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Feria del Pilar de Zaragoza 2016

Une autre facette de la ferveur espagnole dans cette feria d’Aragon au mois d’octobre où les défilés incroyables de participants en costume traditionnels et divers, apportent des dizaines de milliers de fleurs à cette madone érigée sur le parvis de la cathédrale, juchée sur son pilier, à l’effigie  de celle de l’intérieur de l’édifice religieux que l’on nomme la Virjen del Pilar .
Cette année, dans cette arène (qui fut la première dotée d’une couverture complète et adaptable), la fête des toros eut-elle aussi non pas un, mais trois piliers de la tauromachie  tellement l’art taurin fut conjugué à tous les temps ! La  penultima (1) de la feria atteignit des sommets qui élevèrent dans les nuages les aficionados présents dont nous faisions partie.
La première corrida de notre séjour nous laissa déjà sous le charme de Ponce le grand maestro de Chiva. A son second toro il fut magistral d’art, de précision, de lenteur. Si l’estocade avait été celle de son premier adversaire, les deux appendices et la queue couronnaient sa partition ! Ces aciers qui ont fait défaut tout l’après midi… Cayetano lui aussi. Son brindis à l’afición qui soutient la fiesta et au jeune Adrian, victime de la maladie, mais qui a une âme de torero.
La seconde corrida portant le fer de Victoriano del Rio déçut par son cheptel. David Mora tira son épingle du jeu coupant un trophée. Sa domination faite de douceur nous laissa conquis. David aura accompli son art et sa domination cette année après de longues épreuves… Juan Bautista, malgré le peu d’option face à ces décevants toros, montra sa technique et sa valeur, constantes depuis le début de la temporada.
Ignorons les Daniel Ruiz du 14 octobre…Décidément cette ganaderia est à mettre au placard ! Pourquoi les toreros acceptent-ils encore d’affronter ces bêtes qui les privent de succès ?
Gines Marin, jeune matador prometteur, fit montre de capacités certaines.
La novillada du lendemain permit le succès de notre compatriote nîmois Andy Younès qui sortit à hombros.
Et puis est arrivée la tarde des tardes : no hay billetes, public heureux, exalté jusqu’à l’épuisement…  tarde de gozo ! (2)
Cela s’annonçait plutôt mal… Après une gigantesque ovation, Padilla, partit a porta gayola et pris d’emblée près de son bandeau de pirate, fut envoyé à l’infirmerie. Allait-on vers un mano à mano Morante-Talavante ?
Jose Antonio s’occupa du toro de son malheureux compagnon, sans plus. A son second il écouta sans broncher la bronca la plus déchainée qu’on entend rarement même si El de la Puebla nous a accoutumés cette année à ce genre d’ovation. Mais l’artiste passe du Yin au Yan, de l’ombre à la lumière, d’une rive à l’autre avec une déconcertante facilité. A croire que les broncas stimulent notre génial torero. Cette année je l’ai vu particulièrement époustouflant après les cris de fuera. Aucune rancœur de la part de ce public qui l’adore ou le voue aux gémonies.
Lorsqu’il nous entraine vers l’extase d’une inspiration inespérée, on lui pardonne tout…
Talavante qui est maintenant le plus beau, le plus artiste, le plus créatif, nous embarqua vers des horizons impossibles à atteindre pour les autres !
L’enthousiasme fut à son comble lorsque Padilla revint pour le dernier toro. Quelle force herculéenne, quelle envie de forcer le destin qui semblait bien obscur après cette horrible cogida dans ces mêmes arènes en 2011. Démonstration époustouflante récompensée seulement par un appendice accordé par un économe président qui connut à son tour les affres du tumulte de la foule criant de tous ses poumons fuera, fuera…!

Mais quelle émotion à la sortie à pied simultanée des trois maestros complices, heureux, Morante lançant même une broma (3) à Talavante.
Le public sortit exsangue de tant de joie et de tant d’émotion !
Seulement pour avoir vécu ces instants, je reverrai avec ferveur cette vierge au pilier !

La Chicuelina - Octobre 2016


(1) avant dernière
(2) après-midi de plaisir
(3) plaisanterie

Luis Francisco Espla – Torero et artiste

 Comme annoncé dans notre sujet sur les CORRIDAS A THEMES (voir rubrique Réflexions-Anecdotes), la 12ème goyesque d’Arles le 10 septembre 2016 est à marquer d’une pierre blanche.

Depuis sa création en 2004 elle a déjà donné matière à réjouissance par son concept : laisser un artiste créer un décor dans l’arène (le premier fut Christian Lacroix), donner une importance à la musique pars les orchestres, les chanteurs lyriques et cette année un jeune et virtuose violoniste espagnol qui accompagnent les moments agréables de l’après-midi. Il y a deux ans nous avions assisté en préambule au magnifique défilé des reines d’Arles en costume traditionnel accompagnés des gardians.
Cette année Jean-Baptiste Jalabert, enfant du pays, coiffe la double casquette de directeur des arènes et de matador de toros.
Son originalité le conduit à inviter le maestro retiré Luis Francisco Espla, artiste peintre, à décorer les arènes. Son désir va plus loin : il demande au maestro de revêtir l’habit de lumière pour une fois afin de toréér dans son propre décor. La coleta coupée depuis 6 ans, Espla n’a plus remis les pieds sur le sable de l’arène si ce n’est pour l’alternative de son fils Alejandro. Réflexion faite un temps, « par pure vanité » dit-il « j’ai accepté car je ne pouvais laisser échapper un tel évènement ».
Luis Francisco fut un matador respecté, au talent bien particulier, toréant à l’ancienne les toros les plus durs. Il coupa les 2 oreilles d’un Victorino à Madrid en 1981, son desplante devenu célèbre : accrocher sa cravate aux cornes d’un animal redoutable.
Il posait les banderilles, ce qui l’a enfermé un temps dans les corridas de banderilleros.
Artiste du ruedo, il l’est aussi avec des pinceaux. Il dessinait ses costumes souvent d’une originalité improbable toujours confectionnés par le sastre Alejandro, d’une inspiration tournée vers les toreros anciens. Ainsi celui de cette goyesque est inspiré de Carnicero, contemporain de Goya. Il fut le premier à arborer des capotes doublés de bleu.
Son talent de peintre l’a conduit à dessiner des affiches pour Nîmes et Céret. L’apogée fut celle d’Arles tout en symbolique : la Maja de Goya couchée sur un toro comme Europe enlevée par l’animal père du Minautore. La décoration du ruedo offre d’autres signes en relation avec le pays arlatan.
 
Cet évènement nous a laissé dans la joie, l’émotion, des lumières plein les yeux de toutes ces beautés éphémères mais gravées dans nos mémoires et dans nos cœurs.
Merci à Jean-Baptiste pour son talent qui en font un des plus grands de nos matadors français !

La Chiquelina – Septembre 2016

De cette goyesque voici maintenant la vision retenue par La Zapopina...

Les gladiateurs du Colisée

Le ciel était radieux, nous étions tous prêts à découvrir l'œuvre du maestro LF Espla qui décorait le ruedo éphémère de l'arène d'Arles pour la 12e goyesque de l'amphithéâtre romain. Pour accompagner le singulier retour en tant que torero de LF Espla, l'accompagnait au cartel, celui de la Puebla ainsi que l'enfant du Pays et empresa des arènes d'Arles, Juan Bautista.
Le ruedo, aux couleurs de la Camargue avait en son centre une magnifique croix de Camargue avec un cœur vermillon, un ciel lumineux avec ses rayons d'or et une mer azur.
Les trois gladiateurs du jour faisaient leur entrée dans le colisée sous les applaudissements nourris pour le retour d'Espla.
Une fervente ovation invita le maestro à saluer à la fin du paseo, il associa ses compagnons de cartel à cet hommage.

Le premier des pensionnaires de la finca « Moheda de Zalduendo » permit au torero retiré des ruedos depuis six ans et vêtu d'un habit chocolat avec écorces d'oranges et une résille pour tenir ses cheveux; un retour en douceur où il nous a gratifié de son toreo ancien dans la querencia de son adversaire, aux planches. Une demi-épée permit la mort rapide du taureau et vit la pétition s'élever dans les gradins pour demander l'appendice.
Le quatrième opposant, plus vif donna l'occasion au maître de le toréer par le bas et de nous régaler de quelques passes comme la « pase de las flores ». Ce taureau fut également celui qui nous occasionna la frayeur de l'après-midi lorsqu'il envoya voler LF Espla dans les airs arlésiens et qu'il le repris une fois au sol. Aidé par son fils et ses compagnons de cartel, le torero se releva et revint devant celui qui l'avait chahuté, avec le front ensanglanté. Après le descabello, celui qui n'avait pas foulé les ruedos depuis quelques années coupa sa 2e oreille du jour. A l'issue de la vuelta al ruedo, il rejoint l'infirmerie pour quelques minutes et fit sa réapparition dans le callejon.

Et puis apparu José-Antonio Camacho « Morante de la Puebla ». Au regard de sa temporada laborieuse et de ses derniers paseos nous pouvions nous demander ce qu'il nous réservait. Allions-nous le voir dans un mauvais ou bon jour ? Dès les premières passes au capote sur son 1er opposant, on pouvait craindre le pire. Il n'y eut pas de symbiose entre les deux. L'acharnement du picador qui n'entendait pas ou ne voulait pas entendre les injonctions de son torero n'ont pas aidé à ce que ce taureau puisse donner un quelconque jeu. La muleta fut presque inexistante. Que dire de ses mises à mort ? Avec un tel spectacle, la tauromachie n'a rien à craindre des anti-taurins. Les sifflets montaient dans les gradins pour s'abattre sur Morante, qui estime que ceux-ci « sont le prix de sa liberté tauromachique ».

Vu qu'il n'y a pas de mauvais 5e on pouvait espérer… et l'espoir fait vivre ! Peut-être soucieux de se rabibocher avec l'afición arlésienne qui ne le hua pas lors de son retour en piste, celui de « La Puebla » nous gratifia de jolis mouvements pleins de temple et profondeur au capote même s'il sait et aurait peut-être pu mieux faire. L'espoir revenait. La pique sur son faible opposant fût bien moins appuyée ce qui lui permit d'arriver à peu près vivant au dernier tiers. Morante, devant ce faible adversaire toréa à pieds joints ses naturelles, il amena avec sa douceur son compagnon de quelques instants dans une faena assez longue au cours de laquelle il nous servit des muletazos profonds. Une demi-épée lui permit de couper son unique oreille de l'après-midi, assez protestée par une partie des gradins.

Juan Bautista, qui depuis deux ou trois temporadas est bien en dessus de ses opposants avait tout pour réussir sa goyesque tant comme empresa que comme torero. Il ne lui en fallait pas plus pour qu'il nous régale, son excellent taureau l'aida en ce sens. Il poussa fort à la pique et renversa la cavalerie. On vit même Morante venir « tirer le diable par la queue » afin de libérer le cheval et de pouvoir le relever. Sa faena fût superbe, profonde et templée, il transportait les gradins de sa ville, l'amphithéâtre romain bouillonnait et lorsqu'il libéra les spectateurs par un recibir sur son excellent taureau. Ils exultèrent. Les mouchoirs blancs s'agitaient, ils voulaient plus que ces deux oreilles méritées. La queue tomba elle aussi dans l'escarcelle de l'arlésien. Que pourrait-il réaliser de mieux à son 2e ?

Le deuxième taureau dévolu à Juan Bautista présentait également d'excellentes dispositions. Il poussa sous le fer et l'enfant du pays posa lui-même les banderilles, ce qui enflamma les gradins. Toujours en possession de ses moyens le taureau était prêt pour le 3e tiers où une fois encore Juan Bautista nous régala et transporta vers des cieux remplis de saveur. La faena servie était complète et me plut. Le taureau méritait de démontrer encore son embestida et l'arlésien lui offrit un recibir foudroyant. L'amphithéâtre romain exultait à nouveau, deux nouvelles oreilles pour l'enfant du pays.
Après-midi plus que réussie pour Juan Bautista tant comme torero que comme empresa.

Les taureaux quant à eux ont présenté un jeu inégal. Tous bien présentés. Le meilleur lot pour Juan Bautista.

Sortie à hombros pour LF Espla porté en triomphe par son fils et ce torero si particulier qu'est Morante… (On pourrait se demander s'il ne voulait pas ne pas voler la vedette à ses compagnons de cartel, l'un faisant son retour dans le ruedo et l'autre étant sur ses terres).

La Zapopina – Septembre 2016

FERIA DE BEZIERS 2016 - Impressions...

Feria inégale, beaucoup de déception, notamment les « Margé » qui nous avait habitué à mieux. Cependant Juan Bautista, sa technique et son aisance face à des adversaires médiocres et David Mora toréant ce manso aux planches en lui servant des séries de bonne facture, furent des moments qui nous sortirent de notre léthargie.
J’ignorerai la première corrida : assez de mixtes, de Mendoza et de Garcigrande.
Mais la corrida de Nuñez nous redonna l’espoir et Sébastien Castella, dans toute sa splendeur, heureux de triompher chez lui. Son salut avec dans ses bras un bouquet de fleurs sorties de la « marisma portiragnaise » fut un beau symbole pour moi.
Je n’oublie pas Talavante qui n’a pu nous montrer tout l’étalage de son grand art, mais il a eu le mérite de nous servir des passes sublimes de lenteur et de torería, ne se faisant toucher la muleta une seule fois, ce que le public de Béziers n’a su voir, vu la petite pétition, mais le président lui octroya une oreille, faisant preuve de sa compétence.
Gardons pour la fin en apothéose, un grand Rafaelillo devant Valdeano, miura d’exception (tour de piste comme de juste) qui permit une faena templée avec des détails savoureux et étonnants devant ce pensionnaire de Zahariche. Qu’aurait dit Don Eduardo, lui qui se scandalisait quand Belmonte approchait de trop près ses toros ? C’était la 50ème miurada de Rafaelillo.
Un encouragement aux jeunes qui nous font plaisir avec les « non piquées matinales ». André Lagravère au bagage déjà complet, Carlos Olcina et Lucas Miñana de Béziers, Alfonso Ortiz de Zaragosa nous donnent de l’espoir pour l’avenir.
En novillada piquée, Adrien Salenc et Andy Younes ont coupé chacun une oreille. David Luis Adame eut de bons gestes mais il doit se perfectionner aux aciers car l’alternative approche aux vendanges à Nîmes.

La Chicuelina - Août 2016

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Sur le papier tout était réuni pour que l'édition 2016 soit un bon cru, l'empresa allant même jusqu'à nous proposer aux cartels trois des triomphateurs de la San Isidro 2015 et 2016, mais ça c'était sur le papier.
La 1ère corrida du cycle ne vaut même pas la peine que l'on s'y arrête plus de trois minutes. Elle n'a eu que l'avantage de nous faire découvrir Alberto Lopez-Simon.
Je dirais juste Basta des corridas mixtes avec Mendoza et des Garcigrande.
Le lendemain, les Nuñez del Cuvillo bien présentés ont permis du jeu chez les toreros. Sébastien a montré qu'il était le maître chez lui. Le faenón servi sur le 2e taureau nous a permis de rêver et de lui octroyer les deux oreilles d'un excellent adversaire. Hélas il n'en a pas été de même pour Talavante, qui a été incompris d'une grande partie de l'afición biterroise. Ses deux faenas démontrent une maîtrise, un temple et une technique extraordinaire. Toutes ces qualités accompagnées de son envie de bien faire n'ont trouvé qu'un faible écho auprès des tendidos biterrois et il est extrêmement dommage que le public de Béziers ne se soit pas lavé les yeux avant de venir. Heureusement que le président était là pour lui accorder un appendice plus qu'amplement mérité. Il mérite d'être vu et revu.
Andrés Roca-Rey a préféré lui, toréer le public, ce qui fonctionne très bien, plutôt que son taureau. Son trémendisme chavire le public, mais jusqu'à quand ?
Lors de l'avant dernière corrida du cycle, nous avons touché le fond… Les Margé qui nous ont habitué à de belles surprises ces dernières années n'étaient que l'ombre d'eux-mêmes. Les combattants de l'impossible ont essayé mais se sont cassé les dents. Juan Bautista et David Mora s'en sortant un peu mieux que l'infortuné Diego Urdiales qui hérita du pire lot. David Mora dont s'était le retour après son très grave accident avait à cœur de se rappeler au bon souvenir de notre afición. Il s'est employé avec un manso aux planches, digne d'un travail de Titan. Ses efforts ont été récompensés par l'obtention d'un appendice.
Enfin, les pensionnaires de Zahariche foulaient le sable biterrois, c'était la dernière corrida du cycle. Rafaelillo a livré un combat magnifique de temple face à son excellent second, gratifié d'une vuelta al ruedo, qui lui a permis de couper les deux oreilles. Quel exploit pour les Miura !
Du côté des novilleros, de belles découvertes ou confirmations.
En non piquée, je retiendrai Carlos Olcina et Lucas Miñana du côté de Béziers ainsi qu'André Lagravère qui possède un bien joli bagage technique.
En piquée, Luis David Adame qui aurait pu se voir attribuer le taste-vin d'argent, comme son frère il y a quelques années, s'il n'avait pas laissé échapper ses trophées à l'épée. La mire est à régler avant l'alternative de septembre à Nîmes.
Pour ces deux derniers toreros, je dirais que « bon sang ne saurait mentir »…

La Zapopina – Août 2016

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N'ayant pas assisté à la Miurada ( je me le reproche) je n'ai guère de coup de coeur à partager...
Je trouve Hermoso de Mendoza trop maniéré et sans adversaire sérieux cela ressemble à du Bartabas ..... et pas du toreo ... peut-être faudrait-il passer à quelqu'un d’autre, Léa Vicens par exemple ....
Je ne veux plus voir les Garcigrande. Sans toro pas de lidia !
Sébastien Castella, on connait et je ne m'en lasse pas .... Talavante est un très grand torero ; si la présidence n'avait pas somnolé on aurait eu un merveilleux grand moment ! le public était encore avec Sébastien ......
Roca Rey a la fougue de la jeunesse et le talent d'un futur grand. Mais il faut aussi qu'il mûrisse. Comme capeador c'est remarquable ; ah ces " rogerinas " pour la mise en suerte !
J'ai compris pourquoi Diego Urdiales, malgré son professionnalisme, n'est pas figura ; il est aussi froid qu'un vent d'hiver en vieille Castille.
Avec lui pas de fioritures, pas de geste inutile...... et quand le toro ne veut pas ....( toro de Madrid ou pas ? )
Juan Bautista est un vrai grand, capable de lidier tout type de toro, même celui qui ne veut, ou ne peut pas.
David Mora m'a plu par sa gestuelle, sa technique, son art : chicuelinas marchées pour la mise en suerte ! et surtout la gana dont il a fait montre avec son second adversaire alors que d'autres auraient plié les trastos....
Le parrain du système a du souci à se faire, comme ganadero d'abord, comme
empresa ensuite. Une remise en question est impérative ....

Bref une féria qui ne restera pas dans les mémoires, la mienne en tout cas .

Montoya - Août 2016

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La féria de Béziers 2016 a déçu, et ne restera pas dans les annales.

Le 12 Août, Sébastien Castella et Lopez Simon ont essayé de construire de belles faenas, mais devant des toros faibles, avec peu de charge, que pouvaient-ils faire? Une seule oreille pour le biterrois.
Le 13 Août, les Nuñez Del Cuvillo bien présentés, peu piqués, ont permis aux trois toreros de couper les oreilles, sans trop de panache, à l’exception de la grande faena de Sébastien à son second toro, gestes précis au début, puis toreo vertical avec aguante et domination (2 oreilles).
Le 14 Août, on attendait les toros de Robert Margé, quatre, hélas, se sont vite éteints, et deux autres ont préféré les planches.
Pourtant, ils allaient tous avec alegria au cheval, poussant fort, restant sous le fer, et revenant pour une deuxième sans hésiter.
Mais pour les toreros ce fut plus compliqué: Urdiales est passé rapidement, Juan Bautista avec sa volonté a réussi une belle faena devant son premier (une oreille) et David Mora a  lutté avec le dernier toro querencioso pour lui tirer quelques passes et faire lever les gradins (une oreille).
Les Miura qui clôturent la feria, sont toujours choisis par l’éleveur, qui a envoyé un lot supérieur.
On a vu des Miura! Rafaelillo a su tirer son épingle du jeu en coupant 3 oreilles (grande faena à son second 2 oreilles et vuelta au toro)
Medhi Savalli coupe une oreille à son dernier toro grâce à son style enjoué qui plait au public, et Alberto Lamelas, qui torée peu, n’a pas réussi devant deux exemplaires difficiles, des vrais Miura, charges courtes, et se retournant très vite.
On retiendra les deux oreilles de Castella, et la grande faena de Rafaelillo devant un excellent Miura.

Feria assez triste, avec moins de public, dont une partie devrait apprendre les bases de la corrida.

El Mayoral – Août 2016

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Mes souvenirs de la Feria 2016:
Le samedi 13 août
     Je retiendrai Talavante pour sa faena devant le 5eme toro Perdicero
     Sébastien Castella et sa faena au 4ème Volandero
Le lundi 15 août
     Rafaelillo et sa belle prestation devant un Miura(4ème toro) Aldeano.
     Leur accord parfait mit fin à cette feria édition 2016.
 
El Farol - Août 2016

Aujourd’hui un torero est mort

Victor Barrio

Victor Barrio

Il n’y a pas de mots pour décrire cette douleur.
Dans les arènes de Teruel, le toro nº 26 nommé « Lorenzo » de Los Maños t’a ôté la vie. Tu as payé de la plus dure des façons le prix de ton métier.
S’habiller de lumière n’est pas anodin, se jouer la vie comme vous le faites demande beaucoup de courage et de grandeur. Oui vous êtes des grands les toreros. Nous vous devons le respect.

Ce soir nous sommes tous interdit. On peut mourir dans le ruedo en 2016. Je ne vous parle pas de l’infirmerie non, je vous parle du ruedo. Ça fait plus de 30 ans qu’un torero n’est pas mort sur le sable et bizarrement ta cornada nous a fait penser à lui, José Cubero el Yiyo, mort d’un coup de corne dans le cœur. Toute la planète taurine est sous le choc.

Ce soir un torero est mort dans les arènes de Teruel pour la feria del Angel. Ce soir un ange de 29 ans est venu sortir le monde taurin de sa torpeur et rappeler à notre mémoire ces toreros tués au combat.

Ce soir, Victor Barrio, l’afición te pleure. Repose en paix torerazo.

La Zapopina – 9 juillet 2016

 Victor Barrio Hernaz, né à Grajera (Ségovie).
Début sans picador le 13-07- 2008
Novillada piquée : présentation à Las Ventas 13-016-101, une oreille et vuelta au 2° toro.
Alternative le 08-04-1012 (après une carrière de novillero importante et de nombreux prix reçus)
Le torero reçoit le doctorat des mains du Fundi, parrain Juan del Alamo, dans la plus grande arène du monde : Las Ventas à Madrid. Ovation au 1° toro et blessure au second l’empêchant de conclure.
En 2015, à son actif, 10 corridas, 21 oreilles et 1 queue coupées
En 2016, il en était à son troisième paseo.
 

"Lorenzo" toro de Los Maños, 529 kg, né en 4/12, pelo negro bragado corrido (Photo : Juan Francisco Bascón)

 

Victor Barrio, de Valdemorillo à Valladolid
Beaucoup d’encre a coulé depuis la mort injuste et glaçante de ce torero d’avenir Victor Barrio. Des hommages ont surgi d’un peu partout… Il en est un qui se prépare, grandiose, le 4 septembre 2016, en préambule de la Feria de Valladolid.
Lorsque la nouvelle est tombée, aussi horrible qu’incroyable, je me souvenais de ce garçon que j’avais vu toréer… mais où ? Ma mémoire défaillante un temps, me revint et je réalisai soudain que c’était à la Feria de La Candelaria à Valdemorillo, petite ville de Castilla La Mancha le 7 février 2016.
Lors d’un voyage avec un groupe d’amis aficionados, nous avons parcouru le Campo Charro à la découverte de ganaderias et sommes arrivés, après le carnaval de Ciudad Rodrigo, dans une ville de la province de Cuenca en Castille où se déroulait une des premières ferias de la Temporada : la Feria de La Candelaria, nom des arènes de Valdemorrillo.
Au cartel, avec Paulita et David Martin Escudero (neveu de Victorino Martin) figurait le triomphateur de la feria 2015 : Victor Barrio, avec du bétail de Monte la Ermita. J’ai découvert la tauromachie de ce jeune maestro à la silhouette longiligne et élégante qui coupa une oreille ce jour-là, ses compagnons reçurent aussi des trophées que permirent les toros de Monte la Ermita, au moral positif et intéressant. Le soir au restaurant, à la table voisine, dinait en compagnie des siens, Victor. J’ai le souvenir d’un jeune homme simple et fort sympathique. Un garçonnet vint solliciter un autographe, il se prêta au jeu avec une timide gentillesse…
Voilà, il restera dans ma mémoire, héros moderne, au destin tragique…
Le 4 septembre à Valladolid, en préambule de la feria annuelle, les plus grands maestros seront au cartel pour honorer sa mémoire en donnant leur cachet  pour qu’une statue soit érigée à Sepúlveda où il résidait avec son épouse. El Juli, Jose Tomas, Morante de la Puebla, Manzanares,Talavante et Padilla remplaçant Enrique Ponce ne pouvant être présent.
J’ai vu toréer Victor Barrio et j’en suis heureuse, mon seul regret ne pas avoir échangé quelques mot avec lui au cours du dîner…
Mais promis, je ferai tout mon possible pour être aussi à Valladolid le 4 septembre.

La Chicuelina - juillet 2016

Live and let die !

Les deux premiers taureaux qui ne permirent à Enrique Ponce de couper qu'une seule oreille, lui offrirent cependant, surtout le second, la possibilité de nous embarquer après une pique où l’animal s'employa et quelques poncinas, dans une faena toute en douceur au son du Delguello de « Alamo », puis arriva le troisième et là, notre parcours a pris une toute autre dimension. Même si le taureau ne s'investit pas vraiment à la pique, il montra de la caste et de la noblesse à la muleta qu'il suivait à chaque « toque ». Le maestro toréait détendu, il était « facile » ; seulement en apparence car pour arriver à ce degré de maîtrise combien de taureaux faut-il avoir tué, d'heures de toreo de salon effectuées et reçu de coups de cornes ? Sans compter la 3° d’Eole…

La faena avançait et nous n'avions pas vraiment envie que cela s'arrête. Le diestro, à la fin d'une série regarda le public, lui aussi voulait que cette symbiose se poursuive. Il alla chercher l’épée de mort, l'orchestre s'arrêta de jouer « 1492 : La conquête du paradis », comme il est de coutume. Il était lui-même tellement près de cette conquête qu'il demanda, chose inédite, à l'orchestre de l'accompagner jusqu'après la mort de son partenaire. Un magnifique « recibir » mit fin à cette faena venue d'une autre planète, d'un autre monde, du nouveau monde... Les mouchoirs blancs s'agitaient. La présidence octroya les deux oreilles et la queue ainsi qu'une vuelta posthume. Nous exultions ! Le matador était heureux et cela se voyait sur son visage radieux.

Je planais, mais j’ignorais que je n'étais qu'au tout début de mon plaisir.

Le quatrième taureau sorti du toril, un beau colorado marqué du fer de Nuñez. Et là, l'alchimie opéra. Il ne subit qu'une fois l'épreuve de la pique et se prêta bien au jeu de la muleta. La musique accompagnait ce duo qui nous permettait encore de planer. Les séries s'enchaînaient avec un Ponce au sommet de son talent. Il était relâché, il était serein, sûr de son art. Il n'était pas possible que cela s'arrête. Le mot magique était lâché dans ces arènes de 3e catégorie, l'indulto était demandé. La pétition était forte, El de Chiva était heureux. Le mouchoir orange tomba et l'explosion emplit les arènes du Palio. Esparraguero repartirait vivant des Bouches du Rhône. Les deux oreilles et la queue symboliques venaient couronner ce triomphe. Les larmes m'étaient montées aux yeux. Je ne le savais pas, mais je n'avais pas terminé de ne pas en croire mes yeux…

Le quatrième taureau sorti du toril, un beau colorado marqué du fer de Nuñez. Et là, l'alchimie opéra. Il ne subit qu'une fois l'épreuve de la pique et se prêta bien au jeu de la muleta. La musique accompagnait ce duo qui nous permettait encore de planer. Les séries s'enchaînaient avec un Ponce au sommet de son talent. Il était relâché, il était serein, sûr de son art. Il n'était pas possible que cela s'arrête. Le mot magique était lâché dans ces arènes de 3e catégorie, l'indulto était demandé. La pétition était forte, El de Chiva était heureux. Le mouchoir orange tomba et l'explosion emplit les arènes du Palio. Esparraguero repartirait vivant des Bouches du Rhône. Les deux oreilles et la queue symboliques venaient couronner ce triomphe. Les larmes m'étaient montées aux yeux. Je ne le savais pas, mais je n'avais pas terminé de ne pas en croire mes yeux…

Enrique s'éclipsa après ce quatrième taureau. Au bout de dix minutes environ, un autre homme apparut. Celui que dans mes rêves les plus fous j'espérais, celui qui me permettrait de dire à mes amis espagnols qu'évidemment il était possible de toréer dans une autre tenue que l'habituelle. Ce James Bond des ruedos était là devant moi. Magnifique dans son smoking ! Mes yeux pleuraient de plaisir. J'étais là, en ce jour si particulier où la tauromachie a pris peut-être un autre sentier… Enrique Ponce était là, en esmoquin, pour toréer ses deux derniers taureaux. Il était en harmonie avec cette musique lyrique qui n'avait cessé de l'accompagner tout au long de l'après-midi.

Très soucieux du détail, le maestro, après nous avoir servi une magnifique « larga de rodilla », s'épousseta les genoux, il ne fallait pas salir cette tenue si atypique.

Les deux derniers partenaires lui ont permis de s'exprimer dans cette tenue. Toujours relâché, toujours au sommet de son art. Ponce sera toujours Ponce. Il est incombustible, il est meilleur que le meilleur des vins, il est éternel. Il est le torero de ma vie !

Au regard de la tenue portée, du héros littéraire et cinématographique qu'il pourrait talentueusement incarner, la conclusion après un tel spectacle aurait pu être « Vivre et laisser mourir », mais encore une fois, les paroles du maestro sont bien plus belles : « Por el momento quiero estar soñando, no me despiertes tu, no ves que así yo soy feliz!!! » (Pour le moment, je veux continuer à rêver, ne me réveille pas, ne vois-tu pas qu'ainsi je suis heureux!!!) @ponceoficial 20 juin 2016.


La Zapopina – juin 2016

Littérature : nouveautés (juin 2016)

Un autre livre nous donne matière à réflexion  « Los toros explicados a mi hija »  Les taureaux expliqués à ma fille )  par Miguel Arroyo « Joselito », écrit par Francisco Aguado. Après le succès de JOSELITO LE VRAI nous écoutons un père expliquant à sa fille de quinze ans, plutôt hostile à la corrida, pourquoi son géniteur n’est pas un monstre assoiffé de sang mais un homme vivant et existant grâce à la tauromachie qui lui a inculqué des valeurs dont elle aussi bénéficie. Avec rigueur et conviction, Joselito tente la persuasion tout en respectant les idées de sa fille. Aficionados, nous nous sentons profondément concernés par ce sujet.

Plus léger, un petit magasine adressé aux enfants afin de leur apprendre, tout en jouant, les règles de l’art taurin, le costume du torero, les arènes de villes différentes, etc…  écrit par le ganadero français Mathieu Vangelist et parrainé par le maestro Sébastien Castella au profit de l’Association  Trisomie 21 Gard : « Découvre la Tauromachie en t’amusant ».

Pour les nostalgiques du passé ou qui aiment se rappeler des souvenirs : « Historias probables de Tauromaquia, de Pepe Hillo à José Fuentes »  (Histoires Probables de la Tauromachie)  de Miguel Vega nous plonge dans un univers qui côtoie la réalité et la fiction  sans que le lecteur sache vraiment qu’elle est la vérité et non la probabilité… L’auteur n’a jamais vu toréer les héros dont il parle. De Pepe Hillo à Jose Fuentes on voit défiler aussi Hemingway, Ava Gardner, Goya, Picasso, Zuloaga ou Bergamin ; Cet ouvrage passionnant tente de revendiquer l’aspect culturel de la tauromachie, cette fête qui reste inféodée à la politique !

La Chicuelina  - Juin 2016

Pour les nostalgiques du passé ou qui aiment se rappeler des souvenirs : « Historias probables de Tauromaquia, de Pepe Hillo à José Fuentes »  (Histoires Probables de la Tauromachie)  de Miguel Vega nous plonge dans un univers qui côtoie la réalité et la fiction  sans que le lecteur sache vraiment qu’elle est la vérité et non la probabilité… L’auteur n’a jamais vu toréer les héros dont il parle. De Pepe Hillo à Jose Fuentes on voit défiler aussi Hemingway, Ava Gardner, Goya, Picasso, Zuloaga ou Bergamin ; Cet ouvrage passionnant tente de revendiquer l’aspect culturel de la tauromachie, cette fête qui reste inféodée à la politique !

La Chicuelina  - Juin 2016

A.BONIJOL - MON TERCIO DE VARAS

La campagne gersoise, avec ses grands espaces et ses verts pâturages, offre un cadre idyllique à l’élevage de chevaux mais pas n’importe lesquels puisqu’en l’occurrence on élève un cheval de picador ! Il s’agit bien de création alimentée par un grand courage et une opiniâtreté hors du commun et surtout une passion débordante. L’artiste, auteur d’une telle œuvre qui a transformé le premier tiers de la corrida, c’est Alain Bonijol.
Cet alchimiste autodidacte mais doué, a fait de savants croisements dans son élevage. A l’origine des comtois suivis d’espagnols, de portugais, d’arabes, pour produire une « cuadra » exceptionnelle de montures robustes sans être lourdes, musclées mais élégantes. Au final un cheval acteur, artiste, torero, bref un cheval de piques qui redonne son lustre au tercio de varas.
Sans renier Franquevaux qui fut le début de l’aventure où le couturier  de caparaçons nouvelle tendance a créé des tenues plus légères pour les chevaux et rendu plus élégant le tercio de piques, la nouvelle propriété de Laas dans le Gers offre une étendue plus vaste et donc plus propice à l’élevage de chevaux. Qui plus est sur le chemin de l’Espagne et voisine de l’éleveur de « braves » le gascon Jean-Louis Darré.

Le film de Maurice Daussant « Mon Tercio de Varas » ayant obtenu le premier prix du Festival des Rencontres de Culture Taurine de Castries, conte l’aventure Bonijol, la création de sa pique française, du caparaçon plus léger pour des montures plus légères aussi. L’antagonisme entre « toristas » et toreristas » y gagnerait avec un tercio de varas tel que le conçoit Alain Bonijol.
Héritier de la tradition chevaleresque, le picador fut autrefois, le principal acteur de la corrida. Adulé des foules tel le célèbre Agujetas, le piquero a laissé son empreinte dans l’histoire de la course de toros. C’est pour cela d’ailleurs qu’il est le seul subalterne à revêtir une chaquetilla aux broderies d’or à l’instar du maestro. Pourquoi de nos jours ne retrouverait-il pas, auprès du public, son rôle d’acteur important ?

25 Janvier 2015
 
La Chicuelina

DISTINCTION: ABC - Madrid - 27/12/2015 a las 01:41:04h. - Act. a las 10:42:00h. Guardado en: Cultura
El diestro francés Sebastián Castella (Hérault, 1983) ha vivido su mejor temporada: el rotundo triunfo en San Isidro le dio alas y lo corroboró con hitos notables como los seis toros en solitario o la tarde final de Logroño. A su reconocido valor ha añadido un mayor temple. Y, en una carta pública, ha defendido la Fiesta con brillantez.
Félicitation à notre diestro Sébastien Castella qui vient d'être classé 5° parmi les 10 premières personnalités de la Culture en Espagne pour l'année 2015.

Sébastien CASTELLA au Ruedo Newton de Paris

Mercredi 28 octobre, le club taurin « Ruedo Newton » de Paris organisait une soirée en présence du maestro Sébastien Castella. Une assistance de plus d'une centaine de personnes répondait présente à cette invitation.

Présentée par Philippe Soudée et Zocato, la soirée a débuté par une projection de la faena de Sébastien Castella du 27 mai dernier lors de la San Isidro.
Arrivé au cours de cette projection en compagnie de son épouse Patricia, Sébastien a été accueilli par une salve d'applaudissements. Le plus grand torero français était parmi nous.
Le débat, animé principalement par Zocato, a permis au maestro de revenir sur sa fantastique temporada en appuyant sur certains faits comme sa tarde du 27 mai à Madrid, sa participation à la corrida de San Sebastian, sa lettre pour soutenir son métier et la tradition taurine, ainsi que les après-midi qu'il a passées dans les arènes du plateau de Valras. Il a réitéré que bien qu'habitant à Séville, il était et resterait un torero français - ce qu'il se sentait tout à fait - bien qu'il ait quitté la cité de Riquet dès l'âge de 14 ans.
A l'issue d'un jeu de questions-réponses avec l'assistance, Sébastien s'est livré à une série de dédicace et a par la suite échangé quelques mots avec les participants.
Lors de cette soirée, il s'est vu offrir par l'intermédiaire de Piedrita, un exemplaire du DVD réalisé par Maurice Daussant sur la dernière féria biterroise ainsi que le mouchoir blanc offert à l'entrée des arènes célébrant les 15 ans d'alternative du maestro biterrois.

La Zapopina – Octobre 2015

Habemus Papam !

A. López-Simón Confirmation à Nîmes Sept. 2015

Ce n’est pas moi qui le dit mais le talentueux chroniqueur taurin Paco Mora.
Qui connaissait en début d’année Alberto López-Simón, jeune madrilène (bientôt 25 ans), matador depuis 2012 ? Il prenait son alternative le 12 avril 2012 à Séville des mains de Morante avec Jose-Mari Manzanares comme témoin. Vous vous en souvenez ?
Cette année le « 2 de mayo » à Madrid où l’on célèbre le soulèvement contre Napoléon avec une « goyesca » Alberto va ouvrir la grande porte, malgré une blessure, et réitère quelques jours plus tard ! Là commence un parcours jalonné de succès y compris dans les arènes de première catégorie comme Pamplona, réveillant l’afición. « Ce jeune homme va vous ruiner » prophétise notre excellent Jacques Durand car vous allez parcourir des centaines de kilomètres pour admirer le prodige et frissonner de plaisir devant son art différent des sentiers battus. Bayonne voit en lui rien moins que le double du samouraï Jose Tomas. Il est vrai que son courage, faisant fi de ses blessures, le rend irréel comme « drogué à l’élixir des anges »…
Timide, modeste, tête baissée dans l’arène, comme pour s’excuser d’être un élève aussi doué.
Paco Mora, encore lui, dit « ce n’est pas un espoir, c’est une savoureuse réalité. Un authentique phénomène qui rompt avec la banalité existante. Fumée blanche. Habemus Papam. »
D’autres grandes plazas l’attendent avant la fin de la temporada : Séville, Madrid, Saragosse… Sa confirmation à Nîmes, pour la feria des vendanges, vient s’ajouter à la liste de ses succès.
A voir et revoir l’année prochaine. Le surdoué tiendra-t-il ses promesses ? On vous l’a dit, remplissez vos tirelires !

La Chicuelina
Septembre 2015

Alberto López-Simón Nîmes Sept.2015

Ronda Goyesca 2015

Nous parlons de Ronda à chaque goyesca de septembre, mais comment s’empêcher d’évoquer ce lieu magique, d’autant que la Zapopina là-bas présente nous fait part de l’essentiel.

Rendez-vous en terre connue, rendez-vous chez "la madre de los Ordoñez" en ce début septembre.
Ronda, son pont, ses rues colorées en cette feria de Pedro Romero, ses andalouses en habit et ses arènes...
17h00, direction l'entrée de la place. Tant pis, nous ne verrons pas les toreros arriver en calèches mais tant pis, nous évitons la foule. Assises au 1er rang au dessus des caméras nous attendons et scrutons « l'horizon » des personnalités. Les carrosses arrivent avec la reine de la feria, ses dauphines, la mairesse et les autorités. Toute cette agitation est signe que l'heure tant attendue approche.
Au cartel de ce jour, alterneront 3 toreros et non des moindres. Morante de la Puebla, José Mari Manzanares et Cayetano. Le fils de Paquirri aurait du partager le paseo avec son frère Francisco, mais blessé à l'abdomen en août dernier il ne foulera pas le sable du ruedo... quoique!
Le paseo commence et nous voyons arriver les trois maestros.
Sous le capote, nous apercevons les costumes goyesques.

            Morante : Rouge tomate bordé de chantilly,
            JM Manzanares : Negro y azabache,
            Cayetano : Bleu profond des calanques marseillaises bordé de noir.
            Toros de JP Domecq (4) et Nuñez del Cuvillo (2)

Dès la fin du paseo, Morante attira notre attention, non par son comportement mais par son costume... Un habit de deux couleurs, chaquetilla rouge et taleguilla bleue. L'interrogation parcourt les gradins, que se passe-t-il? A-t-il déchiré sa taleguilla au dernier moment? Aucune information ne filtre, nous ne comprenons pas. Nous ne le savons pas encore mais le génie de Morante a encore frappé. Lui, le compagnon de cartel attentif aux autres, l'érudit de tauromachie a pris la décision de rendre hommage à l'empresa de Ronda, au torero châtié le 10 août dernier. Puisque Fran ne peut pas s'habiller de lumière et toréer dans ses arènes, Morante a décidé que malgré lui Fran serait dans ses arènes. La chaquetilla est celle de Morante mais la taleguilla est celle de son compañero.
C'est avec cette incongruité que nous voyons arriver le premier toro. Nous espérons tant pour Morante. Nos espoirs sont vite refroidis, le 1er toro manque de force. Morante nous gratifie cependant de quelques belles passes de capote avec un quite por delantales. Le manque de force se fait vraiment ressentir à la muleta où là aussi le maestro distribue quelques pépites. L'épée foudroyante et bien placée vient conclure. Quelques applaudissements saluent la prestation de Morante.
Sur son 2e, Morante n'a pas plus de chance. Il s'arrime et s'efforce de faire baisser la tête de son toro, en vain. Morante torée avec mérite son adversaire. Il essaye sur les deux cornes, mais rien n'y fait. Il n'y a pas beaucoup à obtenir de cette bête et ce qu'il pouvait obtenir Morante l'a fait. Sans une défaillance à l'épée, il aurait sûrement coupé un appendice.
Comme souvent cette saison, Morante n'a pas eu de chance au sorteo et a touché le pire lot de la course.


Magnifique dans son habit goyesque noir, JMM accueille son adversaire. Le toro est mobile et JMM lui sert sur la corne droite principalement une faena dont il a le secret. Avec ce toro mobile et qui transmet, il nous régale. L'épée est fulgurante. Sans hésitation les arènes demandent l'oreille. Après son attribution nous insistons auprès de la présidence pour que la 2e lui soit attribuée. C'est chose faite après quelques minutes d'agitation et de cris. Grâce à ce succès il s'assure la sortie a hombros.
Son 2e toro ne présente pas les mêmes dispositions que son 1er, mais lorsque l'on est un torero de sa qualité on transforme une chèvre en toro. Il lui sert la faena nécessaire à son caractère, il fait beaucoup de pauses entre chaque série et donne de l'air à son adversaire distrait. Son toreo vertical jumelé à un toro avec du fond permet à JMM d'obtenir 1 oreille.

Cayetano, seul représentant de la lignée Ordoñez sur le sable va nous montrer qu'il est un Torero avec majuscule. Devant son public, dans les arènes familiales, il s'avance sur le sable pour se positionner face au toril et recevoir son 1er adversaire avec une Porta gayola. Exécutée de façon magistrale, Cayetano nous réveille et donne l'impression aux plus anciens de revoir son père le grand Paquirri sur le sable. 
A l'issue de la pique, Cayetano signe un magnifique quite avec une larga cambiada à une main. Le ton est donné et le frère de Fran met la barre haute. Son envie de triompher sur ses terres transpire.
A la muleta, il reçoit son adversaire à genoux et exécute plusieurs séries qui soulèvent les gradins. La faena est appliquée, profonde avec beaucoup de courage. Une fois le toro dominé, c'est à genoux que le beau Cayetano termine sa faena au plus près du toro. Si près que sa figure est marquée par le sang de la bête.

Une très bonne estocade lui permet de recevoir les deux oreilles de son adversaire. Certains dans le public demandent même la queue.
Pour son dernier toro Cayetano est plus sobre, plus classique, plus profond. Le toro bon sous tous rapports s'est prêté au triomphe de Cayetano. Moins bon sur la corne gauche il a quand même permis au torero de s'exprimer et de nous régaler avec de profondes naturelles bien templées. Pour parachever son triomphe, le maestro a amené son opposant au centre de l'arène où d'une épée puissante et pleine de maîtrise il a porté l'estocade. Une bronca magistrale pour la présidence qui n'a pas accordé la queue, tout le monde agitait son mouchoir blanc, même la nièce du maestro. La présidence a concédé deux oreilles ainsi que la vuelta al ruedo pour le toro.

Ronda restera toujours Ronda... Francisco dans le callejon a pu apprécier les brindis que lui ont adressés JMM et son frère, ce dernier était très émouvant.
Une fois encore, je quitterai la pierre de Ronda le cœur léger d'avoir vu ces toreros artistas, j'aurai des images plein les yeux et pour moi, le meilleur reste à venir puisque quelques instants après j'ai pu photographier celui qui pour moi est un des plus beaux et agréables toreros qu'il soit : Francisco Rivera Ordoñez qui acceptera de poser quelques instants pour moi.

La Zapopina  Sept-2015

Feria de Béziers 2015 par Don Claudio

La Feria de Béziers commença le 13 août 2015 avec un après-midi pluvieux. Cette année encore le même président Michel Daudé assurera la présidence de toutes les corridas et de la novillada piquée. Le baryton F. Cornille ouvrira le paseo avec l'air de Carmen. Au chapitre des changements la commission taurine a décidé que la sortie par la grande porte serait donnée au torero qui coupera deux oreilles à un même toro. Le public répondit nombreux malgré la pluie.
Une ouverture en demi-teinte due en grande partie aux toros broncos et arrêtés, que ce soit le San Pelayo et le Capea réservés et de peu de recorrido à Pablo Hermoso de Mendoza ou les Jandilla du mano a mano Castella et Perera devant des toros arrêtés et qui ne donnèrent aucun jeu à la muleta par manque de race et de transmission. Et comme l'épée ne fut pas toujours au rendez-vous, le résultat statistique en est resté sur un score inhabituellement restreint pour un cartel aussi relevé.
Sobresaliente: Jeremy Banti
Pablo Hermoso de Mendoza : Salut / Oreille
Sébastien Castella (mauve et Or) : Applaudissements après deux avis / Applaudissements après deux avis
Miguel Ángel Perera (Bleu et Or) : Silence / Oreille après un avis

Le lendemain 14 août le cartel phare de la feria avec la deuxieme corrida de Sébastien Castella. Cette année, à cause de changement du règlement local d'obtention des triomphes, seuls Castella et Manzanares sont sortis en triomphe par la grande porte, Juan Bautista devant se contenter pour sa part d'une sortie par la porte des cuadrillas et il fut ovationné. On ne pourra pas reprocher à BAUTISTA, qui a touché le lot le plus retord d'un encierro de Domingo Hernandez/Garcigrande donnant du jeu en général, de ne pas avoir tout tenté pour forcer son destin. D'ailleurs, le public ne s'y est pas trompé et a réclamé avec force la deuxième oreille du quatrième toro de la tarde, synonyme de sortie à hombros pour l’arlésien... Pétition qui na pas été entendue par le président, seul maître a bord.
Sébastien Castella a été à la hauteur de sa temporada 2015 triomphale, ne laissant pas passer l'occasion d'un nouveau succès dans les arènes de sa ville. Succès qui aurait même pu être plus important sans un pinchazo sur son premier et si l’épée avait été concluante.
José Maria Manzanares, fut gêné par le vent lors de son premier combat, renversa la situation face au dernier du lot un Domingo Hernandez de grande classe qui avait de la fixité et le plus noble du lot, embarquant les arènes dans une faena de muleta aussi dominante que templada.
-2 toros de Domingo Hernandez et 4 toros de Garcigrande
Beau temps avec des rafales de vent gênant la lidia
Juan Bautista (marron et or) : Oreille après avis / Oreille avec grosse pétition de la seconde après avis
Sébastien Castella (rouge et or) : Oreille après avis / 2 oreilles
José Maria Manzanares (noir azabache) : Silence après avis / 2 oreilles

15 août : Cette troisième corrida de toros de la Feria de Béziers 2015 s'est terminée sur un score de parité d'une oreille partout. Les toros de Robert Margé eurent un comportement irrégulier.
Car au final, seul l'exemplaire de belle transmission, sorti en quatrième position pour Manuel Escribano, se hissera à la hauteur de la réputation et des belles heures offertes par les pensionnaires des Monteilles ces dernières années, en ces mêmes arènes. Superbement présentés, les toros de l'empresa biterroise ont globalement manqué de fond, les meilleurs se révélant être le bon quatrième et le cinquième, maniable.
L'histoire retiendra la nouvelle confirmation que l'octroi de la deuxième oreille appartient bien au Président de la course, et à personne d'autre... Je pense que le président n'a pas du voir ce que les aficionados ont peut être pu voir avec un Manuel Escribano qui est allé a porta gayola saluer son toro; a banderillé brillamment dont une dernière paire al sesgo por dentro contre les planches, avant de livrer une belle faena majoritairement diestra (droitière) mais toujours sincère et engagée avant une épée peut-être un peu tombée.
En tant que biterrois et critique taurin j'ai apprécié l'oreille obtenue avec beaucoup de courage par Cayetano Ortiz, fort justement reconduit dans ses arènes qui l'on vu débuter dans son aficion, après son triomphe de l'an passé avec les Torestrellas où tous les aficionados étaient sortis la gorge nouée. Quant à Fandiño, il m'a semblé en net progrès par rapport à ses dernières prestations dans le Sud-est, même si l'ensemble reste un peu désordonné, se faisant enganché plusieurs fois la muleta. La commission taurine avait émis le souhait que soit présents dans les corrals 30 heures avant le début de la feria les toros, faux problème quand l'on sait que dans des arènes autre que Béziers, les toros sont amenés la veille voire le matin de la corrida.
-6 toros de Robert Margé, inégaux de comportement d'excellentes présentation
Manuel Escribano (vert et or) : Silence / Oreille avec pétition de la seconde
Ivan Fandiño (rose et or) : Silence / Oreille
Cayetano Ortiz (ivoire et or) : Silence / Oreille

Le dimanche 16 août, les arènes de Béziers proposaient en matinée une novillada piquée  au cartel très attractif. Un cartel international face aux pensionnaires de la ganaderia andalouse de Virgen Maria et Santa Ana faible et deslucidos en général, différents de comportement. Posada de Maravillas, torero fin et artiste, coupa deux oreilles une à chaque toro où il distilla des muletazos de qualité. Il fut le gagnant du Tastevin d'argent décerné par l'Union Taurine Biteroise. L’Arlésien Lilian Ferrani, novillero, effectue une bonne temporada et le péruvien Andres Roca Rey, étoile montante de la tauromachie qui prendra son alternative dans un peu plus d'un mois sur le sable Nîmois n'a put montrer son art car les novillos qui manquaient de race et de mobilité, agrémentés d'une faiblesse endémique.
-2 novillos de Virgen Maria (1 et 3) et 4 de Santa Ana (2,4,5,6)
Posada De Maravillas (blanc et or) : Oreille/Oreille
Lilian Ferrani (turquoise et or) : Oreille/Silence
Andres Roca Rey (saumon et or) : Vuelta après avis avec forte pétition d' Oreille/ Oreille

La Feria de Béziers 2015 s'est clôturée le 16 août par la traditionnelle Miurada qui, cette année, n'a offert que peu de possibilités de triomphe aux trois courageux appelés à la combattre. Fernando Robleño affronta deux toros intoréables qui n'avait pas de passe et dont le torero de alcal n'a put montrer ni sa technique ni son courage. Au final, Javier Castaño et Mehdi Savalli se partagent les deux seules oreilles laissées sur le sable de la Plaza de Toros du Plateau de Valras, par les pensionnaires de Zahariche.
Mais l'impression générale à la sortie des arènes était bonne. Et ce en grande partie grâce aux deux prestations de Mehdi Savalli, très apprécié en terre biterroise, qui a su une nouvelle fois, sans que ce terme n'ait quoi que ce soit de péjoratif, livrer une tauromachie pueblerina mais de bon goût, aux spectateurs qui ont payé leurs places et qui veulent du spectacle. Le rôle des clubs taurins cet hiver sera d’éduquer un maximum ce public.
-6 Toros de Miura bien présentés mais de comportements divers
Fernando Robleño (blanc et or) : Salut/ Silence après avis
Javier Castaño (lilas et or) : Silence / Oreille
Mehdi Savalli (fushia et or) : Oreille / Applaudissements

Novilladas
La Feria de Béziers comptait comme chaque année deux novilladas sans picadors qui voyait la confrontation entre différentes écoles taurines et donc, différentes approches de l’art de toréer.
Première journée des novilladas sans picador qui se déroulait le 14 août 2015 et qui comptait entre autres le trophée Jean Paul Deruy remporté par l’élève de la fondation El Juli, Ignacio Ruiz (oreille) et la muleta offerte par l’UCTPR à Carlos Olcina (vuelta) de l’Ecole Taurine de Béziers. Tomas Ubeda (oreille) et Antonio Cuadra (vuelta) complétaient le cartel. Avec des novillos de Robert Margé qui ont eu un très bon comportement.
Deuxième novillada le 15 août 2015 avec la aussi des becerros de Robert Margé nobles et mobiles. Le prix fut décerné à Carlos Ochoa (Madrid) et la muleta de l’UCTPR offerte à Dylan Raimbaud. José Antonio Serrano (Almeria) et José Magaña (Malaga) complétaient le cartel.

Le 14 aout 2015, le matador de toros Jose Maria Manzanares, s’est vu remettre, après son triomphe 2014 à Béziers, le prix de la meilleure faena devant le toro n°36 “Colondrino” de la ganaderia Daniel Ruiz toréé le 14 août 2014 attribué par le club taurin "l’Aficion" de Béziers en son siège le restaurant Maria Theresa dans son cadre fort agréable.
Ont participé à cette sympathique soirée, des personnalités politiques et taurines de la ville accompagnées par le maestro Juan Antonio Ruiz "Espartaco".

Don Claudio

COUP DE COEUR DE LA ZAPOPINA dans les arènes de Béziers – Août 2015

Ce soir aux arènes du Plateau de Valras c'était champagne et caviar. Pour commencer, un cartel de luxe. Jean-Baptiste Jalabert, Sebastián Castella et José Maria Manzanares qui alterneraient devant des Garcigrande. Personnellement, j'attendais une chose, une seule chose... Le reste serait de la littérature (classique et magistrale comme seuls les grands auteurs savent nous régaler). J'attendais le triomphe de Sébastien dans ses arènes. J'attendais qu'il entre en communion avec le peuple de Biterre.
Le "miracle" s'amorça lorsque le public, comme un seul homme, se leva, l'applaudi et l'obligea, lui le maestro discret, à venir saluer au tiers à la fin du paseo. Béziers et les biterrois se souvenaient qu'il était un des leurs et le premier d'entre eux à obtenir le doctorat « ès toro.»
Sur son 1er toro il nous a servi des derechazos tout en douceur face à un adversaire qui embistait bien. Les naturelles montraient sans la dire sa domination. Comme un seul homme et à l'unisson les gradins agitèrent les mouchoirs blancs sponsorisés par la ville. Un trophée tombait dans l'escarcelle de l'enfant du pays. Bien au-delà du trophée c'était surtout l'alchimie entre Béziers et Sébastien qui semblait naître.
Son 2e toro, C'est Verlaine, c'est Rimbaud, ou quelques romantiques anglais. C'était beau à voir, c'était doux à entendre. La musique accompagnait à droite, à gauche et bien que Sébastien se soit fait désarmer par 2 fois, elle continuait. C'était beau, les olé qui naissaient dans les gradins et les applaudissements entre 2 séries. Il ne manquait qu'une estocade pour couronner Sébastien chez lui. Ce fut chose faite. Le toro s'affaissa et un sourire de satisfaction illumina le visage du maestro. Il savait qu'il nous avait servi une grande et belle faena et que le public était avec lui. Pétition d'oreille du public et là, LA chose extraordinaire... Le président de la course donne dans un même geste les deux mouchoirs synonymes de grande porte et de titre de meilleur torero du cycle. Le public exultait, Sébastien savourait. Trois appendices... Enfin prophète en ses terres!
Les deux autres maestros qui défilaient au paseo ont connu des fortunes diverses. Jean-Baptiste s'est offert un appendice sur un 1er toro intoréable qui rompait le combat au bout de 2 passes et qui lui a fait visiter tous les recoins du ruedo biterrois. Sur son 2e, il aurait dû être mieux récompensé de ses efforts si une caida ne les avait anéantis.
José Maria Manzanares, a vu son 1er toro changé pour cause d'invalidité. Le remplaçant a fait le job mais n'a pas permis à l'artiste de s'exprimer complètement. Ce ne fut pas le cas sur son 2e ou tout son savoir-faire et sa technique nous ont régalé, que dis-je enthousiasmé. Hélas, je crains que comme pour Sébastien je ne puisse utiliser la traduction du terme espagnol "A gozar" (mais je vous invite à aller voir vous même) mais c'est bien ça. Une nouvelle faena à 2 oreilles se profilait... comme le toreo de JMM. La présidence les accorda après pétition.
La journée taurine s'achevait agréablement, royalement même. 2 toreros artistes par la Puerta Grande dont l'enfant du pays. Des superstitions taurines se sont réalisées car Dieu a réparti la chance et il n'y a pas eu de mauvais 5e...
Demain, enfin tout à l'heure, ce sera un paseo de luxe que je vivrai loin de chez moi, en terre basque avec des amis français et espagnols. A nous Illumbe, Chicuelina, Karine et Rose Bonbon avec un "cartelazo de lujo". Le torero de mon cœur s'alignera au paseo à côté d'un monstre sacré de la tauromachie. Alors pour Morante de la Puebla, Sébastien et Alejandro Talavante... Que Dios reparta suerte.
Ce soir, j'ai été heureuse de voir Sébastien et sa ville natale en harmonie.

14 août 2015  -  La Zapopina

A signaler: IL S’APPELAIT CREÍDO

Notre revistero Don Claudio nous avait fait connaître le résultat du 7° FESTIVAL DES CULTURES TAURINES qui s’est déroulé ce week-end 24 et 25 janviers 2015 à CASTRIES.
La présentation de nombreux courts métrages taurins touchent autant la Course Camarguaise que la Corrida.

« COULEURS DU TEMPS »  film de BERNARD PORRAS a été désigné lauréat de la première rubrique. Il s’agit de la transition d’un gardian ancien à la nouvelle génération ; une histoire émouvante entre un grand-père et son petit-fils.

A la rubrique Corrida, la palme revient à l’excellent aficionado biterrois passionné de corrida mais aussi de films taurins MAURICE DAUSSANT pour « IL S’APPELAIT CREÍDO », du nom du toro d’alternative de CAYETANO ORTIZ.
Cette version court-métrage récompensée montre les derniers mois avant l’alternative d’un novillero, en l’occurrence CAYETANO ORTIZ, des moments de son entrainement jusqu‘à son doctorat. (Reçu  à Istres le 15 juin 2014 des mains d’un prestigieux parrain « JOSELITO »  et d’un non moins célèbre témoin MORANTE DE LA PUEBLA).

26 janvier 2015
Don Claudio

NB :Rappelons que Maurice Daussant a déjà été récompensé l’année dernière pour « S’HABILLER DE LUMIERE » (voir dans Evénements-Actu Archives 2)

Une version complète de « IL S’APPELAIT CREÍDO » (dont sa sortie en triomphe dans les arènes de Béziers) a été présentée au Domaine Augé à Boujan-sur-Libron à l'initiative du Club Aficion et de son président Bernard Mula lors d’une soirée le 7 février 2014 en présence du nouveau matador.
Le chroniqueur Paul Hermé anima les débats sur l’alternative de Gaëtan qui s’est prêté aimablement et simplement au jeu des questions réponses, quelquefois intimes qu’il a préféré garder dans son jardin secret. Telles les paroles de son parrain Joselito lors de la cérémonie, ou celles qu’il a dites à son papa en lui « brindant » son toro CREÍDO.
L’évènement particulier fut la mise à mort du 1° toro par le futur matador (toro refusé qui ne voulait pas rentrer au corral) alors que cela ne lui incombait pas (mais quand les vedettes sont là…).
Il est de coutume aussi que le toro d’alternative soit laissé au choix du futur matador. Mais ce dernier a refusé, préférant s’en remettre au « sorteo ».
Le débat fut ainsi mené avec beaucoup d’autres questions pertinentes et d’un incontestable intérêt pour le plaisir des nombreux participants.

Ce double DVD comprend aussi le bonus de cette corrida intégrale du 15 juin 2014 à Istres Joselito-Morante-Ortiz.  Pour se le procurer, contacter Maurice Daussant: maurice.daussant@free.fr

Ce qu’on a remarqué en 2014

Sans faire une rétrospective de 2014, d’autres sites le font très bien, évoquons certains événements qui nous ont marqué.

Le 20 mai à Las Ventas de Madrid, la corrida de Ventorillo restera dans les mémoires comme la plus courte de tous les temps prenant fin au deuxième toro et malgré quelques précédents moins courts cependant. L’angoisse et la peur ont plombé la tarde. Notre rétine a imprimé cette porta gayola de David Mora, soulevé dans les airs tel un pantin désarticulé, pris à plusieurs reprises faisant craindre une issue fatale pour le maestro! La terrible blessure laisse peser une incertitude quant à la poursuite de sa carrière et nous saluons le courage, la force de ce garçon qui n’abandonne pas l’espoir de toréer à nouveau. Esaù Fernandez prend le relai pour se voir dirigé vers l’infirmerie à son tour. Il sera pris à deux reprises. Jimenez Fortes, le troisième, et malgré son courage devra déclarer forfait devant l’affolement du public. Cela restera dans les annales.

Autre évènement, plus heureux celui là, le retour de Miguel Arroyo « Joselito » pour une seule course à Istres. En compagnie de Morante de La Puebla, il donnera l’alternative au jeune biterrois Cayetano Ortiz  rassemblant un public nombreux. Nous n’en dirons pas plus si ce n’est notre émotion et notre bonheur d’avoir été dans les arènes du Palio !

Evidemment je n'ai pas oublié Jean-Baptiste et sa très belle goyesca d'Arles pour ses 15 ans d'alternative. (A revoir dans Evènements - Actu - 3°Archives)

Plus triste, les cent ans de la Monumental de Barcelone. L’anniversaire fut célébré par de nombreux aficionados, à leur manière, ne désespérant pas de revoir les toros à Barcelona, ce qui est loin d’être impossible !

La Chicuelina - 29 décembre 2014

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Commentaires

10.12 | 21:17

Bravo à Maurice Daussant ainsi qu'à toute son équipe de bénévoles pour son film sur Gabin Réhabi. Très beau film.

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29.11 | 15:15

Ne porte pas de nom particulier. C'est simplement un confort lors d'exécution des STATUAIRES que vous appelez "litrasos" (de Miguel Baez Litri) Q? pertinente.

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29.11 | 14:57

On ne trouve pas à la vente ces petits mouchoirs qui sont distribués aux arènes. Ils sont souvent supports publicitaires ou témoins d'évènements exceptionnels.

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29.11 | 09:49

Quel nom porte l'action de ficher l'épée dans le sable avant de faire des "litrasos"
(?) Merci d'avance pour votre réponse. J-M François

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