3° Archives Evènements - Actualité

Littérature

Quelques ouvrages ont retenu notre attention :

« Joselito, le Vrai », par lui-même, nous bouleverse par son récit d’une vie de galère. Le maestro parle de lui-même avec simplicité, sincérité, fierté pour son parcours.

Comment un jeune torero nîmois est devenu cavalier et dresseur de chevaux ? C’est dans « Le Tercio de Vérité » que vous le découvrirez, écrit par Alain Bonijol lui-même. Cet homme inventif est à l’origine de création en matière d’outils taurins et de nouveautés.

A lire...

 

Emotion aussi et souvenirs pour beaucoup d’entre nous qui connaissons le chemin épineux de nos précurseurs  de  la tauromachie française dans les années soixante. Ces garçons opiniâtres et romantiques qui ont tout fait pour assouvir leur passion « Pour Une Place au Soleil » nous émeuvent. Remercions l’auteur Daniel Saint- Lary et le photographe Gilles Dienst pour ce joli recueil.

 

Enfin, une bande dessinée taurine. C’est une première. Ecrite par un catalan, défenseur de cet art bousculé en ces temps perturbés, Manuel Lopez-Poy et dessinée par Miguel Fernandez. Elle retrace la vie d’un torero méconnu malgré ses 35 ans de carrière, qui grandit avec la guerre civile et toréa avec les grands Manolete, Bienvenida, Dominguin etc…Il s’agit de Lorenzo Pascual « Belmonteño ». Il fut plus connu en Amérique latine, surtout pour une anecdote qui fit le tour du monde : il tua un toro sur les gradins où l’animal créa la panique dans les rangs refusant de redescendre dans le ruedo. Ceci se passait à Armenia ville de Colombie. L’ouvrage témoigne aussi de toute une époque…

 

Pour terminer un roman non taurin écrit par Carlos Ruiz Villasuso, talentueux chroniqueur et journaliste taurin, « Los Enanitos se Mueren de Madrugada ». Ouvrage d’amour, de passion, de poésie malgré les personnages parfois sordides dans leur réalité mais attachants. La presse et les medias hispaniques s’en sont fait écho vu la personnalité de l’auteur qui a signé là son premier ouvrage.

La Chicuelina - décembre 2014

ROBLEÑO EL VALIENTE

Le Domaine Augé à Boujan-sur-Libron devient un lieu incontournable pour les rencontres taurines. Le Club Aficion, sous la houlette de Bernard Mula, a réuni un grand nombre d'aficionados pour recevoir Fernando Robleño le vendredi 27 février. Le week-end s'est poursuivi le dimanche à la manade Turquay où le torero a tienté 3 vaches et tué un toro. Journée champêtre pour les amoureux de la Camargue.
A voir ce frêle jeune homme aux yeux bleus à faire chavirer n'importe quel « Dolores Aguirre » ou « Escolar Gil », s'ils pouvaient distinguer les couleurs, on a du mal à imaginer sa force, ses capacités, sa maîtrise face à des cornus qui ne font pas dans la dentelle.
Fernando Garcia-Robleño naquit le 13 septembre 1979 à Madrid. Sans antécédent particulièrement taurin sinon son père aficionado qui l'amène aux corridas, il développe très tôt son envie de toréer. Il fréquente l'Ecole Taurine de Madrid dirigée alors par Joaquín Bernadó, débute une carrière avec des succès le plaçant en tête des novilleros, coupant des oreilles à las Ventas où il se présente en 1999, sortant par la grande porte, auréolé du Prix du Cossío (meilleur novillero). Il reçoit l'alternative le 20 juin 2000 des mains de Morante et du Juli, avec des toros de Torrealta dans une arène modeste à Torrejon de Ardoz (Madrid) parce que, dit-il, son apoderado n'était pas très moteur. Il confirme à Madrid en juillet 2001 et connaît l'année suivante des succès inouïs dont cinq tardes à Madrid avec des « puertas grandes », thésaurisant plus de quarante corridas en 2002 et une cinquantaine  en 2003. Des années de  « vaches grasses suivies de vaches maigres » vont se succéder jusqu'au jour où Céret, toujours en recherche de gladiateurs pour se colleter avec ses rudes invités, va chercher Robleño. En 2000, le jeune homme accepte le challenge offert par la petite cité catalane, il attendrit l'ADAC qui lui paya son billet de retour en train. Son histoire d'amour avec les cérétans commence, concrétisée par la fabuleuse encerrona de 2012.
Il y sera présent doublement cette année. Mais cela suffit-il pour ouvrir les portes des grandes arènes ? Pas vraiment confit-il amer. Les efforts ne sont pas récompensés. Malgré ses succès et sa présence cette année à Vic Fezansac, Céret et Bayonne, Nîmes et Arles ne lui ouvriront pas leur porte. Depuis son alternative il n'a plus toréé avec Morante et El Juli… Pourtant il ne serait pas contre, confit-il, mais le système ne le permet pas. En regard de cet état de fait (et Robleño n'est pas le seul dans ce cas), nous autres aficionados nous sentons frustrés et  impuissants face à des empresas qui préfèrent les figuras « taquilleras » devant des ganaderias commerciales.


La Chicuelina - 2 mars 2015

J. Rieu offre une sculpture de Olivier Caizac à Fernando Robleño, à droite: Vicente Soler et Bernard Mula

Toreros hors système

Dans une tauromachie que nous déplorons de plus en plus formatée chez les jeunes en particulier, où il est difficile de désigner le futur messie, celui capable de nous faire dresser sur les gradins…j’ai eu envie de vous parler de deux extra-terrestres, sortis du lot par leur attitude, leur personnalité, leur charisme qui ont suscité des passions et les  suscitent encore. L’un est retiré, l’autre très présent, dignes successeurs du génial El Gallo, le Divin Chauve. Vous avez deviné qu’il s’agit de Curro Romero et Morante de La Puebla. (Le second héritier du premier).

Curro Romero, pharaon de Camas, sévillanissime, adoré ou voué aux gémonies selon les humeurs. Ses adorateurs lui pardonnaient ses abdications devant un toro qui ne lui plaisait pas. « Pourquoi s’acharner sur une bête qui ne veut rien donner, mieux vaut abréger que lasser le public » dit-il. Son classicisme le plus pur fit de lui une légende vivante. Drôle de bonhomme qui trouvait humiliant de couper les oreilles à un toro. Il a été magnifique et on le mutile ! Cet homme timide trouvait plus gratifiant de faire une « vuelta al ruedo », un brin de romarin à la main et fuyait les sorties « a hombros ». L’Académie Royale des Beaux arts de Séville le reçut dans son sein en 2008. Dans son discours il déclara : « nous ne sommes pas des bouchers d’abattoir, notre destin et notre volonté c’est de créer de la beauté. »  Lui qui affichait parfois quelques craintes devant la bête, confia à la sortie de la cérémonie, avoir tremblé beaucoup plus que dans l’arène.

Autre fin artiste, maître des duendes qui rassemble des détracteurs aussi bien que des adorateurs prêts à tout pour voir une de ses véroniques enchanteresses. Jose-Antonio Morante de la Puebla laisse de côté ses compagnons pour assumer, seul, son toreo pur, classique, sans gestes superflus, laissant plus d’un aficionado, conquis.

Cette année, sa temporada fut satisfaisante même si sa conception autour du « Morante Tours » a sacrifié à la modernité actuelle abreuvée au marketing, à la pub, à la rentabilité. Ajouté à cela, l’évènement de cet automne à Madrid : The Maestros, qui entretient la critique mais qui laisse Morante à cent lieux de là, évidemment.

Morante dit et redit que trop de froide technique tue l’Art « je préfère le mot conocimiento à celui de technique. Ma devise se résume en trois mots ; valor, conocimiento y arte ». Voilà qui est dit et ça se passe de traduction.

Comment sera sa prochaine saison maintenant qu’il a appris à vivre avec ses démons ? Il ne sait pas. Le matériel n’est pas son domaine…

La Chicuelina - décembre 2014

(certains propos ont été recueillis par Federico Arnas au cours de l’émission qui lui était consacrée : Tendido Cero)

PAULITA A BOUJAN-SUR-LIBRON

PAULITA, QUI EST-CE ?

 « Connais pas !...» est la réponse d’aficionados à qui j’ai posé la question. C’est vrai qu’il y a des noms comme ça, restés dans l’ombre faute de notoriété. C’est le cas, apparament de Luis-Antonio Gaspar-Galindo dit PAULITA, originaire de Zaragoza où il vit le jour le 19 mai 1978. (son apodo lui fut donné en souvenir du génial Paulita (Rafaël de Paula) pour son talent au capote).
Ses débuts en novillada le 2 juin 1996 le conduisent au doctorat, le 10 octobre 2001, chez lui à Saragosse, avec un prestigieux parrain Joselito et un non moins célèbre témoin Enrique Ponce devant des Torrestrella. Il confirmera à Madrid le 25 avril 2004 devant des Murteira Grave en compagnie de deux illustres inconnus : Alberto Elvira et Chamon Ortega. La ganaderia est sérieuse, pas facile, indiquant un changement dans le parcours de Paulita.
Nous voilà confrontés à nouveau, au problème des jeunes toreros obligés de se colleter avec des toros- toros comme on dit dans le jargon torista, plutôt que de rester à la maison. Condamné à couper des oreilles au prix du sang parfois pour sortir de l’ombre. Ont ouvert le chemin, Richard Milian le précurseur pour les Français, Ruiz Miguel, Damaso Gonzalez, Padilla d’avant la terrible cornada, El Fundi et les autres…
De très peu de corridas depuis son alternative, 6 en 2013, il en a toréé 18 en 2014. Cherchez l’erreur depuis ses débuts avec Joselito et Ponce.
Le voilà, émergeant de la légion des « obscurs et sans grade », se distinguant sur un chemin pas particulièrement jonché de roses. Alès, Céret, Aires sur Adour, en France, devant des Yonnet, Victorino Martin, Escolar Gil et en Espagne citons quelques plazas : Zaragoza, Pamplona, Azpeitia, Huesca…où l’on ne trouve pas particulièrement des « bonbons ». Mais le garçon s’en sort pas mal avec un total de 19 oreilles dont 4 faenas à 2 oreilles à l’issue de la temporada 2014.Souhaitons à ce courageux maestro un avenir de succès mérités.
Dans tous les cas, si vous voulez le rencontrer, venez à Boujan sur Libron, au Domaine Augé le vendredi 7 novembre à 19h30 pour une conférence organisée par le Club Aficion. Le lendemain dans les arènes de Boujan il participera à une tienta de trois vaches avec les élèves de l’Ecole Taurine Béziers Méditerranée.

SUERTE MAESTRO
La Tafallera

Finito de Cordoba - Vistalegre
Morante de la Puebla - Vistalegre
El Juli - Vistalegre

Un après-midi à Madrid - The Maestros

Ce samedi 27 septembre 2014, l'aficion madrilène avait rendez-vous à Vistalegre pour voir The Maestros. Le cartel initial modifié en raison de la blessure d'Alejandro Talavante, c'est donc Finito de Cordoba, Morante de la Puebla et El Juli qui effectuent le paseo. Il est clair qu'un tel cartel laisse supposer une bien belle après-midi. Je ne serai pas déçue.
Finito, portait un habit de lumière magnifique, très beau. Trop beau peut-être pour que certains s'en souviennent plus que de ses faenas.

Son premier toro ne lui laissa pas beaucoup d'options, il était très bien présenté mais faible. De belles véroniques bien fermes pour l'accueillir. Une bien belle demie pour remater devant la pique. Un bon moment au capote.

Une seule pique et retour au patio pour les chevaux. Cette pique avait quand même laissé le temps au toro de se casser la corne gauche...

Finito nous régale de naturelles pleines de profondeur, on se laisse surprendre à quelques "Olé" sur les gradins. La main droite est bonne sur les deux cornes. Le toro étant faible et ne transmettant rien, le torero se met dans les cornes, ça devient plus du combat que du toreo. Le toro donne des coups de tête, Finito essaye mais le toro ne permet rien. La mise en suerte pour la mise à mort est laborieuse, un avis se fait entendre. Une entière à cornes passées qui soulève une petite bronca.

Puis...
Morante, entre en piste... Morante va toréer... Morante, va-t-il nous faire planer?
Reçu en piste par des véroniques pleines de douceur, Morante n'arrache aucun encouragement des gradins. Une seule pique suffit, l'animal était juste de force.
3 paires de banderilles avec salut des banderilleros.
Et Morante prend la muleta... La faena débute pleine de temple, de profondeur sur les deux cornes. La magie opère. Les gradins vibrent, le olé se font entendre... Je suis hypnotisée par l'étoffe rouge.

Chut... Morante toréé!
Pour couronner le tout, une bonne mise à mort... Agitation dans les gradins, les mouchoirs blancs sont de sortie... 1 oreille. Morante est heureux.

De belles et profondes véroniques au centre de l'arène de la part d'El Juli pour son 1er toro. Le toro ne permet rien. Juli nous informe qu'il sera là pour son second.

A nouveau Finito dans son bel habit... Il reçoit bien son toro, au centre de l'arène avec des véroniques. Deux belles demie. Finito s'arrime, essaye, mais rien, rien à tirer du toro. Le toro est faible. Le maestro abrége. Epée de travers, à oublier. Et l'artiste réapparaît, Morante revient... Les véroniques, toujours les véroniques pleines de douceur. Le toro, sans force ne reçoit qu'une pique. La faena débute. La 2e série à droite soulève les Olé, Morante ne bouge pas d'un pouce. Les séries sont pleines de lenteur, cette lenteur signée José Antonio Morante Camacho, cette lenteur qui fait planer. Je suis aux anges. Et puis, il faut en finir, il faut "entrar a matar", une demi suffisante... Aussi suffisante que les mouchoirs blancs qui firent tomber l'oreille du public...

Morante sortira à hombros, Morante sortira par la puerta grande.
Nous étions aux anges, nous flottions, l'artiste a laissé parler son art... Un autre artiste va entrer en piste, son art est différend, plein de pouvoir et de combat... El Juli nous avait donné rendez-vous à son premier, nous ne savions rien de ce rendez-vous mais nous ne serions pas déçus.

 Juli nous emballe de véroniques pleines de douceur, El Juli amène son toro à la pique. Il pousse et renverse la cavalerie. 1er évènement de l'après-midi à la pique... Quite plein de pouvoir et de maîtrise, il nous montre son registre au capote, chicuelina, gaoena, etc...

Au bout de la 2e série à droite, Vistalegre chavire, il nous régale, il est profond, il toréé à genoux, il suspend le temps! Il est magique... Je suis sur le cul, eh oui, j'ai enfin vu EL JULI dans son oeuvre. Un seul détail me déplait, son attitude macho et son rictus... C'est bien peu par rapport au plaisir qu'il me procure.

Pinche, se jette sur une entière, descabello, descente aux enfers, les trophées sont perdus. Sans nul doute il aurait accompagné Morante par la puerta grande si les aciers avaient été de son côté.

Une bien belle fin de journée et de temporada pour moi en ce samedi à Madrid...

Les Domingo Hernandez et les Zalduendo, sont eux, à oublier... à la différence des faenas de Morante et Juli!

Plus qu'un hiver à subir pour retrouver les gradins...

La Zapopina

 

Coup de cœur de La Revolera sur «The Maestros»

Sur cet évènement certains ont anticipé, d’autres ont réagi après. « The Maestros » corrida spectacle, people, artificiel et dommageable pour l’aficionado puriste qui veut défendre la tauromachie, garant  d’une vérité qu’il croit détenir sous peine d’être targué de néophyte. Certes, il faut en convenir, la fiesta brava  se galvaude de plus en plus par l’agissement de certaines figuras avec la complicité des empresas et des ganaderos.
 
Mais pour les aficionados présents à Vistalegre à Madrid ce fut un moment d’art, de grâce, de plaisir. Pourquoi le bouder ?  L’Art de Cuchares déjà à l’époque qualifiait ainsi la tauromachie. A travers les temps il y eut toujours des amateurs d’artistes, d’autres de belluaires. A chacun son plaisir, sans polémiques ni mépris. C’est mon opinion et je la partage…

La Revolera - octobre 2014

Goyesca Arlésienne 2014
Chaque temporada contient des évènements émotionnels qui entretiennent notre aficion, toujours présente bien que parfois émoussée.
La Goyesca arlésienne, cette année 2014, est un grand cru. L’amphithéâtre romain d’une beauté incontestée, mis en valeur, pour le décor, par des artistes reconnus que sont Rudy Riccioti, Christian Lacroix et Claude Viallat, complété parfaitement par la musique avec son orchestre (et non des moindres, respect Chicuelo !) les choristes de Voce, la soprano Cécilia Arbel. Pendant près de trois heures sans ennui,  nos yeux et nos oreilles furent enchantés. Un début émouvant pour les quinze ans d’Alternative de l’enfant du pays Jean-Baptiste, un défilé de 17 reines d’Arles en costumes dont Mandy Graillon dernière en exercice (Notons la présence de la « dame des Monteilles » Françoise Callet-Margé). Venaient ensuite avec les banderilleros, les picadors aux chaquetillas chatoyantes (les chevaux sans caparaçons !). Rien ne manquait au décor dans lequel Jean-Baptiste Jalabert évolua, montrant tout son registre et sa maturité par la variété de son capote. Chicuelinas, revoleras, veronicas… pour les quites et mises en suerte (A noter par deux fois la place du picador dans la grande longueur du ruedo pour citer le toros de loin à l’instar des corridas concours. Souvent, une muleta suave et templée rythma le troisième tiers. Une grande figura française qui provoque notre admiration !
Sa technique adaptée à chaque animal, pas moins de six encastes différents (1), prouve l’évolution d’un torero qui a beaucoup grandi. Peut-être l’Espagne regrettera-t-elle cette  année de s’être privée de sa présence (je pense surtout à Madrid) ?
En tout cas, nous français, nous sommes heureux de compter parmi nos toreros un grand maestro car Jean-Baptiste caracole en tête pour le moment…


La Chicuelina - Septembre 2014

 

(1 ) Toros de :
Puerto de San Lorenzo (encaste Atanasio Fernandez et Lisardo Sanchez.
Hubert Yonnet (Pinto Bareiros)
San Mateo (Murube, Urquijo)
Adolfo Martin (Saltillo)
La Quinta (Santa Coloma)
Domingo Hernandez (Domingo Ortega- Domecq)

Feria de Béziers 2014: quelques aficionados nous ont livré leur ressenti :

Opinion de El Mayoral
La féria 2014 se serait bien passée de cet invité qui s'est imposé durant ces quatre jours: LE VENT.
On aurait certainement vu des faenas différentes, et les toros auraient eux aussi réagi différemment.
Manzanares sauve la corrida de Daniel Ruiz, faible et sans caste avérée.
Les "Margé" très bons face aux picadors, se sont malheureusement éteints en fin de faena.
Ponce absent, les français Castella et Bautista se distinguent.
Magnifique présentation des Torrestrella, grands, armés, dangereux.
Hommage aux trois valeureux toreros, Escribano, Galvan, et surtout Cayetano, qui pour sa deuxième corrida a fait preuve de courage, de volonté, en exécutant desfaenas avec temple et douceur. Sortie à hombros méritée.
Des "Miura" toujours bien présentés, un peu faibles sauf le quatrième et le sixième qui avaient le comportement "Miura".
Bautista a agréablement surpris et a su profiter du cinquième, moins compliqué: trophées mérités.
Castaño était dans un mauvais jour. La féria 2014 restera un bon cru... et s'il n'y avait pas eu de vent...

Ressenti de La Natural
Béziers ! Les toros sont mauvais, les toreros toujours les mêmes… « râlent » les aficionados; et pourtant cette feria nous a réservé des surprises. Malgré la conjoncture les arènes se sont remplies. Surprise, un baryton et une soprano ont chanté merveilleusement bien Carmen. Mais changeons l’orchestre pour l’année prochaine !!
Cocorico, trois toreros français nous ont  régalés. Réjouissons-nous d’avoir de tels matadors.
Le quite « por colleras » de Jean-Baptiste et de Castaño devant un Miura, impensable ! Le recibir de Manzanares etc,etc…
Nous râlerons encore l’année prochaine mais nous serons tous là ! Vive la Fiesta Brava à Béziers !
PS : un oubli : il faudra suivre le protégé de Campuzano Andres Roca Rey…

Réflexion de Don Bernardo
Il se dégage de cette féria pour la partie tauromachique, une part de déception sur le comportement des lots de toros proposés, côté toreros on a vu mieux pour certains les satisfactions viendront de Juan Bautista et des deux jeunes Galvan et Gaétan qui ont apportés de la fraîcheur dans ce cartel face à un encierro de Torestrella compliqué. Cela va peut être pousser l'empresa vers de nouveaux horizons pour l'édition 2015.
Je voudrais souligner également les innovations qui ont été apportées dans les arènes, la messe les chanteurs, la banderole symbolique et les bandas pour clôturer la féria.
Une bonne féria tout de même.

Opinion de Montoya
N'ayant pas vu la novillada je dirai : féria médiocre .Je ne suis pas déçu tant tout cela était prévisible ......
Le 1° jour toros faibles ; le 1 sous Lexomil ! El Juli a essayé avec le 2 en utilisant sa technique, dont on sait qu'elle est grande, notamment estocade trichée !
Sébastien a touché le lot le plus convenable mais n'a pas été compris par le public .Manzanares a eu un 1° fade ; heureusement le dernier de la tarde a permis une grande faena dans le style suave de ce grand torero. Avec un recibir d'école et 2 oreilles on a pu ne pas s'attarder sur le reste.
La déception est venue des toros de Margé le 2° jour, en raison surtout de leurs armures et d'un manque de moral chez certains, notamment le 1 de Ponce. Avec le vent en plus il ne fallait pas attendre grand chose. Quelle tristesse de voir ce maestro qui nous a si souvent enchanté ne faire aucun effort, ne montrer aucune envie....C'est quand la despedida Enrique ? Juan Bautista semble à l'apogée de sa carrière : magnifiques chicuelinas marchées, derechazos profonds... et refus inexplicable de récompense... Une nouvelle grande faena, débutée à genoux ! Et cette fois l'oreille tombe.
Sébastien a touché le meilleur lot et a réussi cette fois. J'ai surtout noté des derechazos interminables en laissant courir la main. Dominio total et estocade parfaite du dernier ! Sortie à hombros méritée.
Pour comparer je dirai que Juan Bautista donne le tournis au toro par des enchaînements impossibles à suivre, Sébastien le chloroforme par la suavité de son toreo.
Le 3°jour il y avait surtout les toros, enfin ! Escribano a du peps et de l'envie ; parfois cela suffit mais là ? J'ai quand même noté sa classe aux banderilles et beaucoup de volonté au 2°; finalement cela a marché, le public est entré dans le jeu et 1 oreille.
Galvan a du chemin devant lui , très long sans doute mais j'ai apprécié son acharnement avec son 2° .
Cayetano s'est accroché avec les deux , montrant un réel potentiel et une expression esthétique de qualité et le courage aussi bien sûr. Tout cela suffira-t-il?
Pour résumer je dirai que la technique à un certain niveau est la condition sine qua non. Surtout devant de tels toros !

Corrida de Miura dans le genre d’aujourd’hui. Moins de violence vicieuse, moins de cette mansedumbre qui éclatait tout à coup, de manière aussi sournoise qu’imprévisible.
Juan Bautista a obtenu le succès qu'il était venu chercher dans une arène qui l'aime bien. Il est technique ( cf. ses passes du pendule avec les Margé ), mais aussi élégant et obstiné. Ce fut plus dur pour Castaño, pas dans une grande année mais qui a le mérite de ne pas se dérober.
On dira une course intéressante mais quand on a vécu çà avec Nimeño ou Richard, quand on a eu les mains moites et la gorge serrée, on reste un peu sur sa faim ....

Disons le encore : il faut des toros et des toreros pour que le mystère se révèle… !

Opinion de Don Claudio
L'édition 2014 de la féria de Béziers comptait quelques petits changements en ouverture de la feria une messe dans les arènes a eu lieu regroupant quelques 5000 fidèles.
Pour renouer avec la tradition lyrique des arènes de Béziers un baryton entonna le paseo de Carmen chaque début de course. Un fait nouveau aussi fut la présidence des corridas qui furent données cette année à une seule personne en l'occurrence Michel Daudé chirurgien et aficionado émérite qui a eu la lourde tâche de présider les 4 corridas et la novillada, choix déterminé par la nouvelle commission taurine extra municipale de la ville.

Les hostilités commencèrent le 14 août par une corrida de Daniel Ruiz, présentant peu de race et de transmission, excepté le 6éme doté de plus de qualités qui permit à Jose Maria Manzanares de l’enrober dans sa muleta de velours et de couper les 2 oreilles. EL JULI fit une faena de poder et d’entrega sur un quatrième toro compliqué et qui ne se laissa pas damer le pion, il coupa aussi une oreille. Sébastien Castella qui lui jouait à domicile, partit sans trophée après avoir affronté deux toros sans option de triomphe.

Le vendredi l5 août la journée commença par une novillada sans picador avec des novillos de Robert Margé qui permirent aux jeunes des écoles taurines de pouvoir montrer leur technique, en particulier Joaquin Galdos le péruvien exilé de l'école taurine de Malaga qui faisait sa dernière novillada avant de passer à l’échelon supérieur dans ce week-end, il coupa deux oreilles et remportera le prix Jean-Paul Deruy attribué par le club taurin Sol y Sombra de la ville. Sergio Roldan de Almeria, Joao Machado de l'école taurine de Béziers et Pierre Mailhan de l’école taurine d’Arles l'accompagnaient.
L’après-midi ce fut au tour des toros de Robert Margé de bonne présentation et de jeux différents qui permirent à Sébastien Castella d'ouvrir la grande porte après avoir coupé un appendice à chaque toro. Juan Bautista qui fêtait ses quinze ans d'alternative et qui fut honoré par la Fédération des Clubs Taurins de la cité, coupa une oreille après une bonne faena parachevée d'un grand coup d'épée. Sur son premier après une faena « templée » et bien conduite le palco le priva de l'oreille malgré une pétition certes majoritaire. Enrique Ponce venu en vacances ne sut pas profiter de la bonne charge de ses adversaires.

Le Samedi 16 Août eut lieu le matin une novillada sans picador avec des novillos de Robert Margé qui permirent le triomphe du jeune Carlos OLSINA de l'Ecole Taurine Béziers Méditerranée qui remporta le trophée Jean Paul Deruy, Sergio Montero de l’Ecole Taurine de Madrid et El CHISPA accompagnèrent le triomphe du jeune biterrois qui fut ovationné au tercio de capote où ils firent tous les quatre un quite por colleras qui fut apprécié par le public.
L'après-midi les toros de Torrestrella compliqués dans l’ensemble dont le troisième qui fut un bon toro, permirent au protégé de Denis Loré : Cayetano ORTIZ d'ouvrir la grande porte après deux faenas d’émotion et d'entrega du jeune biterrois qui fut pris par le toro heureusement sans aucune incidence. Manuel ESCRIBANO coupa une oreille après une bonne faena et un bon tercio de banderille où il excelle à merveille. Le troisième torero David GALVAN, venu en substitution du madrilène DAVID MORA blessé le 20 MAI dernier à Las Ventas, dut livrer une véritable « pelea » devant deux toros avisés et compliqués qui lui demandèrent une technique et un sang froid hors du commun ; il fut ovationné par le public biterrois.

Le Dimanche 17 août les novillos de Pages Mailhan donnèrent à différents degrés du jeu et de la mobilité et permirent ainsi à ANDRES ROCA REY le péruvien apodéré par Jose-Antonio CAMPUZANO de sortir en triomphe après deux faenas « templées ». VICENTE SOLER coupa lui aussi un appendice après une faena entregada et un bon tercio de banderilles. LOUIS HUSSON, à l'écoute de son mentor Richard Milian, toréa avec sérieux et application mais la mauvaise utilisation des aciers le priva d’une Grande Porte en compagnie de son concurrent péruvien et coupa donc une oreille.
L’après-midi vit un mano a mano pour la traditionnelle MIURADA au comportement différent, certains toros nobles, sosos ou compliqués permirent toutefois à Juan Bautista qui honorait son deuxième contrat, de sortir par la grande porte après avoir coupé une oreille du troisième et cinquième opposants. JAVIER CASTANO qui malgré deux bonnes faenas ne peut tuer correctement ces adversaires. La cuadrilla du salamantin se fit une fois de plus applaudir tant David ADALID que Fernando SANCHEZ avec les banderilles et les deux SANDOVAL Alberto et TITO se firent remarquer dans le premier tercio .

Opinion de la Tafallera
Tout d’abord cocorico ! Nos toreros français ont ouvert la grande porte devant un bétail plus ou moins facile mais de respect. Si l’on déplore le vent violent, 3eme corne du toro, on peut admirer d’autant leurs prestations. Merci à Sébastien, Jean-Baptiste, Gaëtan et Charles pour les plus jeunes.
Côté toros pas mal de faiblesse même chez Miura, excepté les quatre piques mais la dernière « a regaton » du 4eme. Quant aux Daniel Ruiz il vaut mieux désormais leur éviter le voyage à Béziers.
Dans les yeux et les oreilles j’ai la passe « por colleras » de Juan Bautista et Javier Castaño devant un Miura, pas banal ! Nos 4 jeunes novilleros d’une matinale, l’avaient exécuté à quatre superbement.
Le baryton à la voix chaude et à la belle prestance pour un Escamillo de Paseo, bonne idée novatrice. Dommage qu’il ne soit pas accompagné par un véritable orchestre de la veine de Chicuelo ou du maestro Tejela (mais là je rêve !) cependant on devrait remplacer la médiocre fanfare qui sévit depuis trois ans…
La présidence unique, nouveauté aussi, c’est bien. Après quelques couacs les deux premiers jours, le président a pris ses marques et ça s’est bien passé. On peut regretter le peu de place que l’on fait aux jeunes. On pourrait leur permettre de s’initier en leur faisant une place dans les non piquées du matin en leur donnant un poste d’assesseur. Attention au futur…
Les antis réussissent à rassembler les aficionados Les deux « locas » de la matinale (courageux ces mecs-là) ont dopé la prestation de Andres Roca Rey, encouragé vivement par le public couvrant la voix de ces insensées.

Ressenti de La Zapopina
Une féria, c'est tout un ensemble. Résumer celle de Béziers en quelques mots n'est pas aisé, tellement il y a à dire...
Sur le papier, tout était bien monté par l'empresa. Le rendu a peut-être laissé à désirer, surtout au niveau du bétail.
Les toreros m'ont régalé, surtout Manzanares et Juan Batista et son temple face aux Miuras...
Ponce et Castella, eux ont une place à part dans mon coeur qui m'empêche d'être objective. Ponce est le torero qui a vu grandir mon aficion, celui qui m'a fait venir la chair de poule lorsqu'il fait plus de 30° et Sébastien, c'est LE torero biterrois, celui que j'aime voir aux cartels!
Après, de belles choses pour Escribano, ses "puerta gayola" et ses banderilles ainsi que pour Cayetano (qui manque cependant de planta torera) qui s'est fait une belle féria dans ses terres. Les Torrestrella ont bien servi les toreros.
 Côté toros, sur le papier c'était bien présenté sauf pour les Daniel Ruiz que l'on n'a jamais vu bons à Béziers. A bannir et celui qui les impose également...
 Des lots bien présentés, bien armés avec du trapio mais qui pour certains (Daniel Ruiz et Margé), n'ont pas été à la hauteur du fer qu'ils portent.
Les Torrestrella ont été à la hauteur, et même s'ils ont été dangereux ils ont permis aux toreros de couper des oreilles. Enfin, les mythiques Miura, bien dans le type de la maison. Ils sont allés à la pique et même s'ils n'étaient pas aussi lourds que lors de précédentes férias ils impressionnaient. La meilleure faena pour moi serait celle de Juan Bautista car il a toréé avec temple des toros à qui l'on n'est pas habitué de voir servir de telles faenas.
Les novilladas...
La non piquée du vendredi... Pour moi le meilleur, le novillero de l'école taurine de Madrid (Sergio Roldan), il a été bon à la cape, il a banderillé et la muleta n'a peut être pas été aussi convaincante que la cape et les banderilles mais, j'ai aimé...
Joaõ Machado a été bon à la cape. Très bonne zapopina, même si Serge estime qu'il s'agit de lopesina!!!
La non piquée du samedi... Carlos Olsina, pour moi au dessus du lot des novilleros. Les becerros de Margé ont permis au novillero biterrois d'ouvrir la grande porte!
La piquée de dimanche... Un bon lot de Pagès-Mailhan, même si la bravoure a un peu fait défaut à la cavalerie.
Andrès Roca-Rey, un futur grand??? Il semblerait... Toreo classique!!!
Louis Husson... J'aime bien son toreo, un futur torero pour le sud-ouest??? J'ESPERE!
Sinon, le temps n'était pas de la partie sauf le dimanche où j'ai eu chaud (enfin) dans les arènes.Le vent a gêné l'ensemble des toreros, certains ont quand même sorti leur épingle du jeu, comme Manzanares par exemple!

Joselito à Istres - Juin 2014

Complicité avec Morante
Véronique
Naturelle

Retour unique ? Mais quel retour !

Quinze ans après…

Quinze ans après, le corps relaché, il n’a pas changé. La silhouette est la même, quelques fils d’argent dans la chevelure, Joselito torée. Pas de « traje » neuf pour l’évènement, le costume des années 2000 n’a pas eu besoin de retouche dixit le maestro. Il est entre le marine et le violet, c’est toujours lui qui le dit. C’est pur, c’est lent, pas de fioritures…Le ciel bleu sur nous peut s’effondrer, on se fout du monde entier, Joselito, heureux, torée et nous, aux anges, le regardons toréer… Les gouttes de pluie sur nos joues sont-elles vraiment de la pluie ?

La première faena nous est « brindée », la seconde c’est pour Morante qui sourit comme jamais. L’orchestre Chicuelo joue l’hymne à l’amour, ce qui fait sourire le torero, puis le concerto d’Aranjuez accompagne la seconde faena. Que du bonheur, nous sommes là conquis, la pluie peut bien tomber, qui s’en soucie ?

Le matador de La Puebla n’est pas en reste non plus. Devant son second toro manso il s’arrime, le laisse promener dans tout le ruedo pour mieux lui infliger sa volonté et son « dominio » tout en douceur. Que d’allure, de suave lenteur…

Deux maestros nous jouent leur partition.

Deux Goliath face auxquels le jeune David, cette fois, est à la peine. Lui qui a tué un toro avant d’être sacré matador ! Le jeune et méritant Cayetano Ortiz n’a pas eu la tache facile et pourtant il s’en est tiré avec les honneurs. Dommage pour les aciers, car il pouvait accompagner le « maître » par la grande porte…

Enhorabuena matador !

Après cette tarde mémorable Joselito nous confie ses impressions. Il avait imaginé la réussite mais à ce point ce fut un rêve, une merveille. Il affirme que son retour est unique et qu’il ne toréera  plus jamais malgré l’insistance de ses admirateurs. Autre anecdote : Joselito précise que s’il a fait le paseo montera sur la tête c’est qu’il n’a plus l’âge avec ses cheveux blancs de faire le paseo tête nue et d’ailleurs cette mode fut apportée par les sud-américains depuis une soixantaine d’années. Avant les toreros défilaient montera sur la tête.

Le « gusanillo » s’est-il réveillé ? Joselito ne reviendra plus ?

Jose-Miguel Arroyo restera à jamais dans nos mémoires…

La chicuelina - Juin 2014

Remate de Morante
Alternative de Cayetano Ortiz
Pecho de Cayetano Ortiz

JOSELITO le retour…

JOSELITO

Le bruit courait puis la rumeur enfla…Joselito se rhabillerait de lumière…

Où, quand, pourquoi ?

Vous savez, dans ces arènes du « Palio », une petite ville au cœur de la Provence, elle s’appelle Istres. Depuis quelques années, au mois de juin, se déroule une sympathique feria qui remplit de plus en plus ces arènes grâce aux évènements qui s’y déroulent. L’organisateur serait-il un peu sorcier ? Il se nomme Bernard Carbuccia « Marsella », matador de toros, il prit son alternative à Béziers en 1990, mit rapidement fin à sa carrière, conscient de ses limites (c’est lui qui le dit) mais demeure habité par le « gusanillo » et sa feria va « a mas » chaque année (que va-il trouver l’an prochain ?).

L’année dernière, l’éleveur Joselito était venu, accompagné de son cheptel « le Tajo y la Reina » à Istres et son ami Morante avait combattu ses toros. Tous deux avaient apprécié le lieu et le torero de la Puebla avait soufflé à son ami  l’idée de revenir en sa compagnie, fouler le sable des arènes…mais c’était non, de la part du maestro Joselito devenu ganadero. Puis, les jours passant, l’idée fit son chemin et Joselito eut envie de revenir pour une fois, mais une seule, jure-t-il.

Jose Miguel Arroyo dit « Joselito » fut une des figures majeures des années 90 jusqu’en 2003 où il mit fin à sa carrière. Issu de l’Ecole Taurine de Madrid, il s’illustra dans une tauromachie classique, pure (ah ! ce bras relâché dans la passe…), fut un excellent matador aux estocades nettes, rarement « loupées », laissa une empreinte incontestable.

Après une enfance à la Dickens (abandonné par sa mère, un père voyou et dealer), ce jeune adolescent triste et réservé s’éduqua à l’Ecole Taurine de Madrid où régnait une discipline de fer. Ses compagnons, entre autres, se nommaient El Bote et El Fundi. Ils poursuivront ensemble un long chemin qui les conduira à l’alternative (le 20 avril 1986 à Malaga pour Joselito).

Ils sont tous trois retirés, actuellement, et les directeurs artistiques de cette école qui les a vus grandir et devenir des hommes.

La corrida du 15 juin à Istres fera parti des évènements de la saison et Cayetano Ortiz qui passera son doctorat avec ses deux figuras,  sera illuminé par la présence de ces deux « monstres ». Il deviendra le troisième matador biterrois.

La chicuelina- mai 2014

Journées Taurines 2013 Hommage à El Fundi

La temporada s’achève. A Béziers, les Journées Taurines et la soirée des « Toros d’Oc » en étaient le point d’orgue. Cette année l’hommage à José-Pedro Prados Martin « El Fundi » retiré des ruedos en 2012, fut une réussite. Le maestro, présent deux journées durant, accompagné de sa maman et de sa charmante épouse Ana-Belén, ne fut pas avare de confidences, d’anecdotes, d’impressions sur sa carrière passée et ses activités futures.
Sa carrière, débutée en 1985 avec une alternative en 1987 et une confirmation à Madrid le 22 mai 1988 avec les mêmes compagnons: Joselito et El Bote, s’est terminée en 2012. Celui qu’on nomma « l’Aigle de Fuenlabrada »  reste l’homme simple, sincère, courageux qui a marqué l’afición de son empreinte et en particulier celle de France. Les débats ont été menés de main de maître par le sympathique et talentueux chroniqueur Rolland Agnel avec la collaboration de Michel Volle, Paul Hermé et Guy Tangui.

La fameuse corrida avec les « Yonnet » le 29 septembre 1989 à Arles, en compagnie de Milian et Carretero, impacta sur la carrière del Fundi qui révéla chez les aficionados des qualités et performances techniques indéniables qui en firent un matador de premier plan. Il fut le torero espagnol le plus français par ses nombreuses prestations sur notre territoire, essentiellement devant des toros dits « de respect ».
A Béziers, pas moins de 14 paseos dont la moitié devant les légendaires « Miura », le reste face à des ganaderias, et non des moindres, du nom de Victorino Martin, Félix Hernandez, Dolores Aguirre, Javier Molina, Maria Luisa Perez de Vargas, Palha et Valdefresno !
L’on peut regretter qu’un jeune torero talentueux, à la technique imparable, soit cantonné aux corridas dites dures, faute de pouvoir intégrer les élevages pour « figuras ». Par ailleurs aurait-il gagné ses galons et imposer son style en restant au sein de la cohorte des jeunes matadors confinés dans l’anonymat ? Lorsqu’on a du talent et des capacités on devient une figura dans tous les cas… C’est aux empresas et aux aficionados de reconnaître cet état de fait qui tend à redorer le blason de ces matadors dits de  « seconde catégorie » ; en les promulguant davantage dans toutes les ferias, comme le font déjà certains.

Octobre 2013
La Chicuelina

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Commentaires

26.09 | 09:44

Merci de votre apport.

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25.09 | 13:59

N'oubliez pas mon compatriote Nikko Norte, "El Holandès" novillero sans picadors jusqu'en 2005, qui va publier ses mémoires le mois prochain (octobre 2018)!

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18.09 | 12:07

Une dernière précision : après le tirage des lots, chaque matador (ou son représentant) choisit l'ordre de sortie de ses toros

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10.12 | 21:17

Bravo à Maurice Daussant ainsi qu'à toute son équipe de bénévoles pour son film sur Gabin Réhabi. Très beau film.

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