2000 ANS CORRIDA CHAPITRES 2° Partie Ch.3°à 4°

CHAPITRE 3

Philippe d'Anjou, devenu Philipe V d'Espagne, n'a pas aimé la course de Bayonne. Fatigué du voyage et distrait par les soucis d'un avènement difficile et contesté, ce jeune roi marque une certaine distance par rapport à la tauromachie qui va prendre un nouveau tournant.

On a attribué le déclin de la tauromachie équestre de la noblesse à Philippe V parce qu'elle ne l'intéressait pas, et la corrida professionnelle à pied supplante la fête aristocratique.

L'Espagne qui aborde le XVIIIe siècle est moribonde. Le désastre général subi par la société espagnole a gravement discrédité la noblesse militaire. Le peuple Espagnol va peu à peu se détourner de la fête taurine des nobles sur la place Mayor.

En fait, les piétons avaient déjà envahi l'arène au milieu du siècle précédent.

A Madrid, on rétribuait très régulièrement des" toreadores" qui se produisaient en alternance avec des cavaliers aristocrates ou seuls en piste, au cours de corridas exclusivement piétonnes, populaires et professionnelles, honorées par la présence des souverains.

Les toréadors de Navarre, d'Aragon, et des provinces Basques, ont toujours été les mieux payés à Madrid, preuve évidente  de la supériorité reconnue de la tauromachie  Nordique au XVIIe siècle.

 

1: LA REVANCHE DE LA CANAILLE

Au début du XVIIe siècle, les premiers toreros parcourent l'Espagne en bandes plutôt qu'en équipes organisées. Des vauriens, des aventuriers à l'aise dans une société gagnée par le" plebeyismo"  raz-de- marée  populiste, qui touche toutes les couches, y compris celles d'une noblesse qui s'encanaille allègrement.

Ces bandes sont dominées par un homme, figure typique de son temps, excellent cavalier, le picador: José Daza. Picador de grand renom, il fréquente avec une même aisance, le duc de Medina Sidonia, son protecteur, et les crapules des abattoirs de Séville. Il condescend de toréer sur commande au rejón, mais affiche un grand mépris pour la monte courte des aristocrates (jineta)qu'il compare à des "singes assis au bord d'une brique" dans la position de jambes de " poulets rôtis" Lui c'est la rude "vara de tener" la pique d'arrêt, là il est insurpassable.

Mais l'Espagne va se diviser en deux. A l'image du roi, l'aristocratie espagnole et l'intelligentsia, "los illustrados" donnent furieusement dans les idées françaises d'avant-garde: l'esprit des lumières venu avec le roi pour dominer le siècle.

Ainsi, on retrouve deux courants, d'une part les "francisés "où  l'élite qui milite au nom de la raison triomphante dans une myriade de "sociétés des amis du pays" et d'autre part, au bas de l'échelle, l'énorme majorité silencieuse, pourtant bruyante d'un peuple dédaigné, humilié, méprisé, et qui explosera contre l'occupant français quelques cent ans plus tard. Et par dépit ce peuple, cette Espagne s'adonne avec une ferveur naïve et un orgueil d'autodéfense à ce qui deviendra le symbole de l'espagnolisme exacerbé: Le combat du taureau

Pourtant José Daza, le picador, dira à propos des quatre arènes en service au milieu du XVIIIe siècle, que la "Real Maestranza de Caballeria de Sevilla" ressemble à un" bordel"" N'importe qui à pied ou à cheval y fait n'importe quoi tant et si bien que picadors, toreros, et taureaux ne peuvent pas briller.

Daza déplore encore qu'il y "grouille autant de monde en piste que sur les gradins" ce qui ne va pas sans grands périls pour les professionnels qui s'aventurent dans cette écœurante pétaudière.

Il est tant que le peuple ordonne cette gabegie, lui donne de la tenue et de la grandeur…

2: LA CORRIDA DECOUVRE SES REGLES

Tandis que l'Europe écoute sans comprendre les tracas de 1789, trois hommes vont faire dans le dernier tiers du siècle, la synthèse des pratiques taurines et faire triompher le nouveau spectacle qui deviendra au XIXe siècle, "la fiesta nacional". Ils vont rassembler dix siècles de tauromachie pour les fondre dans une idée simple: la corrida.

Ceux sont trois personnages mythiques: Joaquin Costillares  Pedro Romero et Pepe Hillo. Par leur supériorité, ces hommes d'exceptions vont d'abord:

- Exclure de l'arène les non professionnels; ainsi, ils la débarrassent des surcharges et attractions diverses qui encombraient le spectacle navarrais;

la corrida sera désormais un spectacle sérieux et dramatique, où le burlesque sera définitivement exclu.

- ensuite, grâce à eux, le combat s'organise en trois temps classiques, "tiers" ou "tercios" qui s'adaptent au comportement du taureau en piste.

1er tiers: la pique pour mesurer la force et la bravoure du taureau, le ralentir et le préparer au dénouement. On peut y voir la réminiscence de la joute équestre et aristocratique.

2e tiers: les banderilles pour relancer l'animal

3e tiers: la mise à mort à l'épée: les exigences techniques et morales de ce troisième tiers sont nouvelles et proprement andalouses.

Ces trois hommes sont d'abord les héritiers d'une terre privilégiée: l'Andalousie et imprégnés d'une culture populaire extravertie qui les porte à exprimer d'une manière théâtrale et sincère à la fois leur sens du tragique et de l'esthétisme.

Doués pour le spectacle, ils vont introduire dans l'arène, tout un arsenal d'expressions corporelles, une gestuelle dérivée d'un folklore éloquent, comme la danse dite "flamenca" De plus, toutes ces dispositions s'appliqueront sur une matière d'œuvre idéale: le taureau andalou, franc et brave.

Costillares et Romero sont toreros de la troisième génération, issus de familles de semi professionnels, d'abord employés et rétribués par les cavaliers des Maestranza de Séville et de Ronda Leurs pères ou leur oncles, sont sortis de ces académies de l'art équestre pour se mettre à leur compte, sans pour autant abandonner le gagne pain hivernal de la dynastie: charpente pour les Romero à Ronda, et triperie pour les Costillares aux abattoirs de Séville. Mais Joaquin Rodriguez "Costillares" et Pedro Romero seront toreros à temps plein et de réputation nationale. Les premiers de leur souche et de l'histoire.

José Delgado dit "Pepe Hillo" n'a pas d'antécédents taurins notoires, mais est le fils de commerçants de l'abattoir sévillan, le métier de torero est un choix.

Ces hommes ont été toreros par vocation et non par nécessité.

3: COSTILLARES: L'INTELLIGENCE

Né juste avant 1750, Joaquin Rodriguez "Costillares" est le premier à avoir fait régner le pouvoir de l'intelligence dans l'arène. Technicien réfléchi, il a perfectionné la passe appelée "véronique" base du répertoire de la cape, et l'estocade dite "a volapié" qui voit le toréro s'élancer épée haute sur le taureau.

Joaquin fut un homme impeccable, très conscient de la dignité de son nouvel état: toréro professionnel à pied.

Sévillan de naissance, Costillares fut le rival de l'austère "Romero" celui de Ronda. Dépassé par la force et la jeunesse de ce dernier, il a ouvert une voie dans la recherche fondamentale du toreo, ce qui lui permit de passer à la postérité. En effet, il eut l'intuition que la muleta, ce rectangle de serge rouge tendue sur un bâton, beaucoup plus qu'un simple instrument de défense à l'estocade, pouvait devenir le moyen d'une expression totale. Cette recherche tâtonnante des virtualités créatrices de la muleta, en épuisant les charges du taureau, l'a conduit à mettre au point le mécanisme du volapié sur un animal à l'arrêt.

4: PEDRO ROMERO: LA PUISSANCE

Pedro Romero naquit en 1754 à Ronda. Très tôt, il préfère le sable des arènes que la sciure de l'atelier familial.

Et comme pour Costillares, le métier de toréro est une vocation. C'est un athlète rude qui voit dans la stratégie taurine une finalité unique: l'arrogante réception du taureau lancé sur l'épée, l'estocade dite "a récibir" Pour lui, le "volapié" est une hérésie, et ne correspond pas à la tauromachie "rondeña". Pour ce lutteur implacable, sûr de ses capacités, et porté par un orgueil démesuré, l'unique objet de la tauromachie consiste à rester debout, ne jamais fuir et "se sortir le taureau de devant" de la manière la plus simple qui soi. Romero connait le pouvoir technique de sa muleta, laquelle ne s'éloigne jamais des yeux du taureau qui, d'après ses contemporains, obéit comme un cheval au frein. Mais pour lui, homme d'épée, l'étoffe n'est qu'accessoire. Romero invente la tauromachie à projet unique, dépouillée de toute gratuité. Aujourd'hui, quand un toréro va à l'essentiel, avec des gestes pur et classiques, on dit qu'il est "rondeño".

Pedro Romero fier de sa supériorité absolue, aimera raconter qu'il a tué plus de cinq mille taureaux sans subir la moindre blessure. Romero pouvait se considérer comme un artiste, mais sa tauromachie était surtout défensive.

Il se retire à l'âge de quarante cinq ans, mais cet athlète tuera deux taureaux à Madrid très proprement à l'âge de soixante dix sept ans. Il mourra dans son lit à quatre vingt cinq ans, admiré, respecté, mais dans la gêne.

5: PEPE HILLO: LA FOLIE:

Contrairement aux deux premiers, Pepe Hillo porta plus de vingt cicatrices terribles, comme autant de distinctions. A la rigueur puissante de son rival Romero, à la sureté technique de son concitoyen Costillares, Hillo oppose l'instinct fragile,  la folie exubérante et martyrisée de son sévillanisme.

Né en 1754 dans une famille de commerçants à l'abattoir de Séville, Hillo fût le premier toréro de romance. Contrairement aux mœurs réglées de ses contemporains, il oppose l'outrance d'une splendide vie de patachon.

Ni beau, ni joli garçon, Hillo a le charme fou des êtres insaisissables, tutoie l'indicible et n'a pas de temps à perdre. Erotisme et mort violente.

Titi sévillan fastueux, Bien qu'illettré il est l'instigateur du "premier traité taurin" publié en 1796. Brillant, grand toréro, Pepe Hillo mène une vie douloureuse et triomphale couvert de femmes, de blessures et de bijoux.

Il fera une cour perpétuelle, légère, canaille, pleine d'humour et de tendresse à une certaine "Dame blanche"

Il va inventer la conception formelle, dite sévillane de la tauromachie; L'essentiel est moins dans le message que dans la manière; l'ivresse c'est la forme. La gratuité c'est la réponse métaphysique la plus satisfaisante

Quand Pepe Hillo tombe à 47 ans, usé, après de longues promesses d'amour à la "dame blanche" son grand destin est accompli. La corne tragique de Barbudo traverse le 11 Mai 1801 la première grande idole populaire. Pour toujours, le peuple a trouvé son héros. La tauromachie classique des connaisseurs devra tenir compte désormais de sa contradiction: elle vient d'engendrer cette race de fous sublimes, techniquement contestables, les barbares fragiles au cœur d'airain, les toreros d'instinct, de passion. A l'aube du XIXe siècle, la corrida a trouvé ses équilibres éternels. Chaque toréro sera un compromis entre la bravoure, la technique et le sens artistique.

 

CHAPITRE 4

 

A peine créée, la corrida traverse sa crise la plus grave. Face à l'indifférence des premiers Bourbons et aux combats de l'autorité religieuse, elle devient à la fin du XVIIIe siècle, la cible des esprits éclairés. Après la disparition des trois grands héros populaires, elle décline victime de ses nombreux excès, et plus personne n'attire les foules.

Blessé par l'incompréhension des publics, l'altier Romero se retire à Ronda en 1799. Costillares détruit par la maladie n'est plus qu'une ruine et Pepe Hillo est tué en 1801. La corrida perd de son audience populaire. Et le ministre "Campomanes" inspiré par "Godoy" favori de la reine, va l'interdire en 1805.

Il prétend que: le spectacle heurte les sentiments d'humanité du peuple espagnol, qu'il décime le cheptel bovin et chevalin, et porte préjudice à l'activité industrieuse du pays en multipliant les jours de fête et les motifs de dissipation.

La corrida est donc officiellement supprimée.

En 1808, elle reparaît, sous l'égide de l'usurpateur, Joseph Bonaparte dit "Pepe Botella" qui pense ainsi plaire à ses nouveaux sujets, dans cette Espagne soulevée et traumatisée par sa guerre d'indépendance contre les Français.

La corrida connaîtra une période creuse jusqu'en 1830, victime d'un relâchement généralisé des mœurs. Cependant, deux toréros importants vont relever cette mauvaise période.

CANDIDO ET GUILLEN : LES HERITIERS

Jeronimo Jose Candido est le beau frère de Romero. C'est un professionnel accompli, réussissant la première synthèse de la rigueur technique prôné par Ronda et la fantaisie ornementale chère aux sévillans. Il est le premier torero dit "largo" c'est-à-dire complet de répertoire et large de registre, sachant tout faire sans préjugés de style, en le faisant avec maitrise face à tout type de taureaux.

Mais la sobriété de ce technicien et sa personnalité sans relief ne lui permit pas la popularité de ses prédécesseurs.

Curro Guillen est apparenté à la famille des Costillares. C'est un grand torero, capable, rude et fier. Quand la tension monte dans une arène, son arrogante injonction " Fuera gente!" (Tous dehors) est le prélude à une magistrale démonstration de compétence et d'amour propre… hélas, cet amour propre lui sera fatal.

Le 20 Mai 1820 à Ronda conspué par un public chauvin, le Sévillan Guillen, poussé à bout, commet l'erreur fatale de recevoir à l'épée un taureau douteux de Cabrera. Eventé, il meurt en quelques minutes, victime de son "pundonor"

Après ces deux respectables héritiers de Romero et Costillares, il n'y a que des forbans, des voyous, et des aventuriers de tout poils.

 

PAN Y TOROS:

Replacé sur le trône en1814, Ferdinand VII "le désiré" rétablit la corrida.

Il restaure un conservatisme étroit qui divise la société en deux courants opposés tout au long du siècle: l'absolutisme et le libéralisme. Mais l'Espagne fidèle à ses passions réclame que "Pan y toros" (du pain et des taureaux)

En ces temps difficiles, l'arène tombe dans le désordre et la corrida ne progresse pas.

Une brute: "El Sombrerero" occupe le devant de la scène. C'est un toréro médiocre, qui n'excelle qu'à l'épée, et affiche en public un royalisme si obtus et si provocateur que  Ferdinand VII lui-même le désavoue. El Sombrerero mourra ruiné à l'hôpital.

Son rival "Juan Léon"  est un buveur bruyant, à l'insolence légendaire. Il entre à cheval partout, cherche noise à tout le monde et jette son argent dans des orgies monumentales. C'est un progressiste.

Le peuple de Madrid s'effarouche et s'extasie des exploits des deux lurons, de leurs violences mata moresques. La plèbe les idolâtre, la pègre les adopte. Le torero devient un personnage représentatif de cette société en crise, à la fois admiré et mépris", accepté et réprouvé pour son espagnolisme presque caricatural.

CARMEN A EXISTE!

José Ulloa dit "Tragabuches" d'une origine sociale douteuse, est un toréro en pleine activité. Son histoire résume toute une époque.

Gitan de Ronda  et toréro de grandes dispositions, Tragabuches tombe sous le sortilège pervers d'une danseuse de sa race: "la Nena" aux charmes volcaniques. Celle ci détourne son amant des combats de l'arène pour une activité plus lucrative: la contrebande.

Mais José est engagé à Malaga: il envoie sa cuadrilla et leur dit qu'il les rejoindra dans la nuit, à cheval, à travers la sierra. Tout cela pour une nuit de plus dans les bras de la Nena. Il la quitte enfin, et galope vers Malaga. Malheureusement, il fait une mauvaise chute, se blesse et doit retourner à Ronda. Et là, il surprend sa belle, déjà consolée par un freluquet du quartier. José fou de jalousie massacre l'amant et défenestre l'infidèle. Avant de disparaitre à tout jamais du monde, il arrange pieusement la toilette de la malheureuse, qui gît, morte sur le pavé puis galope on ne sait où. Il deviendra un bandit de grands chemins, échappera à toutes les polices et mourra nul ne sait où, quand et comment.

Pendant cette période, la corrida n'a accompli aucun progrès. Il faut quelle retrouve ordre et tenue. Des hommes sérieux vont travailler à reconstituer l'élevage de taureaux.

L'ELEVAGE ENFIN SPECIALISE

On s'est longtemps borné à choisir pour le combat dans l'arène, les taureaux les plus agressifs, naturellement difficiles et dangereux, c'est-à-dire des taureaux "braves" La corrida devenant rentable, on se mit à rechercher et à développer cette bravoure du taureau par la sélection. De producteur de viande, les éleveurs deviennent" ganaderos de bravo

C'est en Navarre que cette révolution s'est opérée à la fin du XVIIe siècle. Mais le taureau navarrais, léger, très vif, trop nerveux, s'adaptait mal aux nouvelles exigences du spectacle. Costillares et Pepe Hillo préféraient le taureau andalou, et le firent savoir. Ce dernier, élevé sur de vastes étendues, est beau, lourd, plus simple au combat, plus franc d'attaque, plus noble. Sa supériorité est la raison majeure du déclin et de l'effacement de la corrida navarraise.

A la fin du XVIIIe siècle, deux hommes vont tirer parti de l'élevage rationnel du taureau andalou.

Le Comte de Vistahermosa  et Jose Vasquez.  L'un et l'autre, originaires d'Utrera et agronomes distingués, fondent les principes toujours en vigueur de l'élevage spécialisé pour le combat.

-Mise à l'écart du bétail brave et contrôle rigoureux de la reproduction.

-Etalons et vaches de ventre soigneusement sélectionnés par la tienta.

-Une ganadéria de cinq à six cents bêtes, marqués au fer et enregistrés sur des livres généalogiques. Chaque lignée ou réata est suivie et les résultats sont consignés par le mayoral. Ce dernier deviendra le conocedor le précieux conseiller technique de l'élevage qui dépose son fer, sa marque, et exhibe avec orgueil les couleurs de sa "devise" sur le garrot des taureaux. La race brave s'améliore, grâce à l'élimination impitoyable des animaux médiocres.

Alors que Vasquez croit au métissage des bêtes, Vistahermosa est un fervent défenseur de la consanguinité!  Cette lucidité vaudra peut être à la souche Vistahermosa de s'imposer et de devenir la race du taureau brave par excellence. Aujourd'hui, 90% des élevages sont d'origine Vistahermosa. L'effort de ces deux éleveurs va permettre le progrès de la corrida régénéré par un grand torero: Francisco Montes dit" Paquiro"

L'EMPEREUR DES TOREROS

Francisco Montes "Paquiro" fait entrer la corrida dans son siècle de 1832 à 1846. Le XIXe siècle, c'est Montes. Fils de petits bourgeois ruinés, il est bien éduqué, instruit, et possède ce génie simple des créateurs, celui de tout assimiler et de tout comprendre.

Montes va faire de la corrida un spectacle au déroulement immuable, prévisible, destiné à un public averti. Et pour cela, il va imposer une distribution rigoureuse des rôles.

A/: Le matador devient le chef incontesté d'une équipe dévoué à sa cause:" la cuadrilla". Elle est composée de deux picadors, naguère indépendants et désormais  subalternes et de trois banderilleros ou peones

B/: Le traje de Luces, ce costume de lumière issu du XVIIIe siècle, sera transformé par Montes et ne changera plus pour l'essentiel, jusqu'à nos jours.

C'est lui qui trouve un nouveau couvre chef pour les toreros et qui portera son nom: La montera

C/: Enfin, il organise le combat en trois tercios: piques, banderilles, mise à mort

Tout cela n'évoluera plus guère.

Francico Montes Reina dit Paquiro est né le 13 Janvier 1805 à Chiclana.

De famille assez aisée, il souhaitait devenir chirurgien, mais à la suite de la mort de son père et à la mauvaise situation financière de la famille, il va travailler à l'abattoir, pour entrer plus tard à l'école taurine de Séville dirigée par un certain Pedro Romero

Le 18 Avril 1831, il reçoit l'alternative des mains de Jimenez Morenillo, devant un toro de Gaviria.

Metteur en scène incomparable, Montes est un acteur génial. En théorie comme en pratique, il est un maître exceptionnel. Bel athlète, vertus morales solides, technicien et tacticien hors pair, il est surnommé " le Napoléon des toreros"

Mais son plus grand mérite est d'avoir franchi une barrière psychologique: mettant à profit les qualités croissante du bétail, Montes se place délibérément sur l'axe de la charge du toro, entre les cornes. Avec sa cape ou sa muleta, il fait dévier l'attaque et oblige le toro à le contourner. Il établit ainsi les bases de la tauromachie classique. Il est l'auteur d'un grand traité de tauromachie qui porte son nom. Une grande rivalité était né entre lui et Cuchares dés 1840

De nombreuses cornadas, et son penchant pour l'alcool diminuent ses facultés, il se retire en 1847. Suite à de mauvaises affaires dans le négoce du vin, il fait un retour en 1850, pour refaire fortune, mais rien ne sera comme avant.

 Il meurt à Chiclana le 4 Avril 1851.

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Commentaires

26.09 | 09:44

Merci de votre apport.

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25.09 | 13:59

N'oubliez pas mon compatriote Nikko Norte, "El Holandès" novillero sans picadors jusqu'en 2005, qui va publier ses mémoires le mois prochain (octobre 2018)!

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18.09 | 12:07

Une dernière précision : après le tirage des lots, chaque matador (ou son représentant) choisit l'ordre de sortie de ses toros

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10.12 | 21:17

Bravo à Maurice Daussant ainsi qu'à toute son équipe de bénévoles pour son film sur Gabin Réhabi. Très beau film.

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