Premiers MATADORS FRANCAIS ayant pris l'alternative

LES PREMIERS MATADORS FRANCAIS AYANT PRIS L'ALTERNATIVE

C'est à la fin du XIX siècle, que l'on voit apparaître sur les places de village, dans des arènes portatives, ou dans de grandes arènes, en bois ou en dur, de jeunes français qui souhaitent combattre le taureau avec un espoir: celui de devenir " Matador de Toros "
Le premier torero , originaire des Landes, s'appelait Pierre CAZABABE
"Félix Robert " Il devient Matador le 18 Novembre 1894 à Valencia.
Pendant une longue période de 80 ans, la France n'aura que trois autres toreros d'alternative: Pierre BOUDIN  Pouly III, Pierre Schul.
Ils seront suivis par d'autres et, à partir des années 1970, de nombreux jeunes se lancent dans l'art du toreo, avec plus ou moins de technique ou de savoir, lacunes qui seront compensées par l'arrivée des écoles taurines. Leur nombre a rapidement augmenté, et le dernier à avoir reçu l'alternative est: Cayetano Ortiz. C'est le 59 ème matador Français.
En attendant le prochain torero, ToroLibre vous présente ces courageux garçons qui ont honoré leur pays en portant le costume de lumière.  Cf. le livre "Toreros d'hier et d'aujourd'hui" (UBTF)

Pierre CAZENABE  "Félix Robert"
Le 4 Avril 1862, au moulin du hameau de Meilhan, proche de Tartas, dans l'arrondissement de Dax, vint au monde le premier matador de toros français, alors que Timothée, son père meunier, était déjà quinquagénaire.
Dés l'âge de seize ans, il s'essaie à écarter les vaches dans les placitas landaises.
Peu à peu il délaisse son emploi de serveur dans une brasserie de Mont de Marsan pour devenir écarteur à part entière en 1881. Pendant une dizaine d'années, il se satisfera de sa condition, effectuant presque chaque été de longues tournées dans le sud est, en Italie et même en Algérie. Il fait alors partie du quadrille de " Marin I " qui l'emmène à paris en 1889 pour une quinzaine de courses dans les arènes de l'avenue de Suffren.
Le succès des toreros espagnols qu'il voit à Bayonne, le pousse à se reconvertir dans le toreo hispano-français. En Août 1892 à Vichy, il veut mettre à mort.
O. Clopinet, revistero, écrit dans  La Banderille :
" La bête meuglante et sanglante fuyait devant ce fou furieux....ce grotesque jouant en toute sincérité sa lamentable parodie... "
Au printemps suivant à Montpellier, il se montre par contre chef de quadrille très brillant, très audacieux. Ses exploits attirent l'attention de show businessmen, et, en août 1893, il embarque avec toute son équipe pour les Etats Unis ou il se produit à l'occasion de l'Exposition Internationale de Chicago.
Il comprend toutefois que sans la consécration espagnole, il ne sera jamais qu'un "toréador" de plus. pendant l'hiver 1893-1894, il se rend à Séville et suit les cours de l'école de Tauromachie récemment créée par manuel Carmona Luque "El Panadero " Celui-ci décerne au français un magnifique diplôme certifiant que: " la junta directiva de la académia de tauromaquia de Sevilla, en la réunion celebrada el 15 de Marzo 1894, ha acordado conceder al discipulo don Felix Robert, el diploma de matador frances ". Signé par Antonio Carmona "Gordito " et José Sanchez del Campo " Cara-Ancha " qui avaient pris le soin de faire suivre le titre de "Matador" par l'adjectif francés qui, dans leur esprit devait effacer tout scrupule.
Grace à ce fameux diplôme, Félix Robert se produit partout: Une quarantaine de contrats le conduiront d'Angers à Lisbonne en passant par Alger et Séville.
A Dax le 14 octobre, il est le héros d'une journée mémorable. le gouvernement durcit sa position contre la corrida. La mise à mort est interdite. ce jour là, Félix Robert porte deux estocades qui n'empêche pas le taureau de sauter la barrière et de s'enfuir par la grande porte de la plaza ouverte pour permettre aux gendarmes à cheval d'occuper le ruedo. C'est le sobresaliente Paul Nassiet qui tuera le taureau sur la place Thiers. Les deux matadors sont emprisonnés.
Enfin le 18 Novembre 1894, grâce à son intrigante audace, plus qu'à ses qualités propres, il réussit à se faire conférer l'alternative. l'évènement a pour cadre les arènes de Valencia, le parrain est Fernando Gomez " Gallo " père de Raphael et de José, qui lui cède le taureau " Huesco " de l'élevage de valentin Flores.
La cérémonie se passa " con régular fortuna " écrit Cossio, ce qui veut dire que le récipiendaire fut médiocre.
Pendant cette temporade, surtout française, il compta dans sa quadrille un picador français, Jean Baptiste Rochette "El Artillero " qui n'a laissé que ce seul souvenir tauromachique.
En 1895, notre matador alterne corridas et courses hispano-françaises. il va quelquefois en Espagne comme ce 18 Août à Saint Sébastien ou il alterne avec Bombita devant des taureaux de Ripamilan. le résultat est décevant.
Les saisons 1896-97-98 seront exclusivement françaises.
19 Juin 97, lors de la première corrida intégrale de Toulouse, il alterne avec "Litri " face à des taureaux de Onoro
Le 7 novembre, il aurait du confirmer l'alternative à Madrid. L' empresa avait programmé une course au bénéfice de "Lagartijo " perdu pour le toreo à la suite d'une grave blessure. Etaient annoncés:
Mazzantini, Reverte, Fuentes et Félix Robert. Malheureusement des difficultés financières firent annuler la course.
Pas de confirmation pour le landais.
En 1898, il torée en France, à Mont de Marsan, à Alençon, et le 16 octobre à Narbonne. On peut lire dans le journal Sol y Sombra : " il joue de la cape avec beaucoup d'élégance, ses faenas quoiqu'un peu précipitées, démontrent sa crânerie."  Il tua de deux estocades et obtint l'oreille de son second taureau. Il semble donc que depuis 1892 il avait appris à tuer.
1899 fut sa grande année: le 2 mai il confirme son alternative, le parrain était
" Minuto "
torero de petite taille (deux têtes de moins que le français) et le témoin " Bonarillo ". Les toros appartenaient à la ganadéria de Conradi.
" Don Ventura ",  critique taurine, ne se montre pas tendre devant ce spectacle : " Ce fut une alternative d'opérette et d'opéra- bouffe ". L'aficion se développant en France, les impresarios aimaient annoncer dans leur publicité, qu'un torero était " espada en la plaza de Madrid " et cela convenait à Monsieur Félix...il est clair que le titre lui allait parfaitement pour l'exploitation de sa petite personne.
Comme le voulait alors la mode, Félix Robert arborait une superbe paire de moustache. La veille de l'alternative, il avait convié à diner la presse spécialisée et quelques amis. La question des moustaches passa à l'ordre du jour. Les avis étant partagés, on vota pour ou contre le port de la moustache. Neuf voix contre, deux pour. L'anticonformiste, " Jose de la Serna " du journal " Imparcial " signifiait que si le postulant se montrait à la hauteur de l'évènement, il pouvait bien porter tous les poils qu'il désirait , jusqu'à la barbiche.
Les corridas en France furent nombreuses pour le nouveau docteur...et les réactions mitigées.
Le 11 juin, il débute à Bordeaux " Applaudissements des amis, sifflets des non amis et silence des connaisseurs " Le correspondant du "Torero " écrit: " Il n'est pas, ne peut pas être et ne sera jamais un torero digne de figurer dans un cartel sérieux ".
Le 25 Juin il inaugure les arènes de Limoges, et le 23 juillet il y organise une course qui fait scandale: il présente un minable "Salamanquino " au lieu d'Antonio Montes annoncé. Le 16 juillet à Lisbonne face à des taureaux légers de Roberto de Fonseca, les journalistes continuent leurs remarques négatives sur son toreo. En hiver, notre Félix fait un petit séjour au Mexique puis, devient directeurs des éphémères arènes de Nice.
Le 7 Avril, à Béziers; il refuse de tuer un taureau ce qui le fait interdire à Avignon pour la course du 21, par le maire qui craint la récidive. Celle ci n'interviendra que le 7 juin à Montpellier. Il semble qu'alors il ait perdu cette exubérance qui cachait ses insuffisances au public peu avertis.
Sa carrière européenne est alors terminée. Il repart pour le Mexique et prend la direction de la plaza de Ciudad Juarez. il y fait fortune et épouse une riche mexicaine. Il se programme encore parfois, mais ce n'est qu'en 1908 qu'il déclare se couper la coleta. Cette année là il vient passer l'été en France, puis retourne à ses occupations américaines.
On n'a plus de lui que des échos surprenants... En 1910 il aurait acquis une écurie de chevaux de course et gagné 17 grands prix. L'année suivante, il aurait dirigé un cirque de cent chevaux dans la région du Lac Salé aux USA. Il doit rentrer ensuite en France pour fuir la révolution, et s'installe dans le sud ouest.
Il écrit dans le journal " La course landaise " et préside les corridas à Bordeaux
Dans cette dernière occupation, il ne fera pas l'unanimité, et on peut lire dans le journal " Sol y Sombra ": " il a oublié complètement le métier qu'il n'apprit jamais ou très mal ".
En 1913 il s'installe à Marseille, se remarie et prend l'initiative de créer une société pour la construction d'une plaza de toros dans la cité phocéenne, projet que la guerre fera échouer.
Le 19 janvier 1916 Félix Robert s'éteint dans sa propriété de Sibour près de Marseille.

" Avec ses désastres épiques et son histoire de moustache à conserver ou à raser, il fit rire les espagnols et avec juste raison Félix Robert premier matador Français avec alternative régulière, ne valait pas un clou et accumula gaffes sur gaffes. Ce gaillard là ne devait pas avoir la notion du ridicule " ( Aguilita dans Le Toril )

Pierre BOUDIN " Pouly III "
Petit fils d'Etienne Boudin "Pouly I " et fils d'Ambroise Boudin " Pouly II " le dernier représentant de la dynastie taurine des " Pouly " vint au monde à Tarascon le 7 Mars 1899.
Pierre Boudin grandira librement dans la manade familiale. S'il a peu de gout pour les études, il a par contre un véritable culte pour le cheval et pour le taureau. De quoi pourrait rêver l'enfant, sinon de suivre les traces de ses prédécesseurs. Nourri des exploits de son père, et des souvenirs de son aïeul, qu'il rêve de se vêtir de lumière à son tour.
Le jeudi de l'ascension de l'année 1910, il va défiler crânement à cheval, en tête du quadrille paternel. Il a onze ans.
20 Octobre 1913, à Arles sur Tech, l'adolescent va user de l'épée pour la première fois, expédiant un becerro de Laugier. Il a pour compagnon de cartel Louis Laurent et porte un costume rouge et or qui appartint à son père et retaillé à ses dimensions.
7 juin 1914, à Marseille, il entre en compétition avec Ambroise dans la lidia de novillos de Laugier, en funcion intégrale.
A quinze ans, Pierre étonne les aficionados par ses dons indéniables de torero et son habileté à manier la muleta. Intelligent, tenace, volontaire, têtu, il accomplit des progrès foudroyants qui laisse prévoir une belle carrière, que viendra interrompre, hélas, l'entrée en guerre de la France.
Le 18 avril 1918, Pierre sera mobilisé au 3eme Chasseurs d'Afrique cantonné à Tarascon. Ce " costaud" sera réformé pour ...faiblesse de constitution.
Le conflit terminé, Pouly III reprend le chemin des arènes.
En 1919, il participe à 13 novillades sans mise à mort et se fait blesser à deux reprises: à St Rémy de Provence et à Vichy.
A l'époque, Ambroise imprésario des arènes de Marseille, a pour représentant en Espagne le banderillero Fermin Bernedo " Valentin ". Celui ci qui a décelé chez Pierre les atouts de la réussite, incite fortement le jeune homme a tenter l'aventure en Espagne. ...et Pouly va se fixer à Barcelone
le 28 mars 1920, il décroche un premier contrat bien modeste: il va estoquer deux "bichitos " dans la partie sérieuse du spectacle comico taurin des Charlots de Pagès.
Le 4 avril suivant, il débute en novillade piquée, toujours à Barcelone en compagnie de " Ginesillo " Eladio Amoros et Manolo Granero. Le français met les bouchées doubles et...
le 18 juillet, il va se présenter à Madrid avec "Jumillano " et " Almanseno II " pour combattre du bétail Portugais de Netto Revello. A l'idée de paraître devant l'exigeante et éclairée aficion madrilène, Pierre est paralysé par une frousse qu'il ne parvient pas à dominer. Sa besogne sera sans éclats, comme elle le fut huit jours auparavant à Valencia, où il reçu le premier "avis "de sa carrière.
Mais le 30 mai à Barcelone, il obtenait un tel triomphe face à des novillos de Surga, que le grand organisateur Eduardo Pagès décidait de chaperonner celui qu'il appelait: " l'étonnant Français "
Pouly III n'a jamais toréait avec picador en France. Son père n'hésitera pas à la mettre à l'affiche d'une corrida à Arles.
5 septembre 1920, Pierre Pouly va recevoir l'alternative des mains de "Franscico Martin Vazquez et de Joaquin Sanz " Punteret " avec du bétail de Félipe Salas.
Céremonie sans gloire et investiture non reconnue en Espagne. Pierre va continuer d'alterner en novillades.
19 septembre à Malaga, face à des taureaux de Rincon, énorme triomphe!
le succés est tel qu'il fut promené sue les épaules de ses admirateurs enthousiastes des arènes jusqu'à son hôtel distant de trois kilomêtres. Une fois dans sa chambre, il dut paraître à son balcon à cinq reprises pour répondre à l'ovation incessante de la foule qui ne se dispersait point.
Chaque fois que Pouly en parle, les larmes lui viennent aux yeux.
24 avril 1921 débuts au Portugal dans les arènes de Campo pequenoà Lisbonne.
7 Août 1921, c'est enfin le grand jour tant espéré, l'alternative officielle à Barcelone avec " Carnicerito de Malaga " et le mexicain" Juan Silveti". Son taureau " Bonito " N° 99 de robe noire appartient à la ganadéria de Don Esteban Hernandez. Le récipiendaire fera la preuve d'un métier déja affirmé, bien que ne pouvant se débarrasser du trac qui l'étreint en présence d'un manso qui sera condamner à la grillade.
"Don Ventura critique taurin écrira: "Pouly a su parfaitement s'adapter au taureau espagnol. sans être Cayetano Sanz, c'est maintenant un grand lidiador "
En fin de temporada, , dans son annuaire " Toros y Toreros 1921, Luis Uriarte écrivait: " Pouly mérite tous les éloges pour l'indiscutable et titanesque effort que représente sa consécration à la popularité. "
Le 25 septembre, Pierre apporte son concours désintéressé à une corrida "patriotique" au bénéfice des œuvres sociales de l'armée du Maroc. Le roi Alphonse XIII le récompensera en lui offrant une bourse en or fin.
Le 16 novembre "Pouly " s'embarque à Bordeaux pour le Venezuela où l'attende deux contrats. Il débute le 3 décembre pour conférer l'alternative à" Grégorio Garrido", et son succès est tel que les contrats seront renouvelés. Il restera à Caracas, jusqu'à la fin du mois de février 1922 prenant part à onze corridas.
Il rentrera en Europe avec 25 oreilles et 8 queues.
Le 28 mai 1922, c'est la confirmation à Madrid avec "Fortuna " et "National II " Taureau de" Perez de la Concha" N° 19 " Madrilito " Tarde très honorable, consciencieux et vaillant, supérieur à l'épée.
Le 27 août suivant, à Colménar Viejo, un taureau de " Jose Garcia Aléas " lui infligera une grave blessure ( quatre trajectoires dans la cuisse droite) qui lui fera perdre de nombreux contrats.
Le 17 septembre, encore convalescent, il paraît à Arles pour tuer les "Miura " ce qui n'est point une simple formalité. Estoquant ses adversaires de manière
sensationnelle, Pierre fera le plein de trophées.
Cette reprise prématurée fut une erreur grave. La blessure est mal cicatrisée, et un phlébite viendra compliquer les choses. Il renonce à la campagne mexicaine qui s'annonçait fructueuse. Il ne prendra plus jamais le chemin des Amériques.
Le 29 avril1923, Pouly sera encore blessé par un taureau de" Sotomayor ". Cette fois la blessure qui affecte le poumon gauche aura des conséquences néfastes.
L'état de santé du torero va en s'aggravant, et notre français va connaître une sérieuse baisse de forme.
En janvier 1924, sur insistance du corps médical, il annonce son intention de quitter définitivement les ruedos. Et pour bien marquer cette décision, il se marie en Octobre.
Mais le virus taurin est toujours là, et en 1926, il part s'entrainer en Espagne dans la ganaderia de " Tomillo Martinez " près de Caceres. Après quoi, il prend part à un festival à Plasencia et une " tourada " à Lisbonne. Le ressort est cassé, et jusqu'en 1932, Pouly ne fera que très peu de corridas intégrales, et quelques courses bâtardes.
le 16 octobre 1932, "Pierre Pouly " s'habillera de lumière pour la dernière fois à Arles en compagnie des mexicains " Armillita chico " et " Carnicerito " pour affronter des taureaux de...Pouly! Nerveux, manquant d'entrainement, il aura un fin de carrière discrète, se signalant toutefois par une estocade magistrale à son dernier adversaire. Il portait le N° 10 et s'appelait "Pierrot "
Pouly ne va pas pour autant quitter la planète des taureaux. On le reverra dans des arènes mais cette fois en tant que " réjoneador ". Il débute dans cette nouvelle discipline le 16 avril 1936 au palais des sports de Paris, et y mettra fin le 6 août 1939 à Séverac le Château.
Vient la guerre mondiale puis l' occupation allemande. Pierre Pouly va appartenir à la résistance française et sera le chef de l'arrondissement d'Arles des FFI. Son action clandestine lui vaudra une citation flatteuse, et une belle brochette de médailles: Légion d'honneur, Croix de guerre avec étoile de bronze Médaille de la résistance, Médaille commémorative 1939-1945
La paix revenue, il va entreprendre une carrière d'empresa. Il prend la direction des arènes d'Arles en 1950 et les dirigera jusqu'en 1985. En 1952 il crée la " Féria d'Arles " et veut présenter aux aficionados des spectacles de qualité, avec des taureaux aux défenses intègres. Outre Arles, Pouly fut gérant des arènes de Céret, Fréjus, Vichy et organisa des corridas à Marseille dans des arènes portatives.
Pierre Pouly reçu une dernière grave blessure par corne le 17 juin 1954. Dans le couloir des chiqueros, le taureau " Rosito " de "Dona Piedad Figueron " infligeait à notre ami plusieurs cornadas dont une très grave dans la cuisse gauche.
Jusqu'à l'explosion du jeune Christian Montcouquiol " Nimeno II " Pouly aura été le seul torero français à faire une véritable carrière de l'autre coté des Pyrénées pendant plusieurs saisons. Il a toréait dans toutes les plazas espagnoles, attirant l'attention des aficionados et intéressant sérieusement la grande critique.
C'était un torero, il possédait une aficion profonde que renforçait une volonté extraordinaire du métier et une non moins bonne connaissance du "ganado " et de ses conditions de lidia. Son courage réfléchi se doublait d'une grande sérénité, d'un jugement prompt des actes à accomplir.
Pierre Pouly maniait la cape avec aplomb, sûreté, esthétique, il banderillait avec beaucoup de " vista " et " se penchant au balcon " comme disent les connaisseurs;
à la muleta, il faisait preuve de sang froid, de maîtrise et d'une certaine élégance.
Son point fort était l' estocade, et les anciens se rappelait de quelques " volapie " magistraux.
Sans son état de santé déficient et les conséquences morales qui en découlèrent, Pouly eût sans doute figuré plus longtemps qu'il ne le put parmi les bons toreros.
Il cède sa place de directeur des arènes d'Arles en 1985, et s'éteint le 24 décembre 1988 à Arles.
Il restera dans les annales comme un modèle d'honnêteté professionnelle, et un bel exemple pour les jeunes toreros français à venir.

Pierre SCHULL
Né le 18 Avril 1936 à Charleval ( Eure) il s'éleva en Arles où ses parents tenaient une poissonnerie.
Elève de l'école taurine d'Arles fondée le 11 Novembre 1950 par Luis Munoz, il aura à peine quinze ans lorsque son professeur le présentera en public à Alès en compagnie de "Pedro Romero" et " Antoine Montiel" pour toréer du bétail de Thibaut. Il étrennera son premier costume de lumière le 1er Avril 1981 à Arles, toujours devant des " bious' de Thibaut et alternant avec…Pedro Romero.
Après avoir participé à quelques "capeas de muerte" appelés aujourd'hui novillades sans picador à Arles, Saint Gilles, Montfrin, etc…souvent avec Antoine Montiel, Pierre se rend en Espagne.
En Aout 1954, il participe à un festival à Castellon de la Plana, coupe deux oreilles et éveille l'attention des connaisseurs. Il fera d'autres festivals en Espagne ,mais aussi au Maroc à Casablanca
Le 30 Mai 1955, c'est sa première sortie "con caballos" à Barcelone avec "Grégorio Sanchez, Pepe Caceres et El Pio" devant du bétail de Bernardino Jimenez et de José Luis Osborne. Excellente tarde du français qui sort "à hombros" de la monumental.
13 Avril 1956: Pierre débute en France en piqué à Marseille, avec " Pirri" et
Curro Puya" et coupera l'oreille du novillo de "Cunhal Patricio"
cette année là il sera blessé à deux reprises
15 Juillet 1956 à Carabanchel et le 4 Octobre à Carthagène.
1957: Pierre Pouly prend sa carrière en main. il va toréer quatorze fois avec picadors, remportant de notables succès et coupant de nombreuse oreilles.
4 Octobre 1957 il sort en triomphe des arènes d'Ubeda avec 4 oreilles et deux queues.
A l'issue de la novillade du 14 Juillet à Fréjus "Luis de la Cruz " écrira:
"Ce serait pour moi déguiser la vérité que de ne pas dire le plaisir que j'ai éprouvé à suivre une faena (à un Yonnet )à la fois classique et fleurie, marquée par la Soltura, la facilité, le galbe et l'élégance. Le poignet de Schull est d'une étonnante souplesse et il court la main comme les meilleurs "
1958: il participe à six novillades et reçoit deux blessures à Céret et Ubeda
Le 12 Octobre de cette année, il prend l'alternative dans sa ville d'Arles.
Vêtu de violet et or, il reçois les "trastos de matar " des mains du maestro Luis Miguel Dominguin en présence de Luis Ségura. Toro de l'élevage du Duc de Pinohermoso " Lujoso " N° 57 négro lombardo
Contracté, en proie à une émotion compréhensible, trop nerveux, le récipiendaire ne réussira pas à trouver le sitio et toréera sans quiétude.
Cependant il coupe deux oreilles (1 et 1) indulgentes peut être justifiées par ses épées.
En février 1959, pierre annonce ses fiançailles avec la starlette espagnole Loli del Amo. il vivrons ensemble un certain temps, mais pas de mariage.
Cette année là, il fera 8 contrats avec des fortunes diverses, sauf à Bayonne devant un Atanasio Fernandez
Novembre 1960, Il part pour l'Algérie ou il va accomplir son service militaire, et ce séjour à l'armée mettra fin à sa carrière.
Le 23 septembre 1962, on le retrouve dans le ruedo arlésien. Ce jour la, la présidence l'autorise à toréer (en civil) un sobrero de Palha: il coupe les deux oreilles et le revistero " Paquito " dira: Je n'ai jamais vu Schull aussi bon "
L'enfant de Charleval était incontestablement doué pour le toréo. Loyal, sincère, il possédait de bons principes, une technique affinée. Ses qualités 'indéniables ) s'exprimaient dans des faenas classiques, agréables, dominatrices. On crut avoir trouvé le successeur de Pouly. La réalité, hélas, devait se charger de réduire à néant des espérances poutant légitimes. L'apathie, la prudence, un courage déficient (rançon de sa vie privée) devaient étouffer dans l'œuf une carrière prometteuse.
Retiré de l'arène, Pierre Schull entre dans la société Ricard pour effectuer un stage commercial. Il fit ses preuves et fut détaché à Madrid en 1963 comme agent général pour l’Espagne
Il se marie avec une coiffeuse madrilène, et devient dans les années 70 représentant de Ricard en Amérique du Sud
De cette union naitra une fille "Belinda " qui lui donnera deux petits enfants, Belinda et Ignacio.
Pierre Schull décède à Madrid le 24 février 2008 des suites d'une longue maladie.
Sa petite fille Bélinda, composera à sa mémoire, une musique intitulée: " Cuida de Mi "

Robert Piles (à droite: Orthez 24-07-1977 photo José Escobar)

ROBERT PILES
Robert Piles est né à Nîmes le 12 Juillet 1952.  C'est le fils de José Piles ex novillero et neveu d'Antonio picador. Il veut être torero et après un apprentissage dans sa ville, il est reçu, à l'âge de seize ans chez les Dominguin grâce au parrainage de Pierre Pouly.
L'entrainement commencé en France, se poursuit sous les meilleurs auspices en Espagne, et Piles débute à Vista Alegre (Madrid) en 1969 dans des novilladas de oportunidad.
Le succès obtenu lui permet de se présenter avec picadors, dans ces mêmes arènes madrilènes le 8 Février 1970.
Il se présente à Arles en Juillet 1971, mais ne prend part qu'à huit courses.
Luis Miguel Dominguin qui l'accompagnait à Arles, lui confère l'alternative à Barcelone le 12 Septembre 1971, avec pour témoin Sébastian Palomo Linares et les taureaux de " Torrestrella ".
En janvier 1972, la rupture avec la maison Dominguin marque un tournant dans la carrière de Robert Piles qui ne torée que six fois. La courbe ira décroissant jusqu'à la fin de la saison 1977, qu'il termine en Octobre avec une corrida à Nîmes et un festival à Palavas en compagnie d' El Viti et Antoñete.
Au cours de l'hiver, Robert décide de changer l'or par l'argent du costume de banderillero. La temporade 1978 le voit péon de confiance de Patrick Varin dans un nombre élevé de course en France et en Espagne.
Le cas de Robert Piles représente parfaitement le drame des toreros français qui évoluaient en vase clos lorsque se ferment les portes de l'Espagne. Ils se produisent trop souvent entre Bayonne et Fréjus, lassant le public, et s'ils font un moindre faux pas, les critiques sévères parfois injustes finissent par provoquer un découragement fatal.

DOMBS BERNARD " SIMON CASAS "
Le père est né en Pologne ( mort glorieusement dans la résistance française) sa mère est née en Turquie, son grand père paternel était Allemand, sa grand-mère maternelle était Espagnole! Bernard Dombs se sent bien français et comme il aime le dire " il n'a pour ancêtres que les pierres grises des arènes de Nîmes "
C'est dans la ville de la Tour Magne qu'il naquit le 2 Septembre 1947
Ce garçon est attiré très tôt par les taureaux, puisqu'à six ans il voulait devenir torero. A onze ans il échappe à la surveillance attentive et affectueuse des femmes qui l'entourent et s'en va " tâter du biou " dans la manade Arc en ciel. Il en reviendra couvert de bleues et le pantalon en lambeaux! A treize ans, toujours en cachette, il court les "votes " des villages languedociens et provençaux, partout ou il y a du taureau.
Il portera son premier costume de lumière ...à Paris dans une arène itinérante porte de Montreuil en 1964. Cette année là il participe à 21 capeas, un peu partout en France, de Nice jusqu'en Bretagne, au gré des caprices d'un imprésario fantaisiste. La semaine, il met la main pour le montage et le démontage des arènes, et il torée le dimanche, camouflé sous le nom de " Pepito de Valencia " échappant ainsi aux recherches de la gendarmerie alerté par une mère éplorée.
L'afición de Bernard Dombs ne se dément pas, si bien qu'en 1965 on le trouve en Espagne mêlé aux maletillas, courant d'un élevage à l'autre, et prenant part ainsi à 70 tentaderos.
Remarqué par le banderillero Juan Robles " Blanquito " qui accepte de la manager, Bernard Dombs qui a choisi comme nom Simon Casas( du nom de sa grand-mère maternelle ) va tuer pour la première fois le 3 mai 1966 à Noblejas, près de Tolède, au cours d'un festival où il a l'honneur d'alterner avec Jaime Ostos et Manuel Herrero.
Le 12 Juin suivant, à Gérone, il débute en non piquée. S'en suivra six "économiques" et trois festivals avant de connaître un coup de chance en 1967.
Grâce à l'entregent de son apoderado, il va débuter avec picador à MADRID
Le 15 juillet il est au cartel d'une novillada nocturne en compagnie de cinq autres débutants. Dans ce temple de la tauromachie, le petit français inconnu va étonner le public madrilène et coupera une oreille au novillo de "Charco blanco" On le retrouvera à "Las ventas" les 22 juillet et le 5 aout, toujours en nocturne, et le succès y eût été éclatant s'il avait mieux réussi avec l'épée.
7 avril 1968, première sortie en France, à Lunel devant des Yonnet
L'anecdote suivante se déroula à Nîmes le 29 septembre 1968.
La faiblesse d'un taureau de Juan Pedro Domecq soulève la colère populaire et Antonio Ordonez, chargé de le tuer, se retire à la barrière. Alors Bernard qui assiste à la corrida en spectateur, saute en piste et sollicite du maestro l'autorisation d'achever le bestiau invalide. Avec l'accord de la présidence, Antonio n'hésite pas à céder les trastos de matar à cet espontaneo si poli. Quelques passes rapides pour égaler l'animal, et "Casas' liquide le taureau d'une estocade basse ( le rincon d'Ordonez ? )
En décembre 1968, il recevra avec son ami et rival Alain Moncouquiol Nimeno le prix d'un million de centimes par la Fondation de la bourse et de la vocation.
En 1969, Simon casas va toréer uniquement en France, sept novilladas et un festival. En 1970, il est absent des ruedos, il n'a plus d'apoderado, il n'a plus d'argent, il quitte l'Espagne pour rentrer, mais les imprésarios l'ont oubliés.
En 1971, il est managé par " Cañitas " et prendra part à deux novilladas en France et six "économiques" en Espagne; mais 1971 sera marquée par deux évènements importants.
D'abord, Simon casas tourne un film pour la télévision Suisse: "La cape du rêve"
Ensuite, avec son ami "Nimeno " il va créer: "L'association des toreros français" mouvement corporatif pour la reconnaissance des droits des toreros français.
En 72 quatre novilladas et en 73, une en France.
En 1974, sous la houlette de Rafael Garcia, changement de décor. Il est engagé (moyennant finances) dans la cuadrilla dite des "Seis Ases " que dirige Puerto Péralta, et prendra part à une dizaine de novilladas formelles, avec des succès, mais perdra un certain nombre de contrats suite à une blessure (fracture du poignet) reçue à l'entrainement dans la ganadéria de Martin Peñato.
1975: Après avoir participé à un festival à Orthez, Simon casas négocie son alternative. La cérémonie eut lieu dans sa ville: Nîmes le 17 Mai
En présence de Paco Alcalde, Angel Teruel lui cède le taureau " Guantito "
N° 28 de Dionisio Rodriguez
Il montrera un certain savoir-faire par une faena honorable, mais mal terminée à cause de l'épée.
Le sixième taureau de l'élevage Manuel Santos Galache débordera le récipiendaire qui perdra son sang froid et sera encore désastreux à la mort.
Au lendemain de son investiture, Casas annonçait son intention de renoncer à sa carrière de torero. Il devait tenir parole et il faut lui savoir gré d'une telle décision de sagesse. L'époque n'était guère propice aux toreros français pour de multiples raisons, entre autres l'hostilité marquée dont faisaient preuve à leur égard leurs collègues espagnols.
Simon casas ne s'est pas éloigné de la planète des taureaux.
En 1976 et 77, il a assumé la gestion des arènes de Fréjus, gestion qui s'avéra peu rentable. En 1978 il est le manager du torero Patrick Varin.
Ensuite, il dirigera plusieurs arènes du Sud est dont la plus importante Nîmes.
Il sera également apoderado de nombreux toreros, puis prendra la direction des arènes espagnoles: Valencia, Saragosse, Malaga, et françaises, Mont de Marsan et toujours Nîmes.
Son rêve était d'avoir les arènes de Madrid, la plus célèbre ; c'est chose faite depuis décembre 2016.
A 70 ans il est arrivé au sommet, et s'il ne restera pas dans les mémoires comme un torero de premier plan, il aura marqué le monde taurn grâce à son dynamisme, sa volonté, son éloquence persuasive, qui en font aujourd'hui l'homme le plus connu dans le milieu, pour ne pas dire le numéro 1.

El Mayoral - Février 2017

JACQUES BRUNET " JAQUITO "
Matador de toros nîmois né le 26 Aout 1944. Il torée en public pour la première fois, lors d'un festival sans picador, en octobre 1969. Au cartel ce jour là, "Nimeño 1", Frédéric Pascal, "El Andaluz ". Novillos de Fernay.
12 Juillet 1970, il porte le costume de lumière pour la première fois à la novillada sans picador des Saintes Marie-de-la-Mer: il combat deux novillos de Sol avec Pascal et Benavente et coupe trois oreilles. Même succès à Pérols et à Nîmes.
2 Novembre 1970, il débute avec picadors à Lunel, avec " El Andaluz" Jacques Bonnier, et Francine San Juan tous deux rejoneadores. Il coupe trois oreilles.
En cette fin d'année 1970, il fait la connaissance de Salvador dali qui le prend en amitié.
Année 1971: Jaquito débute la saison à Lunel en combattant des novillos de François André le dimanche des rameaux. Il alterne avec José Luis Otuño et Pedro Moya "Nino de la Capéa " Il coupe une oreille, mais sera blessé.
Il reprend pour la Pentecôte à Céret; les novillos sont de " Cortijoliva " et alterne avec "El Feo " et " Frascuelo " Il coupe quatre oreilles ce qui lui vaudra un nouveau contrat en septembre dans les mêmes arènes de Céret pour le Trophée Saint Ferréol qu'il remportera en coupant trois oreilles devant Juan Lucas.
Jaquito torée également avec picadors à Istres, à Bessan, puis fera sa présentation en Espagne, en Juin, à Figueras, ou il se reproduira en Septembre.
Une saison 71 qui comprendra 14 novilladas dont cinq avec picadors.
Année 1972: sa carrière se précise, il participe à 8 novilladas piquées et 11 sans picador, dont 2 en Espagne et 2 festivals. la première à saint Gilles le dimanche des rameaux, puis Lunel en mai, Palavas et le Grau du Roi en Juillet, Alès et Chateaurenard début Aout. Le 5 Aout, Jaquito se présente à Nîmes avec picadors coupe une oreille et repart à Istres ou il toréait le soir même.
Année 1973: La temporada est interrompu en Juin suite à une fracture au bras lors d'un entrainement. Malgré ce, il torée le 8 Aout à Sommières… le bras dans le plâtre…et en Espagne en Septembre à trois reprises.
Année 1974: Premier paséo à Saint Gilles avec Correa et Ortega Cano et le
2 Juin se présente à Séville. Il va également à Azpeita et Algemesi, et en France à Béziers, Saint Vincent de Tyrosse, Céret, Saint Gilles, Mont de Marsan. Ce sera la meilleure saison du Nîmois avec 12 novilladas et 3 festivals.
Année 1975: Dés le début on parle d'alternative, mais ce ne sera pas une bonne année pour Jaquito. Il ne torée que 6 novilladas ( Palavas, Séville, San martin, Dos Hermanos, Almorox et enfin le Grau du Roi. Il n'y aura pas d'alternative cette année.
Année 1976: Cette année sera la bonne, et après avoir torée trois novilladas, il prend l'alternative le 15 Aout à Tarragone, des mains de Gabriel de la Casa, en présence de "Parrita " témoin. Brunet estoque le taureau "Campanillo " de la ganaderia sévillane: Javier Molina. La première corrida après la cérémonie, le 3 septembre à Arles avec Robert Piles et Frédéric Pascal sera interrompue par la pluie. Depuis quelques temps les succès se font rares.
Année 1977: Malgré un manque réel d'entrainement, Jaquito est annoncé à la Féria de Nîmes ou il se produit sans grande réussite en compagnie de Piles et pascal devant des Perez Tabernero. Ereinté par la critique, le nîmois ne se présente plus que lors de 3 festivals
Il réapparait le 29 Octobre à Nîmes. Cette fois le succès le remet en selle alors qu'il était décidé à se retirer.
Année 1978: Ce sera quand même la dernière année. Sa prestation d'Octobre 77 lui permet de figurer à une corrida de la féria de Nîmes. Au début de la course le taureau lui inflige une grave blessure. Après une longue convalescence, Brunet revient pour 3 festivals et une corrida en Juillet à Arles.
Il coupe la coleta à Nîmes le 22 Octobre après avoir obtenu les deux oreilles d'un Félix Moreno.
C'était un torero à la personnalité attachante, le verbe toujours haut et le sourire aux lèvres.
Même s'il n'a pas réussi à devenir une figura, Jaquito a su assouvir une passion qui lui était venue tardivement, presque accidentellement.
Il prend sa retraite tauromachique, se souvenant du temps où il toréait de salon en plein Sahara, au cours d'une traversée en camion.
On le reverra dans une publicité pour une marque de voiture.
Il nous quittera le 13 Avril 1982 suite à un accident de la circulation.

DENIS FREDERIC PASCAL
Il est né à Nîmes le 26 mars 1948
Après des études secondaires sanctionnées par le bac "math-technique" il entre à l'école d'ingénieurs électroniciens de Brest, école qu'il quitte en cours de deuxième année, pour cause d'aficion, et malgré le désaccord parental.
A cette époque, il avait déjà pris part à quelques capeas organisées par le Cercle des Jeunes Toreros animé par Jean Cantier à partir de 1967. Il continuera dans ce genre de spectacle avec les organisateurs Mr Vache et Pedro Romero qui sera longtemps son conseiller.
Année 1969: Il portera pour la première fois l'habit de lumière le 14 Juillet aux Sainte-Marie de la Mer, ou il tue son premier novillo, en compagnie de" El Doble d'el Cordobes" devant des taureaux de Sol. Il fera 4 autres novilladas durant ce même été.
Le 26 octobre il de présente avec chevaux à Lunel alternant avec Charles Fidani ( rejoneador) et Tobalo Vargas, Paco Bautista, Jesus Muñoz et Nimeño 1. Les novillos sont de Ricard, Fernay et Yonnet. Pascal fera une vuelta très fêtée.
Année 1970: Dix novilladas économiques en France
Année 1971: dix novilladas économiques toutes en Espagne. Le 4 aout il tue son premier novillo "espagnol" de chez Fraile à Ladosa en compagnie de José Lerma.
Année 1972: Huit novilladas économiques et enfin cinq avec chevaux.
Année 1973: Il abandonne complètement les courses sans chevaux, et va toréer 14 novilladas piquées dont sa présentation à Vista Alegre avec Juan Lucas et José Ortega Cano devant des novillos de Pio Tabernero de Vilvis.
Année 1974: Quatre novilladas piquées dont une en Espagne.
Année 1975: Dix novilladas piquées en Espagne et Quatre en France.
Année 1976:
Cinq novilladas piquées. Le 21 aout 1976, il reçoit l'alternative à Nîmes des mains de Ruiz Miguel, le témoin étant Luis Francisco Espla devant des taureaux de Juan Pedro Domecq auquel il coupera une oreille.
Ayant commencé dès 1975 une action syndicale au nom des toreros français, Pascal va progressivement se mettre à dos les empressas par ses prises de positions que certains trouveront légitimes mais que d'autres qualifieront d'abusives voire déplacées.
Année 1977: A l'annonce des cartels de la feria d'Arles, ou aucun Français ne se voit engagé, Pascal entrainera une délégation de torero français pour camper au milieu des arènes d'Arles pendant deux ou trois jours, menaçant de troubler le bon déroulement de cette feria, si aucun contrat ne revenait à un torero français. Le retour au calme entrainera l'empressa à engager Robert Piles. Ce dernier, faut bien le reconnaître n'arrivera pas à profiter de cette opportunité pour forcer le succès.
Dans la foulée de Pierre Pouly (empressa d'Arles) Ferdinand Aymé inquiet pour sa feria nîmoise, désamorcera un coup d'état des toreros français en leur réservant une corrida entière le 28 Mai: au cartel: Jaquito, Robert Piles et Frédéric Pascal. Cette corrida sonnera le glas de bien des espoirs, tant du coté des toreros que de leurs supporters.
Organisée en nocturne, sous un éclairage tamisé, peu propice au combat tauromachique, un malencontreux hasard voulut, par-dessus le marché que " l'encierro" de J.M.Tabernero soit le plus lourd et le plus en pointes de tous les lots présentés au cours de cette feria 77. En effet les poids moyens en canal relevés par le vétérinaire départemental furent par ordre croissant.

Manolo Gonzales pour Paquirri Alcalde et Nino de la Capéa : 284 Kg
Conde de la Corte pour P. Linares, L.F Espla, El Regio 286 Kg
Alvaro Domecq pour A. Teruel, J.M. Manzanares, Nimeño II 304 Kg
JM Tabernero pour R. Piles, Jaquito, F. Pascal 320 Kg dont un à 354 Kg

Sans vouloir leur attribuer plus d'art et de talent qu'ils n'en eurent en cette occasion, il faut bien reconnaître que les conditions étaient réunis pour que la comparaison avec les autres maestros se fasse à leur détriment.
Pascal comme les autres resteront sans toréer jusqu'au 23 Octobre de la même année, ou ils seront au cartel d'une corrida populaire devant les taureaux de réserves de la feria, provenant d'élevages différents.
Année 1978: Entièrement pris par son activité syndicale, Frédéric ne prendra par qu'à deux ou trois festivals. Il aura tué 150 taureaux soit en novilladas, soit en corrida, et une vingtaine de plus en festival.
Appréhendé par les douanes à la frontière d'Andorre avec dans sa voiture, habit de lumière, capes, muletas, et épées, Pascal sera poursuivi pour infraction douanière et lourdement condamné à une amende d'une vingtaine de millions d'anciens francs, réduite à neuf millions en appel, taux que l'on pourrai envisager pour un passeur de drogue. Cette histoire a permis à l'époque de poser les problèmes auxquels les toreros français étaient confrontés.
Grâce à son action inlassable auprès d'hommes politiques, la profession de torero, en France, s'est vue reconnaître officiellement par les pouvoirs publics.
De plus sous sa présidence
- La profession de torero, en France est devenue officielle
- Les toreros français sont inscrit à la sécurité sociale
- Les novilladas économiques sont 100 pou 100 françaises
- Un poste sur trois en piquée revient à un français
- Les cuadrillas espagnoles se plient de plus en plus d'engager un banderillero français…..et d'autres choses qui suivront.
Si on lui reproche quelquefois la manière de discuter ou son manque de diplomatie, il vous répondra qu'après quinze ans de dialogues de sourds, voire même pas de dialogue, le choix n'exista pas pour lui: fallait se battre.

CHRISTIAN MONTCOUQUIOL  ( Nimeño II )
Né le 10 mars 1954 à Spire (Allemagne de l'Ouest) ou son père, militaire de carrière tenait garnison ( père qui décèdera très peu de temps après, suite à un accident de la circulation) C'est le frère d' Alain Montcouquiol " Nimeño I ".
Il va suivre l'exemple de son frère, et s'entrainera de salon dés son plus jeune âge, en sa présence. Il débute en capéa à Tarascon avec Chinito qui sera souvent et longtemps son complice. Ils participeront à de nombreuses ferrades et courses de taureaux emboulés, où Christian tentera de faire quelques passes. Avec une volonté et une grande assiduité, il aura l'occasion de participer à une soixantaine de "capéas" soit dans des arènes portatives, soit dans des courses de villages, devant du bétail, qui ne permet pas d'apprendre les bons principes. Malgré tout, cela sera pour lui un apprentissage sérieux.
Christian, comme d'autres jeunes toreros français, vont profiter des structures mises en place par leurs ainés, mais aussi des nouvelles bonnes habitudes prises par les clubs taurins ou par des organisateurs privés, qui ont réalisé, qu'il était possible d'organiser des spectacles " mineurs" en France, avec des débutants français, ce qui n'existait pas auparavant.
19 Juillet 1969; première mise à mort en novillada économique à Saint Gilles
Il coupe deux oreilles du taureau de Pourquier et enchante les aficionados présents. Son ami Chinito lui aussi coupe deux oreilles. Deux autres toreros étaient présents ce jour là , mais en novillada piquée: Simon casas et Nimeño I.
Christian fera deux novilladas en 1969, quatre en 70 et 71 et dix en 72 toutes sans chevaux, et en alternance avec de très nombreuses capéas.
Année 1972: Il débute avec picadors à Lunel. Le 3 avril 1972, il saute en piste à la feria d'Arles, devant un taureau d'Atanasio Fernandez pour Manzanares,
Année 1973: il participe à 2 novilladas avec picadors et 11 sans picadors
Le 29 octobre 73, un évènement va donner à Christian sa véritable dimension.
il va toréer une course avec picadors, en fin de temporada pour vider les coralles. Il affronte un taureau de Galache âgé de 6 ans peut être plus aux dire des bouchers. Ce jour là Nimeño II fera la preuve qu'il est véritablement un torero en coupant une oreille à cet énorme animal, que certaines vedettes aurait refusé. Il n'a torée que 3 novilladas piquées !
Ce succès ne fut pas répercuté à sa juste valeur, la presse taurine en parle peu, et les organisateurs l'ont oublié.
Année 1974: 4 novilladas piquées, 2 festivals, et 12 non piquées. C'est une année perdue pour le torero concernant les novilladas piquées, car il pensait avoir plu de courses de responsabilités à toréer. Pourtant, il s'arrime partout, devant tous les taureaux, il paye comptant à chaque course, accordant autant d'importance au public des novilladas sans chevaux (Bessan Alès ) ou piquées comme à Arles
Cette année là, il va affronter des taureaux redoutables comme les "Sotillo Gutièrrez" à Istres, les " Fraile y Marin " ou les " Guardiola Fantoni " du Grau du Roi, emportant partout l'adhésion du public, mais aussi celle des professionnels taurins espagnols.
Année 1975: Christian n'a pas vu un seul taureau depuis Septembre 74.Il va jouer sa temporada et sa carrière à quitte ou double lors de la nocturne de la féria de Nîmes le 17 mai. Les taureaux sont de Matias Bernardo et il alterne avec Luis Francisco Espla et Macandro. Malgré un LF Espla en super forme et plus de métier, Nimeño II va définitivement s'imposer, après huit mois d'inactivité, en coupant deux oreilles. Dans les mois suivants, il affrontera Espla plusieurs fois et notamment un mano à mano à Nîmes devant 10000 spectateurs, ou Christian sortira vainqueur.
Le 17 aout, présentation en Espagne à Santisteban del Puerto pour y être vu par Javier Chopera. Avec LF Espla et " Nino del Barrio " devant des novillos de German Gervas Nimeño va couper les deux oreilles et la queue de son premier adversaire, ne pouvant pas récidiver face à son second, véritable " morucho" impropre à la lidia.
Fin 75 Nimeño II aura torée: 18 novilladas piquées (une en Espagne) et quelques festivals.
A partir de cet instant, Christian est contacté par plusieurs apoderados séduits par son talent et sa personnalité. mais son frère Alain qui à bien géré sa carrière
vise plus haut. En Novembre 75, il sollicite et obtient une entrevue avec Manolo Chopera pour exposer la situation et les ambitions du torero. Il ne demande pas la lune mais de donner à son frère une ou deux oppotunités. Chopera ne promet rien, reste silencieux tout l'hiver, puis à partir de mars 76 il lui ouvre les portes des tientas à Salamanque, ou Christian rencontrera souvent le regretté J.Falcon.
Année 1976: 17 Novilladas en Espagne et 17 en France. parfaite égalité entre les deux pays, qui n'est pas du au hasard.
En effet, toréer en Espagne coute cher: le montant du contrat est modeste, et les frais de la cuadrilla supérieur à l'argent encaissé. Mais grâce aux petits bénéfices gagnés des novilladas toréées en France, permettent de combler le déficit espagnol.
Un an après la démarche de son frère auprès de Chopera, ce dernier décide, fin 76 de s'occuper de la carrière de Christian, ce qui boucle le bec à certains revisteros taurins et aficionados. En plus le trophée de la radio et de la télévision espagnole consacrant le meilleur novillero de l'année lui sera attribué: distinction considérable pour Nimeño II.
Année 1977: Ce sera l'année de la consécration définitive. D'abord en novilladas ou les plus grandes arènes vont le voir: Valencia, Saragosse, Barcelone, Séville, Bilbao, et surtout Madrid, ou le jour de sa présentation à la monumental il sortira par la grande porte après avoir coupé les deux oreilles à son taureau, triomphe qui aurait pu être historique s'il avait bien tué son deuxième adversaire.
Toute la presse madrilène rapporte ce fait extraordinaire. C'était le 9 mai devant des taureaux de Buendia avec Somolinoss et Lozano.
Séville le 23 avril: Novillos d'Alvaro Domecq avec Adolfo martin et Jairo Antonio. La Maestranza est séduite par le français, et Luis Bollain, l'ami de Belmonte sortira de sa retraite pour écrire:
"…j'ai vu aujourd'hui dans la Maestranza surgir l'ombre du plus grand… et ce nom est si grand que je n'ose l'écrire."
Jamais Luis Bollain n'avait écrit une telle phrase à propos d'un torero espagnol.
28 Mai 1977: C'est le jour de l'alternative à Nîmes avec Angel Teruel comme parrain et Jose Maria Manzanares comme témoin. Les taureaux sont d'Alvaro Domecq. Son premier taureau s'appelle "Elegante" pesant 550 Kg, noir à fourreau blanc, liston.
Colossal au capote, facile aux banderilles, bien à la muleta face à un adversaire se figeant de plus en plus, grande estocade: une oreille…pourquoi pas deux?
Nul n'est prophète dans son pays. Quelques jours précédent la corrida, certains censeurs avaient émis quelques réserves sur la présentation des taureaux de la course, et conseillent au jeune torero de refuser un tel lot. Cette remarque chagrina Nimeño, qui ne fit pas le paseo dans les meilleures conditions.
Imaginons Nimeño II dire, suite à ces remarques, qu'il refuse la course, Mr Aymé ou Mr Chopera, l'aurait certainement mal pris, et la carrière de Christian était terminée avant même d'avoir commencée, et toutes les années d'apprentissage réduites à zéro.
Ces mauvais conseilleurs auraient pu comparer les taureaux du jour avec tous les autres taureaux que Nimeño avait combattu en Novillada tel les Comte de la Corte, les Guardiola, les Sotillo Gutièrez ect..ect…
Ulcéré par tous ces propos, Christian, deux jours plus tard va s'arrimer au-delà de toute raison face à un Ramos Matias à Barcelone, improbable sur la corne gauche, se jouant la vie, sans écouter les conseils de prudence de Téruel: Cornada gravissime: un mois d'indisponibilité.
Surmontant cette blessure, Christian va confirmer à l'échelon supérieur le talent qu'il avait affiché tout au long de sa carrière de novillero. Il va toréer avec les figuras du groupe spécial pendant les 3 mois d'été et remportera de nombreux succés " au nez et à la barbe " des grandes vedettes
- Triomphateur de la temporada de Barcelone (plaza ou il y eut 50 corridas)
-Meilleure faena de "la Merced "
- Triomphateur des ferias de Talavera, Calahora, Huesca: et si ces arènes ont une catégorie inférieure, il faut bien préciser que ces trophées ne sont pas mineurs, ce sont des trophées de férias ,c'est à dire destinés au meilleur torero entre tous ceux qui ont été vus au cours des 3 ou 4 corridas considérées, et dans lesquelles les autres postes sont souvent donnés aux vedettes.
Dés lors, remporter de tels trophées prend toute une autre signification, quand il traduisent le fait qu'on est été meileur que la dizaine de compagnons hautement cotés comme: Camino, Teruel, El Viti, Manzanares, Paquirri, Curro Romero…
L'année 77 s''achevera par deux contrats au Venezuela ou il rempotera:
- le "trophée "César Giron " véritable prix Nobel taurin d'Amérique du sud
- le trophée de " Radio Amérique"
La grande impression laissé au cours de ces deux corridas, lui vaudra d'être engagé d'autorité pour ouvrir la temporada 78.
en 77 il aura torées 42 corridas
Année 1978: Christian va aborder cette nouvelle saison dans un climat de doute et de scepticisme. Malgré tous les indiscutables succès enregistrés, il pense qu'il n'a qu'une vision superficielle, fragmentaire de la profession. Il prend de plus en plus conscience des difficultés pour arriver au " top niveau " Il exagère un peu en faisant remarquer, la différence de qualité qui le sépare encore des grandes vedettes aux dix années d'alternative, ne voyant en eux que leur facilités, alors que lui-même parfois, n'arrive pas à résoudre rapidement tous les problèmes posés par le taureau.
Envahi par le doute, il craint en ce début de temporada de ne pas être à la hauteur de ses compagnons de cartel, et les premières corridas furent très inégales.
La valeur de Nimeño est reconnue, la preuve, les toreros qui avaient été condescendent avec lui, sont les premiers à le conseiller: El Viti, Manzanares, Nino de la Capéa, en lui confiant que eux aussi avaient été confrontés aux doutes, aux périodes de piétinements, voire d'insuccès.
Ajoutons aussi qu'il est victime de quelques règlements de compte de la part de certains journaliste ( Alfonso Navalon) visant Chopera à travers lui.
Pourtant bien accueilli comme novillero, il ne voie aujourd'hui que l'étranger « apodéré » par le puissant Chopera.
Nimeño va finalement surmonter cette période, somme toute assez courte, pour accomplir une bonne temporada 78, en participant à 43 corridas en Espagne, France et Amérique, coupant 40 oreilles et une queue
Il a coupé dans courses en alternant avec Paquirri, El Viti, et d'autres grands,
ce qui donne du poids aux oreilles coupées devant ces figuras.
Durant cette année 78, il va affronter des élevages de plus en plus durs: Pablo Romero, Rocio de la Camara, Murube, le préparant pour Bilbao, mais subissant deux cornadas à deux jours d'intervalle, une à Salamanque et l'autre plus grave à Logronõ. Ce coup du sort n'affecte en rien l'aficion du torero, qui trois semaines après sa sortie de l'hôpital, s'envolera vers le Venezuela pour sa dernière corrida de l'année.
Ce jour là, il remporte " l'Epée d'Or " et le trophée "Radio Amérique "
Ainsi à la fin 1978 Nimeño II a pris par au cours de sa jeune carrière:
50 Capeas
47 Novilladas non piquées
69 Novilladas piquées
85 Corridas….plus quelques festivals.

De 1979à 1989 pendant dix ans, sa carrière va continuer dans tous les pays: Espagne, France, Amérique du sud, alternant les triomphes, de bonnes corridas mais aussi des échecs. Jamais il ne cédera devant un taureau, même mauvais ou dangereux, il essayera toujours d'en tirer le meilleur à chaque fois, grâce à sa volonté et son courage, sans oublier ce respect qu'il avait pour son public.
Aout 80: Béziers: Au cartel; Raul Aranda, Nimeño II et David Silveti. Six magnifiques exemplaires d’un élevage de Salamanque " Sepulveda "
Aranda est blessé dés les premières passes de cape, et la corrida se transforme en Mano à Mano. Taureaux puissants, renversant la cavalerie à cinq reprises et blessant gravement un picador. Nimeño sortira par la grande porte après avoir coupé 3 oreilles. grande corrida oubliée aujourd'hui.
Juillet 82: Béziers: il alterne avec les plus grands du moment: Paco Ojeda et Yiyo
Aout 82: Béziers: Première Miurada avec Ruiz Miguel et Victor Mendes.
Il sort par la grande porte après un grand triomphe devant les taureaux de "Zahariche"
En 82, il se sépare de Manolo Chopera et c'est son frère Alain qui deviendra son apodérado.
Aout 83: Béziers: Corrida qui va rester dans les annales de la tauromachie
Six superbes Miura pour Nimeño II, Victor Mendes, Richard Milian
Corrida mémorable ou les trois toreros qui portaient un costume rouge et or, ont souffert dans leur chair le combat épique qu'ils ont livré face à ces Miura, mettant un point d'honneur à gagner la partie
Richard est sorti épuisé et vidé, Mendes, qui a coupé une oreille à son premier, est sorti des arènes en larmes, quant à Nimeño, il est sortie par la grande porte après avoir coupé trois oreilles, dont deux au taureau " Mirlito " qui eut les honneur de la vuelta, comme le mayoral et le picador "Mejorcito "
Les trois toreros sont sortis sous les ovations du public reconnaissant leur valeurs et leurs courage. Cette corrida restera inoubliable
Aout 86 Béziers: Il alterne avec Ortega Cano et Paco Ojeda, il coupe deux oreilles
14 Mai 89: Arènes de Nîmes: Mano à Mano: Victor Mendes, Nimeño II face aux célèbres taureaux de " Guardiola " Mendes est blessé dés le premier taureau et Nimeño devra affronter les six taureaux. Il remporte un triomphe mémorable après cette corrida d'anthologie.
10 Septembre 89: Arles: La tragédie: le taureau de Miura "Pañolero" le propulse violement en l'air, Nimeño tombe sur la tête se brisant les vertèbres cervicales. Il reste entre la vie et la mort quelques jours, et une fois sortie du danger, il reste tétraplégique. Un an après son accident, il recommence à marcher et retrouve l'usage de son bras droit. il ne récupèrera jamais le bras gauche. Très affecté par cette infirmité et sachant qu'il ne pourra plus jamais revêtir le costume de lumière, il se suicide par pendaison, dans le garage de sa maison: c'est le 25 Novembre 1991
Il avait 37 ans
: il laisse une veuve et deux enfants
Le monde taurin ne l'oublie pas, des rues, des clubs, des arènes portent son nom, et chaque25 novembre à Béziers, on dépose une gerbe sous sa statue se trouvant sur la place portant son nom près des arènes.
Des trophées Nimeño II récompensent encore les jeunes des écoles taurines
On gardera l'image d'un garçon réservé, calme, aimable, disponible, qui a tout donné pour plaire au public……..même sa mort.

El Mayoral - Juin 2017

LUCIEN TIEN ORLEWSKI "Chinito"
Né à Montpellier le 26 mars 1953, de père polonais et de mère vietnamienne, il exécute ses premières passes à l'âge de 11 ans et forme avec Christian Montcouquiol (Nimeño II) une inséparable "pareja de becerristas".
19 Juillet 1969, encouragé par Simon Casas et Alain Moncouquiol(Nimeño I) il tue son premier novillo à Saint Gilles et coupe une oreille.
28 Mai 1972: il débute avec picadors à Lunel, coupe deux oreilles, mais revient aux courses sans picador pour le reste de la saison.
1973: Il débute la temporada par un festival à Méjanes. Au moment de l'estocade, il reçoit un coup de corne, mais continuera sa saison en alternant courses piquées et non piquées. Il en sera de même en 1974 il revêt sept fois le costume de lumière.
1975: Il confie ses intérêts à l'apoderado " Manolillo de Valencia " qui le présente à Gérone le 29 Juin. Les temporadas 75 et 76 se dérouleront exclusivement en Espagne. "Chinito" fait partie des " Six As " et ne torée en France que deux fois :
- Fréjus en Juin 76 ou il coupe une oreille.
- St Vincent de Tyrosse en Juillet ou il coupe également une oreille.
1977: Au début de la saison, il crée la surprise à Madrid (Las Ventas) en coupant une oreille. La critique ne tarit pas d'éloges, et l'empresa madrilène ajoute pour lui deux taureaux au cartel déjà composé de la novillada de la San Isidro.
Il coupe une oreille et sera encore répété dans les arènes de la capitale.
Le bilan de cette saison 77 est éloquent: 19 novilladas, 12 oreilles dans des férias importantes.
Un échec à Madrid en octobre, sera la cause d'une crise de conscience qui pousse le torero à se retirer. Simon Casas lui propose alors de prendre l'alternative et accéder à l'élite tauromachique.
Le 4 Mai 1978 à Palavas Curro Romero le sacre matador de toros, Curro Vazquez est le témoin et le taureau de l'élevage de Antonio Pérez s'appelait "Jurdano".
Une fracture de l'avant bras l'oblige à mettre un terme à sa temporada, mais aussi à sa carrière. Souvent poursuivi par la malchance, Chinito fut un torero lucide, possédant un solide bagage technique, dont il fait profiter depuis quelques temps les élèves des écoles taurines du Sud Est.

CHRISTIAN LESUR
Né le 10 Novembre 1947 à Nîmes, il attrape le gusanillo en découvrant en Camargue les ferrades et les capéas. Il se produit pour la première fois en public lors la tienta de Pentecôte à Marguerittes.
18 Juillet 1967 dans les arènes de Saint Gilles, à portes fermées, il tue le taureau "Campesino" de l'élevage de Georges Daumas.
5 Juillet 1970, première novillada sans picador à Pérols où il alterne avec Jean Riboulet et Roger Chaix
29Octobre 1972, première novillada piquée où il affronte un taureau de Yonnet et un de Pourquier dans une course ou figurait Frédéric Pascal.
Absent des ruedos en 73 et 74, LESUR reprend l'épée en 1975 et participe à douze novilladas sans picador et douze aussi en 76.
8 Mai 1977 à Saint Gilles il débute en novillada piquée avec Patrick Varin et le réjonéador Jacques Bonnier devant des taureaux de Pourquier. LESUR torée cette année là douze piquées.
1978: C'est sa meilleure temporada: il affronte des taureaux d'âge et de poids respectables et se produit dans la plupart des arènes de sud est, commençant par la féria d'Arles puis Nîmes, Palavas, Saint Gilles, Céret, Méjanes puis remportant les deux prix des deux courses à Vichy.
Après une carrière de novillero menée avec intelligence (25 Novilladas piquées),
le 29 Octobre 1978, il prend l'alternative des mains du Sévillan "Antonio Chacon" et le témoin étant «Jésus Marquez", taureau du "Marquis de Ruchena" âgé de cinq ans et pesant 480 Kg.
Le nouveau matador annonce sa décision de se retirer.
Plus tard il créera le  Centre Français de Tauromachie dont il sera le directeur.
De nombreux toreros aujourd'hui sont issus de cette école taurine, où Christian Lesur en est toujours le directeur et le professeur, accompagné d'anciens toreros comme Patrick Varin ou Chinito.

PATRICK VARIN
Il est né le 21 Avril 1956 à Lyon, au sein d'une famille où la corrida était inconnue.
Après un séjour à l'école jusqu'en troisième, pendant les vacances, il descend vers le Sud, à Sorgues (Vaucluse) et attrape le virus de l'afición lors d'une course de taureaux "emboulés" dans une arène portative. Il ne va pas hésiter à descendre dans le ruedo pour donner quelques passes, prélude à beaucoup d'autres.
Pendant deux à trois ans, dès qu'il le peut, il descend dans le Midi pour graviter autour de la planète des taureaux, en quête permanente d'une passe à donner.
Et tous ces aller-retour, il les fait avec un aficionado practico qu'il a connu à Lyon "Jean Claude Biec" et qui lui apprend le toréo de salon.
C'est à Caissargues, avec d'autres apprentis toréros qu'il va entreprendre un entrainement plus sérieux.
Le 13Avril 1975, sous l'égide de l'Ecole Taurine Nîmoise, il revêt pour la première fois le costume de lumière à Vergèze. Il participera à une trentaine de capéas dans des arènes de villages ou des arènes portatives.
6 Juin 1976: première mise à mort à Saint Gilles où il alterne avec Delhon et Monzon, devant un taureau de François André auquel il coupe les deux oreilles.
Sans tenir compte des nombreuses capéas indispensables pour l'apprentissage, il participe à sept novilladas sans chevaux, tuant neuf novillos et coupant neuf oreilles et une queue.
22Août 1976: il se présente en novillada piquée à Vichy.
1977: Il parfait son apprentissage au cours de cinq novilladas piquées, sept non piquées et un festival avec des grands El Viti,  Antoñete, Santiago Lopez, Robert Pilés et Richard Milian.
1978: Pris en main, conseillé et administré par Simon Casas, c'est l'année du grand démarrage pour Patrick Varin puisque cette temporada va commencer d'entrée par le paseo dans des arènes aussi importantes que Barcelone, Nîmes, Bilbao, Séville et d'autres encore. A Séville, il laissera une profonde impression par son toreo templé, calme et sans scories. Les commentaires écrits et oraux seront fort élogieux en ce qui le concerne.
Au cours de cette saison 78, il fera 38 fois le paseo, coupant 51 oreilles et deux queues, et terminant la saison en quatrième position au classement international des novilleros.

2 Septembre 1979: Il prend l'alternative à Palavas des mains d' El Cordobes" et Curro Vasquez comme témoin. Taureaux de la ganaderia "Alcoton" de Perez Angoso.

Sa carrière de novillero a été plus marquante que celle de matador de toros. Cependant il était très apprécié en Amérique Latine.
1991: Il confirme à Mexico.
Il n'a jamais mis fin à sa carrière, mais s'est retiré des ruedos sans toutefois se retirer du mundillo qui l'a toujours respecté et dans lequel il évolue encore lors des rencontres taurines amicales.
2011: A Eauze, il participe à une tienta avec Victor Mendes.
Depuis il enseigne au Centre Français de Tauromachie de Nîmes.
3 Août 2014: Il participe à une corrida à Istres, affrontant des taureaux de Robert Margé avec Juan Bautista et Medhi Savalli. Il coupe une oreille à son premier taureau et fait la vuelta à son second.
Il n'a pratiquement plus de contrat, et s'occupe des jeunes, plus particulièrement Raphael Raucoule "El Rafi" dont il dirige son début de carrière.
Patrick Varin pendant ses heures creuses crée des têtes de taureaux en papier constitués de collages et de papier mâché.

El mayoral - Novembre 2017

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Commentaires

10.12 | 21:17

Bravo à Maurice Daussant ainsi qu'à toute son équipe de bénévoles pour son film sur Gabin Réhabi. Très beau film.

...
29.11 | 15:15

Ne porte pas de nom particulier. C'est simplement un confort lors d'exécution des STATUAIRES que vous appelez "litrasos" (de Miguel Baez Litri) Q? pertinente.

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29.11 | 14:57

On ne trouve pas à la vente ces petits mouchoirs qui sont distribués aux arènes. Ils sont souvent supports publicitaires ou témoins d'évènements exceptionnels.

...
29.11 | 09:49

Quel nom porte l'action de ficher l'épée dans le sable avant de faire des "litrasos"
(?) Merci d'avance pour votre réponse. J-M François

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