2°Archives Réflexions / Anecdotes

Balade taurine en Extremadura

L’Extremadura est l’une des 17 communautés autonomes d’Espagne depuis 1983, partageant ses frontières avec le Portugal, Castilla-Leon, Castilla-La Mancha et l’Andalousie. Merida est la capitale, elle est située dans la province de Badajoz qui est aussi une des villes importantes et au n°8 de la calle Lopez Prudencio, l’un des plus anciens musées taurins d’Espagne nous ouvrent ses portes. Dans cette caverne d’Ali Baba taurine, nos yeux ne savent où se poser tel ce patrimoine regorge de richesses à travers les grands noms de la tauromachie tels Belmonte, Manolete, Bienvenida, Victor Mendez pour les anciens et Jose Tomas, Morante et tous les toreros actuels. Photographies, affiches, costumes, documents originaux, têtes de taureaux naturalisées associées à une anecdote particulière. Dans ces trésors notre œil détecte une affiche concernant notre ville de Béziers, éditée pour la circonstance en juillet 1997, une autre de 1935 au graphisme féminin que l’on trouve dans de nombreux musées ou bars taurins représente une belle espagnole coiffée d’une montera, dont la nudité est masquée par un beau capote de paseo fleuri. Chez nous cette affiche a été faite pour la corrida du vin et des femmes à Béziers. Une anecdote, dont je n’ai pas vérifié la véracité, m’a été contée par un tenancier de bar dans le quartier de Triana à Séville, le profil de la belle en question serait celui du divin chauve, alias Joselito El Gallo. Si vous avez l’occasion de regarder le profil, peu féminin il est vrai,  on peut y retrouver celui du grand matador… à vous de juger.

Olivenza, petite ville jouxtant le Portugal, avec lequel elle fut longtemps un objet de litige, revendiquée par les deux pays, connue pour son patrimoine teinté  des deux influences, est réputée auprès des aficionados comme la première feria importante qui ouvre la Temporadaet prend sa place parmi « les grandes » grâce à l’implication de son organisateur Jose Cutiño depuis 27 ans. Les plus grandes figuras y participent. Cette année Alejandro Talavante, Morante, El Juli, Roca Rey, Ferrera qui revient après une longue absence due à une mauvaise blessure, ont imprégné  le sable de la petite arène de leur capacité. Deux novilladas ajoutent au mérite de l’empresa avec des novilleros de premiers plans, de tous horizons y compris les locaux. En trois jours un public connaisseur (dont des français) s’intègre dans la population oliventina.

L’Extremadura vous offre un climat, un environnement et une dehesa fantastique pour l’élevage de toros braves. Ce n’est pas pour rien que de grands toreros : El Juli, Talavante et Perrera se soient installés dans cette région. Juli est voisin du considérable domaine de Jose Luis Iniesta (voir plus loin).

Si vous aimez les toros en liberté, dans leur élément, vous serez conquis par la dehesa extremeña, ses pâturages ses étendues  à perte de vue, abritant des élevages, plus beaux les uns que les autres évoluant dans un cadre rêvé.

Faire une escapade jusqu’à Los Alijares, ganadería dont le propriétaire en personne vous conduit en voiture au milieu de son ganado en liberté... La surprise est de taille lorsque vous arrivez  dans les lieux après un long parcours dans la campagne, car point de clôture, les toros vous regardent passer, à peine surpris, certains plus curieux, approchent paisiblement, vous êtes plus inquiets qu’eux certainement… Le paysage est grandiose par ses enrochements disposés par dame nature, entourant des chênes et quelques oliviers plantés dans leur majestueuse prestance. Sous le charme, je ne peux m’empêcher de dire à notre hôte  « on peut se demander  si on a disposé ces belles rocailles autour des arbres ou si ces derniers ont été plantés au milieu de ces harmonieux enrochements ». Vous devinez la réponse amusée.

Ces animaux paisibles, au physique magnifique, ne sont autres que les pensionnaires de Don Alfonso Martin, fils de Venancio, neveu du célèbre Don Victorino Martin-Andres. Cet élevage jouit d’une réputation certaine, ces animaux au moral piquant et au comportement donnant un jeu et une noblesse face à ceux qui savent s’y frotter, vous laisse admiratif. Vous ne pouvez imaginer que ces toros, au comportement particulier dans l’arène, montre un mental tel qu’ils refusent de s’alimenter quand ils arrivent dans les corrales malgré tout ce que les mayorales ont pu essayer. On les amène à Madrid seulement la veille, vu la proximité, imaginez lorsqu’ils vont en France ou ailleurs et pourtant ils ne donnent pas de signe de faiblesse ! Leur cadre de vie est si beau que l’éleveur nous confie  passer toute la semaine à la finca, excepté pendant l’été trop brûlant.

Autre endroit majestueux et rare « Los Espartales » dont le propriétaire, Jose-Luis Iniesta, nous accueille avec une chaleureuse bonhomie tout en pimentant d’anecdotes ses explications. Cet agréable conteur vous tiendrait des heures. Il affirme pouvoir assouvir sa passion grâce à une situation confortable. Propriétaire de plusieurs hôtels à Badajoz ainsi que d’un casino on comprend cela. Sévillan de naissance, qui plus est, grandissant en face la Maestranza, ça explique la passion des toros. Vivant depuis longtemps en Extremadura, il estime que cette région est plus accueillante que Séville. Connaissant la mentalité sévillane, on comprend aisément…
Les animaux ont diverses origines et pas la même finalité. En effet une partie est réservé à la corrida à cheval qui a beaucoup évolué en nombre de spectacles ces dernières années (et les éleveurs pour le « rejón » sont peu nombreux, 3 en tout pour les principaux), ici ce sont les Murube qui sont partenaires du rejón. Les corridas à cheval ont décuplé car les cavaliers très performants et les toros sont plus propices au jeu dans l’arène (ceci complétant cela). Pour les corridas à pied, diverses origines sont présentes : Jandilla, Daniel Ruiz, Ojeda…El Juli a son élevage qui est voisin des Espartales. Anecdote : Ojeda a offert deux sementales à J.L Iniesta, ayant vendu tout son cheptel, lassé d’entendre les conseils idiots de « jilipollas *» alors qu’il est entendu dans la question c’est le moins qu’on puisse dire, le grand maestro a jeté l’éponge… On passerait des jours à écouter ce charmant Monsieur tout en prenant le petit déjeuner…
Mais d’autres lieux nous attendent... Des élevages moins connus mais non moins dignes d’admiration reçoivent aussi les aficionados privilégiés.

Nous allons à Ledesma à la ganaderia de Pincha, près de Pamplona. Ce curieux nom est l’héritage d’un aïeul au sang chaud qui, un jour de colère, a cloué la main d’un partenaire tricheur au jeu avec son couteau sur la table en bois, d’où son surnom « El Pincho »  (comme on dit pinchar pour le torero), l’élevage a ainsi gagné son nom. Le ganadero, héritier du Pincho, possède deux sortes d’encaste : les Marquis de Domecq pour les novillos et des Atanasio Fernandez d’origine pour les spectacles de rue, très prisés dans cette région et qui sont pour l’essentiel des revenus de l’éleveur. Mais quand on a connu les Atanasio Fernandez à leur grande époque, on a un petit pincement au cœur… On admire et on comprend ces éleveurs modestes avec leur difficulté et leur mérite à encore élever des toros. Beaucoup d’élevages ont ainsi  « plié boutique » pour d’autres activités plus lucratives et la mode et l’influence des vedettes qui préfèrent la facilité.

La difficulté à combattre ces toros d’un autre âge explique que les encastes portugais comme Veiga Texeira, Pinto Barreiro qui nous offrent des estampes au milieu des pâturages, connaissent les pires difficultés pour survivre. Mais qui ose affronter de tels animaux ? A part les toreros de l’ombre, animé d’une rage d’arriver au succès qu’ils ne trouveront jamais pour la plupart mais qui forcent notre admiration et notre respect.

Autre ganadería extremeña celle de Luis Terrón qui nous accueille avec un air andalou dans sa construction. Mais pour la première fois dans notre périple, nous allons, non pas danser, mais  voir les toros sous la pluie. Mais ça a son charme aussi. La cinquantaine de toros destinée au rejón nous regarde arriver avec un certain intérêt étant donné que nous leur apportons leur pienso complément d’une herbe verte et grasse vu la saison. Certains dont un en particulier présente une tête avec armure imposante, une merveille de la nature ! J’ai un pincement au cœur devant cet impérial animal à qui on va enlever une partie de cet admirable attribut (il est destiné à la corrida à cheval et vous ne l’ignorez pas il sera épointé sérieusement comme ses confrères). Pourvu qu’il échappe à une telle mutilation ! A côté de la placita de tienta une surprise nous attend, nous pouvons approcher une belle bête, lui donner à manger car ce pauvre orphelin ayant perdu sa mère à la naissance s’est vu élevé au biberon et choyé par la maison, une caresse n’est pas interdite mais attention tout de même, la race parle de temps en temps, soyez prudent…

Sachez que si vous êtes reçu avec tant de sympathie par le propriétaire en personne, cela demeure exceptionnel et rare, en dehors du tourisme taurin, répandu de plus en plus. Aussi votre affection et votre reconnaissance vont à celui qui,  par son immense amour des toros, ses amitiés avec le monde taurin, vous permet de vivre ces instants inoubliables.

Merci à toi l’ami, à la prochaine car on en redemande !

La Chicuelina mars 2017

* jilipollas = imbéciles, couillons

Petit quizz et réponses

Pourquoi les toreros français choisissent-ils un « apodo » et traduisent leur nom en espagnol ? Pour faire plus couleur locale, l’Espagne étant la référence en matière taurine ? Pour rendre plus facile la prononciation en espagnol ? Alain Montcouquiol est devenu « El Nimeño » et Bernard Dombs « Simon Casas ».
Zocato , dans une de ses anecdotes, nous dit qu’avec un ami, à l’époque, ils s’étaient amusés à traduire en français le noms de certains matadors espagnols.
Je vous en propose quelques-uns, à vous de les reconnaître : François Romarin, Antoine Bienvenue, Jacques Porte, François Chemin, Jules Chênes, Joseph-Marie Pommeraie, Jacques Martin, Joseph-Michel Ruisseau, Raphaël Blond.
Faut avouer qu’en castillan, ça a une autre « gueule » ! El Cordobes, El Viti, Morante, Talavante… ça fait claquer la bannière !
A vous de jouer. Certains sont plus faciles à trouver que d’autres.

Les réponses viendront dans quelques jours… si vous n’avez pas trouver avant.

La Chicuelina - Oct.2015

 REPONSES : Voici la traduction des noms de matador proposés :

                     François Romarin                   : Curo Romero
                     François Chemin                    : Paco Camino
                                    (Francisco ayant comme diminutif Paco ou Curro)
                     Antoine Bienvenue                : Antonio Bienvenida
                     Jacques Porte                       : Diego Puerta
                     Jules Chênes                        : Julio Robles
                     Joseph-Marie Pommeraie      : Jose Maria Manzanares
                     Jacques Martin                     : Santiago Martin El Viti
                     Joseph-Michel Ruisseau        : Jose Miguel Arroyo Joselito
                     Raphaël Blond                      : Rafael Rubio  Rafaelillo

              Peut-être en avez trouvé d’autres comme Xavier Châtain : Javier Castaño

PROFESSION : TORERA

L’auteur de « Ainsi soit-elle » Benoîte GROULT, disparue le 20 juin après une longue vie de combats en faveur des femmes, aurait-elle, si elle avait été aficionada, soutenu la condition de TORERA ?

Actuellement la dernière à avoir rejoint la liste succincte des matadoras, s’appelle Conchi Rios, elle vient de passer son doctorat des mains de Manuel El Cordobes à Cehejin le 9 juin 2016, en coupant 3 oreilles et se doutant  que le parcours ne sera pas jonché de roses… Elle avait été pourtant la seule femme à avoir reçu 2 appendices à Madrid quand elle était novillera et fait rare : prendre l’alternative en Espagne. Avant elle d’autres ont tenté ce « sacerdoce ».
Une de celles qui ont compté, Cristina Sanchez prit son alternative à Nîmes. Elle donna le doctorat à la malagueña Mari Paz Vega qui, anecdote en passant, fut la doublure de l’héroïne torera du film « Parle avec elle »  de Pedro Almodovar.
Il y a aussi des rejoneadoras : Marie-Sara après Conchita Cintron, Noelia Mota, Lea Vicens. Précédemment, parmi les toreras à pieds, évoquons Juanita Cruz, Maribel Atienzar, Mireille Ayma, Angela Hernandez et une certaine Mary Fortes qui vit sa carrière stoppée à cause d’une lésion au genou la veille de son alternative prévue avec comme parrain Ruiz Miguel. Cette passion revit à travers son fils Esaú Gimenez Fortes qu’elle encourage et soutient de toute son afición.
Partons en arrière où l’on vit des toreras au XVIII et XIXème siècle. La Pajuelera - gravure n° 22 de la Tauromaquia de Goya. La Fragosa (Dolores Sanchez), figure sur une peinture de J.Alaminos . Beaucoup sont restées anonymes et novilleras. On trouve une cuadrilla « Las Noyas » faite uniquement de jeunes intrépides. Plus tard « La Reverte » s’illustra grâce à son ambigüité, tel le Chevalier d’Eon que la rumeur prétendait du sexe masculin. Les sœurs Palmeña toréèrent avant la guerre civile.

La France aussi compte des toreras :
Elvire de Bordi qui se produisit aux côtés de Félix Robert 1er matador d’alternative français, fin XIXème, elle, toréant à cheval.
Marthe Sabatier fut la première à toréer à pied, native de Beaucaire elle était la fille de Mathieu Sabatier éleveur et boucher.  Marie Gentis « l’Amazone fin de siècle ».  Emma Calais, cavalière.
Pierrette Le Bourdiec le devint aussi après qu’une loi « scélérate » interdit aux femmes de toréer à pied ; cette loi fut mise en veilleuse pendant la brève époque de la république en Espagne et de nombreuses demoiselles reprirent capes et épées.
Juanita Cruz fut l’une des meilleures et n’eut malheureusement pas un écho digne de son talent.
Notons encore Anita Martinez mère d’Eveline Fabregat elle aussi touchée par le Gusanillo , Nicole Luchmaya « La India » que l’on vit avec l’équipe Montcouquiol, Chinito , Jaquito, F.Pascal … Et aussi Mireille Ayma.

Voir notre article « La femme dans le monde du toro » dans la rubrique Histoire => Femme et Toro.

Il faut avouer que de nos jours peu de femmes accèdent à une carrière notable malgré le nombre de filles qui fréquentent les écoles taurines. Force nous est de constater que peu aussi sont pilotes, routiers, maçons, mécanicien ou plombier… Certaines ont choisi d’être ganaderas telle la célèbre Dolores Aguirre. D’autres sont mères, sœurs ou épouses de toreros et vivent leur passion à travers eux. Mais peu d’empresas ou d’apoderadas. Qu’en penser ?  L’exercice de l’art taurin demeure difficile pour une fille même si elle est aussi douée qu’un garçon pour la technique ou l’art. « El toreo es caricia y quien mejor para eso que una mujer » dit Curro  Romero à Cristina Sanchez en lui donnant l’alternative le 25 mai 1996 à Nîmes avec pour témoin Manzanares père (le toreo est caresse, qui de meilleur qu’une femme pour cela). Cette dernière a arrêté de toréer car beaucoup de toreros refusaient de partager les cartels avec elle, de peur qu’elle n’accapare l’attention du public. Les figuras refusent également certains compagnons de cartels pour la même raison. Accordons que ce milieu est assez machiste et qu’il est difficile à la gens féminine de s’y intégrer…
Mais pourquoi empêcher un garçon ou une fille de faire, s’il en a envie, s’il se sent prêt pour cela, quelque chose que la tradition ou/et les préjugés lui refuseraient ?  On voit maintenant des pilotes, mécaniciennes, des conductrice de bus ou de poids-lourds, chirurgiennes et autre bucheronne même si c’est peu fréquent et des sages-femmes (ou hommes), pères au foyer, danseurs étoile, puéricultrices (puériculteurs), etc…

Je ne suis pas particulièrement féministe, mais il faut bien se persuader que l’homme et la femme sont, Dieu merci, différents. Cessons d’opposer la femme à l’homme comme le torerista au toriste. Les deux sont dignes de qualités, d’amour et donc de considération.

Merci à Muriel Feiner pour son livre « La Mujer en el Mundo del Toro » qui m’a permis d’étoffer mon propos.

La Chicuelina - juillet 2016

Corrida Béziers 17-08-2014 Deuxième Miura de Castaño

Zahariche  LA GANADERIA

Beaucoup d’encre a coulé autour de la dynastie MIURA et de sa légende noire à la renommée sans égale.
En 1914, après une corrida d’avril, le grand-père des actuels ganaderos (les frères Antonio et Eduardo) qui ne pouvait plus assister aux courses vu son grand âge, connut une blessure d’amour propre qui empoisonna le reste de sa vie (raconté par Jean-Pierre Darracq dans son remarquable ouvrage sur cet élevage). A l’issue de la corrida, Antonio le conocedor vient donner une nouvelle affligeante au ganadero : Ce dernier pensant a une cornada de Belmonte, eut la pire déconvenue qu’il soit : Belmonte avait pris dans sa main la corne d’un animal lors du desplante. Impossible à croire et pourtant… « Un tabou venait de s’effondrer, les Miura invincibles, c’était fini. ». 
Le vieux ganadero doit se retourner dans sa tombe quand le 17 août 2014 à Béziers, Juan Bautista torée le cinquième avec temple, une série inimaginable plus de trente ans en arrière où le souvenir gravé dans les mémoires biterroises du combat dantesque mené par trois valeureux du nom de NimeñoII, Richard Milian  et Victor Mendes la 16 août 1983 reste inégalé.
Les Miura continuent d’alimenter la légende, même si la réalité n’est pas toujours à la hauteur de l’espoir. Funeste corrida à Nîmes cette année à Pentecôte qui fit couler beaucoup d’encre tellement les toros furent inexistants (4 furent remplacés). La faute à qui ? Le Juli voulant les combattre en aurait influencé leur choix.
Simon Casas, empresa des arènes, s’indigne dans un violent communiqué contre les frères Miura qui se drapent dans leur dignité au cours d’une lettre publique. Qui saura un jour la vérité ?
Mais le doute plane sur l’invincibilité de la ganaderia… Car les plazas (selon leur catégorie) ne reçoivent pas les mêmes toros (ne dit-on pas que Béziers est souvent plus gâté que Nîmes).
Il faut bien reconnaître que les pensionnaires de Zahariche ne sont plus ce qu’ils étaient, déplorent certains aficionados sur les gradins. A Béziers, cette année, malgré leur belle présentation (cependant en retrait par rapport à celle de 2013) seul le quatrième était le vrai Miura avec sa morphologie et sa bravoure recevant trois piques et un regatón*. Castaño et Juan Bautista enflamment les arènes en se réunissant pour un quite por colleras. (voir explication PASSES DE CAPOTE). Le sixième aussi ayant le comportement de la maison.

Disons pour les néophytes que le toro de Miura, malgré sa sveltesse, est grand, pèse plus de 600 kg, son cou est long (ne dit-on pas qu’il a une vertèbre en plus), un comportement bien particulier ; Il apprend très vite, donc la faena doit être courte sous peine d’échec devant la défensive du fauve.
Que penser dans cette évolution du toro de combat ? Une adaptation au toreo moderne ? Est-ce que la ganaderia de Zahariche, malgré sa réputation, ne serait plus aussi terrible ? Des murmures courent sur l’amélioration du sang (les ganaderos s’en défendent), des « paillettes » seraient fournies par d’autres élevages prestigieux comme celui d’un « certain sorcier de Galapagar ». Certains mélanges se seraient réalisés, vu le comportement de certains bichos . Souvenons-nous du solo de Castaño à Nîmes où de grands Miura, recevant des piques fabuleuses, se laissèrent toréer par le matador dont ils firent le succès.
Alors ? Doivent-ils être intoréables pour garder leur aura ? Qui aura la capacité de les combattre ? Aujourd’hui le toreo a évolué dans un sens artistique indéniable et peu de valeureux, à l’instar d’un Fundi par exemple possédant le bagage technique, affrontent de telles bêtes.
C’est l’éternelle polémique toriste-toreriste – Vous imaginez Morante devant les Miura ?
Les petits toreros formatés par les écoles taurines seront-ils aptes à un tel combat ou alors à la recherche de contrats, près au sacrifice de la corrida dite dure, avec les conséquences que l’on constate. Certains vont se gausser, critiquer sempiternellement les vedettes devant des chèvres. Toutefois, celui qui affronte un toro si petit et si peu cornu soit-il mérite le respect ! Que celui qui jette la première pierre descende dans l’arène.
Personnellement, je vibre lors de belles faenas templées devant des toros braves ET nobles… C’est trop demander ?
Curro Romero, Rafael de Paula, Ojeda, Joselito Miguel Arroyo, Morante, Jose Tomás et j’en passe n’existeraient pas.
Qu’en pensez-vous ?

août 2014 - La Chicuelina 

 

*REGATON : Simulacre de pique, elle est portée à l’envers côté manche. Destiné a mettre en exergue la bravoure du toro sans le châtier davantage.

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Commentaires

18.09 | 12:07

Une dernière précision : après le tirage des lots, chaque matador (ou son représentant) choisit l'ordre de sortie de ses toros

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10.12 | 21:17

Bravo à Maurice Daussant ainsi qu'à toute son équipe de bénévoles pour son film sur Gabin Réhabi. Très beau film.

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29.11 | 15:15

Ne porte pas de nom particulier. C'est simplement un confort lors d'exécution des STATUAIRES que vous appelez "litrasos" (de Miguel Baez Litri) Q? pertinente.

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29.11 | 14:57

On ne trouve pas à la vente ces petits mouchoirs qui sont distribués aux arènes. Ils sont souvent supports publicitaires ou témoins d'évènements exceptionnels.

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