ARENES ORIGINALES ET PARTICULIERES

J’ai déjà évoqué certaines arènes emblématiques ou originales comme celles de Ronda, d’Ilumbe à San Sebastian-Donostia ou en France celles de Paris, celles des Aires (Lamalou les bains). (Voir la rubrique « Histoires d’Arènes »)

Au début les spectacles taurins avaient lieu sur les places où on installait charrettes et barrières, installations relativement précaires mais qui ont fonctionné jusqu’à la construction d’arènes en dur.

Pour ce qui est du précaire, allez au carnaval de CIUDAD RODRIGO ou vous constaterez de visu et avec une certaine inquiétude les vestiges d’une époque révolue. Chaque année à la même période, la population se presse sur des gradins en bois, qui feraient frémir le  français responsable d’une telle installation impossible à imaginer au pays de la rationalité et de l’hyper protection ! Et pourtant que c’est pittoresque !

D’autres arènes ont une certaine réputation, grâce aux évènements qui s’y produisent ou grâce à leur situation et l’époque à laquelle ont lieu les spectacles.

ARNEDO, début octobre est le cadre du Zapato de Oro (soulier d’or) où accourent les novilleros avides de reconnaissance, pour le concours qui va distinguer le meilleur. C’est un véritable nid de futures figuras.

VALDEMORILLO, petite ville de la communauté autonome de Madrid, est le cadre d’une des premières ferias espagnoles. Elle est surnommée la FERIA GLACIALE, car à cette époque (février) la neige s’invite souvent à la fête. Heureusement les arènes sont couvertes !

TALAVERA DE LA REINA, devenu lieu de pèlerinage, car l’un des plus grands matadors de tous les temps, JOSELITO, y rencontra la mort, le 16 mai 1920. Il faut savoir que ce torero célèbre, fut à l’initiative des arènes actuelles de Madrid : Las Ventas, temple de la tauromachie. Avant lui, un autre célèbre torero, Paquiro, maçon avant de se mesurer aux toros, préconisa la construction d’arènes en pierre de taille jusqu’aux premiers balcons, le reste étant en bois. Plus tard Joselito fut favorable aux petites arènes pour permettre aux gens modestes qui occupaient les places les moins chères en haut des gradins, d’être plus près de la piste. Comme quoi les toreros de l’époque étaient soucieux de leur public.
L’architecture des arènes a connu des évolutions. D’abord les pistes sont rectangulaires, ce qui est peu propice car les toros mansos (ceux qui fuient le combat) se réfugient dans les coins et y restent… On contourna le problème avec des pistes octogonales, cela produisit le même inconvénient. Ainsi naquirent les « ruedos » bien nommés.

Las Virtudes

Dans la communauté autonome Castilla-La-Mancha, dans une petite commune nommée Santa Cruz de Mudela, on découvre l’une des premières arènes d’Espagne : LAS VIRTUDES. Construite en 1641, achevée en 1645, classée monument historique car elle est une des dernières arènes de forme carrée. Elle jouxte la façade de l’église-monastère. Les premières corridas furent organisées par les religieux eux-mêmes non seulement pour distraire la population mais pour faire pénétrer dans ces lieux sacrés tout le monde, les païens compris. On organise une petite feria début septembre.

Villaluenga del Rosario

VILLALUENGA DEL ROSARIO, province de Cadix ont été construites au XVIIIème siècle. Elles s’intègrent parfaitement au paysage rocailleux, car elles sont construites avec les mêmes rochers environnants. Modernisées elles ont été inaugurées en 2004 par Finito de Cordoba, El Cordobes et Canales Rivera devant des toros de Victoriano del Rio.

CHINCHON, petite ville possédant une plaza mayor du XVème siècle qui se transforme en arène ronde pour des corridas l’été. A voir quand elle ne sert pas de parking, ce qui est fort dommage.

Les arènes de CAMPO FRIO près de Huelva, construites en 1716 par les campofrienos, membres de la Hermandad de Santiago, patron du village.  Elles ont été rénovées en 1936 puis en 1977 et sont classées Patrimoine Historique d’Andalousie. L’originalité réside dans le fait qu’on y célèbre, outre des corridas, des championnats de tennis, des fêtes de la gastronomie ou des spectacles de danse. Cette coquette plazita est passée à la postérité comme l’une des plus anciennes du monde.

Les arènes d’OCHAVADA à Archidonia (Malagà) sont délimités par de nombreux édifices dont la mairie. Les balcons se transforment  en loges de premier choix.

ANTEQUERA (Malagà) rénovée en 1980, le bâtiment mêle  à merveille les constructions en brique et les murs blanchis. Cette plaza admirable a été le lieu de tournage pour publicité et clips dont celui de Madona et sa chanson « Take a bow ». Son partenaire n’est autre que Emilio Munoz « le Mozart de la tauromachie » devenu commentateur des corridas de canal+toros.

La Algaba

LA ALGABA dans la province de Séville montre une indéniable originalité car elles sont fixes sur la moitié de la circonférence. L’autre moitié est « à l’ancienne », les gradins sont en bois protégés par des roues de charrette.

D’autres arènes sont singulières par leur beauté et leur goût populaire. Citons celles de CUMBRES MAYORES ou AROCHE dans l’enceinte d’un château médiéval, celles de ALMONASTER LA REAL au pied d’une mosquée.

 

Almadén

Au cœur de la Castille à ALMADEN, la construction de l’ancienne arène de forme octogonale remonte à 1752. Elle a été rénovée en 2003 afin d’accueillir les touristes au sein d’une plaza de toros… Cet hôtel, nommé évidemment Plaza de Toros, accueille les « fanas » de tauromachie et les amateurs de lieux orginaux.

Les arènes de Zaragosse méritent le détour car leur structure est unique. La toiture fixe sur les gradins est mobile sur le ruedo. Selon la météo : pluie, vent, selon la décision des matadors, selon les spectacles, la toiture est modulable selon un mécanisme très sophistiqué. Cette plaza de toros est unique en son genre. (voir Feria del Pilar de Zaragoza 2016 à la rubrique EVENEMENT-ACTU)

A Barcelone l’anti taurine, on voit encore LA MONUMENTAL, inaugurée en 1914 sous le nom de « El Sport ». Son style est un mélange de Byzantin et de Mudejar.

Cette évocation est certainement incomplète mais je ne puis m’empêcher de terminer sans parler de la MAESTRANZA de CABALLERIA de Séville, catégorie de Bien d’Intérêt Culturel, créée en 1760  mais achevée seulement 120 ans plus tard ! Le  «  ruedo » n’est ni circulaire ni ovale (certains y trouvent une forme de cœur tellement l’art taurin y bât la chamade). Cela est du aux ruines existantes sur le site des arènes. Son sable ocre des carrières d’Alcalà de Guadaïra, ses 116 magnifiques balcons, sa façade côté Guadalquivir et sa « Porte du Prince » par laquelle sortent les toreros en triomphe, en font une des plus belles d’Espagne.


La Chicuelina - juin 2017

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Commentaires

26.09 | 09:44

Merci de votre apport.

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25.09 | 13:59

N'oubliez pas mon compatriote Nikko Norte, "El Holandès" novillero sans picadors jusqu'en 2005, qui va publier ses mémoires le mois prochain (octobre 2018)!

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18.09 | 12:07

Une dernière précision : après le tirage des lots, chaque matador (ou son représentant) choisit l'ordre de sortie de ses toros

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10.12 | 21:17

Bravo à Maurice Daussant ainsi qu'à toute son équipe de bénévoles pour son film sur Gabin Réhabi. Très beau film.

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