BANDERILLES - 2° TIERS DE LA CORRIDA

Banderillas al sesgo - La Lidia - 1882

BANDERILLES  -  2° TIERS DE LA CORRIDA

Les clarines sonnent le changement de tercio et la fin de la suerte de varas. Le torero dans un dernier quite attire le taureau loin des picadors, pour que ces derniers quittent la piste, ce qu’ils font le plus souvent sous les huées et les sifflets.
Les picadors, à peine rentrés dans le Patio de Caballos, les banderilleros se placent pour la phase suivante, et ont dans chaque main les banderilles.

DESCRIPTION

-Bâtonnets ronds de 70-80 centimètres de long, agrémentés de papiers de couleur se terminant par un harpon de 4 cm. de long et 16mm de large.
-Banderilles noires : remplacent depuis 1950 les banderilles de feu (qui étaient conçues de telle façon qu’en pénétrant dans le muscle du taureau, il se produisait la déflagration d’une amorce qui mettait le feu à des pétards).
Le harpon mesure 7 cm de long et 20mm de large.
Ces banderilles sont utilisées à la demande du président (mouchoir rouge) pour des taureaux sans caste et sans bravoure devant les picadors (refus de piques). C’est l’humiliation pour le ganadero. On appelle également ces banderilles « les veuves » à cause de la couleur du papier qui les entourent : noir et blanc.
-Banderilles courtes : Utilisées par les maestros uniquement et pour le spectacle.
-Banderilles de gala : Plus de fantaisie dans la fabrication avec tissus, pompons  et autres papiers dorés, etc.

ORIGINE
Lorsqu’à l’époque où les toreros sont descendus de cheval pour toréer à pieds, le rejon est devenu « banderilles ». Le torero tenait la cape d’une main et une banderille dans l’autre qu’il clouait n’importe quand et presque n’importe où, en essayant d’être le plus près possible du morillo.
Le 17 janvier 1701 à Bayonne, pour la venue du petit fils de Louis XIV, le nouveau roi Ferdinand V, on cloua exceptionnellement les banderilles par paires.
C’est à la fin du 1er quart du XVIIIème que la pose par paire apparut avec l’institution de la corrida moderne. Nous devons cette évolution au torero Francisco Montes.

BUT
Existe différentes versions :
Auguste Laffront :  - Parachever l’action du picador
                             - Régler la tête du taureau
                             - Raviver l’ardeur de ce taureau après le dur combat livré avec le picador
Sanchez del Arco :  - Corriger les défauts du taureau en plantant à gauche si l’animal donne des coups de corne à droite et inversement
Claude Popelin :     - C’est uniquement une façon spectaculaire et agréable de faire patienter le public et de faire récupérer le taureau.
Pepe Hillo et Paquiro : - Actuellement cette suerte a évolué, on a introduit dans sa réalisation plusieurs modes, certaines orthodoxes, d’autres hétérodoxes, modes qui cherchent une double finalité : l’efficacité et le spectaculaire.
On doit considérer parfaite la paire qui réunit ces deux éléments et qui de plus ont été réalisées avec risque et art, le tout culminant par le fait de planter les bâtons sur le haut du taureau.

EXECUTION DES BANDERILLES
Elle doit être rapide et bien exécutée afin que le taureau ne perde pas trop de ses qualités physiques et n’ait pas le temps d’acquérir des défauts de méfiance.
Eviter de faire trop de passes de cape pour ne pas décomposer le taureau ou le rendre avisé.
Exécution en quatre parties :
- Citar : L’homme se place en évidence et tend à faire courir le taureau en ligne droite.
- Cuadrarse en la misma cabeza : Au point de rencontre, l’homme doit marquer un temps d’arrêt, le corps en ligne, les bras élevés et être frôlé par la corne.
- Planter : Il pique les harpons côte à côte, dans le garrot derrière la pique.
- La sortie : Elle doit être calme et nette (quite s’il y a danger).
Dans chaque cuadrilla, il y a un banderillero gaucher et un banderillero droitier.
Le placement des banderilles repose sur l’utilisation des terrains.

LES TERRAINS
Quand la porte du toril s’ouvre devant lui, le taureau croit reconquérir sa liberté; il s’aperçoit très vite qu’il n’en est rien, découvrant la foule et les toreros, il choisit le centre de la piste comme lieu où il sera le plus fort.
Ce même taureau ne supportera pas que quelqu’un lui coupe sa ligne de retraite vers le centre et le chargera dés qu’il le traversera.
Le torero lui, a besoin pour marquer les temps de toutes les suertes, que le taureau ne parte qu’à son appel; il doit donc l’appeler, le citer sur un emplacement choisi en dehors de la zone où le taureau démarre d’instinct.
On distingue deux terrains :
- Celui du taureau où prime son initiative
- Celui de l’homme qui impose la sienne

LES DIFFERENTES FACONS DE PLANTER LES BANDERILLES
Il y a trois façons plus une :
- Au cuarteo, et ses dérivés : Poder à poder
                                        Sesgo por fuera
                                        Sesgo por dentro
- Pose topa carnero et quiebro
- Poses de recours : Media vuelta (demi tour)
                             A revuelto de un capote (à la poursuite d’une cape)
- Autres façons…

CUARTEO

La plus classique. L’homme se met au centre de l’arène et cite le taureau. Lorsque la bête fonce, l’homme décrit un arc de cercle variable selon la course du taureau, en faisant en sorte que sa propre course coupe en oblique la charge de l’animal, l’obligeant ainsi à modifier sans cesse la charge de son attaque.
Il faut un petit temps d’avance au torero afin de bien marquer un temps d’arrêt (cuadrarse en la misma cabeza). Après avoir planté, l’homme sort de suerte vers la barrera, son propre terrain.
Si au contraire, le taureau est au centre et l’homme près des tablas, la « suerte est cambiada » et l’homme sort dans le terrain du taureau.

- 1  PODER A PODER
L’homme s’élance vers le taureau qui charge ; les deux antagonistes courent donc l’un vers l’autre et de face, mais le torero oblique au dernier moment. Le taureau manquant de souplesse est emporté par son élan et l’homme plante les harpons et se dégage par un saut de coté. Spectaculaire et très méritoire au centre.
Dans le cuarteo, c’est l’homme qui démarre le premier
Dans le poder à poder, c’est le taureau qui s’élance le premier

- 2  AL SESGO (de biais)
- Por fuera  (de biais vers l’extérieur) Méthode appliquée si le taureau reste le long de la barrière; l’homme amorce une course parallèle près de la barrière, il s’en éloigne un peu vers le centre afin que le taureau charge et plante les banderilles sans s’arrêter.
- Por dentro : (de biais vers l’intérieur) L’homme passe entre la barrière et le taureau, ce dernier devant être quand même décollé des planches.

TOPA CARNERO
Le banderillero cite le taureau et l’attend. Au moment ou le taureau fonce sur lui, l’homme fait deux pas en arrière puis un sur le coté, le tout dans un même mouvement. Profitant ainsi de l’arrêt du taureau, il plante les banderilles.
Le taureau garde sa direction, seul l’homme bouge.

Quiebro de Javier Ambel

AL QUIEBRO
La feinte consiste à changer la direction du taureau par un écart que fait le banderillero, puis ce dernier revient à sa place initiale (Alcalareno la faisait sur un mouchoir).

POSES DE RECOURS
- Media vuelta : (demi- tour) C’est fondamentalement une suerte pour les subalternes. Elle s’effectue quand le taureau reste immobile ou qu’il a quelques difficultés. A l’issue d’une passe de cape ou par derrière, on le surprend en se mettant sur ses côtés, profitant que l’on n’est pas en face du taureau. Ce n’est pas une paire pure, mais un simple recours, très souvent nécessaire.
Al revuelto de un capote ou Al relance (A la poursuite d’une cape) Si le taureau est « dur de pattes » coureur, redoutable, on pourra les planter par surprise lorsqu’il court après une cape.
Elle s’effectue avec deux toreros. L’un provoque le démarrage du taureau et se laisse poursuivre par l’animal. L’autre arrive pour banderiller et tout en posant la paire effectue un quite pour son compagnon qui a provoqué le démarrage. C’est une paire très spectaculaire.

AUTRES FACONS
- Paire de « Califia » ou violin : Elle s’effectue en prenant les banderilles longues dans une main. On commence en citant contre les planches; lorsque le taureau arrive dans l’espace du torero, celui-ci tourne le dos à la course et plante les banderilles par-dessus son épaule droite ou gauche, les bâtons devant rester plantés sur le haut.
- Paire del remolino : Une fois centré sur le taureau, ils commencent tous les deux leur course; l’animal cherchant logiquement le torero, et le torero cherchant la bête mais en effectuant des rotations sur lui-même tout en avançant.
- Paire « Al Alimon » (exécutée par les frères Espla) L’animal doit être franc des deux cotés
On attend le taureau, les deux banderilleros sont coude à coude. Ainsi placés, ils laissent venir le taureau, et lorsqu’il met la tête, ils s’écartent, plantent, et laissent passer le taureau au milieu, comme une paire « Topa Carnero »
- A puerta gayola : Interdit en Espagne. Il faut se mettre face au toril, et lorsque le taureau va sortir, le citer, se faire voir pour par la suite courir comme si c’était un « Poder à Poder »
- A la chaise : le torero cite le taureau assis sur une chaise et effectue un cuarteo s’il est assis au centre ou un sesgo s’il est prés de la barrière
- Avec la bouche Juan Martin « Platerito de Cadiz »
Placé au fil des planches, plus ou moins à un mètre, il citait le taureau et lorsque celui-ci était à cinquante centimètres de lui, il faisait un quiebro avec l’épaule et plantait les bâtons. (Quiebro avec l’épaule et non la jambe pour réussir la pose des banderilles courtes)
- El trapezio
(du trapèze) C’est un ornement qui consiste à prendre les banderilles par le bout, les entrecroiser pour que dans chaque main l’on tienne harpon et manche. Prise ainsi, le torero marche en balançant les bras de haut en bas, comme un trapèze et en citant le taureau effectue un saut, les bâtons peu à peu se séparent, jusqu'à qu’ils soient en position d’être posés.

On pose généralement 3 paires de banderilles à chaque taureau. Le péon le plus ancien pose la première paire et la troisième, en alternance avec l’autre péon. Le troisième, le puntillero, pose toujours la deuxième paire.
Une quatrième paire peut être posée à la demande du torero ou de la présidence, s’ils jugent que le taureau n’est pas assez châtié. Si le taureau présente des signes de faiblesse, le nombre peut être réduit à deux paires seulement.
- Le taureau brave charge bien.
- Le taureau manso ne charge pas.
- le taureau douillet saute après la pose et meugle.
Après les banderilles, le taureau est PARADO.

GRANDS BANDERILLEROS
Lagartijo - Joselito - Fuentes - Aruzza - Armillita - Pepe Dominguin - Paquirri - Teruel - Alcalde - Mendes - Morenito de Maracay - Nimeño - Milian - Varin – Espla - El Fandi - Padilla – El Fundi...

DEFINITIONS
-Recortar : (couper) Action de couper brusquement la charge du taureau en maniant le leurre avec brusquerie et en évitant qu’il se déploie.
-Rematar : (terminaison, achèvement, couronnement)
Action de finir une suerte, une série de passes, par une passe différente qui arrête le taureau.
Ex : Demi -véronique, rebolera, serpentina, pecho, molinete, kikiriki.

Les clarines sonnent une troisième fois (aujourd’hui quatre) qui annonce le dernier tiers de la corrida, le plus important.

El Mayoral - 2012

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OK Envoi...

claudius | Réponse 01.02.2013 00.46

vous avez oublier fundi et epargner moi savalli

El Maletilla 12.02.2013 12.41

Bien vu !

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Commentaires

26.09 | 09:44

Merci de votre apport.

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25.09 | 13:59

N'oubliez pas mon compatriote Nikko Norte, "El Holandès" novillero sans picadors jusqu'en 2005, qui va publier ses mémoires le mois prochain (octobre 2018)!

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18.09 | 12:07

Une dernière précision : après le tirage des lots, chaque matador (ou son représentant) choisit l'ordre de sortie de ses toros

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10.12 | 21:17

Bravo à Maurice Daussant ainsi qu'à toute son équipe de bénévoles pour son film sur Gabin Réhabi. Très beau film.

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