5° Archives Evènements - Actualité

Le 9 décembre 2017 , le site torobravo.fr relate une remarquable générosité autour du DVD de M.Daussant "Gabin Rehabi LE COEUR CASTOREÑO"  (Voir plus bas sur cette page)

Le siège de la Coordination des Clubs Taurins de Nîmes et du Gard accueillait hier une sympathique manifestation qui voyait le picador français, Gabin Rehabi, remettre les bénéfices de la vente du DVD qui lui était consacré, « Le coeur castoreño », à une association caritative.
Joé Gabourdès, maître des lieux et de cérémonie pour l’occasion, présenta la version courte de la vidéo avant sa projection, préambule à la cérémonie de remise du chèque. Final par des applaudissements nourris, saluant les performances de Gabin et la qualité de la réalisation, signes également d’affection et de soutien envers le jeune picador arlésien aux qualités reconnues.
Gabin prit ensuite le micro pour présenter sommairement l’association bénéficiaire, à savoir Trisomie 21 du Gard qui s’occupe de l’encadrement et de l’insertion professionnelle de personnes atteintes de ce syndrome. Madame Chabaud, la présidente, en présenta les grandes lignes, non sans avoir auparavant remercié Gabin pour son geste.
L’homme au castoreño présenta ensuite l’équipe de réalisation du DVD, tous bénévoles il faut le souligner : Maurice Daussant, le réalisateur, Clotilde Grimal pour l’écriture des commentaires, Cécile Pellissier et John Philip pour leur diction, Alain Garres pour une partie des images, Bernard Mula pour les interviews (excusé car retenu à Béziers par une soirée taurine), André Grimal pour l’infographie et JMLO pour les photos illustrant la pochette du DVD.
Remerciements furent aussi adressés aux personnes interviewées dans le film, Aurélia et Alain Bonijol, Paquito Leal, Yvan Caparros, Stéphane Fernandez Meca, à Mathieu Vangelisti et à Dominique Valmary, président de la FSTF pour leur soutien.
Gabin passa ensuite en revue la longue liste des clubs taurins et personnes l’ayant soutenu pour la diffusion du DVD avant de passer à la remise du chèque proprement dite, soit 3 886 € qui seront bien utiles à l’association en ces temps où les soutiens publics ont tendance à se raréfier.
Et tout s’acheva, comme de coutume, autour du verre de l’amitié.
Enhorabuena a todos et surtout à Gabin, un garçon attachant avec un cœur « grand comme ça ! »  - P.Colléoni

Nous avons signalé la sortie courant janvier 2017 du nouveau DVD de M.Daussant "Gabin Rehabi LE COEUR CASTOREÑO"
Ce 22 janvier, LE COEUR CASTOREÑO vient de se voir décerné le 1°Prix 2017 du 9ème Festival des Rencontres des Cultures Taurines.

C'est l' histoire d'un jeune garçon habité par une afición telle qu'il rêve d'être torero. Pourtant, c'est son devenir de picador que nous allons découvrir dans ce film malgré les embûches, les désillusions, son opiniâtreté et son courage lui permettent un résultat inespéré. Gabin Rehabi, nous montre ainsi la fonction et l'importance de la pique dans le déroulement de la corrida.

Rappelons que Maurice Daussant a déjà été plusieurs fois lauréat de ce Festival
(3°Prix 2014, 1°Prix 2015, 2016, 2017).
Afin d'obtenir ce DVD de 42mn, vous pouvez le contacter par Tél. 06 78 67 81 27 ou email: maurice.daussant@free.fr

Sortie du DVD DE LA FERIA 2017 à BEZIERS
Le bénéfice de la vente de ce DVD consacré à la Feria de Béziers 2017 - réalisé par Maurice Daussant - est reversé à l'école taurine de Béziers.  Prix  15 euros - 06 78 67 81 27

FERIA DE BEZIERS 2017 - Réflexions et avis de Don Claudio, La Zapopina, El Farol, La Chicuelina, El Mayoral

Par Don Claudio

Après le forfait de Jose Maria Manzanares, cette corrida d'ouverture de la Feria 2017 dans les arènes du Plateau de Valras s'était transformée en mano a mano entre deux français, l'amazone Léa Vicens et l'enfant du Pays Sebastian Castella. Et à l'heure du paseo, en rendant un vibrant hommage aux personnalités du monde taurin décédées récemment, dont Ivan Fandiño, Philippe Cuillé et Michel Vidal, le père du matador de toros Cayetano Ortiz.

A l'issue de deux heures trente d'une corrida tout de même entretenue, Sebastian Castella ouvrait une nouvelle fois la Puerta Grande des arènes de sa ville, après avoir coupé trois oreilles à des Nuñez Del Cuvillo présentant pour la plupart une belle noblesse et des qualités dans leurs embestidas, malheureusement limitées par leur manque de force et de race.
Léa Vicens n'a pas démérité loin s'en faut, reçue tièdement à l'issue de son premier combat, elle a obtenu un trophée de son second au terme d'une prestation classique, très précise, un peu ternie par une mort en deux temps.

En ce dimanche matin, avant la corrida d’expectation de l’après-midi les arènes biterroise proposaient une novillada sans picador. Au cartel, Juan José Villa (E.T.Madrid), Alejandro Adame (E.T.Toledo), Alfonso Ortiz (E.T.Zaragoza) et El Luri (E.T.Navarra). Le tout arbitré par des erales d'exellent niveau tant en bravoure qu'en noblesse de Robert Margé.

El Luri : Oreille
A.Ortiz : Oreille
A.Adame : Deux oreilles
J.J.Villa : Deux oreilles

Alejandro Adame fut déclaré triomphateur de la matinée et reçut les prix offerts par les clubs taurins Paul Ricard locaux.
Alejandro Adame et Villa sortirent a hombros par la grande porte de la plaza biterroise.

La tarde avait malheureusement commencé sous les mêmes auspices qu'hier, les Garcia Jimenez mieux présentés que les Nuñez Del Cuvillo, légèrement plus encastés également mais manquant toujours de force, réduisant de leur manque de transmission les efforts d'un Ponce une nouvelle fois miraculeux infirmier auquel il fut refusé injustement une oreille du premier, d'un Talavante dominateur sans étincelle lors de son premier combat et d'un Roca Rey académique au troisième, sans pour autant réellement soulever l'enthousiasme dans les arènes du Plateau de Valras.

On s'acheminait alors vers un résultat en demi-teinte, un peu à l'image de celui de la corrida d'ouverture, lorsque sortit du toril "Escondido", porteur du n°113, né en avril 2013, colorado chorreado en verdugo, d'un poids de 525 kgs. Difficile de dire si ce toro méritait ou non cette vuelta al ruedo qui lui sera finalement accordée après que Roca Rey lui ait coupé les deux oreilles. Le seul regret de ce toro malgré les deux puyasos est sorti seul du cheval et allait a amenos à la muleta. Ou si par simple comparaison avec ses frères de camada, il nous était apparu si bon... Mais en tous cas, à l'instar des erales de Margé de ce matin, il transmettait beaucoup d'émotion et a permis à ce torero péruvien qui a tant de mal à confirmer cette année tous les espoirs que la tauromachie mondiale a placé en lui lors de la dernière temporada, de reprendre un peu plus sûrement cette trajectoire qui doit l'amener vers les sommets de la hiérarchie mondiale...

Annoncé à grand renfort de communication comme l'un des évènements majeurs de la Feria 2017, absent depuis 1992 le retour des toros de Victorino Martín sur le sable des Arènes du Plateau de Valras de Béziers aura déçu plus d'un aficionado... Et il faut croire que le message était bien passé puisque la taquilla en rapport avec celle du cartelazo proposé hier, était plutôt satisfaisante. Aussi, ils étaient nombreux à copieusement siffler les dépouilles des trois premiers exemplaires du Sorcier de Galapagar, qui ont passé plus de temps de leur vie publique affalés qu'au combat.

Ce fut un peu mieux avec les trois derniers, le cinquième notamment, exigeant et très mobile, qui marqua les limites du jour d'un David Mora, atteint moralement et physiquement par son combat, connaissant en plus un echec aux aciers. Le dernier, avant de s'éteindre comme ses frères, aurait peut-être demandé un autre traitement... Mais on ne peut pas demander à un Mehdi Savalli plein de bonnes intentions mais en manque de pratique, les mêmes choses qu'à un David Mora placé cette année sur les meilleures trajectoires pour réaliser une belle temporada. Surtout qu'on doit à l'arlésien les seuls moments d'alegria de la course, lors de la réception de cape du sixième, notamment et aux banderilles où sa générosité lui attire toujours autant les faveurs du public biterrois. Quant à Manuel Escribano, après s'être envoyé un lot infumable d'Adolfo Martin pas plus tard qu'hier à Dax, il se coltina deux Victorino sans aucune option de succès aujourd'hui à Béziers... De quoi se demander, après l'indulto de "Cobradiezmos", on en est si loin alors que c'était le 13 avril 2016 à Sévilla, si tous les comptes sont réglés avec la Maison Martín...
Bref une tarde à bien vite oublier... Tout en espérant que la deuxième corrida toriste du cycle, la désormais légendaire Miurada biterroise du 15 août, fera oublier la précédente sortie française de la marque à Céret...

En ce mardi 15 août, l'empresa biterroise organisait une novillada très attractive sur le papier. Au cartel, le vénézuélien Jésus Enrique Colombo, le nîmois Adrien Salenc et le local Carlos Olsina qui se présentait ce jour en piquée. Pour animer les débats ce sont les utreros de Robert Margé qui ont été élus.

J.E.Colombo : Vuelta après avis / Silence
A.Salenc : Ovation avec Salut après avis/ Oreille.
C.Olsina : Ovation avec Salut après avis/ Oreille.

Le Tastevin d'argent fut attribué à Carlos Olsina.
Ce dernier effectuait sa présentation en novillada piquée.

Les années se suivent et ne se ressemblent pas à Béziers, concernant la Miurada qui clôture traditionnellement le cycle aoûtien... L'édition 2016 avait consacré Rafaelillo et fourni le meilleur lot de toros de la Feria. Cette année, une grosse déception attendait les aficionados qui garnissaient confortablement les étagères.

Car en effet, l'affiche avait de quoi séduire les tenants de la devise verte et rouge, avec pour affronter les cornus de Zahariche, le spécialiste Rafaelillo et un Juan Bautista n'en finissant plus de traverser le meilleur moment de sa carrière...
Et si je n'ai pas l'habitude de critiquer les Présidences car moi aussi j’ai déjà œuvré au palco et dieu sait si ce n’est pas toujours facile, vous savez, le fameux "la critique est aisée mais...", force est de constater que celle qui a tenu les rênes de cette Feria, dont les décisions ont déjà pu être déconcertantes les jours précédents, n'a rien fait aujourd'hui pour donner satisfaction au public, qui on le rappellera pour mémoire, paye ses places et contribue au premier chef à faire vivre la Fiesta... Il est vrai que lorsque deux Miura invalides sont retournés aux corrales après seulement trois combats, il y a de quoi se poser des questions. Mais s'obstiner à en maintenir un en piste, quitte à ne lui faire prendre qu'une mini ration de fer et deux banderilles pour éviter un nouveau changement, est indigne de la Présidence d'une arène de première catégorie. Et c'est tout à l'honneur du Maestro arlésien que d'avoir eu l'élégance de tenter de toréer cet exemplaire à mi-hauteur en début de faena, avant de se rendre à l'évidence et d'abréger, plutôt que de lui infliger une série par le bas qui l'aurait envoyé à coup sûr au tapis et ainsi vu terminer sa vie publique sous la bronca. Le public l'a compris qui a pris fait et cause du torero face à cette présidence qui tardait encore à faire jouer la musique au sixième. Décidément, alors que pour le dernier combat de cette Feria 2017, cette communion entre un grand torero et un Jose Cruz venu de nulle part, était tout à fait inespéré.
Malheureusement, l'émotion ressentie à cet instant ne bousculera jamais les statistiques, l'épée a recibir et le descabello ayant trahi Juan Bautista qui ne recevra qu'un appendice auriculaire à l'issue de cette faena de grande dimension. L'Arlésien refusera d'ailleurs de sortir a hombros mais par la Porte des Cuadrillas, à raison, mais sous une immense ovation qui à elle seule, en disait long sur la reconnaissance du public des arènes du Plateau de Valras.

Don Claudio – Août 2017

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Par La Chicuelina

Cette feria s’achève et comme me disait Gabin* l’autre soir chez des amis à l’issue de la miurada : n’en parlons plus et passons à autre chose.

Pourtant la mise en bouche du premier jour avec la jolie et talentueuse Lea Vicens et notre torero biterrois nous incitaient à voir la suite. Ma déception fut le vol d’une oreille à la rejoneadora à cause d’un public timide ou benêt qui ne sort jamais le mouchoir et par contre vocifère. Sûrement aussi qu’il ne sait pas juger la technicité et les dons réels de Lea.

Mais la présidence biterroise devrait apprécier la bonne prestation et ne pas toujours prétendre qu’il n’y a pas de pétition d’oreille…

Quant à Sébastien Castella qui n’est pas figura pour rien, il a soi-disant scandalisé les bien-pensants en s’imposant par la grande porte avec  trois oreilles (mais pas deux sur le même toro). Bravo Sébastien, je suis d’accord avec toi.

Le second jour le roi Enrique était là avec son savoir, sa présence et son calme, sauf lorsque d’un geste rageur, il jette l’eau de son gobelet contre la talanquera car, bis repetita, le président lui vole l’oreille. Toujours la même chanson : la pétition n’était pas majoritaire. Bon sang, on vous l’a dit, le public à Béziers n’a pas de mouchoir en poche, à croire qu’ils ne s’enrhument jamais !

La tornade Roca Rey a tout raflé. Mais bon… accordons lui qu’il ne s'est pas mal conduit.

Le 3° jour, les toristas étaient sur le pont, Victorino présent avec son gris cheptel – enfin pas tous. Et là je préfère me taire… tellement j’avais fondé d’espoir sur les cornus de « Las Tiesas »

Enfin les Miura pour le 15 août, tradition oblige. Nous espérions tous une fin en beauté.

Ce fut le cas, si on donne à « finir en beauté » une certaine interprétation !

Quelle panique à bord. Ils faisaient tous la génuflexion, peut-être pour la Sainte Vierge, allez savoir… La présidence inquiète probablement, ne sachant pas s’il restait un sobrero , abrégea la pique au grand étonnement du piquero, juste une paire de banderilles pour préserver les quelques forces du dernier Miura. Mais illico il fut envoyé « ad patres » par un Jean-Baptiste quelque peu énervé. Neuf toros, tout de même, pour l’après-midi.

Enfin, déconfits, nous étions résignés quand ils ont découvert, au fond… un « Jose Cruz », sobrero des Victorino et qui a du se dire : cette fois je sors. On ne savait pas qui c’était mais grâce a lui, le matador a servi une faena riche et variée, allant du molinete  à genoux, en passant par les passes de cartucho*, martinetes , passe du dédain, qui mirent le feu aux étagères. Un  recibir avorté suivi de descabello enleva l’espoir de deux oreilles.

Mais  quel chahut dans les arènes, public tout acquis au maestro qui fit sonner la musique au grand dam de la présidence déconfite. Quel feu d’artifice au final ! Mais reste-t-il une « Miurada » à Béziers ?

Heureusement le matin, pour ceux qui ne craignaient pas les ardeurs du soleil, les jeunes élèves de diverses écoles taurines passaient brillamment leur examen de fin d’année devant des erales de Margé, doués de plus de qualité que certains quatreños qui ont défilé les après-midi.

 

*Gabin Réhabi, picador français

*Cartucho de Pescado, passe inventée par Pepe Luis Vasquez. Cite de face, la muleta repliée et relâchée lorsque le toro se rapproche  pour donner à gauche l’exécution d’une naturelle.

 

La Chicuelina – Août 2017

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Par El Farol - INTERROGATIONS EN GUISE DE REFLEXIONS SUR LA FERIA DE BEZIERS.

Que se passe-t-il dans les grands élevages, la génération des éleveurs vétérinaires rationnels, fait-elle moins bien que celle des campésinos avisés?

Comment comprendre une Présidence erratique et parfois aveugle ?

Pourquoi très souvent ici à Béziers, il n'y a pas d'oreille au premier combat, alors que chaque faena est unique et qu'elle doit s'apprécier en tant que telle ?

Valeur et foi du règlement taurin de l'UVTF ?

Le rôle et les devoirs des Alguazils sont-ils bien appliqués ?

Pourquoi les piques sont-elles, sauf exception, si mal portées ?

Pourquoi les Maestros n'exigent-ils plus de piquer sur le morillo ?

Pourquoi le prix des places à Béziers est-il supérieur à celui des autres arénes Francaises?

Cela serait-il le fait que les spectacles seraient  de meilleure qualité ?

Etc     Etc   ..........

On reproche au public son ignorance mais faudrait-il qu'une constance dans le comportement et les décisions soit la norme, remarque valable aussi pour les Aficionados.

El Farol - Août 2017

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Par La Zapopina - Feria de expectación, feria de decepción!

Patienter 360 jours afin de pouvoir s'asseoir sur les gradins des arènes du Plateau de Valras pour assister aux corridas qui, lors de la parution des cartels, étaient bien montées, même si le renouvellement espéré n'était pas au rendez-vous. Les toreros, pas beaucoup d'audace de la part de l'empresa qui nous resservait quasiment les mêmes (sauf Léa Vicens et Enrique Ponce)  que l'année dernière. Certes dans des cartels différents.

Avant de vous dire ce que j'ai aimé ou non chez les toros ou les toreros, je voudrais pousser un sacré coup de gueule à destination de la présidence.

Un président unique, un incapable, qui vole les trophées et qui est aveugle devant les efforts des techniciens. Il faut revenir à une présidence tournante et surtout à une présidence qui connaisse le règlement taurin. M. Daudé pour ne pas le citer, devrait s'abstenir de monter au palco, commettre ses erreurs. Comment un président de son "expérience", de sa "connaissance", de sa "valeur", peut-il ne pas voir dès le 1er jour de corridas que Léa Vicens a fait plus que le nécessaire pour se voir attribuer un appendice ?  En fait, devrais-je dire, "comment, un tel président "maître" es règlement taurin peut-il nous en faire au minimum une par jour???  J'ai beau chercher je ne trouve pas...

Une chose est certaine sur cette feria, la présidence a montré ses limites.

Côté toreros, j'ai été ravie de voir Léa Vicens, qui a bien progressé depuis les dernières fois où je l'ai vue. Elle a été victime d'un vol en bonne et due forme de la part de la présidence qui l'a privé d'un appendice lors de son 1er toro.

Sébastien, dans un habit lilas de Roujan à l'aurore, a démontré toute sa classe et sa maestria face aux toros marqués du fer de Nuñez del Cuvillo. Il coupe 3 oreilles à ses 4 adversaires et se permet le luxe de toiser la présidence en sortant à hombros.

Lors de la deuxième après-midi, Béziers voyait revenir Le Maître, celui qui tel le bon vin s'améliore avec le temps (si tant est qu'il soit possible pour lui de s'améliorer...), le Maestro Enrique Ponce. Il était accompagné au cartel d'un autre torero artiste, Alejandro Talavante et du feu-follet Andrés Roca Rey.

Le Maître, a distillé à son 1er adversaire une faena d’anthologie faisant venir "a más" son toro. Hélas, le public biterrois semble ne pas savoir qu'une oreille se demande avec un mouchoir blanc et non en hurlant après la présidence. Certes, celle-ci aurait du voir cette faena et attribuer l'oreille. Deuxième jour et deuxième vol... Ca fait déjà beaucoup!

Talavante, bien au dessus de ses opposants devra se contenter d'une oreille à son 1er.

Quant à Roca Rey, même si beaucoup trouvent en lui un futur grand de la tauromachie, je dirais surtout qu'il torée le public. Sur son 2ème il a été bien au dessus de son toro, mais de là à avoir les deux appendices, il y a tout un monde.

Enfin, Jean-Baptiste qui a sauvé la Miurada grâce à un sobrero de José Cruz. Lui aussi a été victime de la présidence avec laquelle semble-t-il demeure un contentieux depuis quelques années... Son deuxième miura, invalide n'a pas été changé alors qu'il aurait du, la musique a joué à contretemps et lorsque le maestro lui a demandé de jouer, elle a refusé ainsi que la présidence, alors que la faena le méritait...

Mention spéciale au picador Gabin Rehabi qui lors de la novillada piquée a très bien piqué le novillo de Carlos Olcina qui faisait sa présentation dans cette catégorie. Gabin, présent également l’après-midi, lui aussi fut surpris du manque de cohésion de la présidence biterroise qui a ordonné le changement de tiers, après une seule rencontre avec un des Miura... Et voilà 5 erreurs en 4 jours, c'est beaucoup!

Côté toros, comme diraient certains, la corrida c'est mieux avec des toros et cette année à Béziers, nous en avons manqué et pas qu'un peu. Si les deux premiers jours nous pouvions nous attendre à des toros plutôt faibles, il était inconcevable de penser que des Victorino Martin ou des Miura se comporteraient pareillement. Les 3 premiers "gris" étaient d'une faiblesse absolue ne permettant rien aux maestros. Les 3 derniers, étaient eux, légèrement moins mauvais. Le 5ème étant même le "meilleur" de l'après-midi mais ses retournements brusques et rapides dans les jambes de David Mora ont montré les limites du madrilène dans ce style de combat. Il semblerait que David traverse actuellement un passage un peu à vide...

Après 25 ans d'absence, l'afición biterroise espérait beaucoup mieux des pensionnaires du sorcier de Galapagar. Il nous restait, pensions-nous, la traditionnelle Miurada pour éviter un naufrage complet...

Que nenni, les cornus de Zahariche n'avaient que le fer de Miura. Pour le reste il faudra repasser. Rafaelillo a fait tout ce qui était en son pouvoir mais le manque de force des toros ne lui a rien permis. A noter que 2 Miura ont du être changés par des sobreros d'autres fers dont un, le 8ème (sobrero lui aussi),  a du aussitôt être changé par un toro de chez José Cruz. Ce dernier a permis à Jean-Baptiste de sauver cette très triste après-midi de fin de cycle.

Que se passe-t-il dans certains élevages pour que sortent des toros pareils? A continuer à sortir de tels invalides, la tauromachie n'a rien à craindre des antis, elle se fait son tort elle-même!

 La zapopina  Août 2017

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Par El Mayoral
SIN TOROS NO HAY FIESTA BRAVA

Cette phrase résume à elle seule la Feria de Béziers 2017.

...et pourtant, tout avait bien commencé, les cartels bien « rématés », avaient été appréciés par la commission, et lorsque les toros sont arrivés dans les corrales, on a tous remarqué la belle présentation de tous les lots.

Le 12 août, la jeune rejoneadora Léa Vicens a montré ses grandes qualités de cavalière, avec un toreo élégant, sans temps mort et plein de finesse.
Dommage que le public ne demande pas l'oreille de son premier toro, elle le méritait et aurait ainsi quitté l'arène avec deux trophées.
Sébastien Castella est, et sera encore La Figura.
Devant ces Nuñez del Cuvillo, certes beaux, mais sans force, le Biterrois réussi à couper trois oreilles (3 fois une) et permis, grâce à son expérience et à sa volonté, de sauver cette première corrida.

Le 13 août, les toros de Garcia Jimenez furent meilleurs, malgré encore de la faiblesse, et les toreros, chacun à leur façon ont pu s'exprimer.
Enrique Ponce a donné une leçon de tauromachie en exécutant une faena qui est allée a más devant un toro qui au début ne nous laissait aucun espoir.
Et le grand Ponce a démontré sa grande technicité et sa facilité à adapter une faena devant un adversaire faible. Chapeau maestro !

Talavante nous gratifia d'une faena classique et correcte, avec quelques gestes dominateurs, ce qui lui valut une oreille.
Quant au jeune Roca Rey, il a emballé le public dans sa tauromachie de verticalité, avec des passes très serrées, restant droit et immobile devant son toro déclenchant les "Olé" des gradins. C'est un garçon courageux, volontaire, torero, et tuant bien. Il quitte les arènes avec trois pavillons, dont deux au dernier Garcia Jimenez, qui fut honoré d'une vuelta peut être excessive. Corrida intéressante.

 Le 14, la corrida de Victorino, tant attendu s'est avérée très faible, sans force, surtout les trois premiers toros.
Les trois derniers étaient un peu mieux, encore fallut-il que les toreros aient eu envie de toréer.
David Mora fut inexistant,  Escribano a (à mon avis) laissé passer son deuxième toro, qui aurait mérité mieux que la faena réduite du sévillan.
Quant à Medhi, bon banderillero, courageux, mais faisant le maximum, malgré le peu de contrat.

Le 15, le ciel nous est tombé sur la tête, des Miura qui chutent, des Miura renvoyés au toril (2) que s'est-il passé?
Rafaelillo et son toreo électrique, a coupé une oreille et Juan-Bautista, toujours prêt au combat n'a rien pu faire.
Il a fallu attendre le dernier toro, un "Jose Cruz" remplaçant un "Cayetano Muñoz", sobrero lui aussi, renvoyé aux corrales, pour voir un Jean-Baptiste se révéler après une altercation avec le Président. Le public prit fait et cause pour le torero et tout s'est enchainé, soulevant des "Olé" à chaque passe, toréant a gusto un bon Jose Cruz, permettant un final qui malgré la tristesse des jours précédents, redonna le sourire à ce public qui put ainsi terminer la feria dans la joie et la bonne humeur.

Comme je l'ai dit au début: Sin toro no hay fiesta brava, nous n'avons pas eu cette fiesta à los toros. Dommage!

Cependant, La satisfaction de cette édition 2017 viendra des erales et des novillos de Robert Margé.
Les huit aspirants toreros ont su tirer leur épingle du jeu, en profitant des qualités de ces érales, avec ce piquant que l'on aime bien, toréant avec sincérité et technique, coupant chacun des trophées.
Notre biterrois Lucas Miñana coupa une oreille méritée; remportant ainsi le prix du Meilleur Novillero de la course.

Le matin du 15 août, est sortie en piste des novillos de Margé, magnifiques, armés, aux poids frôlant celui des toros, bref une novillada de très belle présentation.
Le jeune vénézuélien a montré qu'il avait un bagage certain, et a eu de très beaux gestes.
Adrien Salenc fut un peu en dessous, on l'a connu plus inspiré. Et Carlos Olsina, notre torero a fait face devant un novillo de 460 kilos, sans perdre les papiers. Il a progressé avec une très bonne faena à son dernier novillo, avec des séquences ajustées et bien liées, une estocade entière. Une oreille bien fêtée.
Il remporte sans équivoque le " Taste-vin d'Argent " de l'UTB. Et nous garderons en mémoire les beaux et bons pensionnaires des Monteilles.

Dernière remarque: Le public boude les arènes…, faut-il se demander pourquoi?
Aux têtes pensantes de réfléchir!

El mayoral

FERIA 2017 à BEZIERS

Las Tiesas -2016

Nouvelle édition de la feria biterroise du 12 au 15 août avec des cartels attrayants sur l’affiche qui devraient contenter tout le monde puisque nous avons deux cartels toreristas et deux toristas.

Le premier jour la corrida mixte, bien établie depuis quelques années, verra pour la première fois, la jeune amazone Lea Vicens, au top niveau actuellement. La jeune nîmoise affrontera deux Bohorquez alors que notre torero Sébastien Castella se mesurera à quatre Nuñez Del Cuvillo vue l’interruption de saison pour raison de santé de Jose-Mari Manzanares. On peut regretter qu’un torero émergeant et ils sont nombreux et de grand talent, ne remplace pas Manzanares. Ces toreros de l’ombre seraient heureux devant des toros plus faciles que ceux qu’ils rencontrent au quotidien.

Le second jour, les Garcia Jimenez s’investiront devant le nec plus ultra des figuras du moment. En l’occurrence le roi Enrique (Ponce), Alejandro Talavante la valeur sûre du toreo et le jeune surdoué Andres Roca Rey.

Le dernier jour les incontournables Miura seront lidiés par Juan Bautista, torero aux multiples facettes, en mano a mano avec Rafaelillo, le spécialiste, qui a brillé l’année passée.

Mais l’évènement, pour moi, c’est le retour, le 14, du sorcier de Galapagar. Sous ce vocable les aficionados reconnaitront Don Victorino Martin. Avec une très bonne année 2016 couronnée par l’indulto de « Cobradiezmo » à Séville, les pensionnaires de Las Tiesas, magnifique pâturage de la région de Caceres, sont attendus à Béziers, après 25 ans d’absence.

En 1989, ils ont foulé le sable du Plateau de Valras pour la première fois, devant les vaillants Ruiz Miguel (1 oreille), Jose Antonio Campuzano, et notre Richard Cœur de Lion (Milian) qui reçut également un trophée. Les arènes étant alors sous la gouvernance du triumvirat : Robert Margé, Simon Casa et Manolo Chopera.

En 1991 Jose Antonio Campuzano à nouveau, avec Luis Francisco Espla et Victor Mendes qui seul fut récompensé d’une oreille. Les arènes étaient dirigées par Margé et Casas.

En 1992 Richard Milian, Victor Mendes et El Fundi se trouvaient en présence de ces Victorino  à la réputation déjà bien établie. Seul Mendes coupa, une fois encore, 1 oreille.

Margé et Casas étaient toujours organisateurs.

2017 : le retour ! Manuel Escribano, le héros de l’indulto de Cobradiezmo à Séville l’an dernier, sera compagnon de David Mora et Medhi Savalli, ils auront le privilège d’affronter les Victorinos.

Que la Feria commence, nous en reparlerons.

 Chicuelina 11août 2017

Un torero est mort

Iván Fandiño

Le 17 juin 2017, à Aire sur Adour, petite commune du sud-ouest de la France, un torero est mort par la corne du toro : « Provechito » de la ganaderia de Baltazar Iban (un autre à rejoindre le Carré des Maudits - voir le conte de la Zapopina). Il s’appelait Iván Fandiño, issu de la terre basque espagnole, il avait 36 ans. Le doute, la stupeur puis la tristesse ont envahi le petit monde des taureaux ! Presqu’un an déjà, Victor Barrio nous avait quitté de la même façon. Peu avant, l’excentrique mexicain « El Pana » et le jeune novillero péruvien Renatto Mora del Solar avaient rejoint aussi le paradis des toreros. Comment est-ce possible, à une époque aseptisée, où tout est sous protection, où le pire est à éviter, la mort n’en parlons pas (malgré les maladies, les guerres, les accidents de la vie qui prouvent son existence) qu’un torero puisse mourir dans l’arène ? Ces héros particuliers, ne l’oublient jamais. Prêts à mourir pour leur idéal, ils narguent la faucheuse pour exorciser leur peur, alors qu’elle est présente à chaque combat. Iván Fandiño, lui-même, lors d’une émission précédent son « encerrona » de Madrid en 2015, allait jusqu’à dire qu’il était prêt à mourir dans ce combat ! Encore plus surprenant, les propos de Talavante : pour être torero il faut mourir dans l’arène comme Manolete… Des dires semblables sont légions parmi ces êtres d’une autre planète. Certes le danger mortel est toujours présent dans ce genre de combat mais nous aficionados, nous sommes interloqués par cette attitude face au danger certain, malgré la rareté de telles tragédies (heureusement) mais ces dernières années  plusieurs issues fatales remettent les pendules à l’heure. Nous avons du mal à comprendre pourquoi, un jour, un jeune, (garçon ou fille) veuille passer  sa jeunesse, avec tout ce que cela implique : sacrifices, renoncements, abnégation à vouloir exercer cette profession. Tous vous rétorqueront que cette école de la vie leur a appris à grandir, à acquérir des valeurs comme le dépassement de soi, l’humilité, le respect, l’obstination malgré l’échec car la route est longue avant de voir le bout du tunnel (si on le voit un jour). Certains vous diront que beaucoup ont voulu quitter leur condition modeste, et gagner richement leur vie. La réussite, la fierté de devenir figura, être adulé des foules est un appât certain mais n’y-a-t’il pas un autre chemin pour arriver au même résultat ? C’est bien qu’un torero est un personnage d’une autre trempe, qui veut affronter la mort dans un combat où il est seul face à son adversaire, oubliant le public, vous disant à la fin sa satisfaction, son bonheur d’avoir toréé ou, « a contrario », sa déception d’avoir échoué. Nous aussi, il faut le reconnaître, notre passion peut-être incomprise et surprenante. Notre admiration et notre affection pour ces êtres particuliers, nous rapproche. Alors inclinons nous, même si la  mort rode  parfois dans l’arène et veillons à modérer nos critiques, respectons ces héros quel qu’ils soient et quelles que soient les bêtes qu’ils affrontent, dites faciles ou difficiles.

Repose en paix (que en paz descanse) Iván Fandiño

La chicuelina juin 2017

LA CORRIDA VUE DE L'INFIRMERIE sur TOROFIESTA.com de P.HERME

Vu sur le site de Paul HERME, TOROFIESTA.com, nous ne pouvons résister à vous faire partager son compte-rendu d'une conférence, menée par lui-même, intitulée "LA CORRIDA VUE DE L'INFIRMERIE" et présentée par l'auteur JEAN-MICHEL GOUFFRANT chirurgien taurin. Encore une soirée passionnante et pleine d'enseignement du Club L'Aficion. Un petit Bijou !

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Jean-Michel Gouffrant : un « homme en blanc » en plan de figura dans un callejón…

Venu au domaine viticole Augé, de Boujan, à l’invitation du CT « L’Aficion » de Béziers présidé par Bernard Mula, le chirurgien taurin Jean-Michel Gouffrant, qui exerce notamment à Bayonne et toutes les arènes satellites, sans compter des incursions outre-Pyrénées, a réellement captivé son auditoire. De par sa verve, son aficion, son professionnalisme, la qualité et l’intérêt de son intervention et pour tout dire, son charisme.

Attentive de bout en bout, l’assistance lui a réservé à la fin une ovation « clamorosa », de celles qui accompagnent les vueltas les plus chaleureuses ! Il faut dire que soutenu par un visuel bien en phase avec ses propos, son exposé, très documenté, s’est avéré instructif et passionnant, digne d’un professionnel de renom qui a visiblement l’art de la communication et du contact, ainsi que l’amour de son métier.

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Chargé de le présenter, j’ai déclaré en  introduction que nous étions de par sa fonction devant le paradoxe entre d’un côté une science appliquée, la médecine et sa spécialité la chirurgie, et d’un autre, un curieux paramètre mystique venu se ficher parfois en plein milieu, le miracle ! En effet, n’entend-on pas assez souvent : « Ils ont fait un véritable miracle !!! » en évoquant le succès d’une opération des plus délicates concernant un torero blessé…

Ces « faiseurs de miracles », ces « sorciers des blocs », étaient représentés ce vendredi soir à Boujan par l’un de ses plus emblématique représentant qui a su trouver les mots, en toute simplicité, humilité et clarté, pour nous éblouir et nous émouvoir, par des aventures humaines exceptionnelles vécues aux quatre coins de la planète taurine. Dos orejas y rabo, Maestro !!!

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Ci-dessous, quelques morceaux choisis de l’intervention de Jean-Michel Gouffrant, avec, pour lancer la soirée, la question de savoir comment devenait-on chirurgien taurin…

LE MIRACLE

« Je suis entré par hasard dans les arènes de Bayonne en 1978 et depuis, j’y suis resté ! En fait, la tauromachie m’est entrée par l’intérieur… Il n’y a pas de cours, de leçons, d’école, c’est avant tout par compagnonnage. C’est quelque chose qui s’apprend petit à petit, les uns avec les autres. Il faut dire qu’on fait des miracles, c’est vrai, mais on les fait parce que tous les toreros qu’on opère guérissent. Ils ne prennent pas trois ou six mois d’arrêt de travail ! Huit jours après, ils sont généralement repartis au charbon.

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Donc, les miracles, ce sont les toreros, ce n’est pas nous !!! On travaille avec eux comme avec tous les autres, et chez eux, ça marche à tous les coups ! Il y a bien une raison… Ce sont quand-même des hommes différents des autres !

Les toreros sont éduqués depuis leur enfance pour surmonter leur douleur. Eux, s’ils ont une blessure, ils en sont fiers ! En fait, ils sont fiers d’avoir montré leur courage au travers de leur blessure ! C’est quelque chose qui ne les affaiblit pas, mais qui souvent les renforce. C’est en cela qu’ils sont fabuleux à connaître de l’intérieur !

LA BLESSURE

Après avoir vu ce que je vais vous monter, je crois que plus jamais vous n’aurez envie de siffler un torero ! C’est un homme comme vous, qui a mal comme vous, mais qui passe par-dessus sa blessure, les Espagnols emploient le verbe « superar »…

Chaque toro porte la mort. C’est un serial killer qui toute sa vie a essayé de tuer. Quand on voit un toro couché, ça fait dire aux écologistes qu’il est un paisible herbivore que l’on excite pour qu’il devienne dangereux ! Le toro se bat toute la journée, ça ne parait pas dangereux, mais ça fait pas mal de victimes au campo. C’est un animal tout terrain qui a quatre roues motrices et cinq cents muscles. Quand il marche, qu’il contracte et décontracte ses muscles, ça se traduit par des micro-vibrations dans la corne qui font que quand elle rentre dans une cuisse, elle brûle tous les tissus qu’elle touche. Ce genre de blessure nécessite que l’on sorte tous les tissus qui ont été touchés par la corne, sous peine d’infection et gangrène.

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Le toro est un athlète magnifique. Il a une force extraordinaire et ses cornes représentent un instrument terrible. Il va donner l’embestida, c’est-à-dire qu’il va relever la tête avec les muscles du cou, puis dans un deuxième temps, il fera le mouvement avec les muscles du dos et enfin avec ceux des cuisses. Tout ça pour dire que la corne du toro passe de zéro à cent à l’heure en moins d’une seconde !!! Pas une formule 1 n’est capable de le faire ! C’est dire la force de pénétration quand en face il y a le poids d’un torero ! Par comparaison, il exerce un mouvement en pivot très sec, comme celui d’un joueur de pelote basque… Quand vous voyez qu’un torero a pesé sur la corne, c’est qu’elle est rentrée, alors que lorsqu’il voltige, c’est le plus souvent spectaculaire, mais il n’y a pas de cornada…

LA CORRIDA

La corrida est la dernière rencontre historique entre l’homme et l’animal. Au cours des siècles, l’homme s’est battu contre les bêtes et le seul reliquat qui reste de cette histoire, c’est la corrida ! Et si un jour ce dernier fil se casse, on perdra quelque chose de très important…

Il est évident que la tauromachie a inspiré un nombre important d’artistes de tous bords, beaucoup plus que les disciplines sportives. Elle a été une source d’inspiration extraordinaire pour beaucoup de gens… Quand vous achetez votre billet de corrida, vous ne savez jamais ce qui va se passer. Vous savez seulement qu’il y aura six toros à cinq heures de l’après-midi, mais le mythe du direct, c’est que l’on ne sait jamais ce qui va se produire…

(…) Il faut aussi prendre en compte que toutes tauromachies confondues, y compris les festejos de rue, le nombre est impressionnant. Concernant les corridas, il y en a à présent environ 400 de moins, ce qui laisse 2400 toros sur le carreau chaque année, ce qui et considérable, mais à côté de ça, il faut savoir par exemple que 550 villes organisent des encierros… En Espagne, les festejos populares correspondent à de nombreuses journées de toros, 2644 en Castille et si on rajoute Madrid pour la Sainte-Marie au 15 août, il y a 600 villages qui donnent des toros ! En fait, si on ajoute toutes les provinces, il y a plus de 12.800 journées de toros en Espagne ! Heureusement pour les éleveurs qui arrivent à écouler ainsi beaucoup de leurs toros qui n’ont pas été retenus pour des corridas…

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LA PEUR

Dans un callejón, on trouve un peu de tout, des gens heureux selon les circonstances, mais aussi ceux qui ont peur. Par exemple, le ganadero, qui passe un examen, car on va juger son travail de tout l’hiver, mais aussi les toreros, et enfin, le chirurgien ! Quand on va aux arènes, on n’est pas comme vous, on n’a pas mangé comme d’habitude, on se rend aux arènes comme on va au bloc opératoire le matin, en étant « limpio ». On n’a pas bu de copas, on n’a pas fumé le puro, c’est comme si on était posté derrière l’arbre contre lequel va s’écraser une voiture !!! On doit être au top de nos facultés pour faire face à l’’imprévisible… qui peut se produire d’une seconde à l’autre ! Dans un accident de la route, entre le moment où le choc s’est produit et celui où les secours arrivent, il y a un temps mort de quinze à quarante-cinq minutes, ce qu’on appelle le temps de sélection naturelle. Ceux qui doivent mourir meurent !

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En tauromachie, on est sur place, et en moins de deux minutes, le blessé est à l’infirmerie. On n’a pas le temps de réfléchir… Concernant le transport du blessé, il se dit pas mal de bêtises ! En fait, les personnes qui sont le mieux aptes à transporter un torero blessé, ce sont les toreros eux-mêmes. Ils ont l’habitude car ils ont été eux-mêmes évacués un jour ou l’autre, ils savent donc les gestes qu’il faut faire et comment les faire. Donc, le torero est toujours bien transporté par ses compañeros...

Lors d’une corrida à Tyrosse, on a reçu José Ignacio Ramos à l’infirmerie alors qu’il était mort ! A toute vitesse, on a découpé son costume pour voir où était entrée la corne qui l’avait tué, et… pas de blessure !!! Réanimation, massage cardiaque, ventilation artificielle, et il a redémarré. Ça a été pour nous très intense. Il a repris rapidement, comme si de rien n’était…

L’INFIRMERIE

Dans l’infirmerie, quand on a déshabillé le torero, qu’est-ce qu’on a ? On a un gamin qui pourrait être notre enfant ou notre petit enfant, qui a mal et qui a peur. Mais il n’a pas peur de ce qui va se passer, non, il a peur de ne pas pouvoir recommencer à toréer, il a peur de garder des séquelles, car ils ont une telle dynamique positive dans la tête, qu’ils se fichent bien de la blessure elle-même ! Ils ne veulent pas de conséquences…

En Espagne, la chirurgie taurine a un passé très important. Dans les villes importantes, de grands chirurgiens taurins ont eu comme successeurs leurs enfants. Il y donc une tradition qui se perpétue.

Dans les grandes arènes où il y a pas mal de courses, les infirmeries sont très bien équipées. Mais dans les plus modestes, là où les grands sénateurs de la chirurgie taurine ne veulent pas mettre les pieds, c’est le domaine de la dynastie des Crespo. Antonio Crespo Neches a assumé jusqu’à 280 journées de tauromachie par an, ce qui est énorme ! Et son fils, qui  a pris sa succession, est celui qui a la plus grande expérience de chirurgie taurine, non seulement  de toute l’Espagne, mais du monde entier, pour la simple raison qu’il travaille dans un tas de petites arènes, dans le Valle del Terror comme à Ciudad Rodrigo. La première fois que j’y suis allé pour le Carnaval del Toro, on en a opéré une quarantaine !

Dans les petites arènes, quand vous voyez écrit devant la porte d’une infirmerie « Prohibido el paso », c’est qu’il y a une raison ! Et souvent, elles sont aussi exigües que sous équipées. Un jour, j’ai opéré une plaie du thorax à Toro et il y avait beaucoup de spectatrices. Il faut dire que le concierge des arènes avait installé l’infirmerie dans son… poulailler !!!

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Tout ça pour dire que dans les petites arènes, on peut faire des soins très légers et très simples, mais les  infirmeries ne sont pas faites pour opérer, et c’est normal ! Il nous faut de la lumière, de l’eau, quelque chose de propre, un carrelage, de manière à pouvoir faire un massage cardiaque. En France, toutes les arènes sont à moins d’une demi-heure d’un bloc opératoire, donc on ne va pas investir de l’argent pour quelque chose qui sert une ou deux fois par an… Il faut sauver une vie, préparer le transport puis diriger le blessé vers l’hôpital.

C’est Dax qui a le premier a installé un bloc opératoire mobile qui a servi de modèle dans le monde entier.  C’est pour ça que l’on a vu naitre ensuite des publicités en Espagne pour les Unités Opératoires Mobiles. L’intention est bonne, mais le problème vient de la place compte tenu de l’étroitesse de la structure par rapport à tous ceux qui veulent assister le blessé, entre le mozo, les membres de la cuadrilla, l’entourage familial, et si c’est un Gitan, il y a quatre Gitanes qui sont arrivées avant tout le monde !  On ferme les portes parce que tout le monde prend des photos, donc quarante degrés de suite, tout le monde transpire, donc beaucoup d’humidité, bref on ne peut pas opérer là ! C’est nécessaire pour sauver une vie, mais jamais on ne va s’amuser à opérer quelqu’un là, ce n’est pas possible…

Après  les soins d’urgence, on va transporter le blessé vers le bloc opératoire le plus proche, avec l’air conditionné, la musique, avec les meilleures conditions pour opérer tranquille, comme on le fait tous les matins, dans une atmosphère apaisée, alors qu’autour de l’infirmerie d’une arène, c’est une sacrée pagaille !  »

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Tout ceci n’est qu’un condensé assez sommaire de la brillante intervention du Dr Gouffrant, intarissable sur le sujet, qui a détaillé les divers types de blessures par corne de toro, donnant et montrant des exemples précis, jusqu’aux plus sérieux, voire tragiques…

Bref, le temps est passé très vite, avec pour conclure le rappel de l’ouvrage « Jean-Michel Gouffrant, médecin de toreros », par Pierre Vidal, aux Éditions Gascogne, puis quelques mots concernant Manolete, Paquirri, Nimeño II, Robles, José Tomás, Barrio…

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Le mot de la fin sera la réponse à mon ultime question quand j’ai demandé à Jean-Michel Gouffrant quel a été le plus beau brindis qu’il a reçu. Spontanément, il a déclaré qu’il avait toujours eu un faible pour Sébastien Castella depuis qu’il était gamin… « Un jour, il m’a brindé un toro à Dax où il m’a dit : « Jean-Michel, je vous brinde ce toro parce que vous êtes une bonne personne ! »… Avec Sébastien, on a un passé lourd. La dernière fois que je l’ai opéré, c’était sa vingt-quatrième blessure !  »

Une bonne personne, un bon aficionado et un excellent professionnel, certes, mais aussi un conteur hors-pair qui maitrise totalement son sujet. Si jamais vous avez connaissance d’une conférence de Jean-Michel Gouffrant près de chez vous, surtout n’hésitez pas à vous y rendre. Je peux vous certifier que vous ne regretterez pas votre déplacement !!!

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Commentaires

10.12 | 21:17

Bravo à Maurice Daussant ainsi qu'à toute son équipe de bénévoles pour son film sur Gabin Réhabi. Très beau film.

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29.11 | 15:15

Ne porte pas de nom particulier. C'est simplement un confort lors d'exécution des STATUAIRES que vous appelez "litrasos" (de Miguel Baez Litri) Q? pertinente.

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29.11 | 14:57

On ne trouve pas à la vente ces petits mouchoirs qui sont distribués aux arènes. Ils sont souvent supports publicitaires ou témoins d'évènements exceptionnels.

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29.11 | 09:49

Quel nom porte l'action de ficher l'épée dans le sable avant de faire des "litrasos"
(?) Merci d'avance pour votre réponse. J-M François

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