AUTRES THEMES ABORDES DANS REFLEXIONS-ANECDOTES

CETTE PAGE REGROUPE LES ARTICLES SUIVANT :

 

     LE CARRE DES MAUDITS

     COMPORTEMENT DU TORO BRAVO

      FUNDAS non fondées ?

      LES ENCERRONAS

      A PROPOS D'ALTERNATIVE

 

 

Le carré des maudits

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Le carré des maudits  par la ZapopinaDécembre 2015

 Nous sommes trop nombreux, mais au final pas tant,
nos noms sont reconnus et ajoutent l’effroi,
comme tous les toros, nous avons combattu
sur le sable brûlant d’une quelconque place.
Une seule sortie nous est autorisée,
pour se graver un nom, il faut bien s’arrimer.
Le mien est Islero, non ne pâlissez pas,
moi je n’y suis pour rien, si légende je suis.
Le tort me poursuit bien depuis soixante-dix ans.
Mon fer en a souffert, début d’une légende,
légende certes noire, mais légende quand même.
Tout ça parce qu’un “grandas” est venu s’empaler
sur mes cornes afeitées.
Lorsque nous les maudits nous arrivons “là-haut”,
point de reconnaissance de la part des anciens.
D’un chiquero à l’autre voilà notre destin.
Nos congénères eux-mêmes ne nous regardent pas !
Pourquoi me direz-vous ? Mais voyons c’est bien simple…
Paradis des toros, ça ce n’est pas pour nous,
un carré assez loin avec de la bonne herbe,
voilà qui suffira aux toros assassins.
Notre erreur la voici... Avoir troué la peau
à un grand torero ou étoile montante.

Linares en fin août, corrida de Miura.
Figuras au cartel trois beaux noms de légende.
Celui de Triana, Manuel Rodriguez
et le grand séducteur, j’ai nommé Dominguin.
Rien ne me destinait à traverser les âges,
j’attendais le moment de revoir le grand jour.
Mon tour arriva bien, moi le petit toro
qui devait affronter la figura célèbre  
Manuel Rodriguez, alias Manolete.
A la fin du combat, au moment de la mort,
me croyant affaibli, il me met en suerte.
Pas d'erreur de sa part sinon l'inné en moi,
un instinct de survie. Une épée pour deux cornes,
c’est pas trop mal payé.
Au jour d'après la mort du grand Manolete,
Don Edouardo Miura vint occire ma mère.
Il fallait de la terre effacer nos deux noms,
oublier la lignée, éradiquer dirais-je.
Une fois dans ce pré, ce carré des maudits,
j’en retrouvais d'anciens qui eux me vénéraient.
Le révolutionnaire de l'art tauromachique,
ce sont mes propres cornes qui lui ôtèrent la vie.
Après moi, j'attendais d'autres toros « maudits »,
beaucoup sont arrivés, mais une découverte
a permis d'épargner la vie des toreros.
Merci au Sir Fleming et sa pénicilline
qui sauve bien des vies et encore aujourd'hui.
Pas que des toreros, mais aussi des quidams.

Alors que mes vieux os commençaient à rouiller,
par un soir du mois d'août nous vîmes débarquer
un toro aux poils noirs.
Il était bien petit l'ami Avispado.
Il arrivait tout droit, lui de Pozoblanco.
Son torero à lui se nommait Paquirri.
C'était une légende, il était jeune et beau,
il avait eu pour femme la fille d'Ordoñez,
nièce de Dominguin.
Son regard, son sourire faisaient battre des cœurs.
Heureux jeune papa, il n'initierait pas
Fran et Cayetano ses deux enfants chéris
à cet art espagnol qu'est la tauromachie.
Encorné dans la cuisse, chiffon sur un toro…
Dans une autre plaza, il aurait survécu,
le chirurgien alors l'aurait rafistolé
avant de l'envoyer vers un grand hôpital.
Quatre-vingt kilomètres de routes de montagne,
ça ne pardonne pas, même au plus valeureux
de tous les toreros.
On apprit par « la bande » le retentissement,
toute l'Espagne en pleurs le choc chez les taurins.
Je n'étais donc plus seul à porter ce poids là,
quoiqu’en 84 on aurait pu penser
qu’il n'était plus possible de mourir encorné.
Nous étions un binôme, deux fers bien différents,
nous ne le savions pas mais peu de mois plus tard,
un autre parmi nous allait faire son entrée.

On l'a vu arriver lui aussi en fin août
après un coup au cœur à un jeune prodige.
Yiyo il se nommait cet ange jeune et beau.
A Colmenar Viejo au moment de la mort
Burlero a planté, la corne dans son cœur.
Le souvenir funeste d'une autre corrida
surgissait dans les têtes. C'était Pozoblanco
qui venait vous hanter.
Paquirri et Yiyo à nouveau réunis
dans un autre cartel, sinistre celui-là,
que l'on ne verrait pas.
En juste 11 mois une génération
perdait deux figuras.
 Nous dans notre carré on ne comprenait pas
comment ils avaient fait, ces deux grands toreros
pour se faire embrocher.
Un avait 36 ans et l'autre 21,
toute la vie devant eux et des temporadas.
Des triomphes à venir, des sorties à hombros…
Mais rien de tout cela jamais ne goûteraient.
Deux des nôtres avaient eu le coup de corne maudit
en moins de douze mois cela faisait beaucoup.
Nous on était au pré à vivre notre retraite,
les années se passaient les figuras naissaient,
nos congénères jouaient le rôle décidé.
Ils emplissaient toujours leur paradis à eux.
Notre trio tueur de figuras célèbres,
s’enquilosait un peu dans une routine certaine.
Il faudrait bien qu'un jour un des nôtres se lève
et vienne réveiller nos habitudes anciennes.
Je n'imaginais pas que ce vent frais viendrait
du même fer que moi sur le sable français.

En septembre il y a dans le sud de la France
deux belles ferias en Arles et à Nîmes.
C'est en 89 qu'un torero français
a laissé sur le sable toute sa renommée.
Le toro de Miura, lui ne l'a pas tué
il l'a fait tournoyer et  il l'a abîmé.
Son apodo à lui c'était Nimeño II
Plus jamais de lumière il ne s'habillerait.
Son combat maintenant serait de retrouver
l’usage de ses membres pour pouvoir exister.
Pañolero, mon « frère » avait initié
les blessures très graves dont on ne guérit pas.
Le dilemme fut tel chez les autres toros
qu’en tant que plus âgé je me vis invité
à un très grand conseil où il fallait statuer.
Que faire de cet être qui n'avait pas tué ?
Paradis des toros, ce n'était pas possible,
partager leurs prairies avec ce trublion
les toros de combat ne l'imaginaient pas.
Eux qui s'étaient battus dans les règles de l'art
n’admettaient pas qu'on pu diminuer un homme.
Tétraplégique était ce très grand torero,
un des premiers français à faire des paseos.
Il fut donc convenu qu'il viendrait par chez nous.
Le carré des maudits il porte bien son nom.
Nous l'accueillîmes donc mais pas à contrecœur.
Lui n'avait pas tué mais son nom maintenant
rappellerait le drame.
Nous étions donc unis par ce même voile noir
que nos noms fait s'abattre sur certaines figuras.
Nous formions maintenant un quatuor de jeu.
Quatre toros maudits à jamais réunis
dans un carré maudit.
Le mois d'août arriva sans qu'on s'en aperçut,
c’était le coup de feu de la temporada.
En Espagne et en France les toros combattaient,
les ferias du 15 août, elles, se profilaient.

C'est dans un coin de France, la ville de Béziers
que « l'ami » Timador imita son copain.
Celui qui fut en face n'avait pas d'apodo.
De son nom de baptême il avait fait un nom
Julio Robles le sien.
Au moment de la cape, Timador l'attrapa,
sur la tête il tomba. Pronostic gravissime,
Tétraplégie sentie…
Encore un grand des vôtres qui quittait donc la piste.
Avec lui s'en allait, dixit un journaliste appelé Zocato
 « Un des tout derniers princes de la profondeur ».
Timador est venu augmenter notre groupe,
maintenant nous sommes cinq, à être les maudits.

Nous passons nos journées à étudier sans cesse
ces corridas terribles qui nous ont révélé.
Nous n'imaginons pas que notre nombre croisse,
notre métier à nous n'est pas de vous tuer,
pire, de vous abîmer.
Nous faisons un métier qui doit vous révéler,
vous grandes figuras ou celles en devenir.
Vous rappeler à l'ordre parfois, oui pourquoi pas,
car on se rend bien compte que parfois vous n'y êtes pas.
Toujours bien préparés, vous êtes affûtés.
Toreros d'aujourd'hui c'est pas pareil qu'avant,
vous êtes des sportifs et d'un très haut niveau.
Ah ! Une dernière chose et elle me tient à cœur,
laissez-nous vivre libres et faire notre boulot.
Pour ceux qui sauraient pas, un toro de combat
doit mourir dans l'arène…
Ceux qui pensent le contraire ne connaissent pas nos vies
et toutes ces histoires qui nous sont racontées
par nos mères et nos pères le soir à la veillée.
Il y en a quelquefois qui reviennent au pays,
ils ont bien combattus et en remerciements,
président, torero et aficionados
leurs laissent la vie sauve.
Si ça ce n'est pas beau, je n'sais pas ce que c'est…

Le Comportement du Toro Bravo

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Le Comportement du Toro Bravo «du Campo à celui du Campo céleste»

Dans le campo, quand on a l’opportunité d’une visite avec le ganadero, celui-ci vous initie aux Réatas (note du type arbre généalogique) sur les origines des toros et vous informe des réactions de cette camada (toros sur l’oeil, toros dominants et chef de camada)
Quand vous avez l’occasion d’assister à un débarquement dans les corrales, il peut y avoir beaucoup de problèmes à chaque sortie des cages de transports et mise en corral; des accidents sont souvent arrivés en présence du toro dominant (de plus, ils sont frères et ont vécu 3 ou 4 ans ensemble dans le campo !!!)
Lors du  sorteo (former 3 lots de 2 toros), les cuadrillas savent analyser les lots en professionnels :
 - soit un petit tamaño (gabarit, morphologie) et un avec encornure importante.
 - soit un toro plus gros avec un d’encornure moyenne
Les lots de 2 doivent être équilibrés dans cet esprit.

Sortie du toril - son analyse est une approche et n'est pas une science exacte

Sortie du Toro dans le ruedo :

- Sortie droite, plusieurs tours, remate aux burladeros et position au centre de la piste (C’est un toro Bravo). Il charge sur tous les piétons qui sortent du burladero et se remet au centre.
- Sortie à droite du burladero (une étude a été faite sur le Miura), il donne un bon jeu. Sortie à suivre… car c’est l’endroit ou il y a le moins de monde dans le callejon (quoique tout soit relatif…)
- Sortie côté gauche le toro va s’appuyer sur l’endroit ou sont les toreros (peut être un signe d’appui)
- mansedumbre : le toro refuse de s’impliquer (voir plus loin le comportement pendant la lidia)
- au torero de gagner du terrain vers le centre et au toro de défendre le sien….

Premier Tiers :
- La corne majeure … est à découvrir en étant curieux et performant à la découverte …
- Rentre franchement dans le capote, incline la tête et donc la corne (on dit qu’il fait l’avion). Bon signe.
- Il jette les antérieurs en se cabrant au capote, et court dans le sens du toril (comportement de manso)
- En querencia aux tablas en attendant les chevaux de piques et fuyard sans vouloir se fixer (comportement de manso)
- Pour éprouver la bravoure, le maestro lui fait prendre 2 piques obligatoires en rallongeant la distance de charge.
- Rentrée franche perpendiculaire au peto (certains disent avec la queue en fouet), en poussant et attend les sollicitations au capote des peones pour sortir (voilà le tercio prometteur) 2 piques ou plus, voilà le toro recherché par le ganadero (l’alchimie du toro brave pour les aficionados toristas)
- Il prend la pique dans un mauvais style, parallèle au peto, en faisant sonner les étriers, en sortant seul en refusant le fer, ou bien après la première pique, va prendre le picador de «réserve» en traversant le ruedo et en sautant à l’encolure du cheval …
- Le manso perdido refuse les piques tout en étant coincé entre les 2 chevaux de piques. La sanction présidentielle sera de donner les banderilles noires (les veuves). Ceci est très mal perçu des ganaderos.  Mauvais moment pour les banderilleros (et les cuadrillas) ainsi qu’une grande pression sur la présidence… Interpréter le règlement dans l’instant… la vie d’un peon vaut mieux qu’un banderille...

Deuxième Tiers :
- Ce tercio est un moment où le maestro peut apprécier les réactions de vision sur le côté droit ou gauche. Il permet aussi de faire courir le toro, d’où le terme espagnol donner de l’alegria dans les différentes suertes, ce  qui permet, dans sa course, de décongestionner l’afflux de sang à la tête du toro.
- Un toro qui dans sa course poursuit un banderillero jusqu’aux planches est un bon signe pour le futur.
- Par contre un toro sans charge (parado) obligeant le peon à faire des passages à faux  n’est pas de bon augure pour la suite.
- Pour les différentes suertes de pose de banderilles (poder a poder, sesgo por dentro ou por fuera, le quiebro...), voir la rubrique Tercio banderilles dans ToroLibre…

           
Troisième tiers :
- Le toro à sa naissance a une faena en lui, au torero de trouver la bonne !!!
- Le toro, callé plein centre sur son terrain, attend le torero pour une faena …
- Le toro en querencia aux tablas. C’est au maestro d’aller le chercher pour s’exprimer … Le match va commencer !!!
- Le toro est parado (manque de charge), refuse le combat : il est manso.
- Il peut-être aussi manso con caste (le bonheur pour l’aficionado torista !!!)
- Faena au centre dans un mouchoir; le toro répète aux sollicitations du torero (OLE !!!)
- Comportement derechazos et naturelles en mettant la corne dans l’étoffe (bueno)
- Il donne coups de tête sur coups de tête, va chercher les zapatillas (ballerines). On dit qu’il y a des mouches ….
- La conclusion est avec l’épée (ou espada de muerte). S’il a été brave, il sera tué d’un volapié en suerte naturelle avec sortie vers le centre. Un manso sera tué en suerte contraire sortie vers les tablas (je parle de la sortie du toro, constatation tout a fait personnelle).Un aficionado(a) qui a compris ces 2 suertes aura de l’avenir dans l’afición.
- Quand la présidence honore le toro d’une vuelta (tour de piste honorifique) certains ont vu un Bon Toro !
- Pour un indulto, le toro aura été noble, brave avec de la caste, dans les trois tiers.

Les Campos Célestes :
- Ils sont remplis de toros plus ou moins compris par les Maestros !!!
- Certains se seront sauvés (pour vivre une vie de macho semental avec une vingtaine de vaches braves (ou plus), pour transmettre les traditions ganaderas

De Label

 

Reflexion personnelle de la Chicuelina, peut-être sujette à discution...:
Le toro manso n'est-il pas un toro intelligent qui a tout compris et ne veut pas s'en laisser compter ?  Il refuse toute volonté qui n'est pas la sienne. C'est le cancre avisé, le rebelle.

Qu'en pensez-vous ?...

LAS FUNDAS - Fondé ou non Fondé ?

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LAS FUNDAS  -  Fondé ou non Fondé ?

L’essence même du toro de combat c’est sa sauvagerie originelle et aussi sa bravoure, ces caractéristiques sont essentielles et doivent être préservées pour l’avenir de la tauromachie et de la corrida brava.

Depuis une dizaine d’années certains éleveurs ont mis en pratique la pose de fundas pour protéger au campo l’intégrité des cornes du toro.

Cette pratique controversée, cette intrusion humaine dans l’intimité du toro peut-elle être justifiée ?

De quoi s’agit-il exactement ?

Techniquement :

La funda ou étui fixé à l’extrémité de la corne se compose d’une armature en métal recouverte de bandes de fibre de verre. L’armature est en fait un boulon (20 ou 22) sur lequel on soude 3 ailettes de fer tendre. La pose a lieu  entre 2 et 3 ans lorsque la corne du toro pend sa forme définitive et qu’elle se développe alors très lentement (longueur et épaisseur). Le toro immobilisé (cage de soin, encloisonnement et tranquillisant (romfidine), le boulon est introduit à l’extrémité de la corne, les ailettes rabattues le long de celle ci, ensuite on déroule la bande de fibre de verre à la façon d’un pansement, en respectant le trou du boulon et en débordant sur la corne au delà des ailettes. La résine, passée au pinceau pour consolider le tout, solidifie l’étui ou funda.

           Une deuxième  méthode employée consiste à remplacer le boulon par une sorte de bouchon de champagne ou une cartouche de chasse coiffant la pointe de la corne et  comme précédemment, recouvert de fibre de verre, dans ce cas la corne est encapuchonnée, alors que dans la première pratique l’extrémité de la corne reste en contact avec l’air.

Pour le mayoral de Balthazar Iban, la méthode bouchon de champagne risque de provoquer des altérations à l’intérieur de l’étui.

Dans tous les cas, l’opération d’enduit se répète 5 à 6 fois, séchage au soleil ou au sèche cheveux, intervention d’une dizaine de minutes.

Le toro est relâché après une demi heure et récupère au bout d’une heure environ. Pour le retrait de la protection on procède de la même façon 8 jours avant l’embarquement du bétail.

Voilà donc le processus employé, opération dite nécessaire pour limiter la mortalité des toros au campo ou opération de « lèse toro » ?

 

Selon le côté où l’on se place l’argumentation développée diffère sensiblement :

  • du  point de vue de l’éleveur : l’avantage est essentiellement économique, 30% des toros s’abîmeraient 1 ou 2 cornes entre 3 et 4 ans, cela conduisant à de l’arreglado ou à la boucherie, le ganadero a intérêt à conserver toute sa production pour la fiesta brava. Donc il n’y aurait plus en principe d’afeitado et il y aurait plus de pitons intègres, au moins 8 jours avant la corrida et s’il n’y a pas de manipulations postérieures.
  • du point de vue de l’Aficionado : plusieurs interrogations :

Outre l’aspect esthétique de cornes emballées, un peu triste voire dégradant, on peut penser que la pratique des fundas altère le sens de la distance  du toro de son armure par 2 fois, à la pose et à la dépose des fundas.

De plus même avec leurs étuis les toros s battent et cela peut provoquer la perte d’un œil et divers traumatisme ou blessures internes (éclatement de la rate et des intestins). Par ailleurs il n’y a aucun recul qui permette d’assurer que les fundas ne fragilisent pas la corne, au contraire des exemples récents peuvent laisser supposer que chez des éleveurs pratiquant  cette méthode, des cas de bris se produisent.

Psychologiquement un toro qui ne peut affirmer sa suprématie en réduisant un adversaire ne va-t-il pas perdre de sa sauvagerie ? Qu’en sera-t-il au bout de plusieurs générations ?

Enfin toutes ces manipulations, ajoutées à celles imposées par les contraintes sanitaires, faites au contact de l’homme  n’est-il pas un facteur d’amollissement, de perte de caste et de réactions naturelles et innées ?

 

Je crains (mais suis je le seul ?) que l’image et la vérité du toro, de par sa proximité de plus en plus grande avec l’homme ne soit plus prés du bétail de ferme que de l’animal sauvage et primitif.

Un authentique patrimoine culturel et génétique ne doit pas du fait d’apprentis sorciers se transformer en patrimoine édulcoré et touristique.

Les éleveurs les empresas et les toreros doivent raisonner à moyen et long terme, l’avenir de la corrida passe par là !  D’ailleurs les élevages de respect comme Victorino Martin, Cuadri, La Quinta  et de nombreux autre ne pratiquent pas cela.

 Je vous laisse à vos réflexions, pour ma part ma conviction est faite : NO FUNDAS.

                                                                                              El Farol  Juin 2013

LES ENCERRONAS

Affiche de Jacques Charvet - Encerrona Sébastien Castella - Nîmes 20-9-2008

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LES ENCERRONAS

Le dictionnaire définit l’encerrona ainsi : piège, guet-apens.
En tauromachie : corrida privée.

Ces encerronas devenues très courues ces derniers temps, nous posent question.
Qu’est-ce qui décide un matador à affronter seul six fauves, quelquefois sept pour parachever sa prestation ou si les animaux n’ont pas été à la hauteur ?

A croire qu’un goût soudain pour la solitude, un refus de se mesurer à d’autres, une envie énorme de triompher ou plus prosaïquement l’orgueil et l’appât du gain, la reconnaissance pour gagner plus de contrats, les incitent à ce genre de corrida.
Plus généralement, reconnaissons qu’un sacré courage et une performance indubitable sont à la clé d’un pareil chalenge.

Les genres diffèrent :

L’encerrona de Jose Tomàs à Nîmes le 16 septembre 2012, gravée dans toutes les mémoires, fut des plus médiatiques, des plus percutantes de notre temps. Venus de tous les horizons de la planète, des aficionados ont assisté à la signature d’une page d’histoire. Six toros triés sur le volet parmi les seize retenus par le matador en personne. Six capotes de soie et six muletas pour chaque combat. Des compagnons choisis (dont le français Rafaël Lisita) mis en condition quelques jours auparavant dans les arènes de Badajoz retenues pour la circonstance, tous émerveillés à l’issue de la corrida. Un coup de génie de l’empresa Simon Casas. Un toro gagna la vie sauve, les cinq autres abandonnèrent neuf oreilles, vu que les deux et la queue de l’indulté furent symboliques. Bien des athées se convertirent au tomasisme ce jour-là ! D’autres sont restés sur leur position critique, rétorquant la soi-disant facilité des toros. Mais ils n’étaient pas présents à la messe...

Jose Tomàs - Javier Castaño - Fernando Robleño - Sébastien Castella
Nous changeons de registre avec deux autres toreros:
 
Ce héros de Javier Castaño qui face à six légendaires Miuras (Il faut se les faire !), livre des combats réconciliant tous les aficionados… ou j’y perds mon latin ! C’était encore à Nîmes en mai 2012, un triomphe et cinq oreilles !

Le vaillant petit soldat qu’est Fernando Robleño, est sorti épuisé, mais heureux, de sa rencontre avec six redoutables pensionnaires d’Escolar Gil qui perdirent quatre oreilles, cet été à Céret le 16 juillet.
Ces deux garçons, confinés depuis leur début, dans des corridas difficiles, ont voulu montrer leur talent et leurs capacités dans de tels combats et recevoir une estime qui les met au niveau des autres.

Notre torero biterrois Sébastien Castella s’est encerroné deux fois  à Nîmes. Le 20 septembre 2008 et le 13 mai 2010 sous des trombes d’eau, beau geste en faveur des Haïtiens victimes d’une catastrophe majeure. Il n’y a pas eu de « no hay billete » à cause du temps, avec des bénéfices insuffisants : Sébastien a donc ajouté aux 220 000 € récoltés, 6200 €, prix du costume qu’il s’est racheté à lui-même. Cette fois l’encerrona était tout à la générosité d’un matador avec comme résultat la construction d’une école à Canape-Vert, Port-au-Prince.

L’encerrona serait donc  une façon de susciter un intérêt curieux, amenant aux arènes de nombreux aficionados en recherche de diversité et de sensations. Certains vous diront qu’un seul matador au lieu de trois ou les toros d’un même élevage, pourrait générer l’ennui… A chacun d’en juger.

En 1959 Paco Tolosa (Auguste Laffront) dans son ouvrage « Toreros d’Aujourd’hui », classait les matadors dans quatre catégories : les Esthétiques, les Artistes, les Scientifiques et les Belluaires.
Je vous laisse imaginer dans quelle case vous mettriez Morante, Castaño, Manzanares, Juli et les autres… Est-ce qu’il y avait beaucoup d’Encerronas à cette époques ?

Novembre 2012
La Chicuelina

A PROPOS D’ALTERNATIVE

Alternative de Thomas Cerquierra reçue de Alejandro Talavante (témoin: David Mora). 11/08/2012 - Echange des TRASTOS

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L’Alternative est la consécration rêvée pour un jeune torero. Cette cérémonie, empreinte d’émotion, a lieu après un parcours qui suit toutes les étapes du jeune torero pour l’amener à devenir Matador de Toro. Ce titre lui est conféré par un matador confirmé assisté d’un témoin, matador lui aussi. Tout élève d’une école taurine suit le cursus : capea, becerrada, novillada sans picador et novillada avec piques avant l’alternative qui lui donnera la possibilité de combattre des toros de quatre ans et plus. Il est évident que tous ne franchiront pas ce seuil, ne connaîtront pas la gloire, a fortiori la poursuite d’une carrière glorieuse. L’alternative, but à atteindre, n’est pas une fin mais un début! Cependant tout jeune, tout novillero poursuit cet objectif avec un désir de vaincre malgré les sacrifices attenants à l’exercice d’un tel art.
La plaza biterroise, depuis la création de la feria en 1969, n’a connu que trois alternatives de trois français :
En 1990, Bernard Carbuccia alias MARSELLA reçoit ce grade des mains de Juan Antonio Campuzano avec Rafi de la Viňa. Très courte carrière. A l’heure actuelle il est l’organisateur des arènes du Palio à Istres et quel programme! Les toros sont toujours près de lui…
En août 2000 le premier matador biterrois, Sébastien Castella, nait avec l’assistance d’Enrique Ponce et Jose Tomàs. Il est une des plus grandes figures actuelles, insufflant auprès des jeunes ce désir d’atteindre le plus haut niveau.
En cette année 2012, le 11 août, le deuxième biterrois arrive dans les pas de son talentueux aîné, c’est Thomas Cerqueirra, avec comme parrain Alejandro Talavante et David Mora témoin. Il sort par la grande porte en compagnie de ses aînés dans la liesse populaire.
Souhaitons à Béziers d’engendrer d’autres matadors !

Depuis Christian Montcouquiol « NIMENO II » qui a défriché les rudes sentiers de la tauromachie française, de nombreux compatriotes sont devenus matadors…
L’Amphithéâtre romain de Nîmes, première ville taurine de France, a été témoins de quelques alternatives. Sans toutes les nommer, évoquons celle d’un certain Bernard Domps en 1975 qui se coupa la coleta le lendemain affirmant « je n’étais pas un bon torero » reconnaissons-lui cette lucidité. Cela ne l’a pas empêché de réussir superbement dans la tauromachie sous le nom de Simon Casas et d’administrer des arènes en France comme en Espagne en particulier à Madrid. Il suit et a veillé sur la carrière de nombreux toreros. Sachons reconnaître le talent de ce génial personnage.

Le 26 septembre 1987, deux illustres figures reprennent le chemin du ruedo : Paco Camino et Miguel Baez-Litri donnent respectivement à leur fils, Rafi Camino et Miguel Litri, cette alternative prestigieuse.
D’autres célébrités passeront par cette case : Jesulin de Ubrique en 1990 pour les vendanges et Chamaco fils, en juin 1992, revêtu d’un costume magnifique créé par Christian Lacroix, des mains d’un autre mythe de la tauromachie Paco Ojeda.
Une femme rejoneadora, Mari Sara fut adoubée le 21 septembre 1991 par la « déesse  blonde » Conchita Cintron qui redescendit dans les arènes, pour la circonstance. Un matador d’histoire était présent : Curro Romero.

L’évènement historique fut l’alternative de Cristina Sanchez, première femme matador de toro à pieds ! Ses consoeurs, dont certaines furent des célébrités, demeurèrent « novilleras » tant il fut longtemps interdit à la femme d’atteindre cette consécration. C’est le 25 mai 1996 qu’eut lieu l’évènement en présence de deux légendes toreras : Jose-Mari Manzanares père et Curro Romero «le Pharaon de Séville». Ce jour-là le mot Matador trouva son féminin : Matadora !
D’autres alternatives ont suivi, d’autres suivront… Sans être pour cela le garant d’un glorieux avenir… Mais ce moment symbolise pour le jeune garçon passionné de toro l’aboutissement d’un rêve et pour ceux qui l’ont accompagné, la joie de les voir heureux d’y parvenir !


Novembre 2012
 La Chicuelina

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Commentaires

28.03 | 23:44

Très intéressant à lire. Beau portrait.

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27.03 | 00:03

Merci pour l’histoire, celle qui me renforce dans mon aficion

...
28.08 | 17:56

bonjour
ou trouve ton les autres noms de toreros il y a les A et les B mais ou trouver les autres merci

...
01.01 | 11:51

Très belle image pour le changement d'année. Que 2019 nous régale de belles faenas et de bons toros.

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