Histoires de diverses arènes remarquables

ILLUMBE
Plaza de toros de Donostia  (SAN SEBASTIAN)

Evènement oh combien heureux pour la tauromachie, le 12août 2015, Illumbe, belle soucoupe volante atterrie à San Sebastian va y accueillir à nouveau les toros qui étaient partis en 2012 ! Pour l’occasion Don Juan Carlos, TVE et bien d’autres seront présents.
Illumbe, arène de 1ère catégorie, fut inaugurée en 1998. Sa couverture mobile permet d’y abriter de nombreux spectacles taurins ou autres. Le nombre de places s’élèvent à 11 000, réparti en 11 tendidos.

Mais avant Illumbe, pas moins de 12 plazas ont existé à Donostia (San Sebastian).
San Martin la première, d’une contenance de 6 000 places, fut inaugurée en 1851. L’actuelle Place de la Constitution accueillait aussi des spectacles taurins.

En 1870, au même endroit, une nouvelle arène est érigée. Elle est en bois, peut recevoir 9 000 personnes mais sera détruite  par le feu en 1878. Heureusement en 1876 avait été construite une autre arène à l’instigation de l’empresa Jose Arana qui créa la « Semana Grande Donostiarra ». Elle fut utilisée à la place de « l’incendiée ». En bois également elle se situait près de la gare d’Atocha. En 1882 commencent les premières modifications : fer à la place du bois, consolidation, résistance et sécurité. En 1888 dernières modifications et augmentation de la capacité à 10 000 spectateurs. De nombreuses espadas célèbres espagnoles, françaises, rejoneadors portugais défilèrent de 1880 à 1882. Une première ! Organisation de « nocturnes » grâce à l’électricité !

Au début du 20ème siècle, le président Arana se voit reprocher son peu de renouvellement dans le choix des figuras et des élevages (Tiens donc ! Déjà à l’époque…)
Une nouvelle plaza « El Chofre » voit le jour en 1903 grâce à la nouvelle empresa. Mais durant plusieurs temporadas les deux arènes vont fonctionner de concert jusqu’à la fin d’Atocha. L’inauguration del Chofre, le 9 août 1903, a lieu avec 9 toros de Ibarra et Mazzantini, Bomba, Montes et Lagartijo Chico (15 000 places environ).
Les plus grands toreros (Belmonte, Manolete, Gallito) fréquentèrent El Chofre durant 70 ans, en faisant un lieu historique, au rang important après Madrid, Mexico et Séville. De nombreuses personnalités tels Hemingway, Charlton Heston, Orson Welles ou Charlie Chaplin donnèrent un lustre à cette place historique.
Hélas le 2 septembre 1973 allait sonner le glas de la plaza, démolie pour raison urbanistique, privant l’afición de toros pendant 25 longues années…

Un quart de siècle plus tard Illumbe, 1ère catégorie, pionnière quant à son aménagement, est inaugurée le 11 août 1998 en présence de Manzanares père, Enrique Ponce et Rivera Ordóñez devant des Torrestrella.
Après un nouvel épisode malheureux en 2012, et ce jusqu’en 2015, l’afición va retrouver avec joie le chemin des arènes et souhaitons que le bel OVNI demeure longtemps dans ce beau paysage basque et ne décolle plus pour nous enlever ces extra-terrestres descendus de la planète des toros qui nous font tant vibrer !

La Chicuelina juillet 2015

PETITE HISTOIRE DE LA CORRIDA A PARIS (1°Partie)

1-Un calife à Paris à l'Exposition Universelle de 1878

             Dés 1865 des spectacles taurins se déroulaient à l'hippodrome de l'Alma, mais c'est pour l'exposition universelle de 1878 qu'il est décidé de bâtir une arène. Édifiée en bois  sur le Champs de Mars, d'une capacité de 14000 spectateurs, elle sera construite en 28 jours et  inaugurée le 28 Juin 1878.
            Cette même année, le 4 Juillet,  la Reine ISABELLE II (1830-1904), mère du Roi d'Espagne ALPHONSE XII, en faveur duquel elle avait abdiqué en 1870, vivait en exil à Paris  depuis 1868. Elle présidait une corrida qui accueillait au cartel trois figures : Antonio CARDONA ''EL GORDITO'', Fernando GOMEZ ''EL GALLO'', et Rafael MOLINA SANCHEZ ''LAGARTIJO''.
            A cette occasion LAGARTIJO (petit lézard, né à Cordoue le 27/11/1841, décédé à 58 ans en 1900), tua illégalement le premier taureau de cette corrida, à la stupéfaction générale. Il porta une estocade décisive à ''RENEGADO''de la ganaderia de Sabino FLORES sur injonction d'ISABELLE II. En effet, alors qu'à cette époque à Paris on toréait sans mise à mort, la Reine s'était penchée hors de la loge présidentielle en criant au matador: MATA LO !!!
            Ces arènes en bois du Champs de Mars furent démontées dés le mois de Septembre 1878 ainsi que celles du quai de New-York destinées aux courses landaises.
        Ces démolitions mettent  provisoirement fin  aux corridas parisiennes. Elles ne reprendront qu'en 1889 dans un autre lieu…

Novembre 2013 - El Farol -a suivre

LES ARENES DE PARIS - 2ème partie

-Rappel 1 partie :-

En 1865, des spectacles tauromachiques existaient déjà à l'hippodrome de Paris (hippodrome de l'Alma), mais ce n'est que pour l'Exposition universelle de 1878 que l'on décida de faire une arène, édifice en bois qui pouvait contenir 14 000 spectateurs. Construite en vingt-huit jours, inaugurée le 28 juin de cette année-là, l'arène accueillit des figuras espagnoles: El Gordito , El Gallo,Le 4 juillet, Lagartijo y tua illégalement le premier taureau. Mais cette fiesta brava parisienne n'eut pas de suite et les arènes disparurent dès le mois de septembre. C'est la brutalité  ressentie par certains lors  des spectacles qui a nécessité en partie la loi Grammont et fait naître la Société protectrice des animaux". La SPA est fondée en 1846 et le 2 juillet 1850, à l'initiative du général Jacques-Philippe Delmas de Grammont -1792- une loi est adoptée pour sanctionner la brutalité contre les animaux domestiques. Son article unique est ainsi rédigé : "Seront punis d'une amende de cinq à quinze francs, et pourront l'être d'un à cinq jours de prison, ceux qui auront exercé publiquement et abusivement de mauvais traitements envers les animaux domestiques. La peine de la prison sera toujours appliquée en cas de récidive." Quelques années plus tard, le 8 mai 1882, une autre société se crée : La Ligue populaire contre la vivisection dont le président d'honneur est Victor Hugo et le président effectif Alphonse Karr. Ces deux sociétés vont veiller à la stricte application de la loi Grammont. Une corrida espagnole avec piques, banderilles et mise à mort ne peut donc être envisagée à Paris. De plus les cornes du taureau doivent être "emboulées" (enfermées dans des étuis de cuir épais terminés par une boule) pour protéger les chevaux et non les hommes.  « Au Champ-de-Mars, la danse des tripes »  titra la presse de l'époque. La Revue de la Révolution, dans le tome 9 de 1887, fera un commentaire moins passionné : "Où les Espagnols voient une noble arène, nous n'avons jamais pu nous figurer autre chose qu'un vaste charnier... Il n'y a aucune comparaison à établir entre les combats de taureaux et les courses qui viennent d'avoir lieu à Paris. Ces dernières ne sont en réalité qu'une pâle copie, atténuée, arrangée pour les besoins de la cause, adaptée en quelque sorte à nos goûts, ne pouvant offrir qu'une faible idée de la "Corrida de Toros".

VIE ET MORT DE LA GRAN PLAZA DE TOROS DU BOIS DE BOULOGNE

1- Préambule

Dans le cadre de l'Exposition universelle de 1889,qui vit la construction e la tour Eiffel, plusieurs personnes veulent organiser des courses de taureaux. Ainsi verront le jour : "Les Arènes Parisiennes", "la Gran Plaza de Toros", "La Plaza de Toros de l'Exposition" et surtout "La Gran Plaza de Toros du Bois de Boulogne".

Il y a peu d'informations sur les deux premières qui étaient installées pour la durée de l'Exposition 1879 et présentaient tous les jeudis et dimanches des "courses aux taureaux", attractions comparables aux courses de vaches landaises qu'on peut voir encore aujourd'hui dans le Sud-ouest de la France ; c'est pourquoi elles eurent peu d'échos dans la presse. Les Arènes Parisiennes, dirigées par Adolphe Senne, étaient situées 24 quai de Billy (actuel Palais de Tokyo) ; elles disparaitront et un jugement de faillite "excusable" sera prononcé le 30 décembre 1889. La Gran Plaza de Toros, située 31 boulevard Delessert (d'après le registre des Faillites) et dirigée par Gustave Heuburger, connaitra un sort semblable le 28 mars 1890. Les deux autres arènes feront aussi faillite, mais après avoir beaucoup fait parler d'elles.

 

2-La création

En 1888, une société composée d'éleveurs espagnols décide de financer la construction de    nouvelles arènes pour l'Exposition Universelle de Paris 1889. Le duc de Veragua, dernier descendant de Christophe Colomb, élève depuis 1849 la meilleure race de taureaux castillans

(celle qui appartient aujourd'hui à Juan Pedro Domecq), et veut profiter de l'Exposition de 1889 pour se créer un débouché en France. Après délibération prise en Conseil des ministres, M. Constans autorise le 22 mars 1889 la société à organiser des courses de taureaux selon le cérémonial espagnol, "avec tout le splendide appareil d'usage sauf le sanglant épisode final".

Le 12 juin 1889 Antonio Hernandez y Lopez, gérant de la Société Anonyme de la Gran Plaza de Toros du Bois de Boulogne, dont le siège est 15 villa Dupont, (il sera transféré 58 rue Pergolèse quelques mois plus tard) adresse une demande de permis de construire :"... Nous avons fait dresser par MM Comboul, ingénieur, et Laborde, architecte, les plans d'une grande arène en maçonnerie bois et fer et par MM Botrel et Malençon, architectes, ceux des dépendances qui nous sont nécessaires et du bâtiment d'Exposition. Le tout devant coûter près de un million et demi de francs. Le terrain est de vingt mille mètres carrés situé 60 rue Pergolèse,...". Entre la rue Marbeau et la villa Saïd s'est élevée de 1889 à  1892 la Gran Plaza de Toros Construite en briques avec une base en pierres et un toit en métal, l'arène avait la forme d'un polygone avec une piste de 56 mètres de diamètre. L'arène pouvait accueillir 22 000 spectateurs, elle se flattait de n'avoir rien à envier aux arènes de Madrid. Ce lieu fut aussi appelé Les Arènes de la rue Pergolèse, car un musée de la tauromachie était ouvert au 60 de cette rue.

D'après les plans les arènes occupent la deuxième moitié du terrain avec un rayon hors tout de 48,73 mètres et une hauteur de 21,75 mètres, la piste ayant un rayon de 27,94 mètres. L'entrée ne pouvait se faire que par le boulevard Lannes (aujourd'hui boulevard Marbeau), le 60 rue Pergolèse étant l'entrée de l'Exposition. En moins d'un mois les travaux sont achevés.

Le 25 juin, l'admission du public est autorisée, mais il est précisé les conditions suivantes :

"Les courses ne devront être qu'un simulacre des véritables courses de taureaux, c'est-à-dire qu'elles consisteront uniquement en exercices d'agilité. Aucune piqûre pouvant amener l'effusion du sang ne devra être faite aux animaux. L'usage des banderilles fixées à une hampe et se terminant par des pointes pouvant s'enfoncer dans la chair de l'animal est interdit." La première course  a lieu le jeudi 27 juin 1889.Il etait prévu de donner deux fois par semaine, des corridas à l'espagnole mais sans mise à mort

Le Magasin Pittoresque de 1889 décrit l'arène :

" Le cirque lui-même, (les arènes  rue Pergolèse) immense et d'une construction bizarre, saisit l'oeil dès l'entrée. Soutenus par une charpente en fer monumentale, d'innombrables rangées de gradins peints en rouge, s'étagent en trois masses autour de la vaste arène où un escadron de cavalerie évoluerait, sans trop de gêne. D'en haut, rapetissés, les hommes, les chevaux et le taureau surtout, courant sur le sable, ont l'air de jouets perfectionnés, mus par d'invisible ressorts.

Au dessus de l'arène, le ciel apparaît encadré circulairement par des vélums rouges et or qui garantissent les gradins contre le soleil et la pluie. Aux énormes piliers de fonte gris sont fixés des faisceaux aux couleurs françaises et espagnoles. Enfin, au milieu des gradins du premier étage, une loge est disposée pour recevoir un assez nombreux orchestre.... Trois portes débouchent dans l'arène. L'une communique avec l'écurie des taureaux (toril), l'autre, en face, sert à évacuer les chevaux ou les hommes blessés ou contusionnés. Par la troisième enfin entre le cortège de la quadrilla. Derrière se tiennent dans une cour intérieure les cavaliers, en selle, prêts à paraître dans l'arène."

Les photographies de l'époque montrent qu'elles étaient en effet monumentales.

Vingt-huit corridas se déroulèrent cette année-là dans l'arène où les taureaux emboulés n'étaient ni piqués ni tués, dans les premiers spectacles. Puis le préfet autorisa que les règles de la corrida espagnole soient appliquées dès l'année suivante. En 1890, il y eut 41 corridas, puis le préfet se ravisa de nouveau et il interdit la mise à mort.

L'année suivante, il n'y eut plus que 26 spectacles, et comme les figuras refusaient de se prêter à une parodie de tauromachie, le public déserta bientôt les gradins. On essaya divers autres spectacles détournés de la corrida : charlotades, toreo comique, mais dès 1893, la société qui gérait les arènes était en faillite et l'édifice qui avait coûté une fortune fut démolie.

3-L'inauguration

Elle a lieu le samedi 10 août 1889 à 15 heures, en présence du ministre de l'intérieur Ernest Constans:

 «Le cortège fait son entrée. Il est superbe, ce cortège. Un peloton de soldats de la garde verte ouvre la marche. Puis viennent les trompettes et les timbaliers à cheval ; puis les 12 alguazils à pied, en costume du temps de Philippe IV, et les 4 alguazils montés ; puis les quadrilles des toreros ; puis les banderilleros et les chulos, précédant un carrosse de gala où se tiennent les cavaliers en place, et que traînent quatre bêtes au harnachement splendide tenues en main par des piqueurs en livrée étincelante ; puis les chevaux des cavaliers en place, tenus en main, eux aussi, et qui sont de pur sang ; puis les picadores à cheval, et, pour finir, les gens de service et les mules caparaçonnées qui traîneront hors de l'arène les victimes des matadores. Mais ici les mules sont pour le décor. On sait qu'il ne doit pas y avoir de dénouement tragique.

Les 4 matadores -  Currito, Cucharès, Angel Pastor, Felipe Garcia, Frascuelo l'aîné - ainsi que deux rejoneadors portugais : Alfredo Tinoco et Luis do Rago- sont vêtus du costume traditionnel: veste de satin et culottes courtes, ornées de passequilles, arabesques et paillons d'or et d'argent; cape chatoyante, coquettement drapée et posée sur l'épaule gauche ; les bas blancs ou roses, la ceinture de couleur vive et la montera, Dans un article du lendemain Le Figaro décrit le spectacle :"L'excellent orchestre de Sax attaque la Marche royale". Et après avoir décrit une course de taureau, il précise : "Mais à Paris, on le sait, la pointe de l'épée est émoussée, de même que les cornes du taureau sont enfermées dans un épais étui de cuir qui en amortit les coups. Il n'y a donc personne de tué. Pour faire sortir le taureau, on fait entrer alors un troupeau de boeufs, qui fait le tour de l'arène, escorté par deux manageurs à cheval, porteurs de longs aiguillons. Le taureau enchanté de quitter la partie, se mêle à ses congénères et détale au plus vite, avec son attirail fiché dans le dos."

La saison 1889

La première corrida de la Gran Plaza de Toros du Bois de Boulogne a lieu le samedi 10 août 1889. A la quatrième corrida, le matador Lagartijo fait entrer ses picadors pour combattre le dernier taureau et à la corrida suivante trois taureaux subissent des piques pour la plus grande émotion du public. Par la suite, à chaque corrida, trois taureaux seront combattus par des picadors et trois par des "cavaliers en place" qui luttent à cheval et plantent de petits javelots au lieu de banderilles.

Ainsi, deux fois par semaine, les jeudis et dimanches, se succèdent les corridas qui sont commentées le lendemain dans Le Figaro en première page. De 15 à 21.000 spectateurs applaudissent Lagartijo, Frascuelo, Mazzantini, Angel Pastor, Valentin Martin, Guerrita, les matadors qui se succèdent au long de la saison, ainsi que Tinoco et Dorego, les "cavaliers en place". La 28° et dernière corrida de la saison a lieu le dimanche 10 novembre 1889.

La saison 1890

La saison 1890 commence, M. Fayot étant le nouveau directeur de la Société, le jeudi 8 mai avec Alfred Tinoco, Angel Pastor, Valentin Martin et Le Pouly de Beaucaire ; elle se poursuivra chaque dimanche et chaque jeudi, la 42° et dernière course clôturant la saison le dimanche 2 novembre.

Quelques événements doivent cependant être signalés. Tout d'abord, pour éviter la chaleur et la pluie, l'arène a été surmontée d'une coupole qui " s'élance à cinquante-six mètres au dessus du sol " lit-on dans les journaux (rappelons que la hauteur sur le permis de construire est de 21,75 mètres seulement !). "Elle est couronnée par une élégante lanterne, dont les châssis, par un mécanisme ingénieux, se replient les uns sur les autres, donnant passage à l'air chaud qui s'échappe au dehors, en même temps que la lanterne elle-même, mue par une pression hydraulique, s'élève de quatre mètres, ouvrant d'autres baies d'aération."

Le dimanche 28 septembre des Pegadores africains remplacent les écarteurs landais. Le jeudi 9 octobre a lieu la première course de nuit."Un Monsieur de l'Orchestre" rapporte dans Le Figaro : "...L'expérience était des plus aléatoires et le problème des plus difficiles à résoudre. Or cette expérience est faite, et d'une façon victorieuse, et le problème est résolu. Il a suffi - oui rien que cela - de 145 lampes disposées, à 45 mètres au-dessus du sol, sur une couronne circulaire de 30 mètres de diamètre, et donnant ensemble un éclairage supérieur à cent quarante mille bougies, pour accomplir ce prodige."

Samedi 11 octobre et dimanche 12 après la course, les arènes présentent un grand concert à 20 heures 30. L'orchestre de 160 musiciens est dirigé par M. Thibault. Au programme : la Danse macabre, l'ouverture de Guillaume Tell, la Fédérale (cantate de M. G. Boyer, musique de Massenet), et il faut ajouter les noms de Auber, Salvayre, Delibes, Saint-Saëns, Meyerbeer, Berlioz, Gounod, etc.

La saison 1891

La saison 1891 commence le dimanche 24 mai et s'achève le dimanche 8 novembre. N'étant plus considérées comme un spectacle exceptionnel, les corridas sont annoncées et commentées en page intérieur du Figaro, à la rubrique Courrier des Théâtres. Les courses ont lieu désormais chaque dimanche. Le dimanche 5 juillet voit une grande première : "En dehors des attractions ordinaires que fournissaient la présence de Valentin Martin, Le Mateïto, les toréadors landais et les picadors, tous très fêtés, il faut citer le "great event" de la journée, l'apparition de Mlle Gentis, l'écuyère de haute école qui vient d'accomplir un véritable tour de force. La première, elle a combattu le taureau, et avec une hardiesse telle, qu'elle a été longuement acclamée et couverte de fleurs. L'habile cavalier Bento de Araujo a partagé le triomphe de la charmante écuyère.

Trois mille mètres carrés  sur laquelle évoluent un millier de personnes, sans compter cent cinquante chevaux, quatre-vingt baudets, des chameaux, etc., en plus des courses de taureaux du dimanche après-midi. Et cela se poursuit chaque soir. Toutefois, seules sont annoncées les courses dominicales, à 15 heures, que l'on ne raconte plus tant ce spectacle est acclimaté à Paris. La 26° et dernière course de la saison a lieu le dimanche 8 novembre.

La saison 1892

La saison 1892 ne commence que le dimanche 26 juin. Chaque jeudi et chaque dimanche 10 à 15.000 personnes se pressent aux arènes pour applaudir Angel Pastor, Le Pouly, le Mateïto, Francisco Granja, Juan Ripoll, Marius Monnier de Marseille et les 'cavaliers en place" Bento de Araujo et Mlle Maria Gentis.

Le dernier article du Figaro au sujet des corridas de Paris est daté du mardi 4 octobre 1892:

" Malgré le mauvais temps, il y avait beaucoup de monde aux Arènes de la rue Pergolèse.          La 28° course de taureaux a été marquée par le début de P. Frascuelo. Elle a été des plus mouvementées et des plus brillantes. Les taureaux étaient très vigoureux et ont à plusieurs reprises désarçonné les picadors. José Bento d'Araujo et la charmante caballera Maria Gentis sont toujours hors de pair. Cette dernière doit lutter non seulement contre le taureau, mais avec son cheval qui est toujours un peu rebelle. Elle a merveilleusement planté deux javelines. Frascuelo, dont l'arrivée était impatiemment attendue des aficionados parisiens, n'a pas trompé leur attente et a déployé un talent et un courage extraordinaires. Le quadrille provençal de Marius Monnier, de Marseille, faisait ses adieux au public parisien. Il l'a laissé sous la meilleure impression et a été l'objet d'une véritable ovation. Jeudi prochain, 29° course avec Frascuelo. Début des pégadores africains dont le travail, un peu fantaisiste, a beaucoup plu l'an dernier aux habitués de la Plaza."

Le mardi 18 octobre, la publicité pour la Gran Plaza de Toros ne parait plus. La saison 1892 s'est donc achevée avec la plus extrême discrétion.

La fin des corridas parisiennes

Il n'y aura pas de saison 1893. Sur requête du 12 janvier 1893, la Société Anonyme de la Gran Plaza de Toros du Bois de Boulogne, au capital de 5.000.000 de francs, doit déposer son bilan. Les pièces du musée tauromachique du bâtiment d'exposition sont dispersées aux enchères et, en septembre, c'est le tour des arènes et des dépendances qui partent pour un prix dérisoire car destinées à être démolies.

En 1899, une autre tentative sera faite mais tournera court. Vers 1925, quelques courses seront organisées dans les arènes de Paris. Enfin d'autres auront lieu en septembre 1942 au Vel'd'Hiv.

Clin d'oeil de l'Histoire: c'est un bronze doré, de Paul Jouve (1878-1973, membre de l'académie des Beaux-arts), représentant un taureau de combat qui sera installé en 1937 dans la partie supérieure du bassin des jardins du Trocadéro, rappelant, involontairement, que le XVI° arrondissement fut le haut lieu des courses de taureaux à Paris.

 

 Mai 2015  - EL FAROL (La luz del pasado)

 

  • Robert Bérard, Histoire et dictionnaire de la Tauromachie, Paris, Bouquins Laffont,ý 2003, 1056 p. (ISBN 2221092465)
  • Claude Popelin, Le Taureau et son combat, Paris, de Fallois,ý 1993, 210 p. (ISBN 2877061779 )
  • Paul louis mignon Corrida en France du second empire à nos jours, Paris, Julliard,ý 1993 (ISBN 2260000711)

Les Arènes des Aires (Lamalou-Les-Bains - Hérault)

Les arènes des Aires vers 1950. Carte postale
Sébastien Castella à 3 ans aux Aires. Photo Sylvette CASTELLA

Les Arènes des Aires  (Lamalou-Les-Bains)

Les arènes de la commune des Aires, petit village non loin de Lamalou-les-Bains, à 38 km de Béziers, fut en son temps sinon un haut-lieu mais un site taurin aux spectacles distrayants. Les gens de la « bonne société » venus de Béziers, Montpellier, Narbonne, pour prendre les eaux thermales de Lamalou-les-Bains, souhaitaient lors de leur cure se distraire. Théâtre, casino et spectacles taurins étaient appréciés. Les arènes des Aires furent construites à cet effet. Ces arènes, maintenant en quasi abandon se fondant dans le paysage, sont visibles de la petite route qui va à la Vernière, une des sources de la station thermale. Elles furent en activité jusqu’en 1990. Un terrible orage submergeant le petit pont qui relie La Vernière à Lamalou-les-Bains, emporta le malheureux propriétaire des arènes : Serge Grisey, signant la fin des spectacles taurins.
Auparavant, certains noms connus des biterrois comme les Naquer, les Coll, ou Raoulet mirent leurs pierres à l’édifice en proposant ou participant à des festivals, capeas et autre.
C’est le Club Paul Ricard  de Lamalou-les-Bains qui incita l’Ecole Taurine de Nîmes à organiser des capeas pour ses élèves dont un certain « Luisito » Ludovic Lelong fut l’un des protagonistes. A noter également qu’en 1984 un certain André Castella s’attaqua à la rénovation de cette placita envahie par la végétation, venant s’installer pendant un an avec sa famille dans la petite maison des arènes. Il  redonna le lustre à cet endroit où notre figura internationale Sébastien vécut une période de son enfance. Il avait alors trois ans. On peut le voir avec ses cousins sur une photo illustrant un article remarquable sur les origines de ces arènes dans la revue TOROS sous la plume de Jacques Garcin.
Je vous invite à lire cette histoire de nos hauts cantons qui fait des Aires la petite sœur  des arènes de Béziers, à l’époque où la France entière se rendait au Plateau de Valras pour y admirer opéras et corridas. La revue TOROS, pertinente pour ses articles sur la tauromachie voisinant avec l’histoire et la petite histoire de cet art que nous aimons, mérite votre attention et vos encouragements car en péril, elle doit son maintien grâce à vous. Sa disparition serait à mon sens regrettable pour l’afición. Je vous conseille si vous vous passionnez pour l’histoire, de lire la revue de cet été n° 1980-1981 du mois d’août.

La Chicuelina

Arènes de Ronda - Détail des contremarches de l'escalier d'accès aux gradins.

LES ARENES DE  RONDA

Petite ville magique et emblématique de l'Andalousie et berceau de la tauromachie moderne.

LES ARENES : Sanctuaire de la course de taureaux à pied, ces arènes sont les plus anciennes de celles construites pour les corridas modernes. Son portail est néo-classique avec quelques détails baroques. Déplacé au début de 20°siècle, il se compose d'un arc surhaussé flanqué de colonnes toscanes qui supportent un fronton divisé avec les armoiries de la Real Maestranza et un balcon très élégant en fer forgé de Ronda avec des motifs tauromachiques.

Le cercle des arènes est parfait avec des arcs posés sur 136 colonnes toscanes, celles de la loge royale sont plus décorées et striées.

Elles furent inaugurées le 11 mai 1784, mais l'éboulement d'une partie des gradins pendant les fetes d'inauguration entraîna sa reconstruction, pour être inaugurer lors de la féria de mai 1785 avec au cartel Pedro Romero, et Pepe Hillo son rival, contemporains de Goya,

LA CORRIDA GOYESQUE. Gardienne des traditions, Ronda perpétue le souvenir des corridas qu'a connu Goya.

La Corrida Goyesque possède une personnalité qui lui est propre, car il faut dire que cet évènement combine le spectacle unique d’une corrida singulière et ce dans un cadre unique, la Plaza de la Real Maestranza de Caballería de Ronda (place de la société royale de cavalerie de Ronda). Nombreuses sont les raisons qui permettent d’assurer que cette Corrida Goyesque est un évènement spécial. Parmi celles-ci, on compte bien évidemment le nom légendaire de Ronda et l’histoire de cette ville, sans oublier celui des voyageurs romantiques qui transmirent leur enthousiasme à Orson Welles et Ernest Hemingway.
La première Corrida Goyesque eut lieu en 1954 à l’occasion du bicentenaire de la naissance du singulier personnage de Ronda D. Pedro Romero, avec en tête d’affiche les toréros Antonio Bienvenida, Cayetano Ordoñez et César Girón. Pour cette édition qui s'est tenue le 8 septembre, les toréros Rivera Ordoñez « Paquirri », David Fandila « El Fandi » et Alejandro Talavante, accompagnés des taureaux de l’élevage Nuñez del Cuvillo, feront les délices des aficionados, des passionnés de corridas.

Au cours des corridas goyesques, les toreros utilisent des costumes similaires à ceux en vigueur à l'époque de Goya : les paillettes sont quasiment absentes, les seules décorations étant des broderies; la taleguilla est ample et non moulante comme son homologue moderne; au lieu d'une montera, le torero coiffe un bicorne; les cheveux (longs) sont retenus par une résille; le capote de paseo n'existe pas, les toreros défilant en portant le capote de brega sur l'épaule.

Le déroulement de la corrida goyesque est identique à celui de la corrida normale

El Farol
octobre 2012

Le site de Ronda
Arrivée en calèches des toreros
Calèches dans l'arène...
Alguazils
La Présidence
Paseo goyesque

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Commentaires

26.09 | 09:44

Merci de votre apport.

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25.09 | 13:59

N'oubliez pas mon compatriote Nikko Norte, "El Holandès" novillero sans picadors jusqu'en 2005, qui va publier ses mémoires le mois prochain (octobre 2018)!

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18.09 | 12:07

Une dernière précision : après le tirage des lots, chaque matador (ou son représentant) choisit l'ordre de sortie de ses toros

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10.12 | 21:17

Bravo à Maurice Daussant ainsi qu'à toute son équipe de bénévoles pour son film sur Gabin Réhabi. Très beau film.

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