LA PRESIDENCE

 LA PRESIDENCE


A: Composition

Composée de trois personnes, le président et deux assesseurs.

En France, le président est une personnalité  choisie par le maire, parmi les clubs taurins locaux ainsi que les assesseurs, qui sont en général des aficionados reconnus de ces divers clubs taurins.
Quelquefois, un torero retiré peut être assesseur.
Le président est retenu par ses connaissances tauromachiques, d'une part, mais aussi par la parfaite connaissance du règlement taurin.
En Espagne, dans les capitales de Province, c’est un subdélégué du gouvernement ou un fonctionnaire de la police. Dans les autres villes, c’est le maire ou un conseillé municipal qui préside. Très souvent un vétérinaire est assesseur.

B: Matin de la course

Le matin de la course, à l'heure fixée par l'organisateur, le président de la CTEM accompagné du président de la course, des assesseurs et du vétérinaire, examineront une nouvelle fois les toros, pour s'assurer qu'ils sont aptes au combat.
Au cas ou un défaut apparaîtrait, le président entendra l'éleveur ou son représentant, le vétérinaire, et décidera de sa sortie en piste ou de son remplacement par un "sobrero"
Une fois les vérifications achevées, le président fera procéder au tirage au sort des toros (le sorteo)
Ensuite il assiste à la séparation des toros (apartado) puis à la mise en chiquero.
Une surveillance constante sera établie jusqu'à la sortie en piste du 1er toro.

C: Avant la corrida

U
ne heure avant le paseo, dans le patio de caballo, la présidence fait le point avec.
- le délégué aux piques: piques, montage des piques, rapport avec les picadors
- le délégué aux banderilles: nombres de paires et banderilles noires.
- le délégué à la cavalerie: en général pas de problèmes particulier.
Ensuite, le président attendra tous les toreros et pourra faire le point avec eux pour s’assurer de leurs intentions, et leur faire part des siennes.
Ensuite, le président et ses assesseurs vont prendre place au palco .
D :PASEO ET PREMIER TIERS

Le Président est en possession de plusieurs mouchoirs et pour commencer:
le blanc
.  Il le sort pour lancer la corrida, la musique joue. Les alguazils ouvrent ce défilé et sont les premiers à saluer le président; puis  ce sont les toreros, banderilleros, picadors, areneros, arrastre.
Les alguazils surveillent le bon déroulement du paseo, puis reviendront en contre piste pour exécuter les ordres du seul Président.
Un alguazil reçoit du président la clé du toril et l'apporte au torilero.
Lorsque tout ce monde est prêt, le président sort le mouchoir blanc pour que les clarines annoncent la sortie du toro.
Le torero entre alors en piste après avoir étudié son toro et commence les séries de cape. Lorsque le toro est fixé, (il n'y a pas de temps imparti) le président sort le mouchoir blanc pour annoncer la sortie des picadors.
Mais il faut savoir que dans ses "trastos" le président a un mouchoir vert.
Le vert: celui-ci fait connaître au public que l'on change le toro. Les cabestros entrent en piste, afin de ramener le toro au toril.
Le règlement précise que l'on ne peut changer un toro que lorsqu'il sort du toril avec un défaut (boiterie, corne abîmée, problème de vue…) mais pas pour un accident de lidia. Un toro qui se blesse en piste doit continuer le combat ou être tué par le Maestro qui abrège la faena sans pour autant être remplacé. Il passe tout simplement son tour.
Quelquefois, le torero qui n'a pu toréer son toro peut demander au président le toro de réserve.
 Après les piques, le président sort le mouchoir blanc pour faire annoncer le deuxième tiers.
Le président peut intervenir, par l'intermédiaire de l'alguazil pour faire respecter dans la mesure du possible le règlement, (distance entre le cheval et le toro, piquer sans vriller, arrêt de la pique après les clarines).
Au dernier toro, le picador fait le tour de l’arène et salue le président au nom de tous ses compagnons.

E: DEUXIEME TIERS; LES BANDERILLES

Les banderilleros posent en général trois paires de banderilles. Quelquefois, le torero demande au président d'arrêter à la deuxième paire jugeant le toro trop faible. Le président acceptera ou refusera. Pour ce deuxième tiers, très rarement, le président peut sortir un autre mouchoir:
Le rouge: C'est celui qu'on utilise pour demander aux banderilleros de planter les banderilles noires appelées "les veuves" sur un toro que l'on a pas pu piquer, après avoir essayé  toutes les suertes.
L’alguazil veille à la bonne exécution.
C'est un mauvais point pour le ganadero et une difficulté pour le torero.
Après la pose des trois paires, le président sort le mouchoir blanc pour faire sonner le troisième tiers.

F: TROISIEME TIERS: FAENA DE MULETA ET ESTOCADE.

Le matador, découvert et montera en main, va demander au président l'autorisation, d'exécuter la faena de muleta.
Le torero  commence ses passes, sous les regards attentifs de la présidence, qui suit le déroulement de la faena.
 Si celle-ci est très bonne, c'est le président qui demande à la musique de jouer il utilise soit une sonnerie, soit un téléphone, ou simplement un geste compris  par le chef d'orchestre.
Le président apprécie plus ou moins le travail du torero, tout en restant vigilant sur la durée de la faena. En effet, celle-ci ne doit pas excéder 15 minutes.
Ainsi, à la dixième minute, le président sort le mouchoir blanc pour faire sonner par les clarines le 1er avis, il le ressortira à la treizième minute, pour le deuxième avis, puis à la quinzième minute; c'est le troisième avis, et dans ce cas, le toro doit rentrer vivant au toril.
Les avis n'ont aucune conséquence sur l'attribution des trophées.
Une fois la faena terminée, et le toro mort, le torero salue le président.
Par ses applaudissements, le public invite le torero à saluer ou à faire la vuelta al ruedo, sans intervention du président.
Après avoir pris l'avis de ses assesseurs, le président prendra la décision de donner une ou deux oreilles ou plus.
Un mouchoir blanc pour une oreille: c'est celle du public accordée par le président à condition qu'elle soit majoritaire. Même si le président n'est pas d'accord, il doit la donner
Deux mouchoirs blancs: c'est deux oreilles pour le torero, la deuxième étant celle du président, qui considère que la faena le mérite. Il arrive que le public manifeste pour l'octroie de cette deuxième oreille, si le président tarde à la donner.
En principe, le président sait que si le torero tue bien son toro, il a les deux pavillons. Ainsi il sort les deux mouchoirs simultanément, ou un après l'autre.
Un mouchoir blanc apparaît à nouveau,  si la faena a été extraordinaire, et signifie que le président accorde la queue au torero. (quelquefois il y a trois mouchoirs  blancs).
Il y a deux autres mouchoirs qui permettent de récompenser le toro:
Le mouchoir bleue signifie que le président accorde le tour de piste posthume au toro, récompensant son excellent combat. Mais pour l'accorder, il devra prendre en compte la pétition du public qui demande  la vuelta, à condition qu'elle soit majoritaire. L'alguazil fait exécuter l'ordre, et les muletiers font le tour de l'arènes au pas, un grand moment pour le ganadero et/ou son représentant le mayoral qui apprécient beaucoup cette récompense.
Le mouchoir orange
ordonne le retour du toro au coral, il est gracié.
Si depuis sa sortie en piste, le toro présente des qualités telle que: bravoure à la pique, exceptionnelle noblesse à la muleta, aidée en cela par un torero sachant mettre son adversaire en valeur, le président sort le mouchoir orange
Comme pour le bleu, il faut une pétition majoritaire du public et du torero pour demander la grâce. Le président ne pourra l'accorder, que si le ganadero ou le mayoral sont d'accord. En cas de réponse négative, le toro devra être tué par le torero.
Si la grâce devient effective, c'est dans une ambiance de joie et de larmes, que le torero reconduit son toro à la porte du toril qui vient de s'ouvrir vers le chemin de la liberté.
Le torero effectue la vuelta avec deux oreilles ou une queue, de façon symbolique, dans une ambiance de joie extrême, et accompagné du ganadero ou du mayoral, sur la demande du public et accordé par le président.

G: A LA FIN DE LA CORRIDA

La corrida terminée, les toreros quittent un à un les arènes par ordre d'ancienneté, après qu'ils aient salué, ainsi que la cuadrilla, le président.
Si un ou plusieurs toreros ont coupé au moins deux oreilles, ils peuvent prétendre à sortir par la "puerta grande".  Dans ce cas l'alguazil attend l'ordre du président pour la faire ouvrir et laisser ainsi passer le torero, juché sur les épaules d'un admirateur, et non plus pour aller jusqu'à l'hôtel comme autrefois, mais au moins jusqu'à sa voiture, sous les applaudissements fournis des aficionados.
Quand tous les toreros ont quitté la plaza de toros, le président et ses assesseurs peuvent quitter le palco: la corrida est terminée.

H: AUTRES DECISIONS A PRENDRE DANS DES CAS PARTICULIERS

a
: Le temps: temps couvert, pluvieux ou orageux.
Si le temps est couvert, et qu'à l'heure de la corrida il n'est pas tombé une goutte d'eau, le spectacle peut commencer. Si la pluie s'invite pendant la corrida, celle-ci continue, sauf si elle devient trop forte, et dans ce cas le président suspend momentanément la corrida.
Ensuite deux possibilités: la pluie cesse rapidement et le spectacle reprend soit la pluie continue, la piste devient impraticable, et à la demande des toreros et en accord avec eux, le président suspend la corrida.
Dans ce cas, le spectacle ayant commencé, aucun remboursement n'aura lieu.
- Si la pluie a commencé avant l'heure du paseo, les toreros examinent la piste et à la demande de ces derniers, le président peut suspendre la corrida à condition que la décision des toreros soit majoritaire.
Dans ce cas, le public peut prétendre à un remboursement, même si la corrida est reportée à une date ultérieure.

b: Blessures Si durant le combat un torero est blessé ou malade avant d'effectuer la mise à mort, il sera remplacé pour le reste de la faena par le compagnon le plus ancien.
Dans le cas ou le fait se produit après l'entrée a matar, le matador le plus ancien le remplacera sans modification d'ordre des combats.
Si un ou les deux picadors sont blessés, ils sont remplacés par un picador d'une autre cuadrilla par ordre d'ancienneté inversé. Idem pour les banderilleros.
Dans un mano à mano, c'est le sobresaliente qui prend la place du matador.

c: Musique
Le président peut faire jouer la musique dans tous les tiers de la corrida, si le moment est exceptionnel (grande pique, banderilles grandioses etc..) et bien sur, pendant la faena de muleta, si celle-ci le mérite.
A la mise à mort, le silence doit être respecté. Mais il arrive aussi que la faena par son intensité et sa gravité entraîne un silence justifié.

La présidence est souvent critiquée, et quelquefois comprise et appréciée.

Décembre 2013
El Mayoral

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Martine | Réponse 20.10.2017 17.01

Ou peut. peut-on​ se procurer (acheter) des panuelos en vue d'un cadeau pour un aficionado¿??

ToroLibre 29.11.2017 14.57

On ne trouve pas à la vente ces petits mouchoirs qui sont distribués aux arènes. Ils sont souvent supports publicitaires ou témoins d'évènements exceptionnels.

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Commentaires

10.12 | 21:17

Bravo à Maurice Daussant ainsi qu'à toute son équipe de bénévoles pour son film sur Gabin Réhabi. Très beau film.

...
29.11 | 15:15

Ne porte pas de nom particulier. C'est simplement un confort lors d'exécution des STATUAIRES que vous appelez "litrasos" (de Miguel Baez Litri) Q? pertinente.

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29.11 | 14:57

On ne trouve pas à la vente ces petits mouchoirs qui sont distribués aux arènes. Ils sont souvent supports publicitaires ou témoins d'évènements exceptionnels.

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29.11 | 09:49

Quel nom porte l'action de ficher l'épée dans le sable avant de faire des "litrasos"
(?) Merci d'avance pour votre réponse. J-M François

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