2°Archives Réflexions / Anecdotes

Petit quizz et réponses

Pourquoi les toreros français choisissent-ils un « apodo » et traduisent leur nom en espagnol ? Pour faire plus couleur locale, l’Espagne étant la référence en matière taurine ? Pour rendre plus facile la prononciation en espagnol ? Alain Montcouquiol est devenu « El Nimeño » et Bernard Dombs « Simon Casas ».
Zocato , dans une de ses anecdotes, nous dit qu’avec un ami, à l’époque, ils s’étaient amusés à traduire en français le noms de certains matadors espagnols.
Je vous en propose quelques-uns, à vous de les reconnaître : François Romarin, Antoine Bienvenue, Jacques Porte, François Chemin, Jules Chênes, Joseph-Marie Pommeraie, Jacques Martin, Joseph-Michel Ruisseau, Raphaël Blond.
Faut avouer qu’en castillan, ça a une autre « gueule » ! El Cordobes, El Viti, Morante, Talavante… ça fait claquer la bannière !
A vous de jouer. Certains sont plus faciles à trouver que d’autres.

Les réponses viendront dans quelques jours… si vous n’avez pas trouver avant.

La Chicuelina - Oct.2015

 REPONSES : Voici la traduction des noms de matador proposés :

                     François Romarin                   : Curo Romero
                     François Chemin                    : Paco Camino
                                    (Francisco ayant comme diminutif Paco ou Curro)
                     Antoine Bienvenue                : Antonio Bienvenida
                     Jacques Porte                       : Diego Puerta
                     Jules Chênes                        : Julio Robles
                     Joseph-Marie Pommeraie      : Jose Maria Manzanares
                     Jacques Martin                     : Santiago Martin El Viti
                     Joseph-Michel Ruisseau        : Jose Miguel Arroyo Joselito
                     Raphaël Blond                      : Rafael Rubio  Rafaelillo

              Peut-être en avez trouvé d’autres comme Xavier Châtain : Javier Castaño

PROFESSION : TORERA

L’auteur de « Ainsi soit-elle » Benoîte GROULT, disparue le 20 juin après une longue vie de combats en faveur des femmes, aurait-elle, si elle avait été aficionada, soutenu la condition de TORERA ?

Actuellement la dernière à avoir rejoint la liste succincte des matadoras, s’appelle Conchi Rios, elle vient de passer son doctorat des mains de Manuel El Cordobes à Cehejin le 9 juin 2016, en coupant 3 oreilles et se doutant  que le parcours ne sera pas jonché de roses… Elle avait été pourtant la seule femme à avoir reçu 2 appendices à Madrid quand elle était novillera et fait rare : prendre l’alternative en Espagne. Avant elle d’autres ont tenté ce « sacerdoce ».
Une de celles qui ont compté, Cristina Sanchez prit son alternative à Nîmes. Elle donna le doctorat à la malagueña Mari Paz Vega qui, anecdote en passant, fut la doublure de l’héroïne torera du film « Parle avec elle »  de Pedro Almodovar.
Il y a aussi des rejoneadoras : Marie-Sara après Conchita Cintron, Noelia Mota, Lea Vicens. Précédemment, parmi les toreras à pieds, évoquons Juanita Cruz, Maribel Atienzar, Mireille Ayma, Angela Hernandez et une certaine Mary Fortes qui vit sa carrière stoppée à cause d’une lésion au genou la veille de son alternative prévue avec comme parrain Ruiz Miguel. Cette passion revit à travers son fils Esaú Gimenez Fortes qu’elle encourage et soutient de toute son afición.
Partons en arrière où l’on vit des toreras au XVIII et XIXème siècle. La Pajuelera - gravure n° 22 de la Tauromaquia de Goya. La Fragosa (Dolores Sanchez), figure sur une peinture de J.Alaminos . Beaucoup sont restées anonymes et novilleras. On trouve une cuadrilla « Las Noyas » faite uniquement de jeunes intrépides. Plus tard « La Reverte » s’illustra grâce à son ambigüité, tel le Chevalier d’Eon que la rumeur prétendait du sexe masculin. Les sœurs Palmeña toréèrent avant la guerre civile.

La France aussi compte des toreras :
Elvire de Bordi qui se produisit aux côtés de Félix Robert 1er matador d’alternative français, fin XIXème, elle, toréant à cheval.
Marthe Sabatier fut la première à toréer à pied, native de Beaucaire elle était la fille de Mathieu Sabatier éleveur et boucher.  Marie Gentis « l’Amazone fin de siècle ».  Emma Calais, cavalière.
Pierrette Le Bourdiec le devint aussi après qu’une loi « scélérate » interdit aux femmes de toréer à pied ; cette loi fut mise en veilleuse pendant la brève époque de la république en Espagne et de nombreuses demoiselles reprirent capes et épées.
Juanita Cruz fut l’une des meilleures et n’eut malheureusement pas un écho digne de son talent.
Notons encore Anita Martinez mère d’Eveline Fabregat elle aussi touchée par le Gusanillo , Nicole Luchmaya « La India » que l’on vit avec l’équipe Montcouquiol, Chinito , Jaquito, F.Pascal … Et aussi Mireille Ayma.

Voir notre article « La femme dans le monde du toro » dans la rubrique Histoire => Femme et Toro.

Il faut avouer que de nos jours peu de femmes accèdent à une carrière notable malgré le nombre de filles qui fréquentent les écoles taurines. Force nous est de constater que peu aussi sont pilotes, routiers, maçons, mécanicien ou plombier… Certaines ont choisi d’être ganaderas telle la célèbre Dolores Aguirre. D’autres sont mères, sœurs ou épouses de toreros et vivent leur passion à travers eux. Mais peu d’empresas ou d’apoderadas. Qu’en penser ?  L’exercice de l’art taurin demeure difficile pour une fille même si elle est aussi douée qu’un garçon pour la technique ou l’art. « El toreo es caricia y quien mejor para eso que una mujer » dit Curro  Romero à Cristina Sanchez en lui donnant l’alternative le 25 mai 1996 à Nîmes avec pour témoin Manzanares père (le toreo est caresse, qui de meilleur qu’une femme pour cela). Cette dernière a arrêté de toréer car beaucoup de toreros refusaient de partager les cartels avec elle, de peur qu’elle n’accapare l’attention du public. Les figuras refusent également certains compagnons de cartels pour la même raison. Accordons que ce milieu est assez machiste et qu’il est difficile à la gens féminine de s’y intégrer…
Mais pourquoi empêcher un garçon ou une fille de faire, s’il en a envie, s’il se sent prêt pour cela, quelque chose que la tradition ou/et les préjugés lui refuseraient ?  On voit maintenant des pilotes, mécaniciennes, des conductrice de bus ou de poids-lourds, chirurgiennes et autre bucheronne même si c’est peu fréquent et des sages-femmes (ou hommes), pères au foyer, danseurs étoile, puéricultrices (puériculteurs), etc…

Je ne suis pas particulièrement féministe, mais il faut bien se persuader que l’homme et la femme sont, Dieu merci, différents. Cessons d’opposer la femme à l’homme comme le torerista au toriste. Les deux sont dignes de qualités, d’amour et donc de considération.

Merci à Muriel Feiner pour son livre « La Mujer en el Mundo del Toro » qui m’a permis d’étoffer mon propos.

La Chicuelina - juillet 2016

Corrida Béziers 17-08-2014 Deuxième Miura de Castaño

Zahariche  LA GANADERIA

Beaucoup d’encre a coulé autour de la dynastie MIURA et de sa légende noire à la renommée sans égale.
En 1914, après une corrida d’avril, le grand-père des actuels ganaderos (les frères Antonio et Eduardo) qui ne pouvait plus assister aux courses vu son grand âge, connut une blessure d’amour propre qui empoisonna le reste de sa vie (raconté par Jean-Pierre Darracq dans son remarquable ouvrage sur cet élevage). A l’issue de la corrida, Antonio le conocedor vient donner une nouvelle affligeante au ganadero : Ce dernier pensant a une cornada de Belmonte, eut la pire déconvenue qu’il soit : Belmonte avait pris dans sa main la corne d’un animal lors du desplante. Impossible à croire et pourtant… « Un tabou venait de s’effondrer, les Miura invincibles, c’était fini. ». 
Le vieux ganadero doit se retourner dans sa tombe quand le 17 août 2014 à Béziers, Juan Bautista torée le cinquième avec temple, une série inimaginable plus de trente ans en arrière où le souvenir gravé dans les mémoires biterroises du combat dantesque mené par trois valeureux du nom de NimeñoII, Richard Milian  et Victor Mendes la 16 août 1983 reste inégalé.
Les Miura continuent d’alimenter la légende, même si la réalité n’est pas toujours à la hauteur de l’espoir. Funeste corrida à Nîmes cette année à Pentecôte qui fit couler beaucoup d’encre tellement les toros furent inexistants (4 furent remplacés). La faute à qui ? Le Juli voulant les combattre en aurait influencé leur choix.
Simon Casas, empresa des arènes, s’indigne dans un violent communiqué contre les frères Miura qui se drapent dans leur dignité au cours d’une lettre publique. Qui saura un jour la vérité ?
Mais le doute plane sur l’invincibilité de la ganaderia… Car les plazas (selon leur catégorie) ne reçoivent pas les mêmes toros (ne dit-on pas que Béziers est souvent plus gâté que Nîmes).
Il faut bien reconnaître que les pensionnaires de Zahariche ne sont plus ce qu’ils étaient, déplorent certains aficionados sur les gradins. A Béziers, cette année, malgré leur belle présentation (cependant en retrait par rapport à celle de 2013) seul le quatrième était le vrai Miura avec sa morphologie et sa bravoure recevant trois piques et un regatón*. Castaño et Juan Bautista enflamment les arènes en se réunissant pour un quite por colleras. (voir explication PASSES DE CAPOTE). Le sixième aussi ayant le comportement de la maison.

Disons pour les néophytes que le toro de Miura, malgré sa sveltesse, est grand, pèse plus de 600 kg, son cou est long (ne dit-on pas qu’il a une vertèbre en plus), un comportement bien particulier ; Il apprend très vite, donc la faena doit être courte sous peine d’échec devant la défensive du fauve.
Que penser dans cette évolution du toro de combat ? Une adaptation au toreo moderne ? Est-ce que la ganaderia de Zahariche, malgré sa réputation, ne serait plus aussi terrible ? Des murmures courent sur l’amélioration du sang (les ganaderos s’en défendent), des « paillettes » seraient fournies par d’autres élevages prestigieux comme celui d’un « certain sorcier de Galapagar ». Certains mélanges se seraient réalisés, vu le comportement de certains bichos . Souvenons-nous du solo de Castaño à Nîmes où de grands Miura, recevant des piques fabuleuses, se laissèrent toréer par le matador dont ils firent le succès.
Alors ? Doivent-ils être intoréables pour garder leur aura ? Qui aura la capacité de les combattre ? Aujourd’hui le toreo a évolué dans un sens artistique indéniable et peu de valeureux, à l’instar d’un Fundi par exemple possédant le bagage technique, affrontent de telles bêtes.
C’est l’éternelle polémique toriste-toreriste – Vous imaginez Morante devant les Miura ?
Les petits toreros formatés par les écoles taurines seront-ils aptes à un tel combat ou alors à la recherche de contrats, près au sacrifice de la corrida dite dure, avec les conséquences que l’on constate. Certains vont se gausser, critiquer sempiternellement les vedettes devant des chèvres. Toutefois, celui qui affronte un toro si petit et si peu cornu soit-il mérite le respect ! Que celui qui jette la première pierre descende dans l’arène.
Personnellement, je vibre lors de belles faenas templées devant des toros braves ET nobles… C’est trop demander ?
Curro Romero, Rafael de Paula, Ojeda, Joselito Miguel Arroyo, Morante, Jose Tomás et j’en passe n’existeraient pas.
Qu’en pensez-vous ?

août 2014 - La Chicuelina 

 

*REGATON : Simulacre de pique, elle est portée à l’envers côté manche. Destiné a mettre en exergue la bravoure du toro sans le châtier davantage.

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Commentaires

10.12 | 21:17

Bravo à Maurice Daussant ainsi qu'à toute son équipe de bénévoles pour son film sur Gabin Réhabi. Très beau film.

...
29.11 | 15:15

Ne porte pas de nom particulier. C'est simplement un confort lors d'exécution des STATUAIRES que vous appelez "litrasos" (de Miguel Baez Litri) Q? pertinente.

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29.11 | 14:57

On ne trouve pas à la vente ces petits mouchoirs qui sont distribués aux arènes. Ils sont souvent supports publicitaires ou témoins d'évènements exceptionnels.

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29.11 | 09:49

Quel nom porte l'action de ficher l'épée dans le sable avant de faire des "litrasos"
(?) Merci d'avance pour votre réponse. J-M François

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