Les ENCERRONAS

Affiche de Jacques Charvet - Encerrona Sébastien Castella - Nîmes 20-9-2008

Le dictionnaire définit l’encerrona ainsi : piège, guet-apens.
En tauromachie : corrida privée.

Ces encerronas devenues très courues ces derniers temps, nous posent question.
Qu’est-ce qui décide un matador à affronter seul six fauves, quelquefois sept pour parachever sa prestation ou si les animaux n’ont pas été à la hauteur ?

A croire qu’un goût soudain pour la solitude, un refus de se mesurer à d’autres, une envie énorme de triompher ou plus prosaïquement l’orgueil et l’appât du gain, la reconnaissance pour gagner plus de contrats, les incitent à ce genre de corrida.
Plus généralement, reconnaissons qu’un sacré courage et une performance indubitable sont à la clé d’un pareil chalenge.

Les genres diffèrent :

L’encerrona de Jose Tomàs à Nîmes le 16 septembre 2012, gravée dans toutes les mémoires, fut des plus médiatiques, des plus percutantes de notre temps. Venus de tous les horizons de la planète, des aficionados ont assisté à la signature d’une page d’histoire. Six toros triés sur le volet parmi les seize retenus par le matador en personne. Six capotes de soie et six muletas pour chaque combat. Des compagnons choisis (dont le français Rafaël Lisita) mis en condition quelques jours auparavant dans les arènes de Badajoz retenues pour la circonstance, tous émerveillés à l’issue de la corrida. Un coup de génie de l’empresa Simon Casas. Un toro gagna la vie sauve, les cinq autres abandonnèrent neuf oreilles, vu que les deux et la queue de l’indulté furent symboliques. Bien des athées se convertirent au tomasisme ce jour-là ! D’autres sont restés sur leur position critique, rétorquant la soi-disant facilité des toros. Mais ils n’étaient pas présents à la messe…

Jose Tomàs - Javier Castaño - Fernando Robleño - Sébastien Castella

Nous changeons de registre avec deux autres toreros:

Ce héros de Javier Castaño qui face à six légendaires Miuras (Il faut se les faire !), livre des combats réconciliant tous les aficionados… ou j’y perds mon latin ! C’était encore à Nîmes en mai 2012, un triomphe et cinq oreilles !
Le vaillant petit soldat qu’est Fernando Robleño, est sorti épuisé, mais heureux, de sa rencontre avec six redoutables pensionnaires d’Escolar Gil qui perdirent quatre oreilles, cet été à Céret le 16 juillet.
Ces deux garçons, confinés depuis leur début, dans des corridas difficiles, ont voulu montrer leur talent et leurs capacités dans de tels combats et recevoir une estime qui les met au niveau des autres.

Notre torero biterrois Sébastien Castella s’est encerroné deux fois  à Nîmes. Le 20 septembre 2008 et le 13 mai 2010 sous des trombes d’eau, beau geste en faveur des Haïtiens victimes d’une catastrophe majeure. Il n’y a pas eu de « no hay billete » à cause du temps, avec des bénéfices insuffisants : Sébastien a donc ajouté aux 220 000 € récoltés, 6200 €, prix du costume qu’il s’est racheté à lui-même. Cette fois l’encerrona était tout à la générosité d’un matador avec comme résultat la construction d’une école à Canape-Vert, Port-au-Prince.

L’encerrona serait donc  une façon de susciter un intérêt curieux, amenant aux arènes de nombreux aficionados en recherche de diversité et de sensations. Certains vous diront qu’un seul matador au lieu de trois ou les toros d’un même élevage, pourrait générer l’ennui… A chacun d’en juger.

En 1959 Paco Tolosa (Auguste Laffront) dans son ouvrage « Toreros d’Aujourd’hui », classait les matadors dans quatre catégories : les Esthétiques, les Artistes, les Scientifiques et les Belluaires.
Je vous laisse imaginer dans quelle case vous mettriez Morante, Castaño, Manzanares, Juli et les autres… Est-ce qu’il y avait beaucoup d’Encerronas à cette époques ?

Novembre 2012
La Chicuelina

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Commentaires

10.12 | 21:17

Bravo à Maurice Daussant ainsi qu'à toute son équipe de bénévoles pour son film sur Gabin Réhabi. Très beau film.

...
29.11 | 15:15

Ne porte pas de nom particulier. C'est simplement un confort lors d'exécution des STATUAIRES que vous appelez "litrasos" (de Miguel Baez Litri) Q? pertinente.

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29.11 | 14:57

On ne trouve pas à la vente ces petits mouchoirs qui sont distribués aux arènes. Ils sont souvent supports publicitaires ou témoins d'évènements exceptionnels.

...
29.11 | 09:49

Quel nom porte l'action de ficher l'épée dans le sable avant de faire des "litrasos"
(?) Merci d'avance pour votre réponse. J-M François

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