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Feria d’Arles 2018 endeuillée

2015 ultime paseo de Luc - (Aplausos)

Luc Jalabert n’est plus…

Cette année, la Feria pascale d’Arles sera attristée. Un de ses fils les plus prestigieux n’est plus, emporté par une longue maladie comme on dit pour ne pas la nommer.

La Camargue entière est en deuil

Né en Arles en 1951, Luc Jalabert devient rejoneador, prend son alternative au Portugal en 1980, ce qui entraina une affection sans bornes des portugais.

Je revois encore sa silhouette élégante dans le costume Louis XV avec le tricorne lors des touradasqui étaient fréquentes dans les années 80. Pas de mise à mort et les forcados oh combien spectaculaires.

Aujourd’hui la corrida à cheval, avec mise à mort, à l’espagnole, est devenue incontournable des grandes ferias.

Luc Jalabert remporta le Rejon d’Or 1986 face au grand Angel Peralta, ce qui n’est pas rien. La Feria du Cheval à Méjanes naquit en 1981 sous la houlette de Luc.

Mais sa carrière ne se résume pas au rejon puisqu’il fut, avec son frère Marc, éleveur de toros de combat. Il fut également apoderado et empresa d’arènes. C’est en Arles, sa ville natale, qu’il exerça ce métier d’impresario et fut à l’origine de la Goyesca prestigieuse de septembre qui donna un luxe incontestable à cette Feria du Riz.

Depuis deux ans, ses enfants ont pris le relais.  Son fils, le grand matador français connu dans le mundillo sous l’apodo de Juan-Bautista et dont il était très fier naturellement, lui succéda avec sa sœur Lola dans cette lourde et magnifique tâche. La Camargue entière, lui dira adieu vendredi matin.

Oui, cette année, pendant la Feria d’Arles, on entendra, peut-être, dans les roubines, gémir le Mistral

CRISOL ( le creuset )

Enrique PONCE, Javier CONDE, Estrella MORENTE, Alba CHANTAR, PITINGO et LOREN Pallatier

Avez-vous entendu parler de la corrida CRISOL qui se déroula le 17 août 2017 à Malaga et qui a fait couler beaucoup d’encre ?

Le grand maestro Enrique PONCE, qui est un artiste dans tous les sens du terme, a voulu donner à la corrida un plus artistique et émotionnel en imaginant cette corrida particulière et non coutumière évidemment. Le crisol en espagnol se traduit par le creuset où différents métaux en fusion vont donner une nouvelle matière. Les arènes, creuset taurin, font fusionner l’art taurin, la musique, la peinture pour donner une œuvre d’art qui inspira Enrique Ponce pour créer la « Corrida Crisol » déjà « Picassiana » en l’honneur de Picasso, natif de Malaga, depuis plusieurs années déjà. Les costumes, lors de cet évènement, s’apparentent au costume goyesque. Souvenez-vous du traje de Sébastien Castella en arlequin avec la cape de paseo ornée des « Demoiselles d’Avignon » meilleure évocation du génial peintre. Mais revenons au Crisol. Cette idée de mêler peinture et musique n’est pas nouvelle puisque chaque année lors des goyesques d’Arles nous avons assisté à ce genre de corrida (j’ai évoqué le sujet des corridas à thème particulier dans un article précédent).

Le maestro de Chivas qui dit que « la tauromachie est l’art des arts » est le concepteur de Crisol et le directeur artistique est Guillaume François, avocat et président de la commission taurine de Mont de Marsan. En 2015 dans cette ville, Ponce avait aimé que l’orchestre montois, lors de sa faena, joue l’air du film de Ennio Morricone : « La Mission » à la place d’un traditionnel paso doble. Certaines arènes font jouer des airs de musique classique ou de variétés sortant des sentiers battus. Istres a donné l’exemple, faisant jouer l’Hymne à L’Amour à Joselito pour son retour unique dans les arènes. Lors de l’encerrona de Ponce, un orchestre et des chanteurs accompagnèrent le maestro dans ses prestations, qui toréa même en smoking, heurtant certains gardiens du temple (qui n’étaient pas sur les gradins comme par hasard …).

Certes on peut prétendre que banaliser les Crisols peut édulcorer la corrida et ôter ce qui en fait son essence. Mais la corrida n’est-elle pas déjà un spectacle à paillettes avec des costumes rutilants et des musiques parfois magnétiques (je pense à la Concha Flamenca jouée à Séville ou Ronda…).

Je ne crois pas qu’il soit question de banaliser la « Crisol » qui doit rester un évènement particulier. Mais il faut bien admettre que les gradins des arènes n’affichent plus aussi souvent le « no hay billete » hélas. Ce genre de corridas peut attirer un public neuf qui ne vient pas aux corridas traditionnelles mais qui pourra y venir par la suite, une fois séduit par le spectacle.

Le maestro Enrique, surement conscient du fait, artiste complet qu’il est, pense renouveler et faire progresser la tauromachie par ce biais. Qui pourrait lui en tenir rigueur ? Je crois en la sincérité et à la passion de ce torero inusable qui affronte des toros de divers genres, affiche une aisance et un savoir qui perdure et fait de lui le meilleur et le plus constant dans son art.

J’ai vu souvent des aficionados, pourtant toristas, apprécier et s’émouvoir lors de ces corridas. Ce qui prouve bien que nous sommes tous amoureux de l’art de Cuchares et que nous vibrons autant à Vic devant de belles piques où on fait sonner la musique, à Ceret et ses sardanes, quand de valeureux guerriers se battent comme des beaux diables devant des toros qui ne leur en content pas et aussi nous admirons Morante, Talavante ou Manzanares dans leur duende lorsque la grâce les visite ce jour-là.

On ne peut pas plaire à tout le monde et tant pis pour ceux qui n’aiment pas car souvent ils n’aiment pas grand-chose et on se demande ce qu’ils font sur les gradins…

Cette année, en juin, nous irons à Istres, voir la Crisol du dernier jour avec le maestro de Chivas qui, l’avant-veille, se confrontera aux Adolfo Martin, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

Bonne temporada à toutes les sensibilités, prenez du plaisir où que vous soyez car tout aficionado convaincu n’hésite pas à avaler des centaines de kilomètres pour assouvir sa passion et voir des corridas forcément différentes.

 La Chicuelina - Mars 2018

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Commentaires

01.01 | 11:51

Très belle image pour le changement d'année. Que 2019 nous régale de belles faenas et de bons toros.

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26.09 | 09:44

Merci de votre apport.

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25.09 | 13:59

N'oubliez pas mon compatriote Nikko Norte, "El Holandès" novillero sans picadors jusqu'en 2005, qui va publier ses mémoires le mois prochain (octobre 2018)!

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18.09 | 12:07

Une dernière précision : après le tirage des lots, chaque matador (ou son représentant) choisit l'ordre de sortie de ses toros

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