4° Archives Evènements - Actualité

Littérature : nouveautés (juin 2016)

Dans l’actualité littéraire taurine, plusieurs ouvrages ont retenu notre intérêt, notre envie, notre curiosité.

Je citerais de prime abord le délicieux livre de Jose Bergamin, réédité grâce à Morante de La Puebla : « El Arte de Birlibirloque » (ce qui pourrait se traduire comme l’art de la magie et prestidigitation).
 « Qui m’aurait dit qu’alors que je cherchais l’explication des secrets du toreo, cela me conduirait entre les mains d’un poète. Qui mieux qu’un poète peut expliquer l’inexplicable. » dit Jose-Antonio Morante Camacho dans la préface de l’ouvrage réédité à son initiative. Si Bergamin avait connu Morante de la Puebla il aurait reconnu ce magicien que nous admirons tant. Des accents que je trouve « daliniens » se retrouvent dans ses propos aux préjugés tenaces lui faisant opposer Joselito (qu’il vénère) à Belmonte.
Jose Bergamin était poète, metteur en scène, acteur… Outre de nombreux ouvrages, citons les taurins : La Musica Callada del Toreo entre-autre.

Un autre livre nous donne matière à réflexion  « Los toros explicados a mi hija »  Les taureaux expliqués à ma fille )  par Miguel Arroyo « Joselito », écrit par Francisco Aguado. Après le succès de JOSELITO LE VRAI nous écoutons un père expliquant à sa fille de quinze ans, plutôt hostile à la corrida, pourquoi son géniteur n’est pas un monstre assoiffé de sang mais un homme vivant et existant grâce à la tauromachie qui lui a inculqué des valeurs dont elle aussi bénéficie. Avec rigueur et conviction, Joselito tente la persuasion tout en respectant les idées de sa fille. Aficionados, nous nous sentons profondément concernés par ce sujet.

Plus léger, un petit magasine adressé aux enfants afin de leur apprendre, tout en jouant, les règles de l’art taurin, le costume du torero, les arènes de villes différentes, etc…  écrit par le ganadero français Mathieu Vangelist et parrainé par le maestro Sébastien Castella au profit de l’Association  Trisomie 21 Gard : « Découvre la Tauromachie en t’amusant ».

Pour les nostalgiques du passé ou qui aiment se rappeler des souvenirs : « Historias probables de Tauromaquia, de Pepe Hillo à José Fuentes »  (Histoires Probables de la Tauromachie)  de Miguel Vega nous plonge dans un univers qui côtoie la réalité et la fiction  sans que le lecteur sache vraiment qu’elle est la vérité et non la probabilité… L’auteur n’a jamais vu toréer les héros dont il parle. De Pepe Hillo à Jose Fuentes on voit défiler aussi Hemingway, Ava Gardner, Goya, Picasso, Zuloaga ou Bergamin ; Cet ouvrage passionnant tente de revendiquer l’aspect culturel de la tauromachie, cette fête qui reste inféodée à la politique !

La Chicuelina  - Juin 2016

DISTINCTION: ABC - Madrid - 27/12/2015 a las 01:41:04h. - Act. a las 10:42:00h. Guardado en: Cultura
El diestro francés Sebastián Castella (Hérault, 1983) ha vivido su mejor temporada: el rotundo triunfo en San Isidro le dio alas y lo corroboró con hitos notables como los seis toros en solitario o la tarde final de Logroño. A su reconocido valor ha añadido un mayor temple. Y, en una carta pública, ha defendido la Fiesta con brillantez.
Félicitation à notre diestro Sébastien Castella qui vient d'être classé 5° parmi les 10 premières personnalités de la Culture en Espagne pour l'année 2015.

Habemus Papam !

Alberto López-Simón Nîmes Sept.2015

Ce n’est pas moi qui le dit mais le talentueux chroniqueur taurin Paco Mora.
Qui connaissait en début d’année Alberto López-Simón, jeune madrilène (bientôt 25 ans), matador depuis 2012 ? Il prenait son alternative le 12 avril 2012 à Séville des mains de Morante avec Jose-Mari Manzanares comme témoin. Vous vous en souvenez ?
Cette année le « 2 de mayo » à Madrid où l’on célèbre le soulèvement contre Napoléon avec une « goyesca » Alberto va ouvrir la grande porte, malgré une blessure, et réitère quelques jours plus tard ! Là commence un parcours jalonné de succès y compris dans les arènes de première catégorie comme Pamplona, réveillant l’afición. « Ce jeune homme va vous ruiner » prophétise notre excellent Jacques Durand car vous allez parcourir des centaines de kilomètres pour admirer le prodige et frissonner de plaisir devant son art différent des sentiers battus. Bayonne voit en lui rien moins que le double du samouraï Jose Tomas. Il est vrai que son courage, faisant fi de ses blessures, le rend irréel comme « drogué à l’élixir des anges »…
Timide, modeste, tête baissée dans l’arène, comme pour s’excuser d’être un élève aussi doué.
Paco Mora, encore lui, dit « ce n’est pas un espoir, c’est une savoureuse réalité. Un authentique phénomène qui rompt avec la banalité existante. Fumée blanche. Habemus Papam. »
D’autres grandes plazas l’attendent avant la fin de la temporada : Séville, Madrid, Saragosse… Sa confirmation à Nîmes, pour la feria des vendanges, vient s’ajouter à la liste de ses succès.
A voir et revoir l’année prochaine. Le surdoué tiendra-t-il ses promesses ? On vous l’a dit, remplissez vos tirelires !

La Chicuelina
Septembre 2015

Sébastien CASTELLA au Ruedo Newton de Paris

Mercredi 28 octobre, le club taurin « Ruedo Newton » de Paris organisait une soirée en présence du maestro Sébastien Castella. Une assistance de plus d'une centaine de personnes répondait présente à cette invitation.

Présentée par Philippe Soudée et Zocato, la soirée a débuté par une projection de la faena de Sébastien Castella du 27 mai dernier lors de la San Isidro.
Arrivé au cours de cette projection en compagnie de son épouse Patricia, Sébastien a été accueilli par une salve d'applaudissements. Le plus grand torero français était parmi nous.
Le débat, animé principalement par Zocato, a permis au maestro de revenir sur sa fantastique temporada en appuyant sur certains faits comme sa tarde du 27 mai à Madrid, sa participation à la corrida de San Sebastian, sa lettre pour soutenir son métier et la tradition taurine, ainsi que les après-midi qu'il a passées dans les arènes du plateau de Valras. Il a réitéré que bien qu'habitant à Séville, il était et resterait un torero français - ce qu'il se sentait tout à fait - bien qu'il ait quitté la cité de Riquet dès l'âge de 14 ans.
A l'issue d'un jeu de questions-réponses avec l'assistance, Sébastien s'est livré à une série de dédicace et a par la suite échangé quelques mots avec les participants.
Lors de cette soirée, il s'est vu offrir par l'intermédiaire de Piedrita, un exemplaire du DVD réalisé par Maurice Daussant sur la dernière féria biterroise ainsi que le mouchoir blanc offert à l'entrée des arènes célébrant les 15 ans d'alternative du maestro biterrois.

La Zapopina – Octobre 2015

Ronda Goyesca 2015

Nous parlons de Ronda à chaque goyesca de septembre, mais comment s’empêcher d’évoquer ce lieu magique, d’autant que la Zapopina là-bas présente nous fait part de l’essentiel.

Rendez-vous en terre connue, rendez-vous chez "la madre de los Ordoñez" en ce début septembre.
Ronda, son pont, ses rues colorées en cette feria de Pedro Romero, ses andalouses en habit et ses arènes...
17h00, direction l'entrée de la place. Tant pis, nous ne verrons pas les toreros arriver en calèches mais tant pis, nous évitons la foule. Assises au 1er rang au dessus des caméras nous attendons et scrutons « l'horizon » des personnalités. Les carrosses arrivent avec la reine de la feria, ses dauphines, la mairesse et les autorités. Toute cette agitation est signe que l'heure tant attendue approche.
Au cartel de ce jour, alterneront 3 toreros et non des moindres. Morante de la Puebla, José Mari Manzanares et Cayetano. Le fils de Paquirri aurait du partager le paseo avec son frère Francisco, mais blessé à l'abdomen en août dernier il ne foulera pas le sable du ruedo... quoique!
Le paseo commence et nous voyons arriver les trois maestros.
Sous le capote, nous apercevons les costumes goyesques.

            Morante : Rouge tomate bordé de chantilly,
            JM Manzanares : Negro y azabache,
            Cayetano : Bleu profond des calanques marseillaises bordé de noir.
            Toros de JP Domecq (4) et Nuñez del Cuvillo (2)

Dès la fin du paseo, Morante attira notre attention, non par son comportement mais par son costume... Un habit de deux couleurs, chaquetilla rouge et taleguilla bleue. L'interrogation parcourt les gradins, que se passe-t-il? A-t-il déchiré sa taleguilla au dernier moment? Aucune information ne filtre, nous ne comprenons pas. Nous ne le savons pas encore mais le génie de Morante a encore frappé. Lui, le compagnon de cartel attentif aux autres, l'érudit de tauromachie a pris la décision de rendre hommage à l'empresa de Ronda, au torero châtié le 10 août dernier. Puisque Fran ne peut pas s'habiller de lumière et toréer dans ses arènes, Morante a décidé que malgré lui Fran serait dans ses arènes. La chaquetilla est celle de Morante mais la taleguilla est celle de son compañero.
C'est avec cette incongruité que nous voyons arriver le premier toro. Nous espérons tant pour Morante. Nos espoirs sont vite refroidis, le 1er toro manque de force. Morante nous gratifie cependant de quelques belles passes de capote avec un quite por delantales. Le manque de force se fait vraiment ressentir à la muleta où là aussi le maestro distribue quelques pépites. L'épée foudroyante et bien placée vient conclure. Quelques applaudissements saluent la prestation de Morante.
Sur son 2e, Morante n'a pas plus de chance. Il s'arrime et s'efforce de faire baisser la tête de son toro, en vain. Morante torée avec mérite son adversaire. Il essaye sur les deux cornes, mais rien n'y fait. Il n'y a pas beaucoup à obtenir de cette bête et ce qu'il pouvait obtenir Morante l'a fait. Sans une défaillance à l'épée, il aurait sûrement coupé un appendice.
Comme souvent cette saison, Morante n'a pas eu de chance au sorteo et a touché le pire lot de la course.


Magnifique dans son habit goyesque noir, JMM accueille son adversaire. Le toro est mobile et JMM lui sert sur la corne droite principalement une faena dont il a le secret. Avec ce toro mobile et qui transmet, il nous régale. L'épée est fulgurante. Sans hésitation les arènes demandent l'oreille. Après son attribution nous insistons auprès de la présidence pour que la 2e lui soit attribuée. C'est chose faite après quelques minutes d'agitation et de cris. Grâce à ce succès il s'assure la sortie a hombros.
Son 2e toro ne présente pas les mêmes dispositions que son 1er, mais lorsque l'on est un torero de sa qualité on transforme une chèvre en toro. Il lui sert la faena nécessaire à son caractère, il fait beaucoup de pauses entre chaque série et donne de l'air à son adversaire distrait. Son toreo vertical jumelé à un toro avec du fond permet à JMM d'obtenir 1 oreille.

Cayetano, seul représentant de la lignée Ordoñez sur le sable va nous montrer qu'il est un Torero avec majuscule. Devant son public, dans les arènes familiales, il s'avance sur le sable pour se positionner face au toril et recevoir son 1er adversaire avec une Porta gayola. Exécutée de façon magistrale, Cayetano nous réveille et donne l'impression aux plus anciens de revoir son père le grand Paquirri sur le sable. 

A l'issue de la pique, Cayetano signe un magnifique quite avec une larga cambiada à une main. Le ton est donné et le frère de Fran met la barre haute. Son envie de triompher sur ses terres transpire.
A la muleta, il reçoit son adversaire à genoux et exécute plusieurs séries qui soulèvent les gradins. La faena est appliquée, profonde avec beaucoup de courage. Une fois le toro dominé, c'est à genoux que le beau Cayetano termine sa faena au plus près du toro. Si près que sa figure est marquée par le sang de la bête.

Une très bonne estocade lui permet de recevoir les deux oreilles de son adversaire. Certains dans le public demandent même la queue.
Pour son dernier toro Cayetano est plus sobre, plus classique, plus profond. Le toro bon sous tous rapports s'est prêté au triomphe de Cayetano. Moins bon sur la corne gauche il a quand même permis au torero de s'exprimer et de nous régaler avec de profondes naturelles bien templées. Pour parachever son triomphe, le maestro a amené son opposant au centre de l'arène où d'une épée puissante et pleine de maîtrise il a porté l'estocade. Une bronca magistrale pour la présidence qui n'a pas accordé la queue, tout le monde agitait son mouchoir blanc, même la nièce du maestro. La présidence a concédé deux oreilles ainsi que la vuelta al ruedo pour le toro.

Ronda restera toujours Ronda... Francisco dans le callejon a pu apprécier les brindis que lui ont adressés JMM et son frère, ce dernier était très émouvant.
Une fois encore, je quitterai la pierre de Ronda le cœur léger d'avoir vu ces toreros artistas, j'aurai des images plein les yeux et pour moi, le meilleur reste à venir puisque quelques instants après j'ai pu photographier celui qui pour moi est un des plus beaux et agréables toreros qu'il soit : Francisco Rivera Ordoñez qui acceptera de poser quelques instants pour moi.

La Zapopina  Sept-2015

Feria de Béziers 2015 par Don Claudio

La Feria de Béziers commença le 13 août 2015 avec un après-midi pluvieux. Cette année encore le même président Michel Daudé assurera la présidence de toutes les corridas et de la novillada piquée. Le baryton F. Cornille ouvrira le paseo avec l'air de Carmen. Au chapitre des changements la commission taurine a décidé que la sortie par la grande porte serait donnée au torero qui coupera deux oreilles à un même toro. Le public répondit nombreux malgré la pluie.
Une ouverture en demi-teinte due en grande partie aux toros broncos et arrêtés, que ce soit le San Pelayo et le Capea réservés et de peu de recorrido à Pablo Hermoso de Mendoza ou les Jandilla du mano a mano Castella et Perera devant des toros arrêtés et qui ne donnèrent aucun jeu à la muleta par manque de race et de transmission. Et comme l'épée ne fut pas toujours au rendez-vous, le résultat statistique en est resté sur un score inhabituellement restreint pour un cartel aussi relevé.
Sobresaliente: Jeremy Banti
Pablo Hermoso de Mendoza : Salut / Oreille
Sébastien Castella (mauve et Or) : Applaudissements après deux avis / Applaudissements après deux avis
Miguel Ángel Perera (Bleu et Or) : Silence / Oreille après un avis

Le lendemain 14 août le cartel phare de la feria avec la deuxieme corrida de Sébastien Castella. Cette année, à cause de changement du règlement local d'obtention des triomphes, seuls Castella et Manzanares sont sortis en triomphe par la grande porte, Juan Bautista devant se contenter pour sa part d'une sortie par la porte des cuadrillas et il fut ovationné. On ne pourra pas reprocher à BAUTISTA, qui a touché le lot le plus retord d'un encierro de Domingo Hernandez/Garcigrande donnant du jeu en général, de ne pas avoir tout tenté pour forcer son destin. D'ailleurs, le public ne s'y est pas trompé et a réclamé avec force la deuxième oreille du quatrième toro de la tarde, synonyme de sortie à hombros pour l’arlésien... Pétition qui na pas été entendue par le président, seul maître a bord.
Sébastien Castella a été à la hauteur de sa temporada 2015 triomphale, ne laissant pas passer l'occasion d'un nouveau succès dans les arènes de sa ville. Succès qui aurait même pu être plus important sans un pinchazo sur son premier et si l’épée avait été concluante.
José Maria Manzanares, fut gêné par le vent lors de son premier combat, renversa la situation face au dernier du lot un Domingo Hernandez de grande classe qui avait de la fixité et le plus noble du lot, embarquant les arènes dans une faena de muleta aussi dominante que templada.
-2 toros de Domingo Hernandez et 4 toros de Garcigrande
Beau temps avec des rafales de vent gênant la lidia
Juan Bautista (marron et or) : Oreille après avis / Oreille avec grosse pétition de la seconde après avis
Sébastien Castella (rouge et or) : Oreille après avis / 2 oreilles
José Maria Manzanares (noir azabache) : Silence après avis / 2 oreilles

15 août : Cette troisième corrida de toros de la Feria de Béziers 2015 s'est terminée sur un score de parité d'une oreille partout. Les toros de Robert Margé eurent un comportement irrégulier.
Car au final, seul l'exemplaire de belle transmission, sorti en quatrième position pour Manuel Escribano, se hissera à la hauteur de la réputation et des belles heures offertes par les pensionnaires des Monteilles ces dernières années, en ces mêmes arènes. Superbement présentés, les toros de l'empresa biterroise ont globalement manqué de fond, les meilleurs se révélant être le bon quatrième et le cinquième, maniable.
L'histoire retiendra la nouvelle confirmation que l'octroi de la deuxième oreille appartient bien au Président de la course, et à personne d'autre... Je pense que le président n'a pas du voir ce que les aficionados ont peut être pu voir avec un Manuel Escribano qui est allé a porta gayola saluer son toro; a banderillé brillamment dont une dernière paire al sesgo por dentro contre les planches, avant de livrer une belle faena majoritairement diestra (droitière) mais toujours sincère et engagée avant une épée peut-être un peu tombée.
En tant que biterrois et critique taurin j'ai apprécié l'oreille obtenue avec beaucoup de courage par Cayetano Ortiz, fort justement reconduit dans ses arènes qui l'on vu débuter dans son aficion, après son triomphe de l'an passé avec les Torestrellas où tous les aficionados étaient sortis la gorge nouée. Quant à Fandiño, il m'a semblé en net progrès par rapport à ses dernières prestations dans le Sud-est, même si l'ensemble reste un peu désordonné, se faisant enganché plusieurs fois la muleta. La commission taurine avait émis le souhait que soit présents dans les corrals 30 heures avant le début de la feria les toros, faux problème quand l'on sait que dans des arènes autre que Béziers, les toros sont amenés la veille voire le matin de la corrida.
-6 toros de Robert Margé, inégaux de comportement d'excellentes présentation
Manuel Escribano (vert et or) : Silence / Oreille avec pétition de la seconde
Ivan Fandiño (rose et or) : Silence / Oreille
Cayetano Ortiz (ivoire et or) : Silence / Oreille

Le dimanche 16 août, les arènes de Béziers proposaient en matinée une novillada piquée  au cartel très attractif. Un cartel international face aux pensionnaires de la ganaderia andalouse de Virgen Maria et Santa Ana faible et deslucidos en général, différents de comportement. Posada de Maravillas, torero fin et artiste, coupa deux oreilles une à chaque toro où il distilla des muletazos de qualité. Il fut le gagnant du Tastevin d'argent décerné par l'Union Taurine Biteroise. L’Arlésien Lilian Ferrani, novillero, effectue une bonne temporada et le péruvien Andres Roca Rey, étoile montante de la tauromachie qui prendra son alternative dans un peu plus d'un mois sur le sable Nîmois n'a put montrer son art car les novillos qui manquaient de race et de mobilité, agrémentés d'une faiblesse endémique.
-2 novillos de Virgen Maria (1 et 3) et 4 de Santa Ana (2,4,5,6)
Posada De Maravillas (blanc et or) : Oreille/Oreille
Lilian Ferrani (turquoise et or) : Oreille/Silence
Andres Roca Rey (saumon et or) : Vuelta après avis avec forte pétition d' Oreille/ Oreille

La Feria de Béziers 2015 s'est clôturée le 16 août par la traditionnelle Miurada qui, cette année, n'a offert que peu de possibilités de triomphe aux trois courageux appelés à la combattre. Fernando Robleño affronta deux toros intoréables qui n'avait pas de passe et dont le torero de alcal n'a put montrer ni sa technique ni son courage. Au final, Javier Castaño et Mehdi Savalli se partagent les deux seules oreilles laissées sur le sable de la Plaza de Toros du Plateau de Valras, par les pensionnaires de Zahariche.
Mais l'impression générale à la sortie des arènes était bonne. Et ce en grande partie grâce aux deux prestations de Mehdi Savalli, très apprécié en terre biterroise, qui a su une nouvelle fois, sans que ce terme n'ait quoi que ce soit de péjoratif, livrer une tauromachie pueblerina mais de bon goût, aux spectateurs qui ont payé leurs places et qui veulent du spectacle. Le rôle des clubs taurins cet hiver sera d’éduquer un maximum ce public.
-6 Toros de Miura bien présentés mais de comportements divers
Fernando Robleño (blanc et or) : Salut/ Silence après avis
Javier Castaño (lilas et or) : Silence / Oreille
Mehdi Savalli (fushia et or) : Oreille / Applaudissements

Novilladas
La Feria de Béziers comptait comme chaque année deux novilladas sans picadors qui voyait la confrontation entre différentes écoles taurines et donc, différentes approches de l’art de toréer.
Première journée des novilladas sans picador qui se déroulait le 14 août 2015 et qui comptait entre autres le trophée Jean Paul Deruy remporté par l’élève de la fondation El Juli, Ignacio Ruiz (oreille) et la muleta offerte par l’UCTPR à Carlos Olcina (vuelta) de l’Ecole Taurine de Béziers. Tomas Ubeda (oreille) et Antonio Cuadra (vuelta) complétaient le cartel. Avec des novillos de Robert Margé qui ont eu un très bon comportement.
Deuxième novillada le 15 août 2015 avec la aussi des becerros de Robert Margé nobles et mobiles. Le prix fut décerné à Carlos Ochoa (Madrid) et la muleta de l’UCTPR offerte à Dylan Raimbaud. José Antonio Serrano (Almeria) et José Magaña (Malaga) complétaient le cartel.

Le 14 aout 2015, le matador de toros Jose Maria Manzanares, s’est vu remettre, après son triomphe 2014 à Béziers, le prix de la meilleure faena devant le toro n°36 “Colondrino” de la ganaderia Daniel Ruiz toréé le 14 août 2014 attribué par le club taurin "l’Aficion" de Béziers en son siège le restaurant Maria Theresa dans son cadre fort agréable.
Ont participé à cette sympathique soirée, des personnalités politiques et taurines de la ville accompagnées par le maestro Juan Antonio Ruiz "Espartaco".

Don Claudio

COUP DE COEUR DE LA ZAPOPINA dans les arènes de Béziers – Août 2015

Ce soir aux arènes du Plateau de Valras c'était champagne et caviar. Pour commencer, un cartel de luxe. Jean-Baptiste Jalabert, Sebastián Castella et José Maria Manzanares qui alterneraient devant des Garcigrande. Personnellement, j'attendais une chose, une seule chose... Le reste serait de la littérature (classique et magistrale comme seuls les grands auteurs savent nous régaler). J'attendais le triomphe de Sébastien dans ses arènes. J'attendais qu'il entre en communion avec le peuple de Biterre.
Le "miracle" s'amorça lorsque le public, comme un seul homme, se leva, l'applaudi et l'obligea, lui le maestro discret, à venir saluer au tiers à la fin du paseo. Béziers et les biterrois se souvenaient qu'il était un des leurs et le premier d'entre eux à obtenir le doctorat « ès toro.»
Sur son 1er toro il nous a servi des derechazos tout en douceur face à un adversaire qui embistait bien. Les naturelles montraient sans la dire sa domination. Comme un seul homme et à l'unisson les gradins agitèrent les mouchoirs blancs sponsorisés par la ville. Un trophée tombait dans l'escarcelle de l'enfant du pays. Bien au-delà du trophée c'était surtout l'alchimie entre Béziers et Sébastien qui semblait naître.
Son 2e toro, C'est Verlaine, c'est Rimbaud, ou quelques romantiques anglais. C'était beau à voir, c'était doux à entendre. La musique accompagnait à droite, à gauche et bien que Sébastien se soit fait désarmer par 2 fois, elle continuait. C'était beau, les olé qui naissaient dans les gradins et les applaudissements entre 2 séries. Il ne manquait qu'une estocade pour couronner Sébastien chez lui. Ce fut chose faite. Le toro s'affaissa et un sourire de satisfaction illumina le visage du maestro. Il savait qu'il nous avait servi une grande et belle faena et que le public était avec lui. Pétition d'oreille du public et là, LA chose extraordinaire... Le président de la course donne dans un même geste les deux mouchoirs synonymes de grande porte et de titre de meilleur torero du cycle. Le public exultait, Sébastien savourait. Trois appendices... Enfin prophète en ses terres!
Les deux autres maestros qui défilaient au paseo ont connu des fortunes diverses. Jean-Baptiste s'est offert un appendice sur un 1er toro intoréable qui rompait le combat au bout de 2 passes et qui lui a fait visiter tous les recoins du ruedo biterrois. Sur son 2e, il aurait dû être mieux récompensé de ses efforts si une caida ne les avait anéantis.
José Maria Manzanares, a vu son 1er toro changé pour cause d'invalidité. Le remplaçant a fait le job mais n'a pas permis à l'artiste de s'exprimer complètement. Ce ne fut pas le cas sur son 2e ou tout son savoir-faire et sa technique nous ont régalé, que dis-je enthousiasmé. Hélas, je crains que comme pour Sébastien je ne puisse utiliser la traduction du terme espagnol "A gozar" (mais je vous invite à aller voir vous même) mais c'est bien ça. Une nouvelle faena à 2 oreilles se profilait... comme le toreo de JMM. La présidence les accorda après pétition.
La journée taurine s'achevait agréablement, royalement même. 2 toreros artistes par la Puerta Grande dont l'enfant du pays. Des superstitions taurines se sont réalisées car Dieu a réparti la chance et il n'y a pas eu de mauvais 5e...
Demain, enfin tout à l'heure, ce sera un paseo de luxe que je vivrai loin de chez moi, en terre basque avec des amis français et espagnols. A nous Illumbe, Chicuelina, Karine et Rose Bonbon avec un "cartelazo de lujo". Le torero de mon cœur s'alignera au paseo à côté d'un monstre sacré de la tauromachie. Alors pour Morante de la Puebla, Sébastien et Alejandro Talavante... Que Dios reparta suerte.
Ce soir, j'ai été heureuse de voir Sébastien et sa ville natale en harmonie.

14 août 2015  -  La Zapopina

ROBLEÑO EL VALIENTE

Le Domaine Augé à Boujan-sur-Libron devient un lieu incontournable pour les rencontres taurines. Le Club Aficion, sous la houlette de Bernard Mula, a réuni un grand nombre d'aficionados pour recevoir Fernando Robleño le vendredi 27 février. Le week-end s'est poursuivi le dimanche à la manade Turquay où le torero a tienté 3 vaches et tué un toro. Journée champêtre pour les amoureux de la Camargue.
A voir ce frêle jeune homme aux yeux bleus à faire chavirer n'importe quel « Dolores Aguirre » ou « Escolar Gil », s'ils pouvaient distinguer les couleurs, on a du mal à imaginer sa force, ses capacités, sa maîtrise face à des cornus qui ne font pas dans la dentelle.
Fernando Garcia-Robleño naquit le 13 septembre 1979 à Madrid. Sans antécédent particulièrement taurin sinon son père aficionado qui l'amène aux corridas, il développe très tôt son envie de toréer. Il fréquente l'Ecole Taurine de Madrid dirigée alors par Joaquín Bernadó, débute une carrière avec des succès le plaçant en tête des novilleros, coupant des oreilles à las Ventas où il se présente en 1999, sortant par la grande porte, auréolé du Prix du Cossío (meilleur novillero). Il reçoit l'alternative le 20 juin 2000 des mains de Morante et du Juli, avec des toros de Torrealta dans une arène modeste à Torrejon de Ardoz (Madrid) parce que, dit-il, son apoderado n'était pas très moteur. Il confirme à Madrid en juillet 2001 et connaît l'année suivante des succès inouïs dont cinq tardes à Madrid avec des « puertas grandes », thésaurisant plus de quarante corridas en 2002 et une cinquantaine  en 2003. Des années de  « vaches grasses suivies de vaches maigres » vont se succéder jusqu'au jour où Céret, toujours en recherche de gladiateurs pour se colleter avec ses rudes invités, va chercher Robleño. En 2000, le jeune homme accepte le challenge offert par la petite cité catalane, il attendrit l'ADAC qui lui paya son billet de retour en train. Son histoire d'amour avec les cérétans commence, concrétisée par la fabuleuse encerrona de 2012.
Il y sera présent doublement cette année. Mais cela suffit-il pour ouvrir les portes des grandes arènes ? Pas vraiment confit-il amer. Les efforts ne sont pas récompensés. Malgré ses succès et sa présence cette année à Vic Fezansac, Céret et Bayonne, Nîmes et Arles ne lui ouvriront pas leur porte. Depuis son alternative il n'a plus toréé avec Morante et El Juli… Pourtant il ne serait pas contre, confit-il, mais le système ne le permet pas. En regard de cet état de fait (et Robleño n'est pas le seul dans ce cas), nous autres aficionados nous sentons frustrés et  impuissants face à des empresas qui préfèrent les figuras « taquilleras » devant des ganaderias commerciales.


La Chicuelina - 2 mars 2015

A signaler: IL S’APPELAIT CREÍDO

Notre revistero Don Claudio nous avait fait connaître le résultat du 7° FESTIVAL DES CULTURES TAURINES qui s’est déroulé ce week-end 24 et 25 janviers 2015 à CASTRIES.
La présentation de nombreux courts métrages taurins touchent autant la Course Camarguaise que la Corrida.

« COULEURS DU TEMPS »  film de BERNARD PORRAS a été désigné lauréat de la première rubrique. Il s’agit de la transition d’un gardian ancien à la nouvelle génération ; une histoire émouvante entre un grand-père et son petit-fils.

A la rubrique Corrida, la palme revient à l’excellent aficionado biterrois passionné de corrida mais aussi de films taurins MAURICE DAUSSANT pour « IL S’APPELAIT CREÍDO », du nom du toro d’alternative de CAYETANO ORTIZ.
Cette version court-métrage récompensée montre les derniers mois avant l’alternative d’un novillero, en l’occurrence CAYETANO ORTIZ, des moments de son entrainement jusqu‘à son doctorat. (Reçu  à Istres le 15 juin 2014 des mains d’un prestigieux parrain « JOSELITO »  et d’un non moins célèbre témoin MORANTE DE LA PUEBLA).

26 janvier 2015
Don Claudio

NB :Rappelons que Maurice Daussant a déjà été récompensé l’année dernière pour « S’HABILLER DE LUMIERE » (voir dans Evénements-Actu Archives 2)

Une version complète de « IL S’APPELAIT CREÍDO » (dont sa sortie en triomphe dans les arènes de Béziers) a été présentée au Domaine Augé à Boujan-sur-Libron à l'initiative du Club Aficion et de son président Bernard Mula lors d’une soirée le 7 février 2014 en présence du nouveau matador.
Le chroniqueur Paul Hermé anima les débats sur l’alternative de Gaëtan qui s’est prêté aimablement et simplement au jeu des questions réponses, quelquefois intimes qu’il a préféré garder dans son jardin secret. Telles les paroles de son parrain Joselito lors de la cérémonie, ou celles qu’il a dites à son papa en lui « brindant » son toro CREÍDO.
L’évènement particulier fut la mise à mort du 1° toro par le futur matador (toro refusé qui ne voulait pas rentrer au corral) alors que cela ne lui incombait pas (mais quand les vedettes sont là…).
Il est de coutume aussi que le toro d’alternative soit laissé au choix du futur matador. Mais ce dernier a refusé, préférant s’en remettre au « sorteo ».
Le débat fut ainsi mené avec beaucoup d’autres questions pertinentes et d’un incontestable intérêt pour le plaisir des nombreux participants.

Ce double DVD comprend aussi le bonus de cette corrida intégrale du 15 juin 2014 à Istres Joselito-Morante-Ortiz.  Pour se le procurer, contacter Maurice Daussant: maurice.daussant@free.fr

A.BONIJOL - MON TERCIO DE VARAS

La campagne gersoise, avec ses grands espaces et ses verts pâturages, offre un cadre idyllique à l’élevage de chevaux mais pas n’importe lesquels puisqu’en l’occurrence on élève un cheval de picador ! Il s’agit bien de création alimentée par un grand courage et une opiniâtreté hors du commun et surtout une passion débordante. L’artiste, auteur d’une telle œuvre qui a transformé le premier tiers de la corrida, c’est Alain Bonijol.
Cet alchimiste autodidacte mais doué, a fait de savants croisements dans son élevage. A l’origine des comtois suivis d’espagnols, de portugais, d’arabes, pour produire une « cuadra » exceptionnelle de montures robustes sans être lourdes, musclées mais élégantes. Au final un cheval acteur, artiste, torero, bref un cheval de piques qui redonne son lustre au tercio de varas.
Sans renier Franquevaux qui fut le début de l’aventure où le couturier  de caparaçons nouvelle tendance a créé des tenues plus légères pour les chevaux et rendu plus élégant le tercio de piques, la nouvelle propriété de Laas dans le Gers offre une étendue plus vaste et donc plus propice à l’élevage de chevaux. Qui plus est sur le chemin de l’Espagne et voisine de l’éleveur de « braves » le gascon Jean-Louis Darré.

Le film de Maurice Daussant « Mon Tercio de Varas » ayant obtenu le premier prix du Festival des Rencontres de Culture Taurine de Castries, conte l’aventure Bonijol, la création de sa pique française, du caparaçon plus léger pour des montures plus légères aussi. L’antagonisme entre « toristas » et toreristas » y gagnerait avec un tercio de varas tel que le conçoit Alain Bonijol.
Héritier de la tradition chevaleresque, le picador fut autrefois, le principal acteur de la corrida. Adulé des foules tel le célèbre Agujetas, le piquero a laissé son empreinte dans l’histoire de la course de toros. C’est pour cela d’ailleurs qu’il est le seul subalterne à revêtir une chaquetilla aux broderies d’or à l’instar du maestro. Pourquoi de nos jours ne retrouverait-il pas, auprès du public, son rôle d’acteur important ?

  La Chicuelina - 25 Janvier 2015 

Ce qu’on a remarqué en 2014

Sans faire une rétrospective de 2014, d’autres sites le font très bien, évoquons certains événements qui nous ont marqué.

Le 20 mai à Las Ventas de Madrid, la corrida de Ventorillo restera dans les mémoires comme la plus courte de tous les temps prenant fin au deuxième toro et malgré quelques précédents moins courts cependant. L’angoisse et la peur ont plombé la tarde. Notre rétine a imprimé cette porta gayola de David Mora, soulevé dans les airs tel un pantin désarticulé, pris à plusieurs reprises faisant craindre une issue fatale pour le maestro! La terrible blessure laisse peser une incertitude quant à la poursuite de sa carrière et nous saluons le courage, la force de ce garçon qui n’abandonne pas l’espoir de toréer à nouveau. Esaù Fernandez prend le relai pour se voir dirigé vers l’infirmerie à son tour. Il sera pris à deux reprises. Jimenez Fortes, le troisième, et malgré son courage devra déclarer forfait devant l’affolement du public. Cela restera dans les annales.

Autre évènement, plus heureux celui là, le retour de Miguel Arroyo « Joselito » pour une seule course à Istres. En compagnie de Morante de La Puebla, il donnera l’alternative au jeune biterrois Cayetano Ortiz  rassemblant un public nombreux. Nous n’en dirons pas plus si ce n’est notre émotion et notre bonheur d’avoir été dans les arènes du Palio !

Evidemment je n'ai pas oublié Jean-Baptiste et sa très belle goyesca d'Arles pour ses 15 ans d'alternative. (A revoir dans Evènements - Actu - 3°Archives)

Plus triste, les cent ans de la Monumental de Barcelone. L’anniversaire fut célébré par de nombreux aficionados, à leur manière, ne désespérant pas de revoir les toros à Barcelona, ce qui est loin d’être impossible !

La Chicuelina - 29 décembre 2014

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Commentaires

01.01 | 11:51

Très belle image pour le changement d'année. Que 2019 nous régale de belles faenas et de bons toros.

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26.09 | 09:44

Merci de votre apport.

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25.09 | 13:59

N'oubliez pas mon compatriote Nikko Norte, "El Holandès" novillero sans picadors jusqu'en 2005, qui va publier ses mémoires le mois prochain (octobre 2018)!

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18.09 | 12:07

Une dernière précision : après le tirage des lots, chaque matador (ou son représentant) choisit l'ordre de sortie de ses toros

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