison avec Lupe Sino. Nous aurions aimé voir (aussi) ce qui a fait de Manolete ce héros d'une importance capitale dans l'évolution de la tauromachie.

 Revenons donc sur nos souvenirs…

Manuel Laureano Rodríguez Sánchez  révolutionna la tauromachie et est considéré, à juste titre, comme le fondateur de la corrida moderne, à l'identique de Juan Belmonte prédécesseur d'un «toreo» plus statique. Est-ce sous l'effet d'une constitution physique peu athlétique ? Est-ce le génie d'une époque tragique, marquée par la guerre civile espagnole puis le régime étouffant de Franco ou encore celui propre à une immense personnalité artistique et humaine ? Toujours est-il que « Manolete » fut le premier torero à privilégier dans la corrida la faena de muleta  et à proposer des faenas sobres, liées, allongées mais introduisant à un point jamais atteint la recherche de l'esthétique. On lui attribue souvent l'invention d'une passe, la manoletina qu'il a contribué à populariser au point que son nom y est désormais rattaché.

Avec « Manolete » en effet, la corrida s'éloigne du combat avec le fauve pour entrer dans la pure posture artistique. Le combat existe bel et bien pourtant et « Manolete » le paiera de sa vie. Sa corrida, toute en recherche de la position idéale, le «sitio», ce lieu géométrique parfait qui déclenche la charge et où l'homme se doit de l'attendre puis de l'esquiver, toute en recherche aussi du temple, ce rythme où l'homme s'accorde à la perfection au rythme de la charge, introduit une évolution irréversible de la corrida.

Il y a une corrida de l'après « Manolete », une longue lignée de toreros silencieux, immobiles et hiératiques qui, à ce jour, culmine probablement dans la figure de José Tomás.

Certains déplorent cette évolution qui entraîna aussi monotonie, évolution vers des taureaux plus dociles, le tremendisme  et parfois même le cabotinage. Il n'en demeure pas moins que « Manolete » façonna son époque et que sa figure, telle un visage du Greco, longue, souffrante, mystique et inoubliable, plane sur l'Espagne.

Le 28 août 1947, « Manolete » est grièvement blessé dans les arènes de Linares par le taureau « Islero » de la ganadería de Don Eduardo Miura. Lors de l'estocade, l'une des cornes pénétrant dans l'artère fémorale provoque une terrible hémorragie. « Manolete » décède le lendemain à cinq heures du matin. Il repose au cimetière San Agustín de Cordoue.

Il a été nommé par la vox populi « Quatrième Calife de la Tauromachie » après « Lagartijo », « Guerrita » et « Machaquito ».

2012 - La Chicuelina

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Commentaires

26.09 | 09:44

Merci de votre apport.

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25.09 | 13:59

N'oubliez pas mon compatriote Nikko Norte, "El Holandès" novillero sans picadors jusqu'en 2005, qui va publier ses mémoires le mois prochain (octobre 2018)!

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18.09 | 12:07

Une dernière précision : après le tirage des lots, chaque matador (ou son représentant) choisit l'ordre de sortie de ses toros

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10.12 | 21:17

Bravo à Maurice Daussant ainsi qu'à toute son équipe de bénévoles pour son film sur Gabin Réhabi. Très beau film.

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